• Soutenir la grève à la SNCF contre les mensonges de Macron et de son gouvernement

    Soutenir la grève à la SNCF contre les mensonges de Macron et de son gouvernement

    Se conformer aux directives européennes 

    Macron est un frénétique de la réforme, il ne se passe pas un jour sans qu’il ne trouve une nouvelle réforme à mettre en œuvre. Et toutes ces réformes vont dans le même sens : appliquer les GOPE 2018 pour complaire aussi bien à Bruxelles qu’à ses amis milliardaires et rabaisser les travailleurs. Quand on voit son agitation frénétique, assez désordonnée du reste, on peut la comparer à miniature à celle de Donald Trump, un autre président arrivé là par hasard, en s’infiltrant dans les failles d’un système politique occidental en pleine décomposition[1]. Après avoir détruit à moitié le droit du travail, il s’en est pris à la fiscalité, basculant d’un coup d’un seul 20 milliards d’impôts des plus riches vers les plus pauvres. La sinistre Pénicaud bénéficiant au passage d’un bonus annuel de 62 000 €. Et le voilà maintenant qu’il veut accélérer le bradage de ce qui ne lui appartient pas : les biens de l’Etat. C’est évidemment là que se trouve d’abord le scandale, avant même que de discuter le statut des cheminots. Partout où il y a privatisation, vous pouvez être certains qu’il y a des affaires à faire et donc de la corruption : l’Etat et les usagers sont toujours perdants. Seul l’homme aux écus y gagne quelque chose.

    Le gouvernement justifie comme d’habitude ses réformes pourries par le fait qu’on doit résorber l’endettement de la SNCF qui serait colossal. La dette est en effet très élevée : elle serait de 47 milliards d’euros et pourrait atteindre bientôt 60 milliards d’euros – encore faut-il prendre ces chiffres avec des pincettes – mais surtout cette dette résulte d’abord de l’endettement de RFF, Réseau Ferré de France, qui est lui-même d’abord le résultat des grands projets d’infrastructures décidés par des hommes politiques[2]. Cet endettement colossal n’a pourtant strictement rien à voir avec le statut des cheminots mais il est dû au fait de l’intervention des hommes politiques divers et variés qui en se succédant à la tête de l’Etat ont décidé de développer de nouvelles lignes, notamment celles du TGV. Si ces projets d’infrastructures sont légitimes, alors la dette n’a pas d’importance, par contre, s’ils sont contestables du point de vue économique et environnemental, alors cette endettement est très mauvais et ne révèle que la gabegie des hommes politiques qui ont porté ces projets.

    Soutenir la grève à la SNCF contre les mensonges de Macron et de son gouvernement

    L’annonce de la réforme Macron-Philippe, la doublette infernale de l’exécutif, tombe d’ailleurs en contradiction avec les chiffres qui ont été révélés ces derniers jours : la SNCF fait des bénéfices. En 2017, ce bénéfice a été de 1,3 milliards d’euros, ce qui n’est pas rien. Il est donc mensonger autant que stupide de laisser croire qu’en fermant quelques lignes peu rentables et en détruisant le statut des cheminots on épongera la dette générée par l’incurie des gouvernements successifs dans la démesure des projets développés. Il faut le répéter, il n’y a aucun lien entre l’endettement de RFF et le statut du cheminot. C’est un mensonge, une fake new comme dirait Macron qui fait semblant de comprendre de quoi il parle.  

    Le poids de la dette et le statut des cheminots 

    Dès à présent Bruno Le Maire, ministre de l’économie sans envergure et sans talent, a clairement fait du chantage : l’Etat prendra la dette de 47 milliards d’euros à sa charge à condition que les syndicats n’entravent pas la réforme – donc à condition qu’ils acceptent de se suicider et de détruire leur objet de travail[3]. Le Maire, menteur patenté, veut en réalité reprendre la dette de RFF parce que ses amis qui louchent sur la privatisation de ce bien inestimable, ne le reprendrait pas dans d’autres circonstances. Donc l’idée de reprendre la dette n’est pas un avantage pour les cheminots, mais uniquement pour les futurs repreneurs de la SNCF qui va être vendue à la découpe au nom de l’efficacité, de la compétitivité et autres niaiseries bruxelloises.

    Macron qui est un producteur de fakes news en continu a lancé le jeu contre les cheminots. Il paraitrait que ceux-ci ont des avantages exorbitants et que c’est cela qui ruinerait la SNCF et qui forcerait finalement à la réforme. Ce mensonge, incompatible avec les bénéfices affichés, a été dénoncé immédiatement à la fois par Marianne[4] et même par Le monde qui est pourtant un journal qui soutient la politique de droite extrême de l’exécutif depuis le premier jour. Jamais à court de fantaisies langagières, le petit président a osé en effet comparer la retraite des agriculteurs et celle des cheminots pour justifier son attaque à la hache sur le statut[5].  

    « Je ne peux pas avoir d'un côté des agriculteurs qui n'ont pas de retraite et de l'autre avoir un statut cheminot et ne pas le changer. »

    Evidemment il n’a pas comparé sa propre retraite ou ce que coûte encore aujourd’hui les anciens présidents[6] et les anciens premiers ministres[7], et celle des agriculteurs ou même des cheminots ce qui aurait été plus pertinent. Il s’en est tenu à opposer deux catégories de travailleurs histoire de mieux diviser. Cette manière honteuse de présenter les choses est tout bonnement réactionnaire. Mais ce jour là il ne s’en est pas tenu à ces fariboles, il a évoqué pour faire semblant de se mettre à la hauteur des cheminots, le fait que son grand-père aurait été un « cheminot ». En vérité son grand-père était un bureaucrate de haut rang qui ne se serait pas risqué à conduire les trains ou à s’occuper de la sécurité des lignes. Il appartenait au gratin de cette boutique[8], il était chef de district, la preuve son fils, le père de Macron, a pu faire des études de médecine. Mentant toujours sur le triste sort de son grand-père, il a tenté de faire croire que celui travaillait durement sur le plan physique.

    « Je suis petit-fils de cheminot, allez voir les agriculteurs, ils n'ont pas de statut... faut pas raconter de craques aux gens. Vous avez quel âge ? Vous n'avez pas le même rythme que mon grand-père qui était cheminot", a déclaré le président, tout en assurant ne pas vouloir "tout casser ».  

    Soutenir la grève à la SNCF contre les mensonges de Macron et de son gouvernement

    Source Le monde[9] 

    Le gouvernement tente de faire croire également que les salaires sont très élevés à la SNCF. Le tableau que nous reproduisons ci-dessus, montre que ce n’est pas le cas. Les salaires sont dans la moyenne, pas plus et si les cheminots partent en moyenne à la retraite à 57,2 ans, c’est parce que les conducteurs de machine qui font un travail usant malgré les progrès technologiques, peuvent partir à 52 ans. Je fais remarquer au passage que les policiers qui sont actifs sur le terrain avaient eux aussi la possibilité de partir à la retraite à 52 ans, et que les instituteurs partaient dans le temps à 55 ans. Cela a été remis en question en 2011.  Mais c’est encore trop pour les futurs actionnaires qui vont racheter la SNCF, donc il faut que Macron-Philippe fasse le sale boulot en détruisant le statut du cheminot, au moins les repreneurs n’auront pas à affronter une grève dans le futur ! 

    Privatiser quoi ? 

    Soutenir la grève à la SNCF contre les mensonges de Macron et de son gouvernement 

    Evidemment tout n’est pas rentable pour le secteur privé. Le rail  intéresse les futurs repreneurs, les lignes TGV aussi, mais pas la gestion des gares et les lignes régionales. Ce n’est pas une logique économique valable parce qu’en divisant l’entreprise en une myriade d’entreprise, on crée naturellement des déperditions d’énergie, et cela d’autant qu’il faudra rémunérer les actionnaires, ce qui sera une nouvelle perte pour la collectivité. Le plan est de céder ensuite les lignes régionales justement aux Régions. A elles de décider quelles lignes seront fermées ou non ! On comprend que les Régions devront en fermer le plus possible, essentiellement parce qu’elles vont être de plus en plus privées de moyens financiers avec les réformes Macron. On sait que globalement les Régions vont recevoir 20 milliards de dotations en moins dans les années qui viennent.

    Cette balkanisation d’une entreprise qui fut un des fleurons de la réussite française, laisse augurer de difficultés sans fin : non seulement le réseau sera de moins en moins bien connecté – donc les trains arriveront de moins en moins souvent à l’heure – mais on peut craindre comme en Angleterre (les réformes de l’extrême droite Thatchérienne inspirant visiblement Macron) et en Allemagne une dégradation continue de la qualité des services. 

    La grève pour quoi faire ? 

    Les raisons de soutenir la grève des cheminots sont multiples, et le statut des cheminots n’est pas la plus importante. D’abord je crois que nous devons défendre l’unité de la SNCF et dire clairement que toutes les privatisations de services publics se font au détriment des usagers et de l’économie française, pour le seul profit des actionnaires. Ensuite, je pense que nous devons donner un avertissement sérieux à l’arrogance du coupole Macron-Philippe et leur montrer que c’est assez, que nous ne voulons pas d’un modèle libéral où le marché et le profit font la loi. Enfin il y a l’idée que cela pourrait très bien coaguler d’autres mécontentements qui sont nombreux : des retraités aux étudiants, en passant par le personnel hospitalier et les agriculteurs. Quoi qu’on en dise les Français ont le sentiment que les choses vont en se détériorant depuis que Macron a pris les commandes. Et puis il sera plaisant d’infliger une défaite à cette arrogance bourgeoise qui voudrait faire fi de son impopularité qui commence à ressembler à celle de Hollande : à partir d’un certain niveau d’impopularité la pente ne peut plus se remonter[10]. 

    Soutenir la grève à la SNCF contre les mensonges de Macron et de son gouvernement 

    Il circule beaucoup de sondages sur le soutien ou non de la population aux grèves qui arrivent. En tête de paragraphe nous avons mis un sondage qui donne une majorité de Français derrière les cheminots. Ce chiffre est tiré d’une analyse très pertinente d’Initiative Communiste[11]. Il me semble assez juste. Mais pendant ce temps la presse habituée à produire des fakes news en veux-tu en voilà, commence à casser du sucre sur le dos des syndicats. Ainsi Le monde, le journal habituel de la réaction de tendance louis-philipparde, a commencé à tracer un portrait au vitriol de Philippe Martinez[12] : deux journalistes très libéraux s’y sont collés pour tenter de démontrer que la CGT était un syndicat en perte de vitesse qui allait essayer de se refaire une santé dans la grève et par la grève et que cette fuite ne avant ne lui rapporterait rien. Leur haine de la CGT leur a fait oublier de prendre en considération un autre phénomène pourtant plus inattendu : Laurent Berger et la CFDT se sont prononcé pour une grève dure reconductible à partir du 14 mars[13]. Berger et la CFDT sont pourtant des interlocuteurs très conciliants de la macronie. Et donc s’ils bougent en faisant de la surenchère sur la CGT, c’est que le mouvement va être puissant et s’inscrire dans la durée. Macron aura réussi à obtenir l’unité syndicale contre lui. Mais les journalistes qui n’aiment pas les syndicats et qui adorent leur position de domestique des puissants, parlent de « syndicats qui tentent de s’organiser » : non, ils ne tentent pas, ils s’organisent ! On peut rigoler au passage. Le syndicat des nantis a été sortir de la naphtaline, l’ineffable François de Closets, grand pourfendeur des fonctionnaires et des assistés en tout genre, bien qu’il ait fait toute sa carrière dans le service public télévisuel, ce qui lui a permis d’ailleurs d’amasser pas mal d’argent car il faisait des « ménages » pour le patronat. Aller chercher un tel vieillard à moitié gâteux pour défendre un projet digne du XIXème siècle en dit long sur les difficultés que le pouvoir a pour trouver quelqu’un de crédible qui pourrait vendre ses idées moisies. Ce François Closets s’est encore lancé pour la énième fois depuis 50 ans dans le refrain de « la prise d’otages ». Mais il s’est fait ramasser fort justement par quelqu’un qui avait été sérieusement pris en otage !

      

    Nous qui ne sommes pas cheminots, nous soutiendrons cette grève du mieux que nous pourrons et jusqu’à ce qu’on fasse reculer ce gouvernement au service exclusif de la finance.



    [1] Les journalistes américains qui sont tout de même un peu moins lèche-bottes que leurs confrères français ont fait depuis longtemps le rapprochement entre les deux hommes qui se rejoignent aussi bien dans leur impopularité que dans leur arrogance. http://www.washingtonexaminer.com/emmanuel-macron-more-unpopular-

    in-france-than-trump-in-us/article/2633442

    [2] https://lexpansion.lexpress.fr/entreprises/sncf-la-spirale-infernale-de-la-dette-du-rail_1797084.html

    [3] http://www.sudouest.fr/2018/02/27/bruno-le-maire-confirme-que-l-etat-pourrait-reprendre-la-dette-de-la-sncf-4235438-705.php

    [4] https://www.marianne.net/economie/reforme-de-la-sncf-les-privileges-du-statut-du-cheminot-sont-surtout-des-fantasmes

    [5] https://www.latribune.fr/economie/france/le-president-macron-compare-les-retraites-des-agriculteurs-a-celle-des-cheminots-769737.html

    [6] https://www.latribune.fr/economie/france/combien-les-trois-anciens-presidents-de-la-republique-coutent-ils-a-l-etat-564526.html

    [7] http://www.planet.fr/politique-combien-coutent-a-letat-nos-anciens-premiers-ministres.1016263.29334.html

    [8] http://www.bfmtv.com/politique/reforme-de-la-sncf-quand-emmanuel-macron-evoque-andre-son-grand-pere-cheminot-1381909.html

    [9] http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/06/18/prime-charbon-prime-pour-absence-de-prime-les-legendes-urbaines-de-la-sncf_4439497_4355770.html

    [10] https://www.latribune.fr/economie/france/la-popularite-de-macron-plonge-a-nouveau-en-fevrier-770014.html

    [11] Pour les détails de cette analyse, voir https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/sncf-majorite-de-francais-soutiendra-greve-cheminots-sondage/

    [12] http://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2018/02/27/l-hiver-de-la-cgt_5262948_1656968.html

    [13] http://www.europe1.fr/societe/laurent-berger-cfdt-ne-laissera-personne-cracher-a-la-figure-des-cheminots-3585479

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    1
    Mâchoire Jean rene
    Mercredi 25 Avril à 09:45
    Je vous soutiens
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