• Rien ne va plus en Allemagne

     Alors qu’au début de l’été la victoire des Thénardiers de l’Europe – Schaüble et Merkel – sur le faible Tsipras semblait ouvrir une voie royale pour installer l’Allemagne durablement à la tête de l’Europe et de ses différentes boutiques, l’automne se révèle catastrophique pour Merkel et son mode de gouvernement. La crise des migrants si elle a semblé un moment lui donner un visage un peu plus humain, est rapidement tournée au cauchemar et a montré qu’elle était seulement une femme pusillanime et sans idée.

     

      Rien ne va plus en Allemagne

    L’objectif de Merkel é »tait d’accueillir 800 000 réfugiés cette année en Allemagne, au motif que cela serait très bon pour l’économie qui manque de main d’œuvre à bon marché. C’est ce qui a déclenché la colère des PEGIDA qui craignent un développement rapide de l’Islam en Allemagne. Evidemment ces manifestations de PEGIDA ont engendré des contre-manifestations gauchistes, l’affrontement devenant violent dans plusieurs villes, avec une extrême droite à l’affût qui aimerait bien que les choses s’enflamment. L’importance des manifestations a obligé Merkel à reculer et après avoir souhaité l’ouverture des frontières de l’Europe aux réfugiés, elle est revenue à une fermeture des frontières de l’Allemagne, détruisant dans les faits l’espace de Schengen.  Cette reculade et ses hésitations l’a faite reculer dans les enquêtes d’opinion comme jamais auparavant.

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    L’inconsistance stratégique et tactique de Merkel s’est révélée un peu plus encore lors de la réception du premier ministre Turc Erdogan qui est sur la sellette aussi bien à cause de sa mollesse dans la lutte contre l’Etat Islamique – celui-ci reçoit des armes via la Turquie -, mais aussi à cause de son traitement des Kurdes et aussi du fait qu’il laisse un peu trop l’Islam s’immiscer dans les affaires civiles en Turquie. C’est justement où Erdogan est le plus critique que choisit Merkel pour annoncer qu’elle veut accélérer l’intégration de la Turquie dans l’Union européenne malade. Cette approche apparaît assez inconsciente, parce qu’elle ne peut que raviver non seulement la méfiance vis-à-vis de l’Europe, mais aussi l’hostilité à l’intégration d’une nation gouvernée par un parti islamiste. Il se pourrait bien d’ailleurs que si Merkel persistait dans ce sens, cela devienne une raison majeure de la dislocation de l’Union européenne. Il va de soi que cela accroîtrait les chances d’un parti comme le FN à conquérir le pouvoir.

    Dans le dialogue amorcé avec Erdogan, Merkel négocie au nom de l’Europe une aide de plusieurs milliards d’euros afin que la Turquie contienne et contrôle l’afflux des réfugiés. Outre que cette façon de faire va irriter rapidement ses partenaires européens – Merkel n’a aucun mandat pour parler au nom de l’Europe – elle va se heurter à sa proprre opinion publique.

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    Ci-dessus, un montage qui circule sur Internet avec un grand succès 

    Les autres problèmes que connait l’Allemagne sont économiques cette fois et remettent en cause la fameuse qualité allemande qui apparaît aujourd’hui plutôt comme un élément de marketing qu’une réalité tangible. Le scandale Volkswagen dépasse tout ce qui est imaginable. En effet, la firme a triché pour faire apparaître des tests antipollution meilleurs que ce qu’ils étaient. Ce scandale aux ramifications complexes risque de coûter cher non seulement à la célèbre marque d’automobiles créée par Hitler, mais aussi à l’idée qu’on se fait de la qualité allemande. Dans le milieu de l’automobile on sait depuis longtemps que les voitures allemandes ne sont pas meilleures que les voitures françaises, mais le scandale Volkswagen le démontre à l’envie. Déjà la marque a mis en place des contrefeux en laissant entendre que les Américains étaient derrière tout ça, tant ils sont hostiles à l’Europe et à son industrie automobile. S’il est vraisemblable que les tribunaux américains condamneront lourdement Volkswagen pour ses tricheries et sa corruption active, il n’est guère pensable que les Américains soient derrière ces révélations qui pourraient amener la firme à disparaître.

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    Mais d’autres mauvaises nouvelles sont apparues ces derniers temps. La Deutsche Bank déjà engluée dans des multiples scandales – scandale du Libor, scandale de la dette grecque – a viré par erreur 6 milliards d’euros à un client avant de les récupérer. On parle maintenant de la banque au 1000 scandales. Elle pourrait se voir obligée à payer une amende d’1,4 milliards d’euros pour se dégager de ses différents procès qui se poursuivent sur le territoire des Etats-Unis at au Royaume Uni. Cette banque est par ailleurs exposée non seulement à la gestion de la crise grecque, mais aussi à ses manipulations sur les produits dérivés. On considère dans les milieux bancaires que l’exposition au risque de la Deutsche Bank est égale à 8 fois le PIB de l’Allemagne !

    Ce mastodonte est au bord de la faillite et vient de provisionner encore plus de 6 milliards d’euros pour faire face à ses pertes futures. Il va de soi que si un tel monstre venait à tomber ce serait un coup dur non seulement pour les marchés financiers, mais plus particulièrement pour l’Allemagne. La seule solution serait alors de la nationaliser.

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    Cerise sur le gâteau, la vertueuse Allemagne se trouve maintenant engluée dans un scandale qui touche le monde sulfureux du football. Le Comité de candidature allemand qui bénéficiait évidemment de l’aval des autorités, a acheté la Coupe du monde qui a eu lieu en Allemagne en 2006. Ce Comité avait mis en place une caisse noire qui lui permettait d’acheter les voix des délégués asiatiques de la FIFA. Certes c’est une pratique des plus courantes que d’acheter une Coupe du monde de football ou des Jeux olympiques, et on sait combien cette FIFA est corrompue. Mais ce qui est plus grave est qu’on prend la main dans le sac un pays qui vend hors de ses frontières l’idée qu’il est respectueux, honnête et fiable.

     

    L’ensemble de ces scandales et de ces magouilles non seulement renforce l’idée que l’Allemagne est un peuple de combinards, prêt à tout pour gagner un peu plus d’argent, mais surtout que ses pratiques sont bien pires que celles qu’elle se plaisait à dénoncer à propos de la Grèce. Il semblerait que le prochain scandale qui fera couler beaucoup d’encre sera celui des magouilles de Wolfgang Schaüble qui s’est propulsé à la tête de la cellule de privatisation de la Grèce. 
     

    « Anna Trespeuch-Berthelot, L'internationale situationniste, de l'histoire au mythe (1948-2013), PUF, 2015Jean-Marie Apostolidès, Debord, le naufrageur, Flammarion, 2015 »
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