• Voter contre Macron est une nécessité absolue

    Voter contre Macron est une nécessité absolue

    L’inutile loi sur la flexibilité du marché du travail 

    Le sinistre Edouard Philippe, lobbyiste du nucléaire et accessoirement premier ministre vient de dévoiler entre mensonge et projet ce qu’il entend promouvoir à travers les nouvelles réformes du marché du travail. Il t a été un peu poussé par la publication de notes de travail de la DGT[1]. Résumons rapidement, dans ces notes préparatoires, il est prévu de laisser au patronat lui-même de déterminer les causes de licenciement au moment de la signature du contrat de travail. C’est aller encore plus loin que le renversement des normes hiérarchiques déjà mises en œuvre dans la loi El Khomri. Le patronat rêve de cette régression terrible depuis des décennies, Macron se promet de le faire. Cela veut dire qu’il n’y a plus de règles générales, donc plus de droit, ce sont des règles à la carte qui se négocieront au gré des rapports de force. Cette volonté stupide présente plusieurs défauts importants. Le premier est que cela va établir une inégalité de droits entre les salariés, donc va renforcer la dualité du marché du travail. Le second est aussi d’affaiblir la démocratie dans l’entreprise, on rétablit ainsi la toute-puissance du capital sur le travail, comme si le travail était juste une variable d’ajustement et que celui-ci n’avait qu’un rôle mineur dans la production de valeurs.

    L’ignoble Pénicaud a déclaré que l’inversion des normes était une nécessité pour s’adapter aux nouvelles formes du travail – qui pour elle semblent être tombées du ciel – et donc que les partenaires sociaux peuvent librement négocier au niveau de l’entreprise. Le mensonge est grossier. Dans les petites entreprises, la représentation syndicale est inexistante. Et c’est justement pour protéger les salariés des petites entreprises que les négociations de branches et d’entreprises ne pouvaient aboutir à des accords qui seraient inférieurs à la loi ou aux conventions nationales.

    Le menteur Macron avance que c’est nécessaire : selon lui il vaut mieux avoir des travailleurs pauvres et ubérisés que des chômeurs et des travailleurs « trop » protégés. C’est un mensonge pour deux raisons. La première est qu’il n’y a aucun lien entre protection des travailleurs et chômage. Sinon, vous pensez bien, l’Espagne ou la Grèce qui ont détruit systématiquement leur protection sociale et le droit du travail, seraient au plein emploi. Or ces deux pays connaissent un chômage 2,5 fois plus élevé qu’en France.

    Regardons le graphique ci-dessous qui met en relation le taux de chômage et la flexibilité du marché du travail. La dispersion des points interdit d’y voir une relation positive ou négative d’ailleurs. En effet, les économistes savent depuis très longtemps qu’on n’a jamais pu exhiber une relation empirique entre flexibilité du marché du travail et chômage. Si la réforme du droit du travail était nécessaire à la création d’emplois, alors il devrait y avoir – nonobstant les circonstances locales particulières – une relation fortement négative entre les deux variables. 

    Voter contre Macron est une nécessité absolue 

    Le but de Macron et de son gouvernement qui représente la droite extrême et archaïque est de produire de la déflation salariale. Sur ce thème il n’a d’ailleurs strictement aucune imagination, car ses projets de réforme qui vont tous dans ce sens sont exactement ceux préconisés par la Commission européenne : diminuer les salaires (le coût du travail) taxer la consommation en augmentant la TVA et la CSG[2]. Rien d’étonnant, Macron est le porte-parole de Bruxelles. Mais par contre ce qui est plus étonnant c’est qu’on mente ouvertement sur la relation entre déflation salariale et augmentation de la compétitivité économique. En effet la réalité empirique montre que plus le salaire est bas et plus la productivité du travail est faible !  C’est ce que nous voyons dans le graphique suivant, produit pourtant par les statisticiens de l’Union européenne.

    On peut dire les choses d’une manière triviale : plus les travailleurs sont bien payés et bien traités, protégés par des droits solides, et plus ils sont productifs. De nombreuses études émanant d’organismes internationaux le montrent[3]. 

    Voter contre Macron est une nécessité absolue 

    Le temps de la restauration 

    Je passe sur les autres mensonges de Pénicaud. Elle propose de plafonner les indemnités de licenciement, ainsi que le demande depuis des années le MEDEF. N’ayant pas d’argument rationnel et moral pour soutenir cette ineptie, elle se retranche derrière l’Europe : « Tous les pays européens ont une barémisation, c’est-à-dire [qu’] il y a un plancher et un plafond qui est lié à l’ancienneté et à certains nombres de critères de ce type-là. ». Mais malheureusement pour cette menteuse qui a été longtemps au service du patronat comme DRH, ce n’est pas vrai et même Le monde s’est aperçu qu’elle mentait[4].

    Un rapport assez récent de Philippe Askénazy et Christine Erhel montre que les transformations du marché du travail qui vont dans le sens d’une plus grande précarisation de l’emploi peuvent à moyen terme entraver la croissance et l’emploi suite à une chute de la productivité du travail[5]. Cela va dans le sens des études de l’OIT qui tendent à montrer que des bons salaires, une bonne protection sociale et une réduction des inégalités est bonne pour l’économie[6].

    Alors me direz-vous, si ces réformes ne servent à rien, pourquoi Macron veut il les faire passer à la hussarde ? Je rappelle au passage que ce sera la 18ème réforme du droit du travail pour flexibiliser le marché du travail. Et que chacune de ces 18 réformes a été dans le même sens d’une déflation salariale et d’une précarisation accrue des travailleurs.

    La réponse semble résider d’abord dans une volonté de restaurer la prééminence du capital sur le travail. Donc de construire une république des propriétaires qui exclurait le peuple des décisions qui le concerne. En effet substituer les règles de fonctionnement du marché aux décisions politiques – ce qui est l’unique ambition de l’Union européenne – aboutit de fait au renforcement du capital sur le travail. On voit qu’ici se rejoignent le recul de la démocratie dans l’entreprise et la mise en place d’une post-démocratie[7] qui se moque du vote des électeurs et de la représentation populaire.

     

    C’est pourquoi, afin de préparer les luttes de cet automne contre les ignominies de Macron, il faut voter contre les candidats d’En Marche. Vous votez pour qui vous voulez, mais d’abord et surtout contre les soutiens de Macron.

     



    [1] http://www.liberation.fr/france/2017/06/06/code-du-travail-ce-que-prepare-vraiment-le-gouvernement_1574980

    [2] https://ec.europa.eu/info/sites/info/files/2017-european-semester-country-report-france-fr.pdf

    [3] http://alencontre.org/europe/flexibilite-du-travail-arnaque-neo-liberale-i.html

    [4] http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/06/07/la-fausse-affirmation-de-muriel-penicaud-ministre-du-travail-sur-les-indemnites-de-licenciement_5140122_4355770.html

    [5] http://www.lorpm.eu/upload/135-productivite-travail-en-declin-liens-avec-transformations-marche-du-travail.pdf

    [6] World Social Protection Report 2014/15, ILO, 2014.

    [7] http://in-girum-imus.blogg.org/post-democratie-colin-crouch-diaphanes-2013-a117703596

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