•   Le langage curieux de la Macronie  

    La débandade de la Macronie 

    On parle d’une drôle de manière en Macronie. Mais sans doute est-ce à cela qu’on doit bien admettre qu’on a vieilli. Benjamin Griveaux le fifre hilare qui est toujours content de son patron et de lui-même a décidé de se porter candidat à la mairie de Paris. Les macaronistes ont en effet décidé de mettre la main sur Paris, ce qui redorerait leur blason. C’est bien pour ça que Bruno Julliard, le premier adjoint d’Hidalgo, a démissionné d’ailleurs, pour aller du côté de chez Macron. Il se murmurait qu’il serait le futur ministre de la jeunesse ou de la culture. Comme quoi la trahison ça peut payer aussi.

    Pauvres Parisiens, comme s’ils n’avaient pas droit de temps en temps à un maire normal ! et donc évidemment Griveaux va chercher soutiens. Figurez vous qu’il en a trouvé un, ou plutôt une en la personne de l’incroyable Marlène Schiappa qui écrit des romans pornos et qui de temps à autre fait semblant d’être ministresse de la condition de la femme. Sous le nom de Marie Minelli elle a écrit un roman au titre très délicat de Les filles bien n’avalent pas ». Mais elle en a commis tout plein d’autres, notamment dans la série « Osez ».

    En tout quant à la candidature de Griveaux, elle est hyper enthousiaste car :

    « L’avantage de Benjamin c’est qu’il connaît hyper bien les dossiers. Il a une idée très précise de ce qu’il voudrait mettre en place à Paris. J’aime les gens qui ont très envie et qui sont très préparés »

    A oui, ça fait bien envie tout ça ! On n’est pas parisien, Dieu nous garde, mais tout de même quelle chance ils ont ! Deux fifres pour le prix d’un. Benjamin Griveaux est content, d’ailleurs comme on l’a dit plus haut il est toujours content. C’est super bien que Schiappa le rejoigne car dit-il :

    « C’est une femme super. Elle est cash, elle va vite, elle a du sens politique »

    C’est sûr qu’il n’allait pas prendre une femme qui ne serait pas cash et pas super et qui n’aurait pas très envie ! Il y avait bien l’autre candidat des LREM, Mounir Mahjoubi, mais non, il n’est pas assez cash, ni même suffisamment super pour Schiappa. Certes il connait bien le dossier pour fliquer Facebook et les fake news qui ont fait tant de mal à Macron, mais il est moins super, et il fait moins envie, sans doute parce qu’il pose avec son petit mari pour Paris Match.  

    La débandade de la Macronie 

    Le langage du corps 

    Sinon, il y a aussi le langage du corps. Le petit chef de la Macronie s’est une fois de plus donné en spectacle. C’est bien simple, il en fait une par jour. Le voilà donc voulant démontrer qu’il n’est absolument pas raciste et très ouvert. Bienveillant d’ailleurs avec la racaille qui a fait de la taule. Le voilà donc qu’il se glisse entre deux jeunes noirs, comme pour le début d’un film gay et porno, avec les deux jeunes noirs qui miment ceux qui ont fait une capture de premier ordre. Qu’a voulu dire le président complexe avec cette image qui a enflammé la toile ? Qu’il allait faire son coming out ? Qu’il n’était pas raciste et donc aussi pro-immigration ? On se perd en conjecture. Evidemment les défenseurs du politiquement correct comme Le monde ont décidé que cette photo « irritait certains à l’extrême droite »[1]. Donc si on comprend bien notre journal de référence nian-nian, ce n’est même pas toute l’extrême-droite qui s’est offusquée de cette image, mais seule sa partie la plus bornée. Manque de bol pour lui, c’est tout le monde de la droite à la gauche qui a critiqué cette indignité. 

     

    La débandade de la Macronie  

    D’autant que cette indignité n’est pas isolée dans ce voyage à Saint Martin. Le voilà maintenant dans les bras d’un noir très dénudé dans une attitude des plus équivoques. Cette photo, loin de montrer que le président est proche des Français, a aussitôt été commentée sur la toile, en se demandant si par hasard Macron ne cherchait pas un nouveau garde du corps. On remarque que dans ces deux photos, Macron se montre en position d’infériorité, réduit au statut d’objet : manifestement les deux jeunes noirs se moquent de lui en faisant un doigt d’honneur pour le photographe. Ces images vont sans doute faire encore plus mal à la popularité de Macron que les turpitudes de sa politique économique et sociale. 

     

    La débandade de la Macronie  

    Une autre interprétation possible de ces images est celle d’un néo-colonialisme qui ne dit pas son nom. Il se permet d’ailleurs de faire la leçon à l’un des deux qui sort de taule pour braquage, lui expliquant comme à un enfant, c’est d’ailleurs ce mot qu’il emploiera que ce n’est pas bien de voler et qu’il a fait de la peine à sa mère. Ce paternalisme est très certainement destiné à le grandir, a lui donner une importance qu’il n’a pas. Bref, Macron prend les noirs pour des demeurés. Il tripote les noirs comme on tâte d’une marchandise, comme s’il allait éventuellement l’acheter. Mais ce faisant, il a encore dévalorisé un peu plus la fonction présidentielle qui, il est vrai, en a vu déjà des vertes et des pas mûres. D’autres blancs avant lui ont fait un rapprochement plus ou moins érotiques avec des corps noirs et luisants. Evidemment ces blancs aimaient aussi les autochtones des colonies. L’exotisme a toujours été un élément de stimulation de la sexualité chez certain, comme on sait aussi que l’esclavage avait une connotation sexuelle marquée.  

    La débandade de la Macronie

    Mais ce n’est pas tout, sur la toile on a pu voir une vidéo qui montre une femme un peu âgée qui refuse de jouer le jeu avec Macron, tout sourire il lui tend la main, mais elle lui tourne le dos et s’en va, le laissant tout confus avec sa main dont il ne sait plus quoi faire. Il tourne ensuite comme une toupie, ou comme un canard sans tête, ne sachant vers quel coin se diriger. Il est perdu complètement. Si c’est réjouissant pour ses ennemis, ces images sont empreintes d’un grand désarroi. L’ennuyeux pour Macron est que ces images, filmées sur des téléphones portables, se diffusent rapidement tout autour de la planète, plus personne ne peut les contrôler et les arrêter. Peut-être cela va-t-il à l’avenir les hommes politiques et les contraindre à un peu moins de pitreries.

    La débandade de la Macronie 

    Le cirque continue, mais sans Collomb 

    Il y a un bon moment que je souligne le côté amateur de Macron. Très mal dans les sondages comme on sait – c’est tellement la dégringolade que la presse internationale qui il y a un an trouvait Macron génial et audacieux s’est emparée du sujet pour dire son incompréhension, face à ce qui ressemble de plus en plus à une pitrerie[2] – Macron a tenté de se refaire une image de proximité avec le peuple : patatras, il s’est fait rebomber à cause d’une série de photos d’une telle bassesse que l’opinion en est restée pantoise ! Mais il est dit que Macron boira le calice jusqu’à la lie.

    La nouvelle pantalonnade – une par jour pour Macron tout de même – tient à la démission de Gérard Collomb. Pour des tas de raisons que nous n’évoquerons pas ici, Collomb veut partir et revenir à sa mairie de Lyon. Il devait partir cet été, et puis les ramifications de l’affaire Benalla et la brouille publique avec Macron ont accéléré sa décision. Première étape, Collomb dit qu’il démissionne. Mais Macron fait un caprice et refuse ! C’est déjà assez inédit[3], et le premier ministre Philippe fait semblant devant l’Assemblée nationale qu’il a de l’autorité et exige que tous les ministres – donc y compris Collomb si on comprend bien – soient au travail. Ce même Premier ministre qui aura la cuistrerie de faire une passation des pouvoirs glaciale avec Collomb quand il sera nommé ministre de l’intérieur par intérim en attendant de trouver l’oiseau rare qui pourrait occuper ce poste sensible.

    Mais Collomb n’est pas un perdreau de l’année en politique. Il engage un bras de fer avec Macron, il maintient sa démission, forçant Macron à l’accepter[4]. On sait que Collomb est un de ceux qui ont cru en Macron et donc qui l’ont fait comme on dit. Sans doute Macron croyait qu’au nom de cette ancienne amitié Collomb finirait par l’écouter, ce qui lui permettrait de se montrer comme un homme d’autorité. Mais l’ancien maire de Lyon ne cachait plus sa rancœur, probablement parce que lors de l’audition consécutive à l’affaire Benalla, Macron voulait qu’il endosse la responsabilité des turpitudes de l’Elysée. Il fustigeait en public le manque d’humilité de Macron, et en privé ses caprices et sa pusillanimité. Il n’allait donc pas faire ce cadeau à Macron de rentrer dans le rang comme un petit garçon. Au contraire, en le forçant à se trouver un nouveau ministre de l’intérieur, il savait bien qu’il le mettait un peu plus dans l’embarras. On hésite à rire ou pleurer devant une telle décomposition du pouvoir : c’est inédit un tel bordel. 

    La débandade de la Macronie

    Les conséquences politiques de la démission de Collomb sont encore plus importantes que celles de Hulot. En effet, quand le ministre de l’écologie démissionne, on peut se dire qu’il y a un différent politique derrière tout ça. Mais quand Collomb démissionne, il n’y a rien de tel : c’est seulement l’incompétence et l’amateurisme de Macron qui sont pointés. Les unes de couverture des quotidiens du 3 octobre 2018 font part de cet ahurissement. Les journalistes, pourtant pas très regardant lorsqu’il s’agit de Macron, avaient déjà du mal à vendre la nouvelle com centrée sur la proximité du président avec « son » peuple. Mais là, ils n’arrivent plus à trouver des mots pour rendre compte de ce psychodrame. On sent d’ailleurs que depuis un petit moment les journalistes commencent à prendre leurs distances avec Macron qu’ils ont tant et plus soutenu durant son ascension. Ils ne sont pas loin de le présenter comme un gosse capricieux et légèrement dérangé. Les conséquences politiques de cette débandade vont être très lourdes déjà il y a un tassement des intentions de votes pour LREM aux Européennes[5]. Or Macron n’a pas de parti, pas beaucoup d’élus à part à l’assemblée nationale. Il comptait évidemment sur les Européennes, puis sur les municipales pour opérer une percée et se constituer un réseau d’élus : c’est perdu. Il semble très probable que LREM ne gagnera aucune grande mairie – Collomb ne restera probablement pas dans ce bateau ivre – mais en outre, aux Européennes, il est très probable que les macroniens arrivent en troisième position derrière le RN et la FI. Il est en effet devenu un peu honteux de se dire pour Macron, et encore plus de voter pour un de ses représentants qui sont tous plus antipathiques les uns que les autres. Le monde en rajoute une louche en assurant que Collomb avait prévu de longue date de rentrer à Lyon. Ce qui sous-entend que seul Macron n’était pas au courant[6] !

    Certains pensent qu’une telle situation « ubuesque » – c’est le mot qu’a employé un journaliste – ne peut pas durer longtemps. C’est difficile à dire parce qu’on n’a pas d’exemple de cette sorte dans la Vème République. Macron en effet ne parait pas amendable : il a beaucoup vieilli, il est fatigué manifestement et ne sait plus faire face. Mais d’un autre côté les institutions le protègent, on voit mal les députés de son parti-croupion le désavouer. Reste sa propre folie. Peut-être démissionnera-t-il sur un coup de colère. Son orgueil est à la hauteur de son impatience. Mais ce n’est pas sûr. Pour l’instant on en est à se dire qu’il lui sera impossible de remonter la pente savonnée. 

    Un état de crise permanent qui vire à la crise de nerf ! 

    Mais à gérer toutes ces affaires de plus en plus dérisoires sur le mode d’une communication des plus bancales et des plus hasardeuses, on se demande si le gouvernement a encore le temps de gouverner le pays, ou s’il est maintenant en pilote automatique. Macron nous épuise en nous obligeant à commenter toutes ses facéties, mais que voulez-vous face à cette conjuration des imbéciles, il est de notre devoir de le critiquer. En vérité ce qu’il y a d’intéressant dans cette dérive, c’est qu’elle dévoile ce qu’est réellement la démocratie parlementaire, une nef des fous, et aussi que le pouvoir le véritable pouvoir est ailleurs. Il faut bien parce que maintenant la crise de la Macronie est permanente, même Le monde s’en est aperçu[7]. Entre temps Brigitte Trogneux a disparu de la circulation, c’est déjà ça de gagné ! Peut-être se prépare-t-elle a aller manifester avec les retraités qui sont si maltraités par son petit mari. Mais la presse people en a déduit qu’il y avait de l’eau dans le gaz dans le couple[8]. Il se murmure d’ailleurs que le petit Macron se serait fait engueuler comme du poisson pourri par sa femme[9] ! On n’est pas sûr que cette histoire de remontage de bretelles ce soit réellement passée, ou encore à quelle occasion elle a eu lieu, mais il semble bien que le petit Macron ne soit plus tout à fait le maître des horloges comme disaient naguère les journalistes énamourés !

    Dans le genre « une boulette par jour », Macron qui est proche de la rupture semble-t-il, s’est encore fait remarquer au Salon de l’auto. Voilà ce qu’il a déclaré quand on lui a parlé de ses difficultés dans la conduite des affaires de la France[10] :

    « Si vous voulez, faites votre constat. Moi, je continue à conduire ». « Le volant, ce sont les Français qui le donnent et ils l’ont donné pour cinq ans à une personne. »

    A faire des parallèles de cette sorte, on se demande s’il ne va pas dans le mur en appuyant sur l’accélérateur ! Evidemment ce n’est pas demain qu’il va se défaire de cette image d’arrogance dont il s’est affublé. D’autant que sa visite au Salon a été entouré d’un luxe de précautions sécuritaires qui semble bien montrer non seulement sa peur du peuple, mais aussi sa volonté de s’isoler de lui. 

    La débandade de la Macronie 

    Alors que tout le monde sait qu’une grande partie de sa perte de popularité tient d’abord à son arrogance et son mépris, Macron s’est encore illustré en s’en allant à Colombey-les-Deux-Églises le 4 octobre. Il s’est permis d’engueuler des retraités : "Le petit-fils du général m'a dit tout à l'heure en me faisant visiter la Boisserie : 'On pouvait parler très librement, la seule chose qu'on n'avait pas le droit de faire, c'était de se plaindre'", leur a-t-il dit, avant d'ajouter : "Je trouve que c'est une bonne pratique qu'avait le général. Le pays se tiendrait autrement s'il était comme ça". "On ne se rend pas compte de la chance immense qu'on a. On vit de plus en plus vieux dans notre pays et en bonne santé" [11]. Ce garçon n’apprend décidemment rien : on remarquera au passage que pour dire ses conneries il a besoin de se cacher derrière le petit fils du général De Gaulle. Ce qui révèle ma foi un caractère plutôt peureux.  

    La débandade de la Macronie

    Je voulais juste écrire un petit post de quelques lignes, mais au fur et à mesure que le temps avançait – c’est presque minute après minute – Macron en rajoutait dans la formule aussi bouffonne qu’imbécile, nourrissant en permanence son propre bêtisier, m’obligeant à en rajouter. A-t-on vu un homme politique aussi stupide ? La réponse est non, on en a vu de toutes les couleurs, des canailles, des ratés, des menteurs, mais d’aussi stupide, c’est inédit dans l’histoire de la France.



    [1] https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/10/01/saint-martin-des-elus-de-droite-et-d-extreme-droite-denoncent-une-photo-impardonnable-macron-dedramatise_5362586_823448.html

    [2] https://www.marianne.net/monde/superstar-en-danger-comment-la-presse-internationale-analyse-la-descente-de-macron

    [3] http://www.lefigaro.fr/politique/2018/10/01/01002-20181001ARTFIG00367-gerard-collomb-presente-sa-demission-a-emmanuel-macron-qui-la-refuse.php

    [4] https://www.marianne.net/politique/ubuesque-gerard-collomb-fait-savoir-qu-il-maintient-sa-demission-refusee-par-macron

    [5] https://www.nouvelobs.com/politique/20180905.OBS1805/elections-europeennes-un-sondage-inquietant-pour-la-republique-en-marche.html

    [6] https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/10/03/gerard-collomb-avait-programme-son-retour-a-lyon-de-longue-date_5363882_823448.html

    [7] https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/10/03/demission-de-gerard-collomb-un-camouflet-un-casse-tete_5363935_3232.html

    [8] https://www.closermag.fr/people/brigitte-et-emmanuel-macron-ca-ne-va-pas-si-bien-un-livre-revele-la-passion-de-j-876036

    [9] https://www.valeursactuelles.com/politique/il-faut-arreter-les-conneries-maintenant-quand-brigitte-flanque-une-deculottee-emmanuel-macron-99548

    [10] https://www.ledauphine.com/france-monde/2018/10/03/macron-au-mondial-de-l-auto-je-n-ai-jamais-vu-un-tel-mepris

    [11] https://actu.orange.fr/politique/video-colombey-les-deux-eglises-le-pays-se-tiendrait-autrement-s-il-ne-se-plaignait-pas-lance-emmanuel-macron-a-des-retraites-magic-CNT00000172zxb.html

     

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  •  Les dérives du journal Le monde

    Le monde, anciennement quotidien de référence est en train de remplacer peu à peu Libération dans la posture des cuistres satisfaits d’eux-mêmes. Voici deux journalistes qui ne chient pas la honte, Elise Vincent et Lucie Soullier, pour ne pas les nommer, qui ont commis un article sur une très grande page du quotidien du soir, article publié dans le numéro du samedi 30 septembre. Et cet article a fait réagir très négativement les réseaux sociaux. Dans la version numérique, notez que les commentaires étaient fermés, sachant pertinemment que la réaction à la provocation serait violente.

    La notice biographique qu’on peut lire sur Internet nous donne les renseignements suivants :

    « Elise Vincent est journaliste au Monde depuis 2006. Elle a couvert les questions d'immigration de 2010 à fin 2014 avant de basculer au pôle police-justice où elle suit particulièrement les affaires de terrorisme. Elle a été lauréate du Immigration Journalism Award 2012 de la French-American Foundation qui récompense chaque année la meilleure enquête sur les questions migratoires. »

    Ça sent évidemment la frivolité formatée à Sciences Po. Mais en outre il est bon de rappeler que la French-American foundation c’est cette même association qui formate des deux côtés de l’Atlantique les Young leaders comme Macron, Philippe ou encore Rokhaya Diallo ou Maël de Calan, Sophie de Closets, la fille de celui-là même, François de Closets, qui a voué sa vie à taper sur les syndicats et les avantages des salariés. Dans son « comité » on retrouve la canaille libérale, d’Alain Minc – anciennement aussi membre du conseil de surveillance du Monde. On voit donc qu’Elise Vincent n’est pas n’importe qui, elle a du monde derrière elle, même si elle manque de talent et qu’elle confonde la brutalité de l’attaque ad hominem avec la subtilité de l’analyse. Il ne faut donc pas oublier que cet ensemble, à défaut de représenter une pensée, est un « milieu » qui se comporte avec la volonté de formater ce que l’on pense des sujets sensibles du moment. Sa copine, moins connue, c’est du même tabac.

    Mais revenons au fond. L’article est un long réquisitoire contre Patrick Jardin, le père d’une jeune femme assassinée au Bataclan dans les circonstances bien connues. Le mode de réflexion est celui-ci : certes Patrick Jardin a perdu sa fille, c’est bien malheureux, mais il a tort de haïr ses assassins ! Quand Le monde publie cet article, il sait très bien ce qu’il fait : et d’ailleurs les commentaires sont fermés, sachant qu’une telle ignominie va déclencher une vague d’indignation. Donc la question qu’on pose est la suivante : pourquoi publier un tel article immonde ? En vérité le journal du soir est devenu la caisse de résonnance de la pensée mondialiste et immigrationniste, comme une extension de Sciences Po – du reste les journalistes du Monde sont de plus en plus nombreux à venir de cette boutique où on apprend d’abord à penser « propre » avant que de penser. Officiellement ils ne font que rarement de la politique, mais en douce, ils diffusent une petite musique qui ne surprendra que le public peu averti. On peut donc dire sans se tromper qu’il s’agit de « propagande ». Sans doute en même temps nos deux journalistes se croient-elles malines de donner dans ce genre de provocation, ça t’a un petit côté rebelle, je te dis que ça. Elles font semblant de découvrir, comme si elles avaient enquêté durement et longuement, que Patrick Jardin a participé à des émissions avec des représentants de l’extrême-droite, ce qui semble à leurs yeux bien plus répréhensible que d’assassiner des jeunes gens au Bataclan. Mais si Patrick Jardin a trouvé des oreilles complaisantes du côté de l’extrême-droite, c’est parce que les journalistes dont elles représentent la quintessence l’ont complètement négligé, préférant s’attarder à excuser les comportements de ces criminels par des analyses sociologiques foireuses.  

    Les dérives du journal Le monde 

    A travers cet article débile, écrit par des idiotes à destination des imbéciles, se fait jour une doxa incontournable, seule la position bien rodée maintenant, « vous n’aurez pas ma haine » est tolérée, c’est la seule posture que la sphère médiatique accepte de mettre en scène positivement puisqu’elle permet de surmonter la douleur tout en restant avec l’idée générale énoncée dans les Evangiles selon laquelle « Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi la gauche »[1]. Après tout Le monde fut aussi un journal discrètement chrétien. Mais les populations aujourd’hui se sont émancipées de ce genre de morale à deux sous.

    En fouilles-merde consommées nos deux journalistes qui aiment nous faire la morale ressortent la fable selon laquelle Patrick Jardin aurait lors d’un match de foot traité un adversaire de « sale nègre ». N’est-ce pas la preuve de son ignominie ? C’est tout juste que si nos deux copines ne nous disent pas que le meurtre de sa fille est finalement la conséquence d’une attitude raciste présumée ! certes on sait très bien que dans un match de foot on se laisse aller à dire tout et n’importe quoi, mais elles n’en n’ont cure, n’ayant jamais jouer au football ! L’important est ailleurs. Le père meurtri devient par cette petite manœuvre ainsi l’accusé ! D’ailleurs on l’aurait même surpris à parler à des « complotistes » !

    Mais cela ne leur suffit pas, les voilà qui en appelle en douce à la psychiatrie comme c’est la mode aujourd’hui ! Enfin si Patrick Jardin garde rancune aux criminels qui ont tué sa fille, n’est-ce pas la preuve qu’il est fou ? Ces deux-là auraient eu leur place dans le système de dénonciation soviétique quand il était à la mode d’interner les opposants. N’est-ce pas cette même Lucie Soullier qui, sans le moindre recul sur la décision de justice, a rappelé avec gourmandise dans un article récent du Monde que Marine Le Pen devait obligatoirement se présenter devant un expert en psychiatrie[2] ? Je comprends tout à fait qu’on combatte les idées de Marine Le Pen, mais en usant de la psychiatrisation, non seulement on frise la débilité, mais en outre on use d’armes plus qu’anti-démocratiques, plutôt en usage dans les dictatures à l’ancienne.

    « Médiatisé, récupéré, le père traumatisé a toujours refusé de se rendre dans l’une des cellules de soutien psychologique proposées par l’Etat, préférant passer sa retraite à déposer plainte contre tous ceux qu’il juge responsables de la perte de sa fille : l’Etat belge – pays où les djihadistes ont préparé les attentats –, Jawad Bendaoud, leur logeur à Saint-Denis, ou même les paroles des chansons du rappeur Médine. »

    Cet extrait est un morceau d’anthologie d’imbécilité satisfaite et de dénonciation calomnieuse. Déjà s’aligner sur les positions dominantes supposant que tous ceux qui ne pensent pas comme vous doivent être psychiatrisés, voire internés, mais ensuite, on voit bien qu’il s’est retiré du monde, et qu’en portant plainte contre tout le monde et n’importe qui, Patrick Jardin est bien un déséquilibré. Il n’y a donc pas que ceux qui crient « Allah Akbar » en égorgeant leurs victimes qui sont dérangés, leurs victimes aussi !

     Les dérives du journal Le monde

    N’allez surtout pas croire que les cas d’Elise Vincent et de Lucie Soullier soient particuliers. Non, il y en a tellement au Monde qu’évidemment cela commence à faire système. Il y a par exemple Samuel Vincent, un sombre décodeur, qui passe lui aussi son temps à redresser le cas de ceux qui pensent mal. Le voilà qu’il prend la défense de Nick Conrad. Ce dernier est un rappeur noir qui cherchant à faire le buzz a avancé qu’il fallait pendre les blancs et assassiner leurs enfants. Voilà ce qu’écrit et dit Nick Conrad : 

    « Je rentre dans des crèches je tue des bébés blancs

    Attrapez-les vite et pendez leurs parents

    Écartelez-les pour passer le temps

    Divertir les enfants noirs de tout âge petits et grands

    Fouettez-les fort faites-le franchement

    Que ça pue la mort que ça pisse le sang »

    Imaginez maintenant que je remplace dans l’écriture « blancs » par négros, voilà ce que ça donnerait : 

    « Je rentre dans des crèches je tue des bébés des négros

    Attrapez-les vite et pendez leurs parents

    Écartelez-les pour passer le temps

    Divertir les enfants blancs de tout âge petits et grands

    Fouettez-les fort faites-le franchement

    Que ça pue la mort que ça pisse le sang »

    Ça tomberait tout de suite sous le coup de la loi et j’irais probablement en prison. Et ce cuistre de Samuel Laurent serait le premier à s’indigner qu’on puisse laisser dire et écrire des horreurs pareilles ! Peut-être lui aussi en appellerait-il aux psychiatres ? Mais Samuel Laurent réagit de deux façons. La première est classique : Nick Conrad est un artiste, donc il a le droit de dire ce qu’il veut – il va de soi que les « gens d’extrême-droite » lorsqu’ils disent des conneries ne sont pas des artistes. Et Samuel Laurent continue en faisant un parallèle scabreux entre des rappeurs à moitié idiots et Georges Brassens. Il est content comme ça, sans même se rendre compte que l’époque a changé. Depuis que Brassens chantait en 1953 dans Hécatombe : 

    En voyant ces braves pandores

    Être à deux doigts de succomber

    Moi, je bichais car je les adore

    Sous la forme de macchabées 

    Les attentats terroristes n’étaient pas récurrents. Les policiers, les pompiers et même le personnel des SAMU n’étaient pas systématiquement attaqués dans les quartiers dits sensibles. Au mieux le parallèle est stupide, au pire il est mal intentionné. Mais ce n’est pas tout. Samuel Laurent pour défendre l’ignoble Conrad qui manifestement cherchait à faire le buzz, va essayer de décortiquer comment ce buzz a été propagé sur la toile et comment c’est devenu un scandale qui du reste vaut à Nick Conrad d’être convoqué devant le tribunal en janvier 2019. Il va donc développer l’idée que tout ça c’est la faute de l’extrême-droite car ce serait elle qui a attiré l’attention sur le rappeur dans un « décodage » qui est sensé nous donner la version officielle de ce qu’il faut penser[3]. En gros sa thèse est que si la « fachosphère » n’avait pas relevé les propos immondes, Nick Conrad n’aurait pas atteint la notoriété qui est la sienne aujourd’hui. Samuel Laurent termine son « décodage » d’ailleurs en donnant la parole à ce rappeur qui affirme que c’est juste une provocation, une inversion pour que les blancs se rendent compte de la souffrance des noirs ! Quoi qu’on en pense, il y a beau temps qu’en France et en Europe plus personne n’appelle à assassiner des enfants noirs. Cette excuse est peut-être satisfaisante pour quelqu’un comme Samuel Laurent aux moyens intellectuels manifestement limités, mais pas pour nous, et manifestement pas pour l’opinion publique.  

    Les dérives du journal Le monde

    Cependant derrière le discours lénifiant du malheureux Samuel Laurent, il y autre chose, l’idée insidieuse que les noirs ne sauraient être accusés de racisme anti-blanc. Le racisme est juste une affaire de blancs et rien d’autre, accuser des Noirs ou des Arabes de racisme n’est pas politiquement correct parce que ces gens-là ont été discriminés depuis toujours ! Cette position est celle défendue par exemple par l’ineffable Rokhaya Diallo[4] qui n’en est pas à une bêtise près depuis longtemps, mais aussi par des crétins comme Clément Viktorovitch, encore une production de Sciences Po et qui se trouve dans tous les mauvais coups, défendant ici le burkini, là le multiculturalisme, recadrant tout ce qui passe à sa portée, faisant la leçon à tout le monde. Il est maître de conférences en rien, c’est-à-dire qu’il blablate à des étudiants qui sont si ça se trouve encore plus ignares que lui, vu qu’ils n’ont même pas l’idée de le contester. Mais attention, il ne lui viendrait pas à l’idée de Viktorovitch de recadrer des idiots comme Nick Conrad, c’est un politologue compatissant envers tous ceux qu’il pense inférieurs à lui, les islamistes, les noirs agressifs qui passent leur temps à gémir sur la méchanceté des blancs, j’en passe et des meilleures.  

    Les dérives du journal Le monde

    Donc si on résume correctement la rhétorique en odeur de sainteté au Monde, le racisme anti-blanc n’existe pas et les racailles des quartiers qui agressent aussi des juifs qui portent la kippa sont seulement des jeunes malheureux en perte de repères. Évidemment cette vision des choses a de moins en moins de succès au fur et à mesure que les attentats au nom d’Allah se multiplient. On a beau les recouvrir du voile de la folie, cela n’abuse plus personne. Mais à travers ce parcours que nous venons de faire du côté du Monde, il y a une question importante qui se pose : pourquoi ce sont des gens comme Samuel Laurent, Clément Viktorovitch ou encore Elise Vincent et Lucie Soullier qui tiennent le haut du pavé dans le système médiatique ? Qui les a sélectionnés pour qu’ils portent cette bonne parole ? Nous savons que les médias dans leur ensemble sont tenus par une poignée de personnes, des milliardaires essentiellement ou encore par le pouvoir en place lorsqu’il s’agit des médias d’Etat. On sait bien aussi que ces milliardaires n’hésitent pas à virer ceux qui leur déplaisent. L’insignifiant Raphaël Glucksmann s’est ainsi fait débarquer de la direction du Nouveau magazine littéraire pour cause de macronisme mou par Claude Perdriel[5], propriétaire d’une kyrielle de publications et champion de la deuxième gauche – ou de la seconde droite, comme vous voulez – et l’un des premiers soutiens du banquier Macron dans la course à la présidence.

    C’est dans la matrice d’élaboration des médias mainstream que s’élabore la doxa dominante[6]. Natacha Polony en a fait elle aussi les frais en se faisant écarter d’Europe n° 1 où elle officiait, Eric Zemmour est lui aussi pourchassé pour ses idées et non pas combattu sur le plan intellectuel[7], on demande son interdiction des antennes à travers des pétitions qui à leur tour entrainent des pétitions pour qu’il soit maintenu : le but est de dévaloriser sa parole et l’exclure d’un système intellectuel de reconnaissance.

    Et voilà d’ailleurs Le monde qui dans sa croisade anti-populiste reprend son bâton de pèlerin dans son numéro daté du 30 septembre 2018. Deux pages entières à la trame serrée y sont consacrées, principalement à dézinguer Zemmour. Il faut croire que le succès public de celui-ci l’effraie particulièrement. Ça commence avec un article de Gérard Noiriel, historien de profession, spécialiste de l’histoire des migrations, mais aussi ancien du Parti Communiste et grand défenseur des bienfaits économiques et culturels de l’immigration[8]. Il va donc s’en prendre à Zemmour qui prétend dans Destin français relire l’histoire de la France de son propre point de vue. Mais que reproche finalement Noiriel à Zemmour ? On n’en sait rien, si ce n’est qu’il défend les historiens de métiers contre les prétentions de Zemmour à discuter l’histoire de la France. Mais évidemment ce faisant Noiriel tombe exactement dans le piège qui lui est tendu : il démontre que sa manière de faire l’histoire est tout aussi bornée idéologiquement que celle de Zemmour[9] ! Il fait ensuite un parallèle des plus scabreux entre ce qu’il appelle le nationalisme antimusulman de Zemmour et le nationalisme antisémite de Drumont. La manœuvre est grossière pour de multiples raisons, notamment parce qu’à l’époque de Drumont justement les Juifs de France jouaient le jeu de l’intégration et donnaient volontiers des prénoms français à leurs enfants : ils voulaient rompre avec l’enfermement communautariste en devenant exemplaire du point de vue de la citoyenneté française[10]. Mais de tout cela Noiriel s’en fout, il lui faut renvoyer Zemmour du côté de la fachosphère, faire un cordon sanitaire autour de ses idées. 

    Les dérives du journal Le monde

    Zemmour sortant d’une séance de signature sous la protection de gardes du corps

    Le second article de cette campagne du Monde contre Zemmour est signé de Guy Sorman. Guy Sorman est le représentant du mondialisme capitaliste échevelé il fait partie de cette droite affairiste et cosmopolite qui a eu tous les pouvoirs et qui a échoué de partout. Guy Sorman ne se cache pas de sa vision ultra-libérale de la société. Dans le temps il a soutenu d’ailleurs la révolution conservatrice de Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Que reproche-t-il à Zemmour ? Curieusement il est un peu plus sérieux que Noiriel, sans doute l’a-t-il mieux lu. Il lui reproche deux choses, d’abord la volonté de réhabiliter le maréchal Pétain, et également la lecture réactionnaire qu’il a faite de Mai 68. Ces deux critiques sont justes et très connues. Mais elles ont déjà servi pour la critique du Suicide français. Et surtout elles évitent de se poser la question suivante : pourquoi malgré ça les livres de Zemmour ont autant de succès ? Ne serait-ce pas justement en réaction à ce politiquement correct dont on nous abreuve à longueur de journée ? Il y a également une question subsidiaire que Sorman ne pose pas : pourquoi aujourd’hui assiste-t-on à la réhabilitation du Maréchal Pétain ? Car Zemmour n’est pas un cas isolé. 

    Les dérives du journal Le monde 

    Tournons la page de ce numéro particulier du Monde, on va trouver un article de Tania de Montaigne intitulé « Si j’ai une fille je l’appellerai Corinne-Éric » dans l’édition de papier, mais « Eric Zemmour est dans la jubilation morbide de cette fin du monde qu’il appelle de ses vœux » dans l’édition électronique. Le fond de son article est de dire que Zemmour est mauvais, bien trop présent médiatiquement, mais d’une manière indirecte de défendre le communautarisme sur le thème de « on a bien le droit de… ». C’est ça finalement qu’elle reproche à Zemmour de vouloir unifier les Français dans un creuset relativement commun, et c’est bien sûr là que la bataille est la plus féroce. Son commerce est plutôt celui d’une défense de la singularité d’être noire dans un pays blanc. C’est ce qui lui permet d’écrire et de vendre des livres. On serait bien en peine de trouver quelque chose de sérieux dans cet article.

    En face de cet articulet, on va trouver un autre plaidoyer contre Zemmour, c’est donc le quatrième dans le même numéro[11] ! Celui-ci est rédigé par Nicolas Truong qui possède le statut de directeur de la page des débats au journal Le monde. Il est donc en même temps responsable de ce tir en rafale contre Zemmour. Il va essayer d’élargir le débat. Il part donc de l’élection de Macron qui pour lui celle-ci devait donner un coup d’arrêt à la pensée réactionnaire et faciliter la vie des « progressistes ». C’est encore le schéma sans nuance des bons contre les mauvais. Au passage il fait étalage d’une grande bêtise parce qu’il fait comme si Macron était moins réactionnaire que Fillon, alors que tous les deux étaient les candidats de la même boutique, l’Institut Montaigne. S’il avait lu mon blog, il l’aurait su, mais il est bien trop fainéant pour ça[12] ! Et donc il se demande bien pourquoi du côté des progressistes n’a pas émergé une figure charismatique comme l’est Zemmour ! Il s’appuie sur le sinistre Pierre Rosanvallon, homme aux multiples retournements de veste et chantre de la seconde gauche, celle qu’on appelle aussi la deuxième droite, pour tenter de comprendre pourquoi c’est la pensée réactionnaire qui tient le haut du pavé. Qu’on ne compte pas sur lui pour répondre aux questions ! Pourtant il aurait pu se dire que si le populisme avait plus de succès – comme le montre par exemple Salvini en Italie – que la gauche cosmopolite et bobo, c’était peut-être que celle-ci n’appartient qu’à la frange semi-intellectuelle de toute la pensée formatée que déteste le peuple : ce n’est pas un hasard si les chantres du libéralisme sociologique et culturel sont aussi comme Rosanvallon et Sorman les chantres du libéralisme économique. Et c’est là que se trouve le vrai problème : les vrais réactionnaires ne sont pas forcément ceux qu’on croit, mais Le monde se comptant lui-même parmi les esprits éclairés qui éclairent aussi le siècle n’y a pas pensé !

    Ce dossier de propagande anti-Zemmour se termine par une recension d’un ouvrage parfaitement insignifiant du juppéiste Maël de Calan contre les populistes. Cet homme de droite qui a suivi le programme des Young leaders nous dit qu’il faut choisir entre « le populisme » et une position morale qui tournerait le dos à des résultats immédiatement tangible au niveau électoral. Le livre s’intitule La tentation populiste, et on comprend grâce au Monde que les juppéistes vont rapidement succomber à la tentation macroniste en ce rangeant du côté des progressistes autoproclamés.

    Ce rapide tour d’horizon de la pensée anti-Zemmour si elle ne nous a pas convaincu de devenir zemmouriens, loin de là, nous a en tous les cas dissuadés de rejoindre le bloc bourgeois dans sa croisade libérale contre lui.  

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    Zemmour en dédicace



    [1] Matthieu 5:1-10, 13-17 et 38-48, Romains 12:17-21.

    [2] https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/09/20/marine-le-pen-refuse-de-se-soumettre-a-une-expertise-psychiatrique_5357939_823448.html

    [3] https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/09/26/pendez-les-blancs-itineraire-d-une-indignation_5360684_4355770.html

    [4] http://www.regards.fr/societe/article/pourquoi-le-racisme-anti-blancs-n-existe-pas

    [5] C’est ce même Perdriel qui avait imposé au Monde Alain Minc à la présidence du Conseil de surveillance, bien qu’il ait été mis en minorité.

    [6] Serge Halimi, Les nouveaux chiens de garde, Liber-Raison d’agir, 1997.

    [7] Pour des tas de raisons, je suis en désaccord avec Zemmour, mais je ne demande pas pour autant son interdiction en rien. Le monde ne s’attarde guère sur le fait que maintenant cet essayiste doit être protégé par des gardes du corps pour se déplacer.

    [8] https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/09/29/gerard-noiriel-eric-zemmour-tente-de-discrediter-tous-les-historiens-de-metier_5361955_3232.html

    [9] N’ayant pas lu le dernier ouvrage de Zemmour je m’abstiendrais de le critiquer, bien que je me doute des lacunes et des contre-vérités qu’il peut contenir, mais mon sujet n’est pas celui-là.

    [10] Voir par exemple la figure de Bernard Lazare à travers la belle biographie de Philippe Oriol publiée chez Stock en 2003.

    [11] https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/09/29/droite-extreme-le-grand-retournement-ideologique_5362113_3232.html

    [12] http://in-girum-imus.blogg.org/l-institut-montaigne-au-coeur-des-presidentielles-a128306378

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  •  Les derniers feux de la mondialisation

    Dans une séance assez spectaculaire dans le mauvais sens du terme, mardi 25 septembre, on a assisté à l’ONU à une passe d’arme entre Trump – le camp du mal – et Macron – le camp du bien. Trump qui présidait la séance a dérapé comme à son habitude : non seulement il a agressé la Chine, accusée d’être intervenue dans la campagne présidentielle aux Etats-Unis, mais il a clairement attaqué à travers sa propre position sur l’accord nucléaire iranien le multilatéralisme et donc les organisations internationales, dont l’ONU, qui le défendent[1]. Peu importe le sujet, c’est maintenant une position constante des Etats-Unis que de vouloir se démarquer sur tous les sujets des organisations s’ils ne les dominent pas et que pourtant ils financent. Peu importe ce qu’st Trump, sans doute un dilettante en politique qui cherche à tout prix à se faire remarquer, mais qui surtout ne supporte pas qu’on lui résiste. Mais en tous les cas, il défait ce qui s’était construit du temps que les Etats-Unis étaient une puissance dominante dans les organisations internationales. Son discours naturellement boudé par les représentants des autres pays à l’ONU n’avait d’autre but que de dénier le droit aux organisations internationales de tenter de définir les règles à l’échelle de la planète. En réalité il enlevait leurs illusions aux pays qui croient qu’on peut encore impunément critiquer les Etats-Unis sans en payer les conséquences. Ce discours lugubre semblait annoncer que dans l’avenir les Etats-Unis mettraient leurs menaces de ne plus financer ces organisations bureaucratiques à exécution. Déjà les Etats-Unis ont cessé leurs financements à l’UNESCO[2], soutenant que cet organisme, émanation de l’ONU, financent les Palestiniens contre Israël, mais ils ont ensuite aussi cessé d’abonder les fonds de l’UNWRA qui aide depuis 1948 les réfugiés palestiniens, puis leurs descendants et les descendants de ces descendants[3]. Là encore les Etats-Unis reprochent à cette organisation outre ses dérives bureaucratiques, d’avoir une position très partiale dans le conflit israélo-palestinien. Sur le plan commercial, Trump menace aussi de quitter l’OMC – véritable clé de voute de la mondialisation, promoteur et arbitre du libre-échange[4]. Chaque fois il préfère le dialogue bilatéral qui lui permet de mieux défendre les intérêts américains.

    Macron se trouvait dans la position inverse, il s’était présenté comme le champion du multilatéralisme, donc bien évidemment de la mondialisation contre le souverainisme. On ne sait pas très bien à qui son discours tenu devant une salle vide était destiné, à l’opinion française qu’il cherche à reconquérir, aux structures européennes dont il veut se présenter comme le champion, aux Américains. En tous les cas, d’une manière plutôt hystérique et nerveuse, il a repris la longue litanie des bienfaits du multilatéralisme comme une manière simple et de bon goût de gérer la mondialisation indispensable au progrès et à la paix du monde. Mais ce discours qui visait à le présenter comme le leader du « progressisme » contre le « populisme » – c’est aussi son thème de campagne pour les européennes de 2019 – tombe à un très mauvais moment. Non seulement lui-même se trouve dans une situation difficile en France, mais tous ceux qui défendent cette position d’un monde ouvert aux quatre vents se trouvent sur la sellette. Les défenseurs d’une gouvernance mondiale via les organisations qui comme l’ONU, l’OMC ou l’Union européenne la représentent, n’ont plus l’opinion derrière eux, s’ils ne l’ont jamais eue. Que ce soit Merkel ou Macron, ils sont contestés dans leur propre pays, alors que les leaders « populistes » que ce soit Salvini, Orban ou Kurz en Autriche, ont des cotes de popularité extrêmement élevées. Certes cela tient pour partie à leurs positions sur l’immigration, encore que la popularité de Trump reste plutôt faible, mais également à leurs prises de position en matière économique. Jacques Sapir avait déjà remarqué que l’accord que Trump avait signé avec le Mexique après s’être extrait de l’ALENA, était finalement bien plus social pour les travailleurs mexicains et étatsuniens puisqu’il offrait des garanties de salaires contrebalançant les échanges commerciaux[5]. 

    Les derniers feux de la mondialisation 

    Mais voilà maintenant que le gouvernement italien vote un budget en contradiction totale avec les orientations de Bruxelles. En effet, passant outre aux recommandations de la Commission européenne, et aux récriminations de Moscovici[6], le gouvernement italien a décidé de laisser filer les déficits, enfin pas tout à fait tout de même puisque ce déficit resterait inférieur à 3% – il serait même de 2,4%, alors que le vertueux Macron arrivera sans doute en peinant et en massacrant le pouvoir d’achat des plus faibles à 2,7% en 2019. En réalité ce sont plutôt les mesures que l’Etat italien va prendre qui déplaisent dans leur essence. D’abord il y a la hausse de la hausse de la TVA qui devait entrer en vigueur au 1er janvier 2019 et qui devait rapporter 12,4 milliards d’euros. Comme on le sait la TVA est un impôt des plus injuste puisqu’il est en quelque sorte un impôt dégressif en fonction du taux d’épargne. Le gouvernement de Conte vient de l’annuler.

    Il y a également la mise en place du revenu de citoyenneté qui garantit un minimum de 780 € par personne et par mois si elle ne touche pas d’autre revenu. C’est une sorte de revenu universel à la manière finlandaise, un peu ce que va chercher à mettre en place Macron, encore que celui-ci dans son inconséquence veuille le rattacher à une activité – laquelle ? mystère. Le coût de ce revenu de citoyenneté serait de 10 milliards d’euros en 2019. A ce revenu de citoyenneté, le gouvernement italien va ajouter une pension de citoyenneté en direction des retraités ou des plus âgés qui ne peuvent pas travailler. Une sorte de minimum vieillesse. Le coût de cette mesure serait de 8 milliards d’euros.

    Il y a ensuite un programme plus classique d’investissements publics, dans les infrastructures et dans l’industrie pour un volume de 15 milliards sur trois ans. Auquel il faut ajouter un programme de maintenance du réseau routier, promesse faite au moment de l’écroulement du pont de Gênes.

    On note encore une baisse de l’impôt sur les petites entreprises, et non pas sur les grandes, celles qui réalisent un chiffre d’affaire inférieur à 65 000 €. Cette mesure est étendue aux professions libérales et aux artisans. Il s’agit d’une sorte d’impôt uniforme qui serait égale à 15%. On note que c’est un geste qui, à l’inverse du CICE en France, soutient les petites structures et ne favorisent pas indifféremment les grandes entreprises, c’est sans doute pour cela qu’il est erroné de parler de flat tax comme certains se sont empressés de le dire. Dans ce paquet on retrouve aussi les traditionnelles exemptions fiscales pour les entreprises qui embauchent et qui réinvestissent leurs profits[7]. Evidemment ces mesures ont été critiquées par les partis européistes, les débris de Forza Italia et Partito Democratico, à cet ensemble, on peut ajouter sans surprise le président Mattarella qui a dit tout le mal qu’il pensait de ce projet de budget.

    Si ses mesures font peur à Bruxelles, ce n’est pas tant qu’elles creusent la dette et le déficit, mais plutôt parce qu’elles violent les recommandations de la Commission européenne[8]. En effet celle-ci suppose que la seule solution portée par la logique économique se trouve du côté de l’offre, donc il faut faire des coupes sombres dans les dépenses de l’Etat, surtout les dépenses sociales, faire baisser les salaires et peser ainsi sur la demande. Les Italiens font exactement le contraire, ils favorisent la demande, et la demande des classes les plus défavorisées. Moscovici lui, en tant que commissaire aux affaires économiques, met l’accent sur la dette italienne qui s’élève à plus de 130% du PIB. Et cela plombe la valeur de l’euro sur les marchés.

     Les derniers feux de la mondialisation 

    Les dettes publiques en Europe en 2018 

    Le gouvernement italien prend le contrepied exact de ce qui s’est fait avant dans ce pays : l’austérité ne permet pas de relancer la croissance et donc de réduire la dette, la preuve, la Grèce n’arrive pas à réduire son endettement malgré la braderie de ses actifs publics et les multiples tours de vis qui ont réduit son modèle social à presque rien. Il privilégie clairement une relance par la demande et l’investissement. Mais cela n’ira pas sans mal. Deux obstacles risquent d’entraver ce plan :

    – tout d’abord la réaction des marchés qui risquent de faire monter les taux d’intérêts sur la dette italienne, mais aussi par contrecoup faire monter les taux d’intérêt dans toute l’Europe, et donc d’entraver la reprise[9].  Ces tensions pourraient avoir des répercussions sur l’ensemble du secteur bancaire européen déjà fragilisé : les valeurs bancaires ont fortement chuté à Milan et à Paris pour les banques qui comme le Crédit agricole sont fortement impliquées dans la dette italienne. Cet aspect pourrait du reste pousser les pays européens à demander ou à encourager la sortie de l’Italie de l’euro en supposant que cela renforcerait l’homogénéité de la zone.

    – le second point est de savoir si un plan de relance par la demande de type clairement keynésien peut réussir en Italie sans que cela ne détériore la balance commerciale et relance les importations. La réponse est difficile parce qu’aujourd’hui la balance commerciale italienne est excédentaire, donc on peut se permettre une hausse des importations, mais en même temps, il parait difficile qu’un tel plan de relance puisse réussir si l’Italie reste dans l’euro, voire même si elle reste dans l’Union européenne. Pour des raisons diverses et variées – notamment parce que les appuis du gouvernement dans les milieux patronaux ne le veulent pas – le gouvernement ne semble pas vouloir sortir de l’Union européenne et peut-être pas non plus de l’euro. C’est sans doute sa principale ambiguïté.

    Notez qu’à l’avantage des Italiens, l’explosivité de leur budget pourrait faire chuter l’euro et donc relancer les exportations sur les autres marchés. Mais quoi qu’il en soit le gouvernement italien présente aujourd’hui incontestablement le budget le plus à gauche depuis des décennies en Europe ! Ce qui n’est pas le moindre paradoxe ! 

    Le Brexit arrive et c’est déjà demain 

    Les européistes sont enragés et mènent volontairement la vie dure au gouvernement de Theresa May dans les négociations sur la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne. On dit aussi que si les négociations sont si dures, on demande toujours plus au Royaume Uni, c’est bien sûr pour faire un exemple – dissuader les autres pays de sortir – mais aussi sous la pression de Macron – encore lui ! – qui se rêve en leader de cette Europe nouvelle qui ressemble à un serpent de mer. Sans doute Macron surestime les difficultés de Theresa May face à sa propre opinion publique. Mais est-ce un bon calcul que de saboter les négociations, alors que selon Sapir les négociateurs ont déjà trouvé une entente à peu près sur tous les terrains[10] ? Le comportement de Macron relève encore une fois d’un amateurisme qui fait la part belle à son caractère violent et arrogant. Il est encore plus inquiétant qu’il se trouve des politiciens qui en Europe le suivent ! 

    Les derniers feux de la mondialisation 

    Les européistes qui craignent vraiment la contagion à d’autres pays d’une sortie de l’Union européenne, œuvrent en deux sens, d’une part ils tentent d’empêcher un règlement du divorce à l’amiable, et de l’autre ils essaient de susciter un nouveau référendum au Royaume Uni pour inverser la tendance. Le sinistre Corbyn, leader très contesté du Labour et antisémite convaincu, pousse dans ce sens, arguant du chaos apparent engendré par la longueur des négociations[11]. Mais ceux qui rêvent à ce genre d’issue sont les mêmes qui avaient prédit un effondrement de l’économie britannique après l’annonce du résultat du référendum. Or l’économie britannique se porte plutôt bien si on regarde les indicateurs de la croissance et de l’emploi, même si on constate un ralentissement au second semestre 2018, mais ce ralentissement à lieu aussi en France et dans le reste de l’Europe. Theresa Lay a réaffirmé qu’il n’y aurait pas de nouveau référendum. On a même vu un milliardaire britannique un peu fou qui voulait financer une nouvelle campagne pour un nouveau référendum : on retrouve l’idée bien peu démocratique que quand le peuple vote mal, il faut le faire revoter[12] ! Mais les délais étant ce qu’ils sont, on voit mal comment cela pourrait se faire.

    Il y a donc très peu de chance pour qu’il y ait un second référendum, d’autant qu’une très grande partie de l’opinion ne le souhaite pas, malgré la publication régulière de sondages douteux[13], et qu’il y a une tendance dure chez les Tories autour de Boris Johnson pour un Brexit dur, sans concessions.

    La tension est encore montée d’un cran avec les provocations de la Commission européenne réclamant au Royaume Uni un remboursement obscur de 2,7 milliards d’euros de droits de douane perçus indûment selon elle, et cela dans les deux mois[14] ! On ne voit pas très bien ce que fera la Commission si le Royaume Uni ne paie pas, enverra-t-il ses troupes à l’assaut de Londres ? Mais cette stratégie de la tension qu’aime manifestement Macron n’est pas partagée par tout le monde. En effet que le Brexit soit accommodant ou non, il aura bien lieu. La date est déjà fixée, et il semble maintenant trop tard pour renverser la vapeur : c’est le 30 mars 2019 que la sortie du Royaume Uni aura lieu, avec ou sans accord. Très souvent on présente le Brexit comme un désavantage pour le Royaume Uni, une perte sèche en quelque sorte. Mais s’il est assez clair que le rétablissement des frontières et des droits de douane entre l’Union européenne et le Royaume Uni risque de détourner une partie du trafic commercial, ce désavantage n’est pas seulement au détriment des Britanniques. En effet, ceux-ci ont une balance commerciale déficitaire avec plusieurs pays de l’Union européenne, l’Allemagne, mais aussi la France et même l’Espagne. Par contre leur commerce avec les Etats-Unis et curieusement avec la Suisse est clairement excédentaire. Une sortie de l’Union européenne sans accord pourrait justement obliger les britanniques à rétablir au plus vite leur balance commerciale en réorientant leur industrie. Ce qui veut dire que d’un point de vue commercial, l’Allemagne et la France ont plus à perdre que le Royaume Uni en cas de sortie sans accord : le déficit du commerce avec l’Allemagne est estimé à près de 20 milliards de dollars, et avec la France à environ 10 milliards[15]. C’est bien pourquoi les Allemands commencent à s’alarmer de la tournure que prennent les négociations. On remarque à ce propos que ce sont les politiciens – Merkel et Macron – qui sont le plus en difficulté dans leur propre pays qui freinent autant qu’ils le peuvent un Brexit à l’amiable, comme s’ils pensaient que l’Union européenne les protégerait encore un moment de l’opprobre de leurs propres citoyens. A ceux-là on peut ajouter aussi Jean-Claude Juncker et Donald Tusk, deux représentants non élus de la bureaucratie européiste. 

    Conclusion 

    Comme on le voit à l’aide de ces quelques exemples, c’est à une sorte de démondialisation que nous assistons aujourd’hui et à une volonté de retrouver la souveraineté des Etats. C’est la construction européenne qui semble la plus touchée essentiellement parce que c’était la forme la plus avancée et la plus complète de la mondialisation, la mieux armée pour gouverner au-delà de la démocratie. Ce mouvement risque de s’accélérer dans les mois à venir à la fois parce que les systèmes bancaires sont mal en point, mais aussi parce que la croissance ralentit fortement, en France, mais aussi dans toute l’Union européenne, annonçant des futurs agités. Ceux qui rêvent d’une autre Europe, plus sociale, ou plus démocratique, se bouchent les yeux et les oreilles pour ne pas voir la réalité en face : ce moment est passé. 

    Les derniers feux de la mondialisation 



    [1] https://www.lemonde.fr/international/article/2018/09/26/donald-trump-isole-au-conseil-de-securite-des-nations-unies_5360729_3210.html

    [2] https://www.franceinter.fr/monde/l-unesco-perd-son-plus-gros-contributeur-les-etats-unis-de-trump

    [3] https://www.huffingtonpost.fr/2018/08/31/les-etats-unis-arretent-de-financer-lagence-de-lonu-qui-aide-les-palestiniens_a_23514137/

    [4] https://www.lemonde.fr/economie-mondiale/article/2018/08/30/donald-trump-menace-de-quitter-l-organisation-mondiale-du-commerce_5348272_1656941.html

    [5] https://www.facebook.com/notes/jacques-sapir/quand-donald-trump-fait-mieux-que-les-sociaux-d%C3%A9mocrates/1379116782218236/

    [6] http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/09/28/97002-20180928FILWWW00076-pour-moscovici-le-projet-de-budget-italien-est-hors-des-clous.php

    [7] https://www.pmi.it/impresa/normativa/279040/ok-a-sforamento-deficit-cosa-cambia-in-legge-di-bilancio.html

    [8] https://investir.lesechos.fr/marches/actualites/un-projet-de-budget-italien-2019-qui-coince-1794946.php

    [9] https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/l-italie-seme-de-nouveau-le-trouble-sur-les-marches-et-les-banques-792098.html

    [10] https://www.facebook.com/notes/jacques-sapir/le-sommet-de-salzbourg-ou-lagonie-de-lue/1397667297029851/

    [11] https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/09/24/brexit-les-militants-du-labour-pressent-jeremy-corbyn-d-appeler-a-un-second-referendum_5359207_3214.html

    [12] http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/08/19/20002-20180819ARTFIG00064-brexit-un-patron-donne-1-million-de-livres-pour-un-nouveau-referendum.php

    [13] https://www.lemonde.fr/referendum-sur-le-brexit/article/2018/02/01/non-les-britanniques-ne-regrettent-pas-le-brexit_5250576_4872498.html

    [14] https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/09/24/bruxelles-donne-deux-mois-a-londres-pour-rembourser-2-7-milliards-d-euros-de-droits-de-douane-non-percus_5359392_3214.html

    [15] http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMEchangesPays?codePays=GBR

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  •  La gauche, l’immigration et les frontières

    S’il y a un sujet qui plombe complètement la gauche à la fois sur le plan stratégique et sur le plan tactique, c’est bien celui de l’immigration. Mais, qu’est-ce que la gauche ? Ça devient de plus en plus difficile de le savoir, tant les partis qui prétendent la représenter ont du mal à la définir. Si on se place sur la très longue période, la gauche vise trois objectifs principalement :

    - la réduction des inégalités de richesse et des inégalités de situation fondées sur la race et le genre ;

    - la transformation du système économique capitaliste qui n’est pas adapté à la satisfaction des besoins parce qu’il vise d’abord le profit et donc pousse autant qu’il le peut à la consommation d’objets inutiles ;

    - et enfin prendre en considération la parole des gens du peuple, autrement dit les représentants de la gauche ne doivent pas éduquer le peuple, mais plutôt être leur porte-parole, être à l’écoute de ce qu’il dit.

    Or sur ces trois points les partis de gauche ont failli, du NPA au PS en passant par le PCF et la France Insoumise. Cela se traduit dans les élections à la fois par une montée de l’abstention et par un transfert des voix vers les partis dits populistes. Et ensuite on se mobilise pour venir au secours du représentant du bloc bourgeois au motif très vague d’un barrage nécessaire au fascisme. Pierre Laurent faisait ainsi la leçon à Mélenchon qui rechignait à soutenir Macron. Le secrétaire général du PCF avançait ainsi qu’il fallait élire Macron pour ensuite le combattre[1] ! Ce genre de tactique n’était pas très audible, même pour des militants communistes habitués pourtant à faire bloc. 

    Une stratégie erronée 

    Ça fait maintenant des mois, voire des années qu’on alerte la gauche pour son absence de clarification sur la question des migrants aussi bien que celle de l’Union européenne. Mais rien n’y fait. C’est une partie des raisons de son effondrement : la gauche « officielle », se présente en deux morceaux, il y a d’un côté la « social-démocratie » vouée à devenir supplétive des partis de droite ordinaire, affairiste et mondialiste, et puis une gauche plus brouillonne qui, à la manière du NPA ou du parti communiste en France camoufle son irrésolution derrière un internationalisme de pacotille en se référant plus ou moins inconsidérément à Marx. Si la social-démocratie est en train de disparaitre un peu partout en Europe, la gauche immigrationniste et pro-islam est carrément en voie de perdition. Partons de ce simple constat : la gauche pro-européenne, anticapitaliste et pro-migrants n’a fait aux dernières élections en Italie que 3,4%. Cette dernière partie de la gauche qu’on appelle parfois à tort gauche radicale est sociologiquement très éloignée du peuple. C’est ce qu’on appelle la gauche bobo qui a remplacé la lutte des classes par une implication de forme caritative et compassionnelle dans la société. Elle est extrêmement tolérante avec le racisme sous-jacent du PIR, ou encore elle accepte assez bien de mettre entre parenthèse son féminisme naturel pour ne pas heurter les musulmans qui sont considérés comme les éternelles victimes. Or évidemment, en considérant qu’il est réactionnaire de s’attaquer à une religion aussi rétrograde que l’Islam, on oublie justement le combat pour l’égalité de genre[2]. On trouvera des « féministes » par ailleurs très virulentes contre les « mâles blancs » qui combattent ainsi l’interdiction du voile ou de la burka[3].  

    La gauche, l’immigration et les frontières 

    Cette engeance semi-instruite se reconnait dans la défense des migrants, ou dans la cause palestinienne, et elle défend volontiers le communautarisme. Des intellectuels comme Alain Badiou ou comme les frères Fassin la représentent. Également les politiques de profession qui la représentent ne sont pas issus du monde du travail. C’est le cas de Mélenchon, de Pierre Laurent, fils d’apparatchik du PCF, de Clémentine Autain, fille d’artistes, ou même de Danièle Obono qui se plaint que ses émoluments de député ne soient pas plus importants[4]. Cette dernière n’est pas une migrante, et malgré la couleur de sa peau n’a jamais appartenu aux classes inférieures de la société. Son père était un cadre supérieur dans la banque Paribas-Gabon.  Les représentants officiels de la gauche considèrent que le peuple n’a pas toujours raison. C’est certainement vrai. Mais il n’y a pas plus de raison de croire que si le peuple se trompe, ses représentants ne se trompent pas non plus. Au-delà de ces considérations sur les représentants de la parole de gauche, il y a généralement un manque de rationalité flagrant. En effet, si on considère que tous les migrants sont les bienvenus en Europe, alors il faut non seulement supprimer les frontières et déclarer que la France, l’Allemagne ou l’Italie n’existent pas. C’est à la fois la position des No borders mais aussi celle de Macron qui a déclaré que la culture française n’existait pas, mais qu’il y avait en France des cultures diverses et variées qui cohabitaient[5]. C’est l’abandon de l’idée même de la République qui suppose que les citoyens sont embarqués dans le même projet[6]. 

    Changements à gauche 

    Jusqu’à présent les voix qui à gauche s’inquiétaient des conséquences économiques, sociales et politiques étaient très rares. Se réfugiant derrière l’idéal de solidarité aussi flou que mal défini, on en restait à une attitude compassionnelle, fustigeant les populismes, sous-entendant par là que le peuple pensait mal et que de mettre ses pas dans les siens était au mieux de la démagogie, au pire faire le lit du fascisme. Il y avait eu le précédent de Georges Marchais qui avait dénoncé dans un article fameux de L’humanité du 6 janvier 1981, les dégâts de l’immigration de masse[7]. Mais outre qu’à cette époque la question de l’immigration paraissait bien moins difficile qu’aujourd’hui – notamment parce qu’on pensait que la gauche arrivée au pouvoir fermerait l’afflux en intégrant ceux qui étaient déjà là – l’intelligentsia s’était empressée de faire bloc pour dénoncer le caractère ranci de cette diatribe. Au fur et à mesure que la gauche s’est installée au gouvernement, les intellectuels de gauche ou réputés tels ont reporté leur attention vers des combats qu’ils pensaient plus modernes et plus attrayants, comme la cause palestinienne ou justement l’immigration, et jusqu’à la défense de l’Islam, pourtant religion encore plus rétrograde que les autres. Les signes d’allégeance se sont multipliés, que ce soit Badiou, Plenel, toute cette canaille anciennement gauchiste qui a ossifié le combat sur un terrain qui n’était rien de moins que naturel à la gauche plus portée antérieurement à dénoncer l’Eglise qu’à faire des courbettes à des bondieuseries surannées. Le point culminant a été sans doute la publication de Soumission de Michel Houellebecq en 2015 qui a précédé de quelques mois la grande vague de migrations massives vers l’Europe, orchestrée et célébrée par Angela Merkel. 

    La gauche, l’immigration et les frontières

    Il aura donc fallu trois ans et des nombreuses défaites électorales un peu partout en Europe, mais aussi les incidents de Cologne pour que la gauche commence à se réveiller un petit peu. Que de temps perdu ! Et ce manque de réaction sérieux et organisé a permis aux partis d’extrême-droite populistes d’incarner bien mieux que la gauche les aspirations des petites gens. Entre temps les cuistres de toute obédience, ceux qui finalement n’aiment pas le peuple se sont dépêcher de faire la leçon, arguant du fait que ceux qui votent pour l’extrême-droite en France par exemple sont les moins instruits, autant dire des imbéciles[8]. Ceux-là ont oublié deux choses : que le niveau de diplôme ne garantit pas contre imbécillité et que dans le niveau d’instruction dépend du niveau de richesse : l’électorat de gauche était traditionnellement moins instruit que l’électorat de droite quand il était largement ouvrier. Ceux qui insultent l’électorat de Marine Le Pen, ont certainement très mal compris les travaux de Bourdieu sur la reproduction sociale.

    La gauche, l’immigration et les frontières 

    Je l’ai dit ici plusieurs fois, il y a plus de proximité entre l’électorat de Marine Le Pen et celui de Jean-Luc Mélenchon qu’entre celui de Mélenchon et de Macron. Il faut réfléchir à ce que cela signifie au lieu de le nier. Le RN est ne l’oublions pas le premier parti ouvrier de France, très loin devant le PCF ou même la France Insoumise. Ça ne veut pas dire pour autant que la FI et le RN doivent se fondre en un seul parti ou qu’on en oublie les différences. Djordje Kuzmanovic membre de la France Insoumise et porte-parole de Mélenchon lorsque celui-ci était candidat à la présidence de la République a mis les pieds dans le plat. Pour lui le discours de Sarah Wagenknecht qui vient de Die Linke et qui a créé le parti Aufstehen est un discours de salubrité publique : la gauche ne peut pas rester plus longtemps dans le déni et camper sur la ligne de crète de la défense des immigrés comme si tous ces immigrés étaient de réfugiés fuyant la guerre[1]. On voit clairement ce qui sépare Kuzmanovic et Wagenknecht de Clémentine Autain[2] : c’est que les premiers s’inscrivent dans une démarche où la voix du peuple compte. En outre en s’abritant derrière un internationalisme de pacotille la gauche pro-migrants renonce à conquérir le pouvoir, et finalement adoube mondialisme à la Macron. Mélenchon devra trancher et il lui sera sans doute difficile d’éviter l’éclatement de son parti. Il ne peut rejoindre la position gauchiste de Ian Brossat ou du NPA sur cette question, sachant combien cette posture a fusillé la gauche, mais peut-il prendre la tête d’une gauche anti-migrants et anti-islam ? S’il ne le fait pas ; il court le risque de voir Marine Le Pen et le Rassemblement National attirer encore un peu plus le peuple, à la manière de Salvini en Italie ou d’Orban en Hongrie. Cela marginaliserait la gauche un peu plus dans le futur. La position de Kuzmanovic me semble raisonnable : on n’aide pas les pays africains à se développer en accueillant toujours plus de leur main d’œuvre, et on peut garder une approche humanitaire sur la question des vrais réfugiés.  

     

     


    [1] https://www.nouvelobs.com/politique/20180906.OBS1909/france-insoumise-et-immigration-le-discours-de-sahra-wagenknecht-est-de-salubrite-publique.html

    [2] On remarquera que Clémentine Autain est maintenant sur la défensive. https://www.nouvelobs.com/politique/20180906.OBS1911/clementine-autain-je-ne-suis-pas-convaincue-par-l-approche-de-sahra-wagenknecht.html


    [1] http://www.liberation.fr/direct/element/le-pcf-appelle-a-voter-macron-puis-a-le-combattre-apres-lelection_62541/

    [2] Bérénice Levet, Libérons-nous du féminisme, Editions de l’Observatoire, 2018.

    [3] http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/08/25/01016-20160825ARTFIG00145-les-feministes-francaises-divisees-sur-la-question-du-burkini.php

    [4] https://www.capital.fr/economie-politique/les-deputes-ne-gagnent-pas-assez-dargent-pour-se-loger-selon-daniele-obono-1292388

    [5] http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/02/06/31001-20170206ARTFIG00209-emmanuel-macron-et-le-reniement-de-la-culture-francaise.php

    [6] Jacques Sapir, Souveraineté, démocratie, laïcité, Michalon, 2016.

    [7] Georges Marchais répond au recteur de la mosquée de Paris.

    [8] https://www.lexpress.fr/actualite/politique/moins-on-est-eduque-plus-on-vote-fn_1100733.html

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  •  Ridicule : chronique de la présidence Macron

    Tous les hommes politiques de l'époque contemporaine sont très souvent ridicule. Certains plus que d'autres cependant, à cause de leur amateurisme. Macron est sur le toboggan infernal des mauvais sondages c’était assez prévisible vu l’amateurisme dont il fait preuve dans la conduite de sa fonction. Le voilà tombé à 19% de « satisfaits » dans le dernier sondage disponible[1]. Il est en train de battre le record d’Hollande. Mais plus spectaculaire encore c’est la vitesse à laquelle il s’effondre. Plus encore que sa politique qui pourrait après tout satisfaire la droite moderne, ce qui ne passe pas, c’est sa personnalité. Le malheur pour lui est que chaque fois qu’il parle, il dit une imbécilité que tout le monde relève facilement. Dernièrement le voilà en train de commenter le chômage ! S’adressant à un chômeur dont le métier est l’horticulture, il lui explique qu’en traversant la rue il est facile de trouver du boulot[2]. Et oui, ses prédécesseurs n’y avaient pas pensé ! En Grèce où le chômage est encore de 25% alors que 500 000 jeunes ont émigré, non plus. Il voulait sans doute dire que cet horticulteur devait se reconvertir dans la restauration serveur, cuisinier, ce secteur embauche. C’est stupide en effet. Passons encore sur le fait qu’on doive se reconvertir pour trouver du travail. Mais ne connaissant absolument pas son sujet, Macron fait comme s’il existait des emplois en quantité suffisante. C’est faux, et c’est juste une question d’arithmétique. Il y a environ aujourd’hui 6 millions de chômeurs toutes catégories confondues. Et, selon l’INSEE environ 250 000 à 300 000 emplois à pourvoir. On voit donc que même si ces emplois étaient tous occupés, il resterait encore près de 6 millions de chômeurs sur le carreau.  

    Ridicule : chronique de la présidence Macron

    Macron qui ne connait à rien à rien, et encore moins sur le reste laisse entendre qu’il y aurait des millions d’emplois à occuper dans le secteur de la restauration. C’est faux. Ce secteur emploie à l’heure actuelle environ 1 million de personnes, et encore il faut prendre en compte tout le secteur dit de l’hébergement et de la restauration[3]. Sa croissance étant de 5% par an, il y a probablement un potentiel de créations de 50 000 emplois. Cela ne suffit évidemment pas à absorber les 6 millions de chômeurs. En outre il faut prendre en considération deux éléments importants les arrivées sur le marché du travail des jeunes qui se chiffrent à environ 250 000 par an[4]. Également il y a une arrivée de 250 000 immigrés en France par an, depuis une vingtaine d’années. Beaucoup compte sur les départs en retraite qui devraient être de l’ordre de 600 000 unités par an. Mais ce chiffre a des chances de ne pas être atteint parce que les gouvernements successifs ont procédé à l’allongement de la durée des cotisations pour obtenir le taux le plus élevé. Macron fait donc comme si le chômage était volontaire. Cette idée est fausse et crapuleuse. En effet si cette thèse était juste, il n’y aurait aucune raison pour que le taux de chômage change lorsque le taux de croissance évolue : le nombre de fainéants qui profitent cyniquement du système resterait le même. Or on s’est aperçu qu’entre 1997 et 2001 le nombre de chômeurs avait baissé d’un tiers, sans qu’on ait modifié mes conditions d’accès aux allocations chômage. 

    Ridicule : chronique de la présidence Macron

    Cette phrase malheureuse a été évidemment moquée tout de suite sur les réseaux sociaux pour son arrogance et son absence d’humanité. Car plus encore que sa politique, c’est bien la personne même du président qui exaspère les Français. Macron est ainsi devenu en quelques mois non seulement un personnage dont la politique brouillonne ne satisfait personne, à part les ultra-riches, mais dont le ridicule fait honte. Et quand un homme politique en est là, il est clair qu’il n’a pas d’avenir, même si pour l’instant la solidité des institutions de la cinquième République le protège d’une destitution.    

    Ridicule : chronique de la présidence Macron

    Le chômage est un sujet très sensible pour les Français. Le taux reste très élevé, les emplois de bonne qualité très rare. On est surpris des réactions nombreuses et virulentes sur ce thème. Certes c’est pour le moquer, mais on le moque sur une question que les Français voudraient bien voir pris au sérieux. C’est bien pour cela qu’il est reproché à Macron de traiter ce sujet par-dessus la jambe. Apparemment il est incapable de tirer des leçons de ses propres échecs. Tout le monde le répète depuis des mois, il est arrogant et méprisant avec les pauvres. Mais il se révèle incapable de changer d’attitude, il change de communiquant, mais rien ne change vraiment. C’est plus fort que lui. Il ne se maîtrise pas et multiplie les bévues qui laissent entendre qu’il n’a pas vraiment toute sa tête et que son action relève de l’amateurisme. Certains pensent maintenant que c’est le pouvoir qui l’a rendu fou, moi je pense qu’il l’était avant. Mais après tout c’est un détail. Insulter les Français à longueur de temps relève de la pathologie. Raide et glacial, il vieillit à grande vitesse, au fur et à mesure qu’il perd le contrôle sur sa propre image. 

    Ridicule : chronique de la présidence Macron

    Mais le ridicule de Macron ne s’arrête pas à la question du chômage. Elle s’étend à sa volonté de transformer l’Elysée en une petite boutique de souvenirs. Ce petit commerce a été moqué un peu partout sur le net. Par exemple les mugs à l’effigie du président étaient soi-disant en porcelaine de Limoges, mais outre qu’ils avaient failli être fabrique en Chine, ils venaient tout simplement de Toulouse ! La virulence des réactions des Français face à cette marchandisation est une critique en acte non seulement de la désacralisation de la fonction présidentielle, mais aussi de cette manière de tout étalonner avec de la monnaie. On lui a également reproché de singer les manières de la famille royale d’Angleterre qui elle aussi arrondit ses fins de mois en vendant des objets à son effigie. Macron se prendrait-il pour un monarque ? On sait qu’il considère que la France manque d’un roi. Macron vend de tout, des tee-shirts à son image, des mugs, des affiches de lui faisant semblant d’être président. Evidemment s’il a eu une telle idée, c’est que quelqu’un la lui a soufflée ! Derrière cela il y a des conseillers en communication et quelques affairistes qui vont engranger de la menue monnaie : seuls 12% des recettes reviendront à l’Elysée. On a remarqué que le prix de ces objets était très élevé : le mug est à 25 euros, alors que le mug de la reine d’Angleterre est moitié moins cher. Les tee-shirts sont à 55 euros. De quoi dissuader les pauvres ! L’ensemble de cette démarche qui se voudrait moderne révèle en fait le narcissisme du président, mais aussi son goût immodéré pour l’argent.  Pour justifier de cette démarche mercantile, on a évoqué que l’argent servirait à rénover le palais de l’Elysée. 350 000 € ont été engrangé, ce qui correspond pour la rénovation à 12% x 3500000 = 42 000 €. C’est très peu, et même si on pense que sur un an on peut arriver à 2 millions d’euros, ça ne fera jamais que 240000 € pour l’Elysée. Soit bien moins que les primes des directeurs de cabinet ! En outre, il est à peu près certain que lorsque l’effet de mode se sera tassé, les recettes chuteront bien plus bas encore. Qui en effet souhaite embarrasser son armoire à linge de tee-shirts aussi affreux à l’effigie d’un président honni ? 

    Ridicule : chronique de la présidence Macron

    Mais ce n’est pas tout. Macron et sa garde rapprochée sont montés au créneau pour tenter d’empêcher Alexandre Benalla que de se rendre témoigner devant la commission d’enquête du Sénat. Macron en personne a téléphoné à Larcher pour lui demander de renoncer[5]. Cette tentative d’intimidation a eu l’effet contraire. Larcher s’est régalé de rendre cette intervention intempestive publique. Castaner y est allé lui aussi de sa diatribe, accusant le Sénat de vouloir renverser le président de la République[6]. C’est évidemment ridicule, le Sénat n’a pas les moyens de déboulonner le président de la République. Mais c’est allé encore plus loin. La ministre de la justice la sinistre Belloubet, par ailleurs très molle ministre de la justice, a dénoncé cette audition comme un détournement de la justice[7]. Il y a bien une panique en Macronie à cause de cette affaire Benalla. Ce dernier s’est fait remarquer du reste en insultant le Sénat : comment les sénateurs osent ils le convoquer[8] ? Bouffon comme son chef, il a commencé par dire qu’il n’irait pas. On se demande ce qu’il craint, qu’on lui demande des comptes sur son coffre-fort ? Mais finalement quand Philippe Bas l’a menacé de lui envoyer la police pour l’amener devant la commission d’enquête, il a cédé, il ira bien témoigner. Sans doute c’est l’Elysée qui l’a décidé à y aller. Tout cela sent l’improvisation et l’amateurisme à tous les niveaux. En tous les cas ça marque mal et ridiculise un peu plus Macron et sa bande. La députée LREM a quitté ce parti, indiquant qu’elle avait l’impression de se trouver à bord du Titanic[9] ! Les rats quittent le navire accroissant ainsi un sentiment de panique déjà palpable depuis quelque temps.  

    Ridicule : chronique de la présidence Macron

    Il est facile d’anticiper une nouvelle chute de popularité de Macron dans les sondages du mois d’octobre. Cette déconfiture programmée va sans doute renforcer la droite Les Républicains et les mettre au coude à coude avec LREM. Les Républicains de type Juppé, macroncompatibles sont évidemment distancés. C’est une concurrence favorable à la gauche du type la France insoumise et au Rassemblement national. L’instabilité politique n’est pas près de s’achever en France. Avec tout ça le plan pauvreté qui devait faire la preuve que Macron était aussi de gauche est passé aux oubliettes. Tout le monde s’en moque, au mieux on en critique l’hypocrisie.

    Ridicule : chronique de la présidence Macron 

    Ridicule : chronique de la présidence Macron 



    [1] http://www.atlantico.fr/pepites/seuls-19-francais-satisfaits-action-emmanuel-macron-3506811.html

    [2] http://www.leparisien.fr/politique/macron-a-un-jeune-chomeur-je-traverse-la-rue-et-je-vous-trouve-un-emploi-15-09-2018-7889829.php

    [3] http://www.pole-emploi.org/files/live/sites/peorg/files/documents/Statistiques-et-analyses/E%26S/ES_39_les%20metiers%20de%20l'hotellerie%20et%20de%20la%20restauration.pdf

    [4] Même Le monde conteste ce chiffre, avec des arguments plutôt recevables. https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/09/17/conseils-de-macron-a-un-chomeur-derriere-les-chiffres-des-emplois-non-pourvus_5356264_4355770.html

    [5] https://www.lexpress.fr/actualite/politique/affaire-benalla-macron-bouscule-larcher-au-telephone_2035027.html

    [6] http://www.atlantico.fr/pepites/benalla-castaner-accuse-senat-vouloir-obtenir-destitution-macron-3505412.html

    [7] http://www.leparisien.fr/politique/benalla-auditionne-au-senat-nicole-belloubet-met-en-garde-contre-un-empietement-sur-le-judiciaire-15-09-2018-7889637.php

    [8] https://www.huffingtonpost.fr/2018/09/12/alexandre-benalla-na-aucun-respect-pour-les-senateurs-des-petites-personnes_a_23524635/

    [9] http://www.lefigaro.fr/politique/2018/09/16/01002-20180916ARTFIG00192-la-deputee-frederique-dumas-claque-la-porte-de-larem.php

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