• Référendum et privatisation, la déconfiture de Macron et du lobby de la finance

     Référendum et privatisation, la déconfiture de Macron et du lobby de la finance

    Macron passe une mauvaise passe, après son défilé plus que raté du 8 mai où il s’est ridiculisé aux yeux du monde entier, le voilà qu’il est déclaré persona non grata par la liste LREM pour les européennes. Cette boutique déjà handicapée par sa tête de liste, semble craindre que le soutien de Macron lui porte le préjudice ultime. Macron après avoir fait démissionner Hulot, après avoir milité pour la prolongation du glyphosate, tente de faire croire qu’il s’est reconverti à l’écologie. Mais le coup le plus dur, comme c’est souvent la règle dans une situation délétère est venu du Conseil constitutionnel. Ce dernier vient en effet d’autoriser la poursuite du parcours du combattant pour un référendum sur la privatisation d’ADP[1]. Cette décision intervient comme si les juges du Conseil constitutionnel se débarrassaient d’un problème difficile. En effet, dans tous les cas les conséquences de la décision d’autoriser le référendum va poser d’énormes problèmes politiques qui sont tous défavorables à Macron et au gouvernement qui sont tous les deux complètement déconsidérés. Déjà le titre d’ADP vient de plonger à la bourse de Paris[2]. Mais la procédure référendaire va être forcément longue : d’abord il faudra que les opposants à la privatisation recueillent 4,7 millions de signatures. Si cela parait beaucoup, dans le contexte actuel, cela parait possible. D’autant que les Français sont massivement hostiles à cette braderie du bien public. Cela porte un coup sévère à la fois à la politique menée par Macron, mais également à cette loufoquerie qui vise à équilibrer le budget en vendant les bijoux de famille. Un référendum perdu sur ce thème invaliderait le travail du parlement, mais aussi les orientations libérales de Macron : bref une défaite l’obligerait à démissionner.  

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    Cependant nous savons aussi que la tenue de ce référendum n’est pas automatique : l’Assemblée nationale peut encore s’y opposer. Elle peut en effet décider que ce référendum n’a pas lieu d’être, mais dans ce cas cela ouvrirait une crise de régime, et probablement une insurrection puisque le parlement serait alors en opposition frontale avec la volonté populaire. Autrement dit si les macroniens acceptent le référendum, ils prennent le risque d’être désavoué par le peuple. Mais s’ils le refusent, ils risquent d’amener l’insurrection. Certes ils vont jouer la carte dite de la pédagogie : expliquer que cette privatisation est nécessaire pour équilibrer le budget, que les rentrées financières de la privatisation sont sûres, alors que les rendements financiers pour l’Etat ne sont qu’hypothétiques dans le cadre d’un maintien de la situation. Ces arguments seront très facilement démontés[3], l’opinion a compris pertinemment que cette braderie était aussi le fruit de la corruption du chef de l’Etat et de tout son gouvernement. Et puis ne serait-ce que pour dégager Macron, il ne fait aucun doute que les Français voteront massivement contre. Le dernier sondage qu’on a sur la question montre que seulement 20% des Français – les macroniens en quelque sorte – sont favorables à la privatisation, tandis que 86% des Français pensent qu’il s’agit d’un bien stratégique et que 74% anticipent une hausse des prix en cas de privatisation[4]. 

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    Quoi qu’il en soit, même si Macron évite le référendum, soit par un blocage de l’Assemblée nationale, soit par une insuffisance de signatures, la privatisation sera retardée d’au moins un an. Si jusque là c’était aux opposants à la privatisation d’ADP d’être devant un chemin semé d’embûches, c’est maintenant au tour de Macron d’y goûter. Le gouvernement est furieux, Philippe a commencé à avancer l’idée loufoque selon laquelle remettre en question le beau travail des parlementaires était une atteinte à la démocratie ! Rien de moins ! Certes il peut compter sur des politiciens comme Didier Maus qui se font passer pour des universitaires et qui mettent en garde sur le fait de ne pas trop utiliser le référendum afin que les parlementaires puissent travailler tranquillement à brader ce qu’ils veulent[5]. Ce même Didier Maus indique que si on en est arrivé là – c’est-à-dire à mettre au placard une loi votée par le parlement – c’est à cause des gilets jaunes. C’est assez certain. On peut le dire cette ouverture vers le référendum par le Conseil constitutionnel est une grande victoire pour le mouvement des gilets jaunes. Il ne faut pas la sous-estimer. Bien au contraire, elle doit encourager le mouvement à aller encore plus loin. Car au-delà de la mise au placard de la privatisation d’ADP, il y a une situation politique inédite, où pour la première fois on peut dire aux politiciens qu’ils n’ont pas le droit de brader le patrimoine de la France, patrimoine qui ne leur appartient pas. L’ignoble et incompétent Bruno Le Maire s’est révélé aujourd’hui bien hargneux, assurant que la demande de référendum ne visant ni la braderie de la Française des Jeux, ni celle des actions de l’Etat au cœur d’Engie, il allait évidemment continuer ce jeu de massacre. Mais il se révèle que dans tous les cas, et en pleine campagne électorale, Macron et les siens sont coincés. Si l’Assemblée nationale entrave le processus référendaire, alors on ira probablement vers une insurrection bien plus déterminante que celle des gilets jaunes, si le référendum va à son terme et que la majorité des Français vote contre cette privatisation, alors Macron sera battu et devra démissionner. Certes les institutions ne l’y obligent pas. Mais il aura été désavoué en tout et sur tout. Comme le remarquaient la plupart des observateurs de cette comédie politique, c’est déjà une défaite de plus pour Macron qui décidément n’a plus la main sur rien et que finalement il sert bien mal les intérêts du patronat. Notez que si le référendum va jusqu’à son terme, et que les adversaires des privatisations l’emportent, ce qui est très vraisemblable, cela renforcera l’idée d’une démocratie directe comme une nécessité et donc on pourra multiplier les initiatives allant dans ce sens.  

    Référendum et privatisation, la déconfiture de Macron et du lobby de la finance

    Il est donc important de soutenir le référendum, mais ensuite il faudra transformer l’essai. C’est une brèche qui s’ouvre qui pourrait bien mener au renversement du despote de l’Elysée. La bataille s’engage dès à présent, elle sera rude car dans celle-ci Macron jouera sa dernière carte pour survivre encore un petit peu.

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