• Sous la direction de Gérard Davet et Fabrice L’homme, Inch’Allah, l’islamisation à visage découvert, Fayard, 2018

     Sous la direction de Gérard Davet et Fabrice L’homme, Inch’Allah, l’islamisation à visage découvert, Fayard, 2018

    Voilà un ouvrage dont on parle beaucoup ces jours-ci. Et pourtant pour ceux qui s’intéressent à cette question de l’islamisation de la France, ce n’est pas vraiment une nouveauté. Il n’y a strictement rien qui dans cet ouvrage étonnera ou même présentera quelque chose de nouveau sur la question. En vérité la nouveauté vient d’abord du contexte dans lequel cet ouvrage est publié. Dans toute l’Europe, et donc en France, il y a un ras le bol du développement du communautarisme qui est de fait le résultat de l’immigration massive et continue. La gauche est en train de changer et passe d’un discours lénifiant sur les bienfaits de la diversité culturelle à un regard un peu plus critique. Olivier Faure, le leader d’un parti en voie de disparition, le PS, ose parler d’une colonisation à l’envers dans certains quartiers[1]. C’était impensable il y a encore un an. Gérard Collomb, l’ancien ministre de l’intérieur de Macron, promet également la guerre civile en France dans les cinq ans qui viennent si rien n’est fait, dans une interview à Valeurs actuelles[2]. Mais le changement le plus spectaculaire c’est le journal Le monde qui le porte. En effet ce journal passe son temps à disserter sur les bienfaits de l’immigration et à militer pour un monde sans frontière. Or voilà que cette enquête effectuée par des étudiants en journalisme est dirigée par deux journalistes chevronnés de ce journal. Les ouvrages précédents qui traitaient du même sujet n’avaient pas eu autant d’impact, même si on en avait parlé, le plus souvent pour les critiquer, disant qu’ils stigmatisaient une population déjà en difficulté. En tous les cas on les regardait d’un œil plutôt suspicieux, comme s’ils avaient été touchés par la lèpre nationaliste. Un reportage sur l’Islam des banlieues, présenté sur M6 en septembre 2016 par Bernard de la Villardière, avait fait scandale[3]. Beaucoup de commentateurs le désignait comme de la propagande pour le Front National. Il avait même fait l’objet de plaintes auprès du CSA qui n’y trouva pourtant rien à y redire. Et pourtant il racontait exactement les mêmes choses que le livre dirigé par Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Les choses vont plutôt vite, et en l’espace de deux ans, on se rend compte qu’il ne sert plus à rien de nier une réalité qui s’impose à nous. Ce n’est donc pas tellement dans la découverte de faits nouveaux que dans la façon dont cela passe que le changement apparait. L’ensemble des éléments apportés par ces cinq jeunes journalistes qui très souvent apparaissent embarrassés par ce qu’ils découvrent, mis bout à bout dessine une sécession d’une partie de la population, justement alors même que des moyens ont été mis en œuvre pour jouer la carte de l’intégration. C’est là le sens de la progression du récit autour de la disparition de l’idée de laïcité et de République.

    Sous la direction de Gérard Davet et Fabrice L’homme, Inch’Allah, l’islamisation à visage découvert, Fayard, 2018  

    Quand on regarde la couverture de cet ouvrage, on voit d’abord le titre Inch’Allah. Mais Inchallah c’était déjà le titre d’un roman d’Oriana Fallaci paru en 1994 qui avait engendré des polémiques sans fin puisque l’auteur, ancienne résistante, et venant de la gauche, alertait sur une sorte de guerre de civilisation directe entre l’Occident et l’Islam. On peu donc se poser légitimement des questions sur le choix du titre. Ceci dit l’importance de ce livre peut aussi se mesurer aux réactions qu’il suscite. Les Inrockuptibles ne l’aiment pas, ils grognent, disant qu’il n’y a rien de nouveau, et donc qu’ils récupèrent des faits révélés ailleurs[4]. Et puis Alain Soral non plus ça ne lui plait pas, c’est tout juste s’il ne dénonce pas une sorte de complot sioniste[5] ! Rien que ces deux critiques saugrenues devraient nous faire aimer ce livre !! Evidemment comme il s’agit ici du département de la Seine Saint-Denis, son président, le « socialiste » Stéphane Troussel crie lui aussi à la stigmatisation, on pense bien qu’il ne va pas nous dire que tout s’en va en brioche dans ce territoire, et que son action y participe[6]. 

    Sous la direction de Gérard Davet et Fabrice L’homme, Inch’Allah, l’islamisation à visage découvert, Fayard, 2018 

    Véronique Decker enseignante dévouée 

    Le livre est rédigé – assez mal d’ailleurs, mais tous les livres de Davet et L’homme sont comme ça, tributaires de ce faux détachement qui est l’apanage du journaliste un peu blasé – comme une succession de portraits tendant à montrer la diversité de la population de ce département qui est à la fois le plus pauvre, et le plus musulman de France. Curieusement il y a une gradation assez nette, on commence par des portraits très bienveillants de femmes remarquables et très dévouées, comme Véronique Decker, directrice d’école, qui tente de diffuser des valeurs républicaines élémentaires malgré les oppositions d’un environnement très difficile, ou encore Gata Hatem, gynécologue athée d’origine libanaise. Toutes les deux travaillent à l’émancipation des femmes. Puis insensiblement, on va venir du côté des organisations musulmanes qui trament des réseaux, souvent concurrents, mais qui vont tous dans le même sens, celui de renforcer le communautarisme, de s’isoler de la vie sociale, de se séparer des « Français ». On terminera par des portraits assez sinistres des hommes politiques, de droite, comme de gauche, dont le fameux et ridicule maire de Sevran, qui tous sont près à se vendre aux organisations musulmanes – qui parfois ne représentent rien du tout, comme celles de M’hammed Henniche ou de Jimmy Prat – en leur offrant des terrains pour y construire des écoles coraniques, des mosquées ou encore des universités théologiques, pourvu qu’ils restent rn place.

    Sous la direction de Gérard Davet et Fabrice L’homme, Inch’Allah, l’islamisation à visage découvert, Fayard, 2018 

    Gata Hatem

    On y voit un islam offensif et provocateur qui oscille entre pratique mafieuse et djihad rampant. Le portrait est féroce, car tout y passe, des syndicats de la RATP aux petites lâchetés des élus ou de la hiérarchie de l’éducation nationale. L’ensemble révèle une volonté de sécession : la Seine Saint-Denis est bien un territoire perdu de la République. Mais quelles sont les raisons de l’existence de cet islam conquérant ? Elles sont nombreuses et si on peut en faire une liste plus ou moins complète, on a du mal à les hiérarchiser. Pourquoi en effet faire la guerre à un pays qui vous a accueillis ou qui a accueilli vos parents ? Quelle est la nature de ce ressentiment ? Après tout ces gens-là pourraient très bien partir, retourner dans les pays musulmans dont ils sont originaires. Il y a évidemment tous ces jeunes gens qui s’ennuient et qui pour des raisons diverses et variées ne s’intègrent pas, ni par l’éducation, ni par le travail, ni par les mœurs. On peut le voir comme un refus des valeurs de l’Occident qui, il est vrai, ne sont pas resplendissantes, donc aussi comme une critique du consumérisme occidental qui ne semble guère n’avoir d’avenir, ce que j’admets bien volontiers. Mais si on abandonne le consumérisme pour un islam rigoureux et mortifère, on ne voit pas très bien où se trouve l’avancée. Pour ceux qui tentent de monter des associations, de financer des mosquées, des écoles ou faire de la politique, il ne faut pas se faire d’illusions, cette islamisation est bien évidemment une sorte de business plus ou moins lucratif qui évolue entre petite combine – comme ces faux médecins islamistes – et pratique mafieuse avec chantage sur les élus qui ne savent jamais trop quoi faire. Le portrait de ce Jimmy Parat est assez savoureux, retournant sa veste pour en vendre des morceaux au plus offrant. Il y a de la canaille là-dedans. Les élus d’ailleurs jouent ce jeu trouble, comme le maire de Sevran – qu’on avait déjà vu pédaler dans la semoule lors du reportage de Bernard de La Villardière – ou Gérard Ségura, le maire d’Aulnay-sous-Bois qui va finir par se faire remercier par ses propres électeurs à cause de ses incessantes circonvolutions. Et puis il y a cet antisémitisme récurrent qui finit par obliger les Français de confession juive à s’exiler, et donc par se regrouper dans une autre forme de communauté. Les islamistes aiment à se dire français quand cela les arrange, mais ils n’hésitent pas à désigner les mécréants comme des « Français », comme si c’était une marque d’infamie. Il est vrai que dans cette culture d’un islam rigoriste qui prétend façonner l’environnement dans lequel il se trouve, les idées de nation ou de république ne sont pas dans leur langage.  

    Sous la direction de Gérard Davet et Fabrice L’homme, Inch’Allah, l’islamisation à visage découvert, Fayard, 2018

    Les islamistes vont se servir de tout ce qu’ils peuvent pour avancer leurs pions, et en première ligne, les femmes et les enfants. Ceux-ci portent maintenant des vêtements qui les distinguent clairement des « Français », ils ne se mélangent pas : ils font donc sécession, à l’école comme à l’Université. Ils vivent entre eux, avec leurs propres repères en matière d’enseignement comme de mœurs, on ne serre pas la main des femmes, on se fait pousser une barbe profuse pour se distinguer. Mais évidemment on aurait tort de penser que cette armée brouillonne est tout à fait unie, au contraire, elle est traversée de tendances et de conflits très importants. Peut-être que les choses seraient-elles différentes si le chômage n’était pas aussi prégnant. Peut-être, mais ce n’est pas sûr. En tous les cas le surchômage qu’on trouve dans ce territoire démontre que l’immigration est bien un facteur de chômage. Certes il y a des tentatives des organisations musulmanes pour supplanter Pôle emploi, contourner les difficultés d’emplois pour des Français d’origine étrangère, mais ça n’a pas l’air de fonctionner très bien.

    Au passage nos étudiants découvriront un peu ahuris que Nicolas Sarkozy a été un facteur aggravant de cette islamisation rampante du 9-3. D’abord parce qu’il a créé cette horreur qui s’appelle le CFCM – Conseil Français du Culte Musulman – et qui a permis à des islamistes intégristes d’agir au grand jour, mais aussi parce qu’il a démantelé les services de renseignements qui surveillaient les radicalisés. C’est en effet de Seine Saint-Denis que sont venus les barbares qui ont réalisés les attentats meurtriers du 13 et 14 novembre 2015.

    Sous la direction de Gérard Davet et Fabrice L’homme, Inch’Allah, l’islamisation à visage découvert, Fayard, 2018

    Mais évidemment si le chômage est aussi élevé dans ces banlieues, c’est également la preuve que nous possédons déjà une main d’œuvre en surnombre et que continuer à accueillir massivement des migrants n’a pas vraiment de sens du point de vue économique. Les belles âmes mettront ce surchômage sur le compte du racisme et de la mauvaise volonté des entrepreneurs. Evidemment les filles qui se voilent plus ou moins volontairement auront plus de difficultés que les autres, comme les garçons qui se déguisent avec des habits et des barbes qui les distinguent de la masse. Mais quelle que soit cette préférence pour la discrimination ethnique des patrons, ce surchômage s’explique d’abord par le fait qu’il n’y a pas assez d’emplois créés, aussi bien en France qu’en Seine Saint-Denis. Les gauchistes ont des positions absurdes à ce sujet : d’un côté ils attaquent Macron sur sa politique qui génère du chômage, ce qui est juste, mais de l’autre ils nous disent que l’immigration ce n’est pas un problème car elle ne crée pas de chômage, et que les immigrés et enfants d’immigrés sont en situation de surchômage à cause du racisme. En tous les cas, il y a un lien direct entre chômage et islamisation du département comme le montre le travail de Wilfried Serisier[7]. La Seine Saint-Denis est le département français qui possède le plus de lieux de culte islamiques. N’est-ce pas là un effet dissuasif pour s’y installer ? C’est un peu comme si ce département devenait au fil des ans la chasse gardée d’un entrepreneuriat musulman. Or celui-ci est insuffisamment capitalisé et s’appuie sur des formes de gestion du personnel très particulières. On pourrait dire que l’islamisation de ce territoire conduit aussi à l’enfermement économique, à la ghettoïsation.   

    Sous la direction de Gérard Davet et Fabrice L’homme, Inch’Allah, l’islamisation à visage découvert, Fayard, 2018

    Cette tendance à l’appauvrissement continu a aussi un effet sur l’acculturation du territoire. Les librairies ont disparu, hormis les librairies qui vendent le Coran et des manuels pour aider les épouses à se soumettre à leur époux. Cette culture islamique ne saurait remplacer la culture française et républicaine dans sa diversité et dans son ouverture, la tolérer au-delà de ce qui est nécessaire produit au contraire le repli et la fermeture aux autres. Tout est fait pour couper les musulmans du reste de la population française, c’est ici que les hommes politiques, les organisations musulmanes et les pouvoirs publics finissent par se rejoindre.  

    Sous la direction de Gérard Davet et Fabrice L’homme, Inch’Allah, l’islamisation à visage découvert, Fayard, 2018

    Il est par contre étonnant que l’analyse de ce processus de sécession ne soit pas corrélée dans l’ouvrage avec l’importance de plus en plus grandes des violences urbaines en Seine Saint-Denis[8]. Certes celles-ci ne sont pas directement imputable à l’islamisation du territoire, mais indirectement certainement. Dans le même temps où on dénonce les violences policières, les imams prêchent le Djihad dans les mosquées, ce n’est pas un hasard si c’est la Seine Saint-Denis qui a fourni le plus gros contingent de djihadistes partis se battre sous le drapeau de Daesch. C’est aussi dans ce département qu’on s’en prend le plus volontiers aux pompiers et aux ambulances du SAMU. A cela on peut ajouter aussi les affrontements entre bandes rivales, que ce soit pour la vente des stupéfiants ou pour le contrôle « politique » du territoire. Dans tous les cas ces violences renvoient directement à une volonté de séparation. C’est sans doute volontairement que nos apprentis journalistes n’ont pas abordé cette question de la violence, parce que cela les aurait obligés à envisager une forme de guerre civile, mais surtout une mise en cause de l’immigration elle-même. Bien qu’ils ne disent pas vraiment ce que nous devons faire face à cette décrépitude de la vie sociale dans un département de la banlieue parisienne, il semble qu’ils veulent croire à une reprise en main en douceur. L’exemple de ce qui s’est passé à Marseille dans les quartiers Nord devrait pourtant dissuader d’aller dans ce sens[9].

    L’ultime leçon de cet ouvrage est la suivante : à partir d’un certain pourcentage par rapport aux autochtones – disons autour de 15% – une communauté se forme en opposition au pays d’accueil et se referme sur des valeurs culturelles fabriquées ou plus traditionnelles, mais qui visent d’abord à se distinguer de la masse, à s’en extraire pour exister.



    [1] http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2018/10/25/25002-20181025ARTFIG00343-immigration-faure-ps-evoque-le-sentiment-d-une-colonisation-a-l-envers.php

    [2] https://www.valeursactuelles.com/societe/gerard-collomb-sur-linsecurite-et-limmigration-dici-cinq-ans-la-situation-pourrait-devenir-irreversible-100371

    [3] https://www.huffingtonpost.fr/2016/09/29/video-dossier-tabou-islam-bernard-de-la-villardiere-zone-interdite_n_12245112.html

    [4] https://www.lesinrocks.com/2018/10/25/actualite/que-penser-dinch-allah-le-livre-polemique-sur-lislamisation-de-la-seine-saint-denis-111137346/

    [5] https://www.egaliteetreconciliation.fr/Davet-Lhomme-du-tres-sioniste-Le-Monde-denoncent-l-hydre-islamiste-52551.html

    [6] https://www.bfmtv.com/societe/le-president-de-seine-saint-denis-reagit-apres-un-livre-sur-l-islamisation-de-davet-et-lhomme-1550383.html

    [7] Wilfried Serisier, « Les politisations de l’islam local. Le cas de la Seine-Saint-Denis », Hommes & Migrations, vol. 1316, no. 1, 2017, pp. 37-47.

    [8] Parmi les causes immédiates de ces violences il y a eu l’affaire Théo, ce jeune homme qui se disait avoir été violé par les forces de l’ordre, et qui mobilisa les jeunes de Seine Saint-Denis pendant de longues soirées. https://www.ouest-france.fr/societe/faits-divers/affaire-theo-les-parties-s-opposent-sur-la-question-du-viol-4791401

    [9] Bernard Ravet, Proviseur de collège ou immam de la République ?, Keros, 2017.

     

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