•  Eric Stemmelen, Opération Macron, Editions du cerisier, 2019

    Voilà un nouvel ouvrage anti-Macron, et donc tous les ouvrages de ce type sont les bienvenus. Il y avait celui de Juan Branco[1], ou encore celui de Charlot et Pinçon-Charlot[2] qui montraient clairement que les relations sociales de Macron ne pouvait en faire qu’un serviteur zélé de la classe des hyper-riches, et que  son ascension ne résultait en rien ni du talent du petit banquier, ni du hasard. Pourquoi ces pamphlets nous plaisent ? Ce n’est pas à sa figure d’antipathique que nous en avons, même si son regard fixe de psychopathe ou ses tics de cocaïnomane nous répugnent. Mais bien au malheur qui s’est abattu sur la France en mai 2017. Le fait qu’un imbécile doublé d’un arriviste hors normes soit malencontreusement devenu président, avec toutes les conséquences négatives que cela entraîne pour notre pays. Eric Stemmelen développe une idée qui n’est pas tout à fait nouvelle : selon lui, Emmanuel Macron a été une fabrication de la canaille des milliardaires qui, ne faisant plus confiance aux politiques – on se demande bien pourquoi d’ailleurs – ont décidé de fabriquer une créature qui serait à leur service exclusif de jour comme de nuit. Il parait que Macron ne dort pas beaucoup. Donc ils vont d’abord s’emparer de tout ce qui compte un peu dans le paysage médiatique et lancer ensuite Macron sur le marché de la politique. Stemmelen montre que cela commence en réalité dès la nomination de Macron au poste de ministre de l’économie, il laisse échapper d’ailleurs que dès 2008 il était pour certains, notamment le comploteur Henry Hermann dans les tuyaux. Cette thèse est assez connue et s’appuie sur la débauche d’articles et de couvertures de magazines qui ont été consacrées à ce sinistre individu, anticipant sans le faire payer une campagne pour les présidentielles. Stemmelen s’appuie sur une analyse de ce qui s’est passé entre 2014 et 2017 et qu’on peut retrouver dans la presse de ces années-là.  

    Eric Stemmelen, Opération Macron, Editions du cerisier, 2019

    Donc Stemmelen va montrer et prouver que très tôt les milliardaires se sont intéressés à Macron et l’ont promu comme leur porte parole. C’est un fait qui n’est guère contestable et qui est bien connu. Cependant, l’ouvrage ne s’arrête pas là : il va montrer – ou tenter de montrer – que Macron était dès le départ le candidat des milliardaires, autrement dit que l’émergence de la candidature Fillon n’était qu’un leurre. L’idée est celle d’un billard à trois bandes, considérant que Sarkozy est foutu – à cause du nombre incalculable de problèmes judiciaires – et Juppé ne convenant pas à un ensemble de grands milliardaires plus proche idéologiquement de la Manif pour tous, ils vont susciter celle de Fillon qui leur permettra de placer ensuite leur poulain plus facilement. Il est vrai qu’il est étonnant que les milliardaires, cornaqués par Jean-Pierre Jouyet, comploteur en chef, marié lui-même à une riche héritière Taittinger, ami des milliardaires, et très copain avec Hollande, aient accepté très tôt et rapidement cette candidature exprès[3]. Stemmelen va montrer ensuite que pour se débarrasser de Fillon, le parquet financier va diligenter des enquêtes assassines sur la cupidité sans bornes de François Fillon, faux châtelain, mais vrai arriviste. Je ne partage pas tout à fait cette vue. D’abord parce que Macron et Fillon avaient tous les deux exactement le même programme, et d’ailleurs ils étaient soutenus tous les deux par l’Institut Montaigne puissant lobby du capitalisme financier qui en France réunit l’Assurance et la Banque[4]. Certes il y avait forcément des clans, les uns pour Macron, les autres qui préféraient Fillon en qui ils avaient plus confiance, et donc ils œuvraient chacun pour leur poulain. Je ne partage pas cette idée selon laquelle dès le début les milliardaires ne voulaient pas de Fillon, mais je crois qu’en effet le clan Macron – par l’intermédiaire de Jouyet dont la biographie de crapule reste à faire – a  sur se servir des difficultés de Fillon pour l’éliminer. Autrement dit en ayant deux fers au feu, les lobbies de la finance étaient sûr de l’emporter. Les programmes étaient les mêmes. Car contrairement à ce qui a été dit, Macron avait bien dès le départ un programme ultra-libéral et il ne s’en cachait très peu.  

    Eric Stemmelen, Opération Macron, Editions du cerisier, 2019

    En vérité au début de la campagne présidentielle, Fillon bénéficiait lui aussi d’une débauche de campagne médiatique. C’est dans ces occasions qu’on comprend à quoi sert d’investir massivement et apparemment à perte dans les médias. Par contre, je suis d’accord avec Stemmelen quand il suggère que les milliardaires ne voulaient pas de Juppé qu’ils ne trouvaient pas assez hargneux, sans doute pensaient-ils que Juppé chercherait le consensus plutôt que l’affrontement. A l’inverse on savait que Fillon chercherait l’affrontement violent pour imposer les « réformes ». Macron ne le disait pas ; mais outre que c’est ce qu’il fera une fois au pouvoir, il avait donné déjà des gages avec la loi El Khomri. Même si on démontre que c’est le clan Jouyet-Macron qui a scellé le sort de cette canaille de Fillon, tout cela ne veut pas dire que la classe des hyper-riches était unanimement rangée derrière Macron et complotait pour lui. Evidemment une fois que Fillon était pris dans la nasse, tout le monde – je veux dire le petit monde des milliardaires – s’est rangé derrière Macron qui avait l’air plus moderne, moins renfrogné. Fillon lui s’était donné l’air de sortir directement du XIXème siècle. Il cachait mal son jeu. Macron, sans doute l’un des plus grands menteurs que la politicaillerie ait fournis, s’affichait souriant, il allait à Las Vegas, parlait de start up. Il était le candidat du jeunisme contre la France rabougrie représentée par l’homme aux gros sourcils. En vérité tout cela n’était qu’un coup de peinture sur des vieilleries : les deux gangsters avaient le même programme. Ce n’était pas le leur d’ailleurs. Que ce soit Fillon ou Macron, ces deux êtres excessivement  cupides n’ont jamais eu le début d’une idée, ils ne sont là que pour mettre en œuvre, comme le rappelle fort justement Stemmelen, les GOPEs concoctées à Bruxelles à la gloire du capitalisme débridé et financier par des bureaucrates surpayés, mais sans talent. D’ailleurs Macron avait déjà commencé à accélérer le programme de désindustrialisation européiste de la France, notamment en vendant Alstom à General Electric avec les conséquences dramatiques sur l’emploi que l’on sait[5].

    Eric Stemmelen, Opération Macron, Editions du cerisier, 2019

    Comme on le voit, l’ouvrage traite de cette débauche éhontée de moyens en faveur d’un candidat finalement intellectuellement assez mal équipé. Stemmelen souligne combien la campagne en faveur de Macron dans les médias a été basée sur le mensonge, ou plutôt sur les mensonges. On a menti sur son couple. Par exemple on a souligné que Brigitte Trogneux n’avait que 20 ans de plus que son mari, qu’elle l’aurait connu à l’âge de 17 ans et qu’elle avait été son prof de français. C’est un triple mensonge : quand elle l’a connu, elle avait 39 ans et lui 14. C’est clairement une relation pédophile. Pour beaucoup c’est ce traumatisme qui l’aurait rendu complètement cinglé. Elle n’était pas son prof de français, mais son prof de théâtre, c’est là qu’il a appris son métier de président, tout dans l’emphase. Cette femme ambitieuse s’habillait de longue date chez Louis Vuitton – autant dire chez Arnault dont elle avait la charge dans un lycée catholique d’éduquer les filles. Or cette menteuse très ambitieuse prétend que ces tenues sont seulement prétées par Arnault pour qu’elle représente la France à l’étranger. En vérité c’est au minimum de la corruption passive. Ces dessous sont bien peu ragoutants. Mais ça ne fait rien les journalistes ont pris leur gomme et gommé tout ce qui pouvait permettre de raconter une autre histoire. Si j’examine la réalité de ce couple cupide, qu’est-ce que je vois : d’un côté un raté complet qui a échoué à faire l’ENS et qui a dû se contenter au deuxième coup de rejoindre l’ENA, médiocre école de formatage des élites du néolibéralisme. Macron est très ignorant de tout, de l’économie comme du reste, Stemmelen le souligne, c’est une autre fable que de laisser croire que ce type est instruit et intelligent – Stemmelen rappelle fort justement qu’il ne connait pas la géographie, situant Villeurbanne dans la banlieue de Lille, ou encore désignant la Guyane comme une île. Rappelons nous ce qu’il avait dit : « On est tous des enracinés et donc, parce que nous sommes des enracinés, il y a des arbres à côté de nous, il y a des rivières, il y a des poissons, il y a des frères et des sœurs »[6]. De l’autre nous avons une autre ratée, Brigitte Trogneux, une ambitieuse dont les dents rayent le parquet et qui se servira de la folie de son amant pour satisfaire sa volonté de gloire. Il est probable que sans elle et sans son entregent on n’aurait jamais entendu parler de Macron. L’histoire de ce couple cupide et vulgaire c’est aussi l’histoire de la dégénérescence de la bourgeoisie française. 

    Eric Stemmelen, Opération Macron, Editions du cerisier, 2019

     Le mari, l’épouse et l’amant 

    Mais par contre on se perd en conjectures : pourquoi des milliardaires auraient-ils choisi cet imbécile comme porte-drapeau ? Il est probable que vu la merde qu’il a mis dans l’économie française, certains regrettent de l’avoir aidé. Mais ce n’est pas sûr. En soutenant Macron, les milliardaires ont eu un retour sur investissement très rapide et très fort et en plus quelqu’un qui les flattent en les désignant comme les premiers de cordée[7]. Et puis il accélère à la fois le détricotage de la protection sociale en France, mais aussi la destruction de la nation, permettant aux lois du marché de remplacer celles de l’Etat. Stemmelen avance qu’il travaille essentiellement pour l’Allemagne, on pourrait dire que le traité d’Aix-le-Chapelle en détachant l’Alsace et la Lorraine de la France, en en faisant une région européenne plus ou moins autonome, est le début de cette vente à la découpe. Rappelons que pour l’Allemagne c’est presqu’un projet millénaire que de se réapproprier l’autre rive du Rhin. Dans la réalité, cette politique de la brute qui verse dans la dictature, crée cependant plus de problèmes qu’elle n’en résout, y compris pour les milliardaires. Il faut donc se poser la question : soit les milliardaires sont des imbéciles et se sont laissés duper par le bagout de marchand de voitures d’occasion de Macron, soit ils avaient anticipé ce qui allait se passer et ont sciemment engagé la guerre sociale. Personnellement je penche pour la première hypothèse, car comme l’a montre François Ruffin dans son film Merci patron, un milliardaire comme Arnault est facile à duper pour peu qu’on s’en donne les moyens.

      Eric Stemmelen, Opération Macron, Editions du cerisier, 2019

    Je pense que les milliardaires qui ont mis en avant cet hurluberlu, se retrouvent dans la position du docteur Frankestein : leur créature leur échappe parce qu’ils n’avaient pas envisagé que Macron était aussi fou. Il est en même temps serviable et dévoué, et incontrôlable, à moitié fou. Cependant et quoi qu’on en dise, Macron est l’image de la dérive d’un capitalisme arrogant et de plus en plus autoritaire qui se moque des libertés individuelles : quand les milliardaires en sont à engager des pantins de ce calibre, c’est qu’ils n’ont rien de mieux pour les servir, cela devrait les inquiéter. Stemmelen pointe la dérive des journalistes qui, de L’obs à Libération en passant par Le monde, travaillent à dézinguer les opposants, qu’ils s’appellent Mélenchon ou Marine Le Pen, mais qui mettent l’éteignoir sur la fin des libertés fondamentales en France. La presse est aux ordres, c’est bien le moins quand on coûte si cher, la justice l’est tout autant, voir comment Remy Heitz, le procureur nommé par Macron lui-même, enterre les à-côtés de l’affaire Benalla. La police s’est transformée en milice et devient le bras armé d’une dictature qui est de plus en plus impopulaire. En décembre dernier je me demandais si les milliardaires n’allaient pas finir par virer leur créature du pouvoir : on ne peut même plus boire l’apéritif tranquillement au Fouquet’s depuis Macron. Mais ça s’est tassé, le président-fou a obtenu un sursis semble-t-il. L’autre question que je me pose est : pourquoi Hollande a-t-il introduit le loup dans la bergerie ? Certes on peut toujours invoquer la roublardise de cette crapule de Jouyet, mais enfin, c’est un peu court. Maintenant ce lamentable Hollande remâche ses rancœurs envers le petit banquier qui lui pisse contre et qui le fait savoir.  

    Eric Stemmelen, Opération Macron, Editions du cerisier, 2019

    Le plus problématique dans tout cela c’est que le livre de Stemmelen n’a pas été publié en France, toutes les maisons d’édition l’ont refusé, mais en Belgique. Il y a un moment qu’on s’inquiète maintenant aussi de la dérive du système éditorial français qui ressemble de plus en plus à la servilité de la presse. Sans doute cela provient du fait que ces dernières années les milliardaires ont aussi investi dans le secteur de l’édition. On peut reprocher à Stemmelen d’avoir personnalisé son attaque. Pour ma part je trouve que c’est la bonne approche puisque Macron aime autant attirer la lumière sur lui, voyons ce que cela cache. « Qu’ils viennent me chercher » disait l’idiot. C’est donc un bon livre dont la lecture est enrichissante et qui nous conforte dans notre anti-macronisme primaire. La conclusion est que nous devons nous débarrasser de ce sinstre personnage, restaurer la République et mettre au pas l’oligarchie… par tous les moyens y compris une révolution s’il le faut.



    [3] Un épisode très obscur montre que Jouyet a piégé Fillon lorsque celui-ci est venu lui demander de l’aide pour dézinguer Sarkozy. C’était en 2016. A ce moment-là Fillon aurait dû être un peu plus méfiant et ne pas croire qu’il manipulerait si facilement cette vieille canaille de Jean-Pierre Jouyet. https://www.nouvelobs.com/politique/20161012.OBS9721/hollande-remet-une-piece-dans-l-affaire-fillon-jouyet-sarkozy.html

    [6] https://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/video-presidentielle-on-a-tente-de-decrypter-le-langage-macron-en-vain_2118771.html Il était interviewé par Pascal Canfin qui sera plus tard récompensé d’un poste de député européen. Celui-ci ne lui a pas demandé d’explication, il a fait comme s’il comprenait ce que voulait dire cette logorrhée verbale. Cette partie de l’interview est souvent reprise sur les réseaux sociaux pour démontrer que Macron n’a pas vraiment toute sa tête.

    [7] Macron est toujours très obséquieux avec les très riches, et méprisant avec les pauvres qu’il passe son temps à injurier. Cette attitude veule est son principal trait de caractère.

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  •  Le 14 juillet 2079 malheureux du dictateur Macron, le pouvoir des gilets jaunes 

    La milice de Castaner embarquant Jérôme Rodriguez sans aucun motif légal, c’est le symbole de la dictature macronienne  

    Comme nous le disions hier, les gilets jaunes ne sont pas finis, loin de là. Ce ne sont pas des touristes, et comme tels ils ne partent pas en vacances, ils sont là pour gâcher la parade militaire de Macron. Le 14 juillet c’est, depuis 1880 du moins, la fête nationale. Dans l’imaginaire populaire c’est la célébration d’une révolution populaire – il n’y a que peu de temps qu’on parle de « populiste » – qui de la prise de la Bastille au 4 août allait amener la fin des privilèges. Si vous voulez c’était une révolution contre ceux qui bouffaient du homards et se gobergeaient avec des grands crus pendant que le peuple se serrait la ceinture et payait de plus en plus d’impôts. Cette fête nationale signifie que la France, et les Français, revendiquait la liberté, l’égalité et la fraternité comme fondement d’une société nouvelle. L’histoire est un éternel recommencement, maintenant il s’agit de chasser un nouveau roitelet qui bafoue justement la République et tente de restaurer, à l’image de ceux de Coblence, une monarchie soutenue par l’Allemagne. Cette fête qui devrait être la célébration de la liberté tourne à la répression. Dès le matin les miliciens de Castaner arrêtaient sans raison aucune des figures marquantes du mouvement des gilets jaunes, Jérôme Rodrigues, Maxime Nicolle et Eric Drouet[1], signifiant ainsi que les Français n’avaient pas le droit de se trouver sur les Champs-Elysées pour célébrer leur Révolution. C’était un nouvel abus d’autorité. Mais il y en a tant qu’il est impossible de croire, même avec une bonne volonté, que nous sommes encore en démocratie. Quoi qu'en disent les éditocrates grincheux, ce n'est pas Macron qui représente l'esprit du 14 juillet, mais bien les gilets jaunes. Ceux qui ont pris la Bastille avaient mis aussi les têtes des représentants de l'oligarchie de l'époque au bout d'une pique.

    Le 14 juillet 2079 malheureux du dictateur Macron, le pouvoir des gilets jaunes 

     Macron sous une très haute protection salue ceux qui le sifflent et le conspuent copieusement  

    C’est sous une protection policière renforcée que cette année Macron et son sourire imbécile se prêtèrent au défilé. Macron, n’a pas de chance, en 2017 et 2018, il n’y avait personne pour le regarder passer, pire encore, en 2018, la patrouille de France s’était mélangé les couleurs, comme si tout ce que touchait Macron devait virer en eau de boudin, ce garçon porte malheur[2]. Cette année il y avait du monde, mais, pas de chance, c’était des gilets jaunes venus pour le huer[3]. Pendant ce temps, le Fouquet’s, symbole d’une bourgeoisie arrogante et vulgaire, rouvrait ses portes et proposait un brunch pour la modique somme de 120 € par personne, on est démocrate et républicain ou on ne l’est pas[4]. Cet étalage de luxe vulgaire risque de donner envie aux gilets jaunes de brûler cette boutique à nouveau[5]. Toutes les places avaient été réservées à l’avance. Le spectacle a dû être un peu gâché parce que justement les Champs Elysées se sont retrouvés en état de siège. Ce défilé se voulait en réalité la démonstration que Macron était bien le président des Français et qu’à ce titre – et au nom de Saint Pognon – il avait redressé la barre, alors qu’il avait bien failli être renversé au début du mois de décembre dernier. Les gilets jaunes sont venus lui pourrir la vie en le sifflant, en l’injuriant copieusement. Certes la police avait tenté de faire le ménage en amont, mais elle avait des moyens limités parce qu’elle ne pouvait pas entamer une émeute en plein milieu des Champs Elysées pour le 14 juillet. C’eut été avouer que nous n’étions plus en République. Il y a bien eu quelques bousculades, mais ce fut limité tout de même. Mais le Fouquet's dut refermer ses portes quand les choses commencèrent à dégénérer en début d'après midi. 

    Le 14 juillet 2079 malheureux du dictateur Macron, le pouvoir des gilets jaunes 

    Pour bien comprendre le ridicule de la situation, il faut regarder la photo ci-dessous, on y voit Macron tenter de sourire pour faire plaisir aux caméras de télévision, mais il ne peut pas occulter le fait qu’il a peur, très peur. Il est assez connu comme trouillard depuis au moins le mois de décembre 2018, les gilets jaunes sont son cauchemar. Il est inquiet pour son intégrité physique, pour son intégrité mentale, il ne craint plus rien, il est déjà passé de l’autre côté. On a fait en sorte que le président soit éloigné de la foule qui le hait véritablement. Cependant, il ne pouvait ignorer les cris et les sifflets. Ce 14 juillet 2019 est la démonstration qu’il est bien séparé du peuple et seulement protégé de lui par des cordons de miliciens. En aucun cas il ne peut se revendiquer de représenter le France et les Français. 

     En dépit de toutes les mises en scènes et des sondages bidouillés, il sait que sa cote de popularité reste scotchée à moins de 30%[6]. Au fond le message que les gilets jaunes qui se recommandent de la prise de la Bastille et de la Révolution française, envoyaient à Macron était le suivant : vous n’êtes pas digne de l’histoire de la France que vous tentez de détourner à votre profit. Vous n’êtes pas le descendant des Sans-culottes, seulement le représentant de la contre-révolution, du parti des émigrés, vous n’êtes pas le président des Français. On se souvient d’ailleurs que Macron avait affirmé qu’à la France il y manquait un roi, le roi étant par définition en France la figure de l’abus de pouvoir[7]. C’est bien cette cuistrerie que ce parvenu, domestique stipendié de l’oligarchie, paie aujourd’hui. La veille, Macron avait annoncé depuis l’Hotel de Brienne, la création d’un commandement de l’Espace, tandis qu’au dehors les gilets jaunes criaient leur dégoût des minables combines de de Rugy, représentant indigne des privilèges du temps jadis[8] ! Tout le monde a moqué Macron, disant que s’il n’arrivait à rien en France, en Europe, il lui restait à se faire nommer « roi de l’Espace » par lui-même ! Ce quinquennat est en train de tourner dans le quotidien à la farce, façon Ubu roi. 

     Le 14 juillet 2079 malheureux du dictateur Macron, le pouvoir des gilets jaunes 

    Macron est inquiet pour son intégrité physique  

    On notera que si Macron est un vrai contre-révolutionnaire, cela se voit aussi dans la manière qu’il a de brader les intérêts de la France. Que ce soit ADP, la Française des jeux ou la SNCF, il cherche toujours à faire réaliser de bonnes affaires par ses copains milliardaires. Mais dans cette braderie, il y a aussi le traité d’Aix-la-Chapelle[9]. Ce dernier traité est une avancée pour tenter de faire sortir les régions d’Alsace et de Lorraine de la souveraineté française, au motif d’en faire une région européenne, bilingue, mais en fait c’est le premier pas pour que l’Allemagne puisse un jour s’en emparer. On sait que ce traité maudit envisage de partager la bombe avec notre ennemi héréditaire, mais aussi de fondre notre armée dans une grande armée européenne sous domination allemande. Je passe sur le partage envisagé de notre siège au Nations Unies. Quoi qu’il en soit, ce 14 juillet 2019, la tremblotante Merkel est venue passer l’inspection de nos troupes, histoire de vérifier si elle n’a pas été trompée sur la marchandise. Cette démonstration de la vassalisation de la France, absorbée dans le grand-tout européiste, a souvent été rapprochée de la collaboration façon Maréchal Pétain. Ce n’est pas tout à fait exact. En 1940 Hitler avait démantelé l’armée française, en 2019, l’Allemagne s’en empare sans résistance. La soumission reste la même, car si le peuple français a, plus que tout autre, été porté vers la révolution et la liberté, il a été très souvent trahi de manière obscène par ses élites. C’est bien pour ça que la révolution est toujours une idée recommencée. Macron sait très bien qu’il a l’image en France du traître de comédie. C’est un défi qu’il nous lance. « Qu’ils viennent me chercher ». En un sens c’est bien lui qui a, dans un moment d’égarement, défini le programme des gilets jaunes. Notez que les gilets jaunes sont le seul parti – un parti d’une nouvelle forme cependant puisqu'il n'a pas engendré une bureaucratie – qui dénonce franchement les abus de cette classe de politiciens vendus. On peut les remercier, quant aux autres partis institutionnalisés, tout comme les syndicats, ils sont aux abonnés absents, alors que notre époque est bien à la révolte

    Le 14 juillet 2079 malheureux du dictateur Macron, le pouvoir des gilets jaunes

    L’armée française inspectée par l’Allemagne, derrière Macron on reconnait un amateur de homard  

    Les gilets jaunes venus conspuer Macron étaient très nombreux sur les Champs Elysées. Notez qu’ils sont actifs aussi bien en semaine que le samedi et le dimanche, démontrant une belle ténacité. Bien que comme je l’ai dit au-dessus la police n’ait pas osé être trop violente, elle a procédé tout de même à 175 arrestations. C’est beaucoup pour un jour de fête nationale, c’est sans doute inédit sous la Vème République, encore un nouveau record à mettre à l’actif du petit banquier[10]. Les policiers, une quinzaine de miliciens, se sont jeté sur Maxime Nicolle alors qu’il se trouvaient avenue de Friedland, preuve que lui, Drouet ou Rodrigues sont surveillés jour et nuit par les espions de Castaner. Il y a eu également quelques tirs de grenades lacrymogènes – là encore c’est inédit pour une fête nationale – qui peut-être ont dérangé les horribles brunchers du Fouquet’s. Cette atmosphère de fin de règne est inquiétante pour la suite, en tous les cas, elle annonce une rentrée certainement chaotique. Que ce soit lorsque Buzyn se fait pourchasser dans les couloirs d’un hôpital ou quand Macron tente de s’affirmer comme le chef de l’Etat, comme s’il était président, on note que les hauts personnages de l’Etat ne bénéficient plus de la même mansuétude qu’autrefois. Et on le leur fait savoir. Si pour Macron ce fut un 14 juillet complètement raté, pour les gilets jaunes ce fut bel et bien un succès, montrant ainsi à la face du monde que la France est dans un état quasi-insurrectionnel. Le gouvernement ne se maintenant que parce que la police accepte de faire ce travail répugnant de le protéger contre le peuple et sa volonté d’abolir les privilèges des plus riches. 

    Le 14 juillet 2079 malheureux du dictateur Macron, le pouvoir des gilets jaunes 

    Avec sa brutalité coutumière la milice de Castaner interpelle un citoyen mécontent du mauvais travail de Macron  

    Après le départ du cortège officiel, les gilets jaunes ont manifesté contre Macron sur les Champs Elysées, profitant du fait que le préfet n’avait pas pu interdire le rassemblement, ce qui a entraîné des tirs de grenades lacrymogènes. Ils ont ensuite continué à manifester place de la Bastille, ce qui est la moindre des choses pour un 14 juillet. On a vu des policiers très nerveux, et même un commissaire de police qui a dû être évacué par ses hommes devant la vindicte populaire. Sans doute commencent-ils à en avoir assez de jouer les chiens de garde de la haute bourgeoisie. Dans la tribune officielle du défilé, Macron avait mis derrière lui cette petite canaille de de Rugy. Une énième provocation qui ne passe pas du tout. Il va venir un moment où cette engeance ne pourra plus voir la lumière du jour et devra resté confinée dans ses palais dorés. 

    Le 14 juillet 2079 malheureux du dictateur Macron, le pouvoir des gilets jaunes 

    Les Champs Elysées ont vu les gilets jaunes manifester après le cortège officiel 

     

    Ci-dessous on trouvera une vidéo des tensions qui ont émaillé ce misérable 14 juillet 2019.

     

     

     

    https://www.youtube.com/watch?v=6O2PyqTc2aU

     



    [5] Encore qu’on ne sache pas trop si se sont les gilets jaunes qui lui ont mis le feu. Pour beaucoup l’origine de l’incendie vient des tirs de grenades lacrymogènes par les forces de l’ordre, lors de l’acte XVIII. https://www.20minutes.fr/societe/2475643-20190318-acte-18-gilets-jaunes-devanture-fouquet-brulee-forces-ordre

     

     

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  • Acte XXXV, les gilets jaunes sont toujours là !  

    Ils étaient plusieurs milliers encore à Paris 

    Les gilets jaunes sont partout. A Paris l’acte XXXV a montré une forte détermination. Sans doute que les homards de de Rugy y sont pour quelque chose. En effet en tirant le fil de l’histoire de ce personnage douteux qui ne sert à rien, sauf à faire croire aux imbéciles que Macron s’occupe d’écologie, tout est venu de la mesquinerie de cette classe de parasites, le chauffeur qui amène les enfants à l’école, les dîners privés, le sèche-cheveux doré à l’or fin, le logement social. Bref la totale. L’arrogance vulgaire de ceux qui sont sensés représenter les Français fait enrager les plus modérés. On aurait tort de croire que le mouvement est mort. Au contraire, il s’enracine et prend date pour les combats à venir. Il semble qu’il n’y ait plus personne qui maîtrise quoi que ce soit dans ce gouvernement d’incapables. Griveaux critique de Rugy, demandant implicitement sa démission, Attal aussi. Et quand Sibeth Ndiaye annonce que le président soutien de Rugy, ça fait rire tout le monde. La sinistre Buzyn dont l’incompétence est aussi colossale que l’arrogance visitait un hôpital de La Rochelle vendredi dernier. Les urgentistes ont manifesté leur mécontentement à son endroit, ils lui reprochent de massacrer le service public de l’hôpital. Elle a dû être exfiltrée – ce sont les termes qui ont été employés par les journalistes – afin d’éviter le pire. C’est assez inédit cette haine qui monte de plus en plus à l’endroit de l’élite autoproclamée[1]. Il ne faudrait pas séparer cette critique du gouvernement tout azimut du mouvement des gilets jaunes. Car ceux-ci sont les plus âpres défenseurs du service public. Dans les manifestations du samedi 13 juillet, Blanquer qui s’est conduit si mal avec les professeurs qui faisaient la rétention des notes du bac était aussi pris pour cible longuement. 

    Acte XXXV, les gilets jaunes sont toujours là ! 

    La sinistre Buzyn a dû s’enfuir de peur d’être lynchée 

    Les gilets jaunes ont fait école. Vendredi 12 juillet, on a vu apparaître des « gilets noirs ». C’est un mouvement classique des sans-papiers, très organisé par l’extrême-gauche qui réclament des papiers et des avantages sociaux, avec des slogans du type : « la France est à nous », ce qui ne peut que faire les affaires du Rassemblement National, tant cette agressivité est rejetée par une très large majorité des citoyens. Ils ont occupé le Panthéon, lieu symbolique s’il en est[2]. Mais curieusement la police a laissé faire, on n’a pas sorti l’artillerie lourde pour les contrer. De même les supporters algériens ont fêté d’une manière très violente la victoire de leur équipe contre la Côte-d’Ivoire, en se réunissant sur les Champs Elysées et dans tous les centres des grandes villes, pillant des commerces derrière le drapeau algérien, il y a eu un mort[3]. La encore la police a été extrêmement passive, on n’a pas sorti, ni les canons à eau, ni les blindés. On ne peut pas dire que la police soit prise au dépourvu, tout le monde sait que dès qu’il y a une victoire de l’Algérie en football, on a droit aux mêmes scènes. Vous remarquerez que les sans-papiers et les immigrés n’ont guère été présents dans le mouvement des gilets jaunes. Le gouvernement choisi sa répression : la mansuétude pour les sans-papiers et les supporters algériens, la répression féroce pour les gilets jaunes. Outre cette sempiternelle culpabilisation de l’homme blanc, derrière ce choix mal assumé, il y a l’idée que seuls les gilets jaunes sont vraiment dangereux pour le pouvoir. 

    Acte XXXV, les gilets jaunes sont toujours là ! 

    Les gilets jaunes envahissent la Gare de Lyon.

    Comme je l’ai signalé depuis plusieurs semaines les médias ont pour consigne de ne plus parler des gilets jaunes. L’analyse stupide de Macron et de son gouvernement c’est que si on en parle, ça fait de la publicité et ça mobilise. Donc les médias ont des instructions. On vous parlera de n’importe quoi, mais pas des gilets jaunes, à croire qu’ils n’existent plus. Certes les chiffres qui nous parviennent au compte-gouttes montrent que la mobilisation est bien moindre qu’il y a quelques mois. Mais ils sont pourtant encore plusieurs milliers à défier Macron et sa milice dans les rues. Si à Paris c’était la plus grosse manifestation de la journée, avec des actions dans les gares, il y avait des rassemblements à Charleville-Mézières, à Montceau-les-Mines, et dans les lieux habituels des rassemblements. Cette manière scandaleuse de passer sous silence le XXXVème acte des gilets jaunes, alors qu’on en fait des tartines sur les gilets noirs ou sur les supporters algériens est ignoble, parce que les gilets jaunes développent un vrai message politique, et que tous les jours ce message prend le sens de l’évidence : la révolution devient une nécessité.

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  •  L’affaire De Rugy et ce qu’il révèle de la corruption en France

    On savait depuis longtemps que François De Rugy, écolo en peau de lapin, et petit magouilleur, était une canaille. Peut-être pas plus pourri que les autres ministres de la Macronie, mais enfin, certainement pas moins. On serait bien en peine de trouver une action positive de sa part pour la défense de l’environnement, ce qui normalement est du ressort de son métier de ministre. Nous apprenons grâce à Médiapart que cet antipathique et sa femme – « journaliste » à Gala – organisaient des dîners fins avec leurs amis sur le compte des contribuables[1]. Tout le monde joue la carte de l’indignation et les journaux détaillent à qui-mieux-mieux la somptuosité des dîners que cet aristocrate fin de race – il est un descendant de la famille Goullet de Rugy ce genre de famille qui a acheté sa particule il y a quelques siècles, en solde. Et donc il y avait du homard, des vins fins, et des tas de domestiques pour servir cette canaille qui se gobergeait sur notre compte. Evidemment tout le monde est indigné – sauf les macroniens bien sûr – mais cependant ces dîners soulèvent bien des questions. La première est celle-ci pourquoi est-ce Médiapart qui dénonce cette ahurissante gabegie, et pas Le monde ? En effet les journalistes du Monde qui sont très bien introduits auprès des macroniens, savaient parfaitement de qui se passait sous les ors du palais de Lassay. Autrement dit, Le monde, Le Parisien, Le Figaro et les autres ne sortent l’information qu’une fois que Médiapart l’a révélée, lorsqu’ils ne peuvent plus faire autrement[2]. Ce retard signifie simplement qu’ils n’ont pas voulu faire de la peine à Macron le président-fou et à son entourage. Le rôle douteux des « journalistes » est révélé par le sinistre Aphatie qui justement s’est retrouvé à la table du soi-disant ministre de l’écologie. Voilà ce que dit ce « journaliste » qui n’aguère n’avait pas de mots assez durs pour attaquer les gilets jaunes : « J’ai hésité à y aller parce que si le déjeuner est un espace de travail, le dîner est un espace ambigu. (…) J’ai vite compris que cela n’avait pas beaucoup de sens d’être là pour moi. Ce n’est pas un dîner de travail. Et si c’était à refaire, non, je ne le referais pas. » Il reconnait ainsi qui ces dîners ne servaient strictement à rien d’autre qu’à se faire plaisir dans l’entre-soi d’une bourgeoisie arrogante et sans morale. Ce faisant Apathie montre que De Rugy est un menteur. En effet celui-ci pour se défendre à repris l’antienne macronienne du « j’assume ». Avançant que certes il s’agissait de dîners somptueux, mais que c’était aussi des sortes de réunions de travail, une manière de prendre le pouls de la France d’en bas ! « J’assume que ma femme ait pu participer, je défendrai ma femme. Nous n’avons rien à nous reprocher (…). [Quant aux invités], ce ne sont pas des amis, certains nous les connaissions, d’autres pas (…), c’est ça le propre d’avoir des relations de travail. ». On dirait Fillon défendant les emplois fictifs de Pénélope.  

    L’affaire De Rugy et ce qu’il révèle de la corruption en France

    En vérité on apprend que ces dîners avec des bouteilles de grands crus à 500 ou 1000 € étaient organisés par sa femme – « journaliste » à Gala, on est prié de ne pas rire. Celle-ci se prenant pour Brigitte Trogneux avait décidé d’exister en dépensant sur le compte des plus pauvres dans un luxe de parvenus. Mais que De Rugy soit une canaille sans principe et sans honneur, on le savait déjà. Et nous savons que le politicien honnête est une espèce très rare dont tout le monde parle, mais que personne n’a vue ! Peut-être bien que ça existe au fond, mais on n’en sait rien. Mais en termes de gabegie, De Rugy ne fait que suivre l’exemple des Macron. Non seulement on connait les goûts dispendieux de Brigitte Trogneux en matière de vaisselle et de moquette – elle nous coût un pognon de dingue alors qu’elle n’est rien, même pas mal élue comme son petit mari – mais on connait aussi que le ministre de l’économie Emmanuel Macron dépensait sans compter en dîners d’apparat pour faire sa promotion pour les présidentielles[3]. L’exemple vient donc de haut, et si De Rugy se fait virer, il pourra toujours évoquer le précédent du président-fou. Les ors de la République font rêver les cons, et bien sûr ces rêves moisis ne passent pas auprès du peuple à qui on enjoint jour après jour de se serrer la ceinture pour rembourser la dette, pour protéger la planète. Mais en vérité on se serre la ceinture pour permettre à cette caste de rats d’égouts de se goberger. ?  

    L’affaire De Rugy et ce qu’il révèle de la corruption en France

    Mais le scandale de De Rugy ne s’arrête pas là. Il touche directement une autre canaille : sa directrice de cabinet – dircab en macronien moderne – bénéficiait d’un logement HLM à Paris alors qu’elle ne l’habitait pas ! Nous apprenons que cette farce a duré 12 ans, entre 2006 et 2018[4]. Ce nouveau tolé après celui des dîners à l’hôtel de Lassay a contraint De Rugy a demander la démission de Nicole Klein. Que ce soit De Rugy ou Nicole Klein, nous voyons que ceux qui sont sensés servir le bien public sont plutôt dans la situation de se servir. Ce n’est pas le premier scandale de ce type qu’on rencontre dans la gestion du parc des HLM de Paris. On avait eu par exemple le cas d’Alain Juppé qui avait non seulement demandé et obtenu un HLM pour son fils Laurent, pilote de ligne, mais qui en plus avait réclamé un rabais de 1000 francs sur le loyer, c’était du temps où Alain Juppé, qui n’en est pas à une casserole près, était secrétaire général de la mairie de Paris[5]. Alain Juppé avait par ailleurs ordonné de faire pour plus de 380 000 francs de travaux dans le logement destiné à son fils. Il y a donc une vieille manie chez les politicards d’utiliser comme bon leur semble l’argent public. Mais revenons à De Rugy, il y a encore une troisième affaire : De Rugy a commandé pour 63 000 € de travaux dans ses appartements de fonction, argant qu’on n’avait pas refait la salle de bains depuis une quinzaine d’années[6]. Pour ma part je n’ai pas d’argent pour refaire ma salle de bains tous les quinze ans. De Rugy souligne d’ailleurs que ce qu’il a fait est légal. On n’en doute pas, comme ce que fait Macron quand il change la vaisselle de l’Elysée pour 500 000 €. Mais est-ce légitime, au moment où on serre la vis de tous les côtés, notamment aux chômeurs qui sont désignés à la vindicte publique ?

      L’affaire De Rugy et ce qu’il révèle de la corruption en France 

    La préfète Nicole Klein contrainte de démissionner 

    Certes la Macronerie n’a pas inventé le détournement des fonds publics. Ils ne sont pas assez intelligents pour inventer quoi que ce soit, ni même pour imaginer qu’ils vont se faire coincer. Seulement, en tombant en même temps que la crise des gilets jaunes qui joue les prolongations, il apparaît que cet usage des fonds publics est la contrepartie de la lutte des classes : c’est leur butin, leur rémunération en quelque sorte pour les services qu’ils rendent avec zèle à l’oligarchie. Ces gens n’ont pas d’idéologie à part celle de profiter le plus possible du temps qu’ils passeront dans les hautes sphères du pouvoir. La différence d’avec les temps jadis, c’est que ça se voit plus. Si Médiapart n’avait pas sorti cette affaire, on peut douter que les autres journaux l’ait dévoilée, tant les complicités entre la sphère médiatique et les politicards est évidente. On comprend mieux pourquoi la Macronie a hâte de mettre en place un contrôle encore plus strict des journalistes, car si ce genre d’affaires se multiplie, l’idée qu’on peut se débarrasser des politicards va faire encore un peu plus son chemin et par contrecoup celle d’une démocratie directe. L’idée du retour de la guillotine fait son chemin.



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  •  Pauvre Grèce, la honte de Tsípras, la victoire des abstentionnistes

    Tsípras peut tirer un trait sur sa carrière politique, au moins en Grèce. Il a été battu dans les grandes largeurs par la Nouvelle démocratie¸ qui n’est ni nouvelle ni démocratique et qui représente la droite ordinaire à la Macron, libérale pour l’économie, dure pour les contestataires, européiste et affairiste cela va de soi. On va donc continuer à dépecer la Grèce. Ce sera comme ça tant que la canaille politicienne ne se fera pas chasser du pouvoir. Le monde qui n’en est plus à une imbécilité près titre Législatives en Grèce : avec une majorité absolue, le candidat de droite Mitsotakis réussit son pari. Il n’y avait pas d’enjeu en vérité, Tsípras lui-même n’y croyait pas. On nous dit Mitsotakis et son parti obtiennent 39% des suffrages exprimés – donc on ne parle pas d’abstention – mais 39% leur suffit pour obtenir la majorité au Parlement. En vérité l’abstention est de 42%, et donc il vient que c’est à peine un peu plus de 22% des électeurs Grecs, je ne parle même pas des non-inscrits, qui ont voté pour Nouvelle Démocratie[1]. Pauvre Grèce, pauvre démocratie. Les gagnants sont les abstentionnistes, écœurés par les revirements de Tsípras, dégoutés par la perspective d’avoir Mitsotakis comme premier ministre. Mais en même temps ils sont aussi les perdants, sauf à admettre que cette montée de l’abstention est le prélude à un grand chambardement dans toute l’Europe. Le journal d’ultra-droite, L’opinion, journal contrôlé par Bernard Arnault, était très content, il trouvait que la Grèce basculait à droite après quatre ans de gauche radicale[2] ! Diable si pour ces gens la gauche radicale c’est Tsípras, c’est soit qu’ils sont complétement stupides, soit qu’ils font exprès, ou peut-être les deux à la fois. On notera que lorsque la gauche arrive au pouvoir et fait une politique de droite en versant dans le libéralisme, elle est ensuite balayée. C’est bien ce qui a entraîné en France la destruction du PS.

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    Donc au lieu de s’étonner de la très faible participation des Grecs à ce scrutin, la plupart des journaux parlent d’un triomphe de Mitsotakis. Kyriakos Mitsotakis n’est cependant que l’héritier de son père qui fut un premier ministre très conservateur, il a hérité de son argent, de son entregent, et de son parti ! Il peut raconter ce qu’il veut, se présenter comme un outsider « en dehors du système », le fait est là. Pour tenter de se faire un nom, ou plutôt un prénom, il joue les Macron en se donnant des airs rebelles, il se promène en chemise, enlève la cravate, tic vestimentaire qu’on retrouve aussi chez Macron, et chez tous les bourgeois qui veulent se donner des airs de ce qu’ils ne sont pas. Avec Mitsotakis rien ne changera, Tsípras a déjà fait le sale boulot. Il n’y a plus rien à privatiser, plus un seul petit port à vendre à des Chinois. Les réformes de Tsípras, et celles qui ont eu lieu avant lui, notamment quand Samaras était au pouvoir, qui ont été faites pour complaire au grand capital et à l’Union européenne, Il a vaguement promis de relancer l’économie. Tout le monde promet ça. La purge imposée par Bruxelles à la Grèce fait que Tsípras ne pouvait pas être réélu. Ça fait donc des mois que nous savons qu’il sera battu. Il avait d’ailleurs, il y a quelques semaines, perdu aussi les élections européennes. La Grèce est un des pays qui a le plus souffert de la crise de 2008. Dix ans après le désastre de cette crise ne s’est pas résorbé, il faut dire qu’à la crise financière et économique ordinaire s’est rajouté la purge européiste, une double peine en somme. Des centaines de milliers de Grecs ont quitté le pays, souvent les plus dynamiques et les plus jeunes – grâce à cela le chômage est resté autour de 20%, mais de 45% pour les plus jeunes. La dette reste toujours très élevée, malgré les mesures d’austérité radicales, elle reste scotchée aux alentours de 190% du PIB.  

    Pauvre Grèce, la honte de Tsípras, la victoire des abstentionnistes

    Mitsotakis a promis une baisse d’impôts pour relancer l’économie, comme c’est original ! Mais cela veut dire que, compte tenu de la surveillance allemande tatillonne sur le budget, soit, il ne réalisera pas sa promesse, soit, il liquidera encore un peu plus de ce qui reste des services publics qui sont déjà à l’os, sans doute ce sera encore l’éducation et la santé qui paieront la note, la police n’est pas concernée, car comme en France, le gouvernement grec ne peut pas se maintenir sans une police bien dressée et sauvage : ce durcissement de la police se retrouve d’ailleurs dans toute l’Europe. Dans le gouvernement Samaras, Mitsotakis, le fils, était chargé en 2014 de la réforme administrative, ce qui veut dire qu’il était chargé de licencier des milliers de fonctionnaires pour complaire – déjà – à Bruxelles et par contrecoup à l’Allemagne. Apparatchik appliqué de la doxa libérale, proche de la puissante église orthodoxe, il va rapidement se retrouver à contre-courant de la population qui, elle, n’a pas de mots assez durs pour qualifier l’Europe et l’Allemagne. C’est la frange de la bourgeoisie qui a voté pour Mitsotakis. Et les électeurs de gauche ont abandonné Tsípras à son sort de traitre à la nation. La Grèce à un coup d’avance dans le mouvement de la décomposition du capitalisme. Ces palinodies électorales montrent à tout le moins que le système est bloqué en Europe, et il est bloqué essentiellement parce que les pays ont perdu, plus ou moins volontairement, leur souveraineté. La politique économique de la Grèce ne se décide plus à Athènes depuis au moins la trahison de Tsípras. Mais pour la France c’est la même chose : le sémillant Macron n’a strictement aucune idée de ce qu’est la France et de ce qu’elle pourrait faire. Il se contente d’appliquer les directives de Bruxelles – les fameuses GOPEs – et de sortir la matraque quand le peuple manifeste. Remarquez que lui aussi a été mal élu, malgré les apparences, au 1er tour des élections présidentielles de 2017, il n’a réuni que 18% des électeurs sur son nom, et son parti croupion, LREM, n’a retenu sur le sien que 13% des électeurs, ce qui lui a permis tout de même d’avoir une majorité de sièges à l’Assemblée nationale. On voit que ce système post-démocratique n’a même plus l’apparence de la démocratie bourgeoise. Les journalistes ont de plus en plus de mal à en faire la promotion, ça sonne creux. Mitsotakis n’est pas équipé intellectuellement pour faire autre chose que d’approuver Bruxelles, mais les problèmes sont bien là. Tsípras qui portera tout le reste de sa vie la honte de ses trahisons, va sûrement se dégotter une sinécure rémunératrice pour tous les services qu’il a rendu au grand capital. Pour ma part, vu que Mitsotakis n’est soutenu que par la bourgeoisie et que son parti comme celui de Tsípras n’a pas été capable et ne sera pas capable de sortir le pays de l’ornière, je ne serais pas étonné de voir la Grèce comme le premier pays candidat à une sortie de l’Union européenne après le règlement du Brexit. Ce sera le cas si entretemps intervient, comme beaucoup le prédisent, une crise financière de grande ampleur[3]. Dans ce cas-là, il serait impossible de demander encore plus à la Grèce en termes d’austérité, et probablement les banques se retrouveraient dans une situation de faillite. L’exemple de la Grèce montre clairement une chose : la politique d’un pays ne se fait plus dans les urnes, soit elle se fait à l’ombre discrète des cabinets à Bruxelles et à Francfort, soit elle se fait dans la rue.

    Pauvre Grèce, la honte de Tsípras, la victoire des abstentionnistes

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