• Rencontres des Glières mai 2016

    Rencontres des Glières mai 2016 

    C’’était la dixième  édition des rencontres des Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui (CRHA). Les Glières, en Haute Savoie est un haut lieu de la Résistance, un maquis très important s’y était réfugié – plusieurs milliers de combattants et l’armée allemande l’avait attaqué, faisant plusieurs centaines de morts. Le mouvement aujourd’hui garde son inspiration dans la détermination des maquisards, mais essaie de mettre en lumière des expériences plus récentes ou contemporaines de résistance.

    Plusieurs milliers de personnes s’y trouvaient réunies ce week-end. Des jeunes et des vieux. Il semblerait d’ailleurs que cette édition ait eu un succès un peu plus grand que celles des dernières années. Ce qui confirmerait qu’il y a bien un renouveau des luttes. L’organisation est bien rodée. Le samedi il y a de nombreuses conférences, et le dimanche c’est la réunion sur le plateau.

    Cette année les conférences portaient sur TAFTA, le Revenu Universel ou encore l’Etat d’urgence Marx et Keynes, etc. on voit que l’idée est de mettre sur un même pied une réflexion un peu approfondie et une analyse des luttes en cours. Les conférences sont très suivies, le public averti est attentif et pose des questions, entame un dialogue avec les conférenciers. On remarque que l’idée est de ne pas rester inféodé à un groupe de pensée ou un groupe politique structuré. C’est donc une conception ouverte, même si celle-ci est bornée par une nécessité anticapitaliste de construire une société plus juste et plus humaine. Un espace important est dévolu à la promotion de livres et de journaux, ce qui permet à quelques boutiques de venir faire leur réclame : on y trouvait aussi bien L’humanité le journal du PCF que les BDS ou ATTAC.  On projette aussi des films alternatifs. C’est un schéma que nous retrouvons un peu partout, par exemple aux rencontres Déconnomiques d’Aix en Provence qui auront lieu au début du mois de juillet.

    Rencontres des Glières mai 2016 

    Le dimanche matin tout le monde se réunit sur le plateau des Glières pour écouter des discours qui se succèdent à la tribune. Ça pourrait ressembler à de l’incantation ou à une sorte de messe, mais non. Pour ma part j’ai trouvé la plupart des discours remarquables. Bien sûr les témoignages de Noëlle Vincesini ou Walter Bassa, deux anciens déportés. Ils ont rappelé certainement des choses connues, mais le fait que ces expériences soient rapportées par ceux-là même qui les ont vécues, non seulement cela reste émouvant, mais rend cette page d’histoire bien plus sensible encore.

    Charles Piaget a aussi fait un discours remarquable à la gloire de l’autogestion en partant de l’expérience des Lip qui avait eu un immense retentissement dans le début des années soixante-dix. En arrière-plan flottait l’idée de contester évidemment la loi El Khomri qui en quelque sorte a sonné le réveil du combat de gauche contre la droite qui va de Hollande jusqu’au Front National. D’ailleurs le très bon discours de Laura Pfeiffer inspectrice du travail qui se bat à la fois contre Téfal et sa propre hiérarchie a été tout à fait suivi- même si on peut regretter un vocabulaire un peu rigide et gauchiste.

     Rencontres des Glières mai 2016 

    Je ne sais pas comment les participants ont accueilli le discours de Laurent Pinatel qui, à travers un hommage à Jean Vachoux a plaidé pour une révolution agricole comme la clé de voûte de la transformation sociale. Je pense qu’il a raison et qu’on ne transformera pas le monde sans repenser celui-ci à partir de ce qui est la base même de la civilisation l’agriculture et le terroir. C’était un discours enflammé, très bien structuré et convaincant. La palme de l’enthousiasme revient sans contexte à Pinar Selek, militante turque qui a passé pas mal de temps en prison pour son activité en faveur des minorités kurdes et des Arméniens. Longuement applaudie, elle a fait la démonstration que la lutte n’était pas forcément quelque chose d’austère, même si cela peut être dangereux.

     

    Bien entendu, on chanta Le chant des partisans et Bella Ciao. Ce qui me convient parfaitement. Mais par-dessus tout je retiens une volonté nouvelle d’en découdre avec le monde de la marchandise et ses abus. Mon seul regret est que toutes les photos que j’avais prises ne sont pas utilisables ! C’est le genre de manifestation qui reste tout à fait dans la lignée des Nuit debout qui ont été vivement célébrées.

    « Où en est le mouvement contre la loi El Khomri ?Note sur le mouvement social en France et ailleurs »
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