• Sortons de l’Europe au plus vite

    Nous sommes maintenant au pied du mur, il n’y aura de politique de gauche que dans une sortie de l’euro et de l’Union européenne. 

    Les mensonges de l’Allemagne

    Sortons de l’Europe au plus vite  

    La dramatique reddition de la Grèce l’a montré, il n’y a rien à négocier à l’intérieur de l’Europe. Les traités sont faits pour que rien ne change. Mais évidemment comme les résultats économiques sont très mauvais au moins depuis qu’on a fabriqué l’euro, il faut chercher des boucs émissaires. Pour l’Allemagne qui a des excédents record, la faute vient du laxisme des gouvernements, à commencer par le gouvernement français qui est dans la ligne de mire. Ils mettent en évidence le fait que eux ils ont des bons résultats, une croissance soutenue, et un chômage assez faible. Mais ils mentent sur l’essentiel : s’ils ont de relativement bons résultats, c’est parce que leurs partenaires européens en ont de mauvais. Les excédents commerciaux de l’Allemagne augmentent quand les déficits commerciaux des autres pays se creusent. C’est d’ailleurs un des résultats de la concurrence que de prendre des parts de marché aux autres, ce que l’un gagne, l’autre le perd. On sait cela depuis que l’économie politique existe, et c’est ce qui explique d’ailleurs pourquoi le libre-échange est toujours mauvais sur le plan de la croissance et de l’emploi. Le graphique ci-dessus montre que les excédents de l’Allemagne se sont accrus à partir de la mise en place de la monnaie unique et non pas des réformes structurelles dites lois Hartz.

    Les Allemands qui ont toujours cette vieille manie de punir les peuples qui divergent des instructions qu’ils leur donnent ont commencé par punir la Grèce en leur faisant croire qu’un Grexit serait dramatique pour eux et que donc il valait mieux qu’ils se soumettent en perdant toute dignité. En vérité c’était un coup de bluff, personne de sérieux ne croit que l’Allemagne mettra les récalcitrants en dehors de la zone euro puisqu’en effet la puissance de l’Allemagne repose essentiellement sur le fait qu’elle est rentrée dans l’euro en dévaluant fortement le mark sans le dire, tandis que sous la houlette du sinistre DSK nous faisions exactement le contraire. Leur idée est maintenant qu’il faut punir les Français en les sanctionnant s’ils n’arrivent pas à tenir leurs engagements en matière de déficit et de dette publique.

    Ben Bernanke, l’ancien directeur de la FED, qu’on ne peut pourtant guère confondre avec un gauchiste, a dans une récente tribune expliquer que les excédents de l’Allemagne étaient malsains et qu’ils étaient le résultat justement de la monnaie unique. D’ailleurs une procédure avait été ouverte en 2013 contre l’Allemagne pour ses excédents commerciaux excessifs. Je rappelle que ceux-ci ne doivent pas dépasser 6% du PIB. Mais les Allemands ont les moyens de faire oublier les procédures contre leur administration, et ils s’apprêtent en 2015 a accumulé encore des nouveaux excédents. Il va de soi que dans ces conditions il est essentiel de boycotter les productions allemandes sous peine de passer pour un traitre à son pays.

    Mais cependant ce n’est pas l’Allemagne qui est le problème, elle est juste le révélateur de la façon dont l’Union européenne fonctionne. N’étant pas particulièrement anti-allemand, il me semble que le problème vient du fait que la concurrence entre les nations conduit naturellement à l’émergence d’un pays leader dont les entreprises profiteront de la faiblesse des autres nations. L’Union européenne ayant été formatée par les multinationales et les banques, dans leurs intérêts, cette concurrence entre firmes multinationales finit par conduire à une nouvelle forme de guerre entre les nations.

     

    La France colonie de l’Allemagne 

    L’idée des Thénardier de l’Europe c’est justement de nommer un ministre de l’économie et des finances qui superviserait les budgets des autres pays européens. Les social-traîtres nous ferons avaler cela en racontant un peu partout que le problème n’est pas l’Europe, mais l’insuffisance des mécanismes collectifs. Il est donc à prévoir qu’ils applaudiront à cette idée de Schaüble. Cette idée est dangereuse pour de multiples raisons. La première est qu’évidemment la France perdrait le peu de souveraineté qui lui reste. La seconde est que nous serions dans l’obligation d’adopter une politique budgétaire « neutre », c’est-à-dire une politique libérale qui ne dit pas son nom puisqu’ainsi il ne serait plus possible que l’Etat intervienne pour pousser l’économie dans un sens ou dans l’autre : les lois du marché qui comme chacun le sait sont parfaites et ne conduisent pas à des aberrations, assureraient l’équilibre et l’emploi. La troisième raison est qu’ainsi la privatisation de l’Etat s’accélèrerait au motif d’une saine gestion à l’allemande. En effet, il n’est pas question de faire reculer l’Etat, mais plutôt de s’en servir comme d’un tiroir-caisse pour assurer des rentes de situation à de riches investisseurs.

    Cette situation ne peut se résoudre positivement que dans un recul de la puissance politique des grandes banques et des multinationales. C’est bien à ça que nous devons nous employer.

     

     Sortons de l’Europe au plus vite

    L’Allemagne n’a pas une bonne image de marque chez nous, c’est une vérité qui date de plus d’un siècle et qui est consécutive aux différentes guerres qu’elle a menées sur notre territoire, mais la mauvaise opinion des Français s’est renforcée avec le traitement qui a été infligé à la Grèce – Tsipras aidant assez bien par son irrésolution cette évolution vers une dictature financière allemande sur l’Europe. Cette image d’arrogance et de domination plombe sur le long terme le projet européen qui est identifié assez justement à une forme nouvelle de l’impérialisme allemand.

    La position d’Hollande n’est pas faite pour gêner Schaüble ou Merkel. La raison en est qu’il a déjà anticipé l’évolution de l’Union européenne vers la mise en place d’une police destinée à faire respecter les traités au moins sur le plan économique. On ne comptera pas sur lui pour nous tirer d’embarras. A mon avis pour échapper à la tutelle allemande sur notre économie – ce qui en accentuerait le pillage – il nous faut développer un large mouvement en faveur d’une sortie de l’Union européenne, car c’est rendu obligatoire pour qu’on se débarrasse enfin de l’euro et des misères qu’il entraîne dans son sillage.

    La bonne nouvelle, c’est que les européistes n’ont plus rien à offrir, il y a encore quelques années ils pouvaient nous promettre un avenir économique radieux grâce aux bienfaits du grand marché et de la monnaie unique. Aujourd’hui quand ils parlent de sauver l’euro ou l’Union européenne, ça sonne particulièrement creux. Il m’étonnerait que les Grecs ne réagissent pas rapidement à la prison qu’on leur a construite pour les décennies à venir. Perdre une bataille ne veut pas forcément dire que la guerre économique est perdue.

    Sortons de l’Europe au plus vite 

     

    Comment les Grecs se représentent leur histoire selon Panagiotis Grigoriou

     

    Liens 

    http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/zone-euro-que-veut-l-allemagne-497461.html

    http://www.brookings.edu/blogs/ben-bernanke/posts/2015/04/03-germany-trade-surplus-problem

    http://www.lesoir.be/360354/article/economie/2013-11-13/l-allemagne-visee-pour-premiere-fois-par-une-procedure-en-desequilibre-excessif

    http://www.greekcrisis.fr/2015/08/Fr0455.html#deb

    « De la crise grecque et de son irrésolutionCréer des emplois »
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