•  Acte LXI des Gilets jaunes, la campagne d’hiver de la Guerre Sociale 

    Saint-Berthevin, les Gilets jaunes dénoncent le fascisme macronien 

    Tout le monde a remarqué que lors que la grande manifestation nationale du 9 janvier, la milice de Castaner avait été particulièrement violente sans raison. Cela est la preuve que nous sommes entrés en 2020 dans une Guerre civile. Et les miliciens ne sont pas dans notre camp, ils sont à la solde de l’oligarchie qui ne représente plus rien dans ce pays. Il faut partir de la violence de la répression dite policière. Comme je l’ai déjà indiqué, il est inédit que le pouvoir en place matraque et gaze de façon systématique les cortèges syndicaux. Cela signifie que rapidement il va falloir qu’on passe à de nouvelles formes d’action, le pacifisme ne suffira pas face à des domestiques surarmés qui ont presque tous les droits, y compris celui de tuer. Le bloc bourgeois sait parfaitement qu’aujourd’hui il ne peut mener à bien le pillage du pays que sous la protection de sa milice. C’est pourquoi elle l’engage à ses côtés pour faire sécession avec le pays. Le baromètre du Figaro donnait ces jours derniers une cote à 28%, mais pour Yougov le constat est plus sévère encore, Macron est soutenu par à peine 25% de la population[1]. La chute est à ce point spectaculaire qu’on pense de plus en plus que sa réélection sera difficile, sauf à ce qu’il passe un accord en bonne et due forme avec Les Républicains dont le programme est le même, et qu’il se décide à nommer François Baroin en 2022 premier ministre. Mais il se pourrait que cette manœuvre ne fonctionne pas. Même si pour l’instant les journalistes restent assez peu entreprenants pour dénoncer le fascisme macronien, on commence à sentir des réticences. Ce n’est pourtant pas le cas d’un petit salopard, Aziz Zemouri, vieux routier du journalisme de la droite extrême, qui dans Le point, journal macronien pour débiles profonds, tentait de justifiait la mort de Cédric Chouviat, le livreur de pizzas par le fait qu’il roulait sans permis[2] ! Comme si ceci pouvait justifier cela. Et en plus il s’avère que Cédric Chouviat conduisait un sccooter de 50cm3 qui ne nécessita pas de permis ! Aziz Zemouri, n’est pas un journaliste, c’est un agent de propagande macronien. En vérité cet assassinat a été rendu possible parce que les miliciens ont pris l’habitude de la violence extrême dans les manifestations des Gilets jaunes, puis des syndicalistes. Leur but est de faire régner la terreur. Le 9 janvier on a franchi un nouveau palier, et ce n’est pas sans raison : cela annonce que Macron veut faire passer son ignoble réforme des retraites en force, et que tous ceux qui se mettront en travers seront matraqués. Plusieurs plaintes contre la milice ont été déclarées recevables, notamment pour un tir de LBD à bout portant[3]. Les Juges ouvriraient ils les yeux ? Commenceraient-ils à comprendre qu’en jouant le jeu de la servilité avec un pouvoir fasciste, non seulement ils n’ont en retour que du mépris de la part du peuple, mais également de la part de ceux qu’ils protègent d’une colère légitime et qui les instrumentalisent. Ne comptons pas sur les policiers pour une prise de conscience même minimale. Ce n’est pas dans leur culture. En Mai 68 le préfet Maurice Grimaud écrivait ceci : « Frapper un manifestant tombé à terre, c'est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière. Il est encore plus grave de frapper des manifestants après arrestation et lorsqu'ils sont conduits dans des locaux de police pour y être interrogés. »[4]. Evidemment Grimaud ce n’était pas Lallement. Et en plus en Mai 68 la révolte avait été plus violente qu’elle n’est aujourd’hui contre l’ignoble Macron, avec des barricades, etc. A cette époque lointaine le pantin Cohn-Bendit traitait de Gaulle de dictateur, alors qu’aujourd’hui il est tout mouillé en admirant la président-fou dont il ne conteste rien de l’ignoble répression qui est mise en œuvre. Les temps changent, et pas en mieux. 

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    Cédric Chouviat assassiné par la milice 

    Tout ça pour dire que de plus en plus de monde a conscience que pour avancer il va falloir passer à un niveau plus élevé de radicalisation. Qu’est-ce que cela veut dire ? D’abord il faut élargir la mobilisation, car si la très grande majorité des Français est hostile aux réformes macroniennes, beaucoup trop font grève par procuration, selon la formule bien connue du passager clandestin. Ils veulent bien des grèves et des manifestations, mais pas que cela leur coûte. Or il va de soit que sans un sacrifice financier on n’arrivera à rien. Mais plus encore il faut vaincre la peur d’affronter les robocops de Castaner. On voit ici et là de temps des manifestants qui ont vaincu cette peur et qui vont au contact pour en découdre. Ils sont encore trop peu nombreux pour faire reculer sérieusement la milice. Avoir une attitude un peu plus offensive c’est consolider les blocages : des raffineries, des ronds-points et des péages. Le gouvernement de lobbyistes est conscient de cela puisqu’il a annoncé que les blocages des raffineries étaient illégaux, et donc qu’il enverrait ses chiens de garde pour les débloquer. Même chose pour les ronds-points que le gouvernement craint de perdre à nouveau comme l’an dernier. En quelque sorte ce sont les avocats qui sont très remontés contre la réforme des retraites – qu’ils assimilent à un vol pur et simple – qui montrent la voie. Non seulement ils crachent sur leur ministre de tutelle, l’abominable Belloubet, mais en outre ils ont reconduit leur grès, ce qui signifie le blocage des tribunaux qui ne peuvent pas fonctionner sans eux. On note que les avocats ont été chassé du Palais de justice de Paris par les gendarmes ! C’est la seule façon sérieuse que Belloubet a trouvé pour négocier la réforme des retraites. Une fois de plus les avocats ont jeté leur robe, mais les gendarmes ont sévi avec violence[5]. Macron veut-il supprimer les avocats qui l’emmerdent ? Ce serait logique d’ailleurs avec ses propres tendances fascisantes. La canaille LREM doit raser les murs. A Saint-Berthevin, Castaner-le-menteur a été accueilli par un blocage, mais aussi par des Gilets jaunes qui utilisaient le sigle LREM pour dessiner une croix gammée. Comme ils ont raison ! C’est bien vu quant à la nature de ce régime dictatorial qui ne dit pas son nom. Evidemment les députés LREM ne sont pas contents, ils voudraient en plus qu’ils nous pourrissent la vie qu’on les considère comme des démocrates bon teint. Sans doute se croient ils encore au temps des colonies quand il suffisait de montrer le bâton pour faire travailler les « bougnoules ». 

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    Le 9 janvier la milice tire avec un LBD 40 à bout portant 

    Le scandale de la répression du mouvement social est tellement énorme que Le monde s’est emparé de l’affaire[6]. Le parquet a ouvert une enquête sur cet incident. Pire encore, BFMTV, outil de propagande macronien, se sentait obligé de faire un débat sur la question, avançant que tous les torts n’étaient pas forcément du côté des manifestants. Ce qui voulait dire en clair qu’il y avait un problème d’abus de pouvoir. Mais il y a un stock de vidéos énorme qui montre la sauvagerie de la police qui frappe indistinctement les femmes et les enfants, sans honte. Le minimum devrait être pour les journalistes et plus généralement les « démocrates » de s’indigner de ces dérives, vues, prouvées et filmées. Les témoignages arrivent de tous les côtés et des personnes à priori sans implication directe dans les manifestations. C‘est la preuve : 1. Qu’un palier a été franchi en la matière, 2. Que les consciences sont en train de se réveiller. Nous ça fait plus d’un an qu’on dénonce cette volonté de casser toute velléités de briser le mouvement par la terreur. Le chef de meute Castaner a cru devoir face aux critiques virulentes sortir de sa réserve pour condamner du bout des lèvres les exactions que jusqu’ici il a encouragées, y compris en distribuant des primes pour acheter la complicité des syndicats des policiers[7]. La mollesse de la position de Castaner-le-boucher résulte du fait qu’il sait très bien que lui et son patron ne sont là que par le bon vouloir de la milice. 

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    La dernière tartuferie de Macron est celle-ci : il prétend mettre en place un référendum issu de la « conférence citoyenne sur le climat »[8]. Pourquoi pas, mais le fait qu’il refuse un référendum sur la privatisation d’ADP et sur la réforme des retraites prouve qu’il ne prend pas la question écologique au sérieux. Pour lui ce qui est important c’est de vendre ADP pour faire plaisir à ses employeurs et ensuite de privatiser les retraites pour les mêmes raisons. Nous n’oublions pas que c’est lui et son gouvernement de lobbyistes qui a fait capoter l’interdiction du glyphosate au niveau européen, entraînant du même coup la démission de Nicolas Hulot, son ministre de l’écologie. 

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    Il commence à filtrer quelques éléments dans la presse du projet de loi sur les retraites qui a été envoyé au Conseil d’Etat, preuve que le gang de l’Elysée ne veut rien négocier sur rien. Selon ces mêmes informations nous voyons que le gouvernement et Macron bien entendu ont menti aux Français. Le premier point indique que contrairement à ce que les fumiers du gouvernement et les journalistes sans conscience affirment, l’introduction des fonds de pension est bien prévue par l’article 64 de la future loi. C’est Black Rock qui va être content ! Macron, domestique stylé du grand capital suit les ordres à la lettre, contre quelle compensation ? Ce que la canaille gouvernementale appelle le dynamisme de l’épargne retraite, c’est un euphémisme pour parler des fonds de pension. J’ai déjà dit les deux risques que font courir sur les retraites les fonds de pension, mais il est bon de les rappeler :

    1. le premier est que ces fonds de pensions investissent en Bourse, et donc le rendement des retraites est indexé sur le cours de la Bourse. Certes l’année 2019 a été bonne pour les cours boursiers, et pour les actionnaires, mais tout indique que 2020 sera bien moins bonne, à cause du ralentissement de la croissance dans le monde entier[9], et à cause des risques de tensions militaires un peu partout dans le monde. Une crise boursière est toujours possible comme en 2000 ou comme en 2008, les conditions sont toujours présentes, rien n’a changé depuis 2008 ;

    2. le deuxième est que ce système sera réservé dans un premier temps à ceux qui gagnent plus de 120 000 € par an et qui donc ne cotiseront plus au pot commun, ce qui fera un manque à gagner pour l’ensemble d’un système par répartition. Cela ne peut que renforcer les inégalités.

    Autrement dit la privatisation des retraites via les fonds de pension amène le risque de la formation d’une bulle financière parce que dans une période de croissance faible, lorsque les fonds disponibles sont trop abondants, la valeur des actifs financiers s’envole au-delà de ce que leurs rendements, l’explosion de la bulle n’est pas très loin. Or les marchés aujourd’hui sont dans une situation de surabondance de liquidités et en plus les taux d’intérêts sont tellement bas – négatifs – que cela induit les cours à la hausse sur une courte période de temps, jusqu’à ce qu’on se rende compte que les actifs ont été surpayés, et à ce moment-là, tout le monde vend et la panique s’installe. Gager les retraites sur le rendement boursier est un pari très audacieux.

    Alors que les manifestants étaient très nombreux dans toute la France, on apprenait samedi que le gouvernement retirait comme tout le monde l’avait compris l’âge pivot : provisoirement disait-il[10]. 

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    Le Havre les manifestants entrent dans la mairie et se servent du Champagne 

    Mais il semble que ce soit trop tard parce que tout le monde a compris que c’était un leurre, une porte de sortie pour faire semblant de faire des concessions, mais qu’il retire l’âge pivot ou pas il reste qu’il faudra travailler plus longtemps – alors que le chômage des jeunes est toujours très haut – et que les pensions seront plus maigres. Philippe s’est ridiculisé une fois de plus et prépare sans doute sa démission prochaine, alors qu’il y a quelques jours encore il jouait les Alain Juppé droit dans ses bottes et que l’ignoble Darmanin affirmait que l’âge-pivot était une mesure de justice sociale. Et le voilà disant qu’il retire cette question « provisoirement ». En langage courant cela veut dire qu’il le réintégrera plus tard, une fois que le gros de la réforme sera voté par le parlement-croupion des gros bataillons LREM. Mais cela satisfera sûrement Laurent Berger, le chef du syndicat jaune qui pourra faire semblant d’avoir obtenu quelque chose. Quand on a vu le patron – patron c’est bien le mot – de la CFDT faisant de la question de l’âge pivot une question de principe, tout le monde avait compris qu’il s’agissait de ménager à travers cette fausse opposition une porte de sortie pour l’exécutif. Ça décrochera sans doute les quelques cédétistes qui faisaient grève, mais ils n’étaient pas nombreux, et cela ne réglera pas le problème des retraites à la SNCF ou à la RATP. Le but de la manœuvre est de dire voyez on est conciliant, on cède du terrain, et en même temps on avance ! Macron a reçu le soutien du journal The Economist, en encourageant le petit monstre de ne pas céder au peuple. Ce n’est pas étonnant c’est l’organe du Grand Kapital tendance dix-neuvième siècle, eux aussi pensent que la démocratie entrave la marche en avant de l’économie ! 

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    Nice 

    Les manifestations de l’Acte LXI étaient bien plus nombreuses que les autres samedis, dans la foulée de ce qui s’était passé le 9 janvier qui avait été une belle mobilisation. Plusieurs milliers à Paris, 150 000 selon la CGT, avec des chansons sur le parvis de l’Opéra Bastille avec beaucoup de bonnes humeurs. Les Gilets jaunes étaient en tête du cprtège. Ça a cogné un peu et les chiens de Castaner ont balancé des grandes lacrymogènes. Mais l’ensemble montrait une grande détermination, faisant apparaitre la reculade de Philippe aussi inattendue qu’à contre-temps. Il est pressé d’amener sa réforme pourrie devant l’Assemblée et de liquider cette affaire qui a relancé la contestation donnant raison aux Gilets jaunes qui contestent le fascisme rampant macronien depuis plus d’un an avec une grande régularité. Pendant que Philippe bouffonnait à Paris, des manifestants et des Gilets jaunes, se sont introduits dans la mairie du Havre, malheureuse cité qui l’a eu comme maire, pour se faire offrir le Champagne par la mairie. 

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    Paris, grosse manifestation Gilets jaunes et syndicats et les danseuses en bleu de chauffe se préparant à entrer dans la danse 

    Les miliciens n’ont pas pour autant désarmé : ils ont cogné un peu partout, notamment à Nantes. La flicaille a commencé par empêcher les Gilets jaunes de rejoindre le cortège syndical en centre-ville, puis ils ont arrosé avec les gaz lacrymogènes. Quel métier ! A Paris ils ont eu la vie un peu plus difficile, on a vu beaucoup de jeunes gens se décider à affronter les milices suréquipées du capital. Cette répression féroce des mouvements sociaux qui ne sont pas près de s’arrêter, commence à avoir un début de résistance. Mais c’est encore insuffisant. La deuxième phase ce sera l’offensive. On v oit d’ailleurs ici et là des résistances organisées notamment autour des raffineries qui restent bloquées. Pour beaucoup il faut aller vers un nouveau Mai 68, c’est-à-dire des barricades pour enfin que le pouvoir recule. C’est ce qui se murmure dans les cortèges. Les Gilets jaunes ont modifié la perception de la lutte en deux sens : d’abord avec l’idée de passer à l’offensive, et ensuite avec l’idée de s’installer dans la durée. Les cheminots qui sont conscients de s’être fait avoir en 2018 son particulièrement remontés. J’ai rencontré plusieurs syndicalistes de la CGT qui disaient que Martinez était dans l’erreur en voulant retourner à la table de négociation, alors que tout est écrit depuis longtemps, à prendre ou à laisser. 

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    Paris 

    C’est un moment unique dont il faut profiter, parce que Macron et Philippe sont très affaiblis, à cause de leurs tergiversations, mais aussi parce qu’il y a dans les faits une convergence des luttes entre syndicalistes et Gilets jaunes dont ils rejoignent finalement la logique. Les tergiversations des macroniens ont permis de voir et d’admirer toute l’étendue de la gamme de leurs mensonges. Macron disait en 2017 qu’il n’était pas question de toucher à l’âge de départ à la retraite. Le 6 janvier, c’était Guerini qui disait que la réforme devait permettre des économies, en clair que les pensions seraient plus faibles, le même jour Le Maire, affirmait le contraire que la réforme n’était pas faite pour faire des économies !! Notez que pendant ce temps Carlos Ghosn dont la presse pourrie tend à faire un héros, a annoncé qu’il allait attaquer Renault pour toucher plein pot sa retraite chapeau qui serait de l’ordre de 775 000 € par an[11] ! Le gouvernement n’a rien prévu pour lui 

    Acte LXI des Gilets jaunes, la campagne d’hiver de la Guerre Sociale 

    Marseille 

    La journée du 11 janvier est la démonstration de la détermination des manifestants, mais aussi de la pugnacité des Gilets jaunes qui en sont à leur 61ème acte et qui sont toujours là ! on peut leur tirer un coup de chapeau au lieu de se plaindre qu’il n’y a pas assez de monde dans les manifestations. Çaz viendra, forcément. La suffisante bêtise de l’exécutif prouve assez que nous allons continuer le combat, sachant combien ils savent donner le bâton pour se faire battre. 

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    Nantes 

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  •  Grand succès de la mobilisation contre la réforme des retraites 

    Sondage publié dans Le figaro Magazine le 9 janvier 2020 

    Les Français ont de plus en plus de difficultés à supporter le gang Macron-Philippe, ses mensonges et ses sales coups. Cela se reflète dans les sondages, le dernier en date nous donne le couple de l’exécutif en dessous des 30% d’opinions positives. C’est-à-dire presque rien. Ceux qui soutiennent encore ce couple maudit sont soit des inconscients, soit des gens très fortunés. La réforme des retraites est bien sûr la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Rien que le fait de nommer le Polonais, un homme de main du gang Auchan, au ministère des retraites est une provocation. Le comportement de cette bande d’aigrefins lasse tout le monde. Les journalistes tentent de faire croire que seule la CGT et Martinez en chef d’orchestre attaque frontalement le gouvernement. C’est faux et justement c’est cela qui devrait inquiéter l’ignoble Macron et le déranger un peu dans sa folie furieuse : le fait que de très nombreuses catégories de la population, très loin de la logique syndicale de type CGT, manifestent. J’ai déjà fait remarquer que les personnels de l’Opéra-Garnier, celui de l’Opéra-Bastille, mais aussi celui de Radio France, et bien d’autres encore sont très en colère. Le 6 janvier, les avocats avaient déserté les tribunaux, manifestant ouvertement leur mépris pour ce gouvernement. Ça va très loin, A Caen, le 8 janvier, la sinistre Belloubet, cette ministre de la justice qui triche dans les déclarations de son patrimoine, présentait ses vœux aux avocats[1]. Mais ceux-ci ne l’ont pas entendu de cette oreille, ils lui ont balancé presque sur la figure leur robe d’avocat. C’est, je crois, inédit dans l’histoire de la France. Avec Macron c’est manifestation tous les jours de la semaine. Le 9 janvier on verra même les avocats de Versailles manifester devant le palais de justice ! Ils récidiveront d’ailleurs un peu partout sur le même mode. C’est un vrai affront pour le pouvoir.

     Grand succès de la mobilisation contre la réforme des retraites 

    Les avocats manifestent le 6 janvier à Marseille 

    Même les députés macroniens disent sans plus se cacher que Philippe et ses ministricules ne savent pas négocier[2]. Mais peut-être que c’est leur but, ne rien lâcher sur rien. L’incompétence de ce gouvernement se reconnait au fait qu’en jouant le pourrissement et la montre, pensant lasser les opposants, ils ont donné des arguments supplémentaires pour les combattre. En effet, à la fin décembre, Macron et cette buse obtuse de Philippe auraient pu faire semble de négocier, associer le syndicat jaune de Laurent Berger par exemple à l’abandon de l’âge pivot. Mais leur entêtement imbécile a laissé le temps de comprendre et de faire comprendre qu’âge pivot ou pas, la retraite serait toujours une attaque contre les travailleurs les plus pauvres, avec à la clé, une baisse des pensions et une augmentation du nombre d’années pour arriver à un taux plein. La réforme des retraites présentée par Macron et son gouvernement de lobbyistes est cependant cohérente, cohérente avec la volonté de sécession des classes supérieures par rapport au peuple. Si cette réforme va jusqu’au bout, elle aboutira à un système à deux vitesses :  une retraite sur la base d’un système par répartition, maigrelette et pour laquelle il faudra trimer dur pour en voir le bout, et une retraite qui sera alimenté par les fonds de pension auxquels les plus riches cotiseront. Une retraite pour ceux qui gagnent plus de 120 000 euros par an. On voit que comme pour l’école et l’hôpital il y a une privatisation des retraites. L’école c’est déjà fait, bien que l’Etat finance des écoles privées, les riches ont leurs écoles, et ils ont même privatiser des écoles comme l’ENA ou Sciences Po. Ce sont dans ces boutiques, machines à décerveler, que les riches vont faire leur marché pour recruter leurs domestiques, c’est là qu’ils ont trouvé Macron d’ailleurs. Il était à leur goût, assez fou pour s’exposer aux crachats, obséquieux avec les très très riches, une mentalité d’arriviste et de corrompu. Ils ont également leurs cliniques privées bien dotées, et pas encombrées par des pauvres débris d’humanité qui trainent aux urgences. Si on devait résumer le programme de Macron, c’est d’une privatisation accélérée de l’Etat au profit d’une oligarchie sans foi ni loi. Cela se traduira forcément par une montée des inégalités et une exclusion des plus pauvres des services de l’Etat. Macron doit penser que seuls les plus riches méritent d’être aidés et protégés par les services de l’Etat, et notamment sa police. 

    Grand succès de la mobilisation contre la réforme des retraites 

    A Caen le 8 janvier les avocats jettent leur robe à la sinistre Belloubet 

    Ce programme pourri, est fermement appuyé par Bruxelles – évidemment, et Thierry Breton, commissaire à l’économie, nommé par Macron, a encouragé le gouvernement français à aller jusqu’au bout de la réforme des retraites[3]. On apprenait par ailleurs que ce gouvernement fourbe et vindicatif avait déjà envoyé son texte sur la réforme des retraites au Conseil d’Etat « pour examen ». Alors que personne du côté des syndicalistes n’en connait encore le contenu, quoiqu’on s’en doute. La crétine macronienne du Monde soulignait que c’était la première fois que les syndicats combattaient une réforme qu’ils ne connaissaient pas encore ! Cela veut dire pour le moins que tout le monde se méfie de la fourberie de Macron et a compris à quoi s’attendre. Le peuple ignare est finalement plus intelligent que la semi-instruite Françoise Fressoz[4]. Ce qui veut dire aussi en clair qu’il n’y a jamais rien eu à négocier avec les salopards du gouvernement. Cette posture a réussi à fâcher à la fois la CFDT et l’UNSA qui pourtant avaient fait preuve de beaucoup de patience et de complaisance avec ce gouvernement de pourris[5]. Les appels de Macron à trouver un compromis rapide sont une simple tartufferie. Il y a au moins un titre qu’on ne pourra pas lui enlever, c’est qu’il est le président le plus menteur que la Vème République ait connu, et pourtant en la matière la concurrence est rude. Mais saluons-le aussi pour avoir redonné aux Français le goût d’une saine rébellion contre un système pourri jusque dans ses fondements. 

    Grand succès de la mobilisation contre la réforme des retraites 

    Les cheminots envahissent le siège de Black Rock le 7 janvier 

    Le gouvernement Macron-Philippe déprime complétement les Français, simplement par le fait qu’il existe. Les ministres sont toujours en train de faire la leçon à tout le monde, alors qu’eux-mêmes n’ont que des mauvais résultats dans tous les domaines et que le plus souvent, quand ils ne mentent pas, ne savent pas de quoi ils parlent. Ce gouvernement angoisse les Français par son manque d’empathie ouvertement étalé et probablement par la manière dont il conduit les affaires va-t-il rapidement entrainer une dépression économique de grande ampleur dans le pays. Depuis un an les pertes sont lourdes, et si elles n’ont pas été plus lourdes, c’est essentiellement parce que les Gilets jaunes ont obligé le président-fou à lâcher un peu de lest sur le pouvoir d’achat[6]. Tout ça pour dire que la colère si elle se focalise à juste titre aujourd’hui sur la question des retraites, elle la déborde largement. Les personnels hospitaliers sont maltraités depuis des années, et Buzyn n’a pas avancé d’un pouce sur ce dossier, sans doute compte-t-elle sur le fait qu’elle sait que les personnels se garderont de faire une grève effective qui pénaliserait les patients. Ce sont des gens d’un cynisme à toute épreuve[7]. Mais les enseignants sont aussi très remontés contre leur ministre de tutelle. Certains reprochent au secteur privé de ne pas se mettre en grève plus facilement et plus vite. C’est vrai qu’on aimerait que la grève soit généralisée et plus soutenue. Mais depuis que les lois El Khomri ont été votées, l’activité syndicale est clairement découragée dans les entreprises du secteur privé. Et puis la perte de revenus au mois de janvier est un puissant motif pour les smicards de ne pas faire grève. Même si les cagnottes marchent bien[8], c’est très insuffisant pour faire face aux problèmes pécuniers de tous les jours. C’est ce qui explique que dans les sondages au moins 2 Français sur 3 soutiennent la grève, mais que celle-ci n’arrive pas à déborder suffisamment le cadre de la fonction publique. Ça viendra peut-être, mais pour l’instant on n’y est pas. Les Français font donc la grève par cheminots et RATP interposés. Et c’est pour cela que les cheminots ont raison de dire qu’ils font grève pour tout le monde. Il y a tout de même des grèves plutôt dures par exemple chez Séris, boutique qui s’occupe de sécuriser les sites d’Amazon ou de Castorama, ils sont en grève depuis le 7 novembre, et personne n’en parle[9] ! En cherchant bien on en trouvera encore, seuls des journaux communistes ou sur la toile donnent régulièrement des nouvelles de ces mouvements. Mais les grands médias ont mis la sourdine sur le phénomène récurrent depuis au mois un an et demi. 

    Grand succès de la mobilisation contre la réforme des retraites 

    Centrale de Gravelines le 7 janvier 

    La grève s’étend, sans que les médias prennent la peine de rendre compte de ce qui se passe. Ce sont les raffineries (7 sur 8 sont à l’arrêt total) et les dépôts de carburant qui son bloqués. Castaner a menacé d’envoyer sa milice pour briser la grève. Ce sont aussi les travailleurs de la centrale nucléaire de Gravelines qui le 7 janvier se sont mis aussi en grève, pas seulement pour la question des retraites, mais aussi pour des questions de sécurité. Car dans la frénésie macronienne de vendre tout ce qui appartient aux Français pour que les amis puissent faire de bonnes affaires, le gouvernement rogne sur toutes les dépenses – sauf sur les dépenses de munitions pour la police bien sûr- de façon à pouvoir toujours donner plus au patronat. Les syndicats ont par ailleurs quitté la réunion de concertation sur le statut des fonctionnaires en claquant la porte, dénonçant le manque de sérieux du gouvernement[10]. On retombe toujours sur le même problème les gangsters du gouvernement ne supportent pas de discuter de quoi que ce soit. C’est évidemment la marque d’un gouvernement extrêmement faible, mais aussi la marque d’un amateurisme. Dans cette réunion où on devait poser la question de la pénibilité du travail, il y avait du côté du gouvernement le Polonais qui oublie de temps en temps de déclarer ses revenus, mais aussi Olivier Dussopt, vieux rat d’égout qui passe son temps à faire l’essui glace de la gauche vers la droite. Il vient du PS, ne l’oublions pas, et comme tel il endosse avec une facilité étonnante les habits du fasciste de service. Ces deux sinistres personnages pensent qu’en se montrant plus royalistes que le roi ils auront de l’avancement dans le futur. Cette logique opportuniste a toujours mené directement aux poubelles de l’histoire, avec ou sans indemnités ! Sur les réseaux sociaux on faisait tourner une info sur les fonds de pension qui montrait que les routiers avaient cotisé pour une boutique qui est partie en faillite et qui ne peut plus payer les pensions. C’est une information qui date de 2015, mais enfin le principe reste le même. Dès lors qu’on cotise pour un fond de pension, on se met en position de subir les aléas des fluctuations de la bourse, mais pire encore on s’en remet à l’honnêteté des gestionnaires des fonds, ce qui est très imprudent[11]. Black Rock apportait de l’eau au moulin de ceux qui pensent que Macron travaille pour les fonds de pension. On a ressorti une vieille interview d’Isabelle Mateos y Lago, directrice générale du Black Rock Institute, ne tarissait pas d’éloges sur le président-fou et qui lui donnait ses instructions pour la future réforme des retraites et du marché du travail.  Macron a bien suivi les directives. Et on sent qu’elle avait hâte d’y être, c’est-à-dire de pouvoir faire du blé avec les retraites des Français[12]. Et bien nous y sommes. 

    Grand succès de la mobilisation contre la réforme des retraites 

    Carte des manifestations du 9 janvier 2020 

    En tous les cas il est confirmé que le projet de réforme macronien des retraites est dans la droite ligne des orientations européistes qui veulent tuer la retraite par répartition et permettre le développement des fonds de pension. Pourquoi ? Pour deux raisons qui se consolident l’une l’autre : d’abord parce qu’évidemment les assureurs y trouveront leur compte, ensuite parce que les volumes d’épargne collectés par ce moyen pourront permettre de les orienter vers les investissements en bourse. Ces derniers jours, les médias tentaient de faire croire à la démobilisation, qu’il y avait une plus grande fluidité dans les transports, que les manifestants admettaient qu’ils n’obtiendraient rien. Cet enfumage relève à la fois de la malhonnêteté congénitale des journalistes et de la méthode Coué, ils se disent qu’ils ne parlent pas d’un phénomène, celui-ci n’existera plus ! Ils pourront roter tranquillement à leur aise dans les salons dorés de la République. La journée du 9 janvier 2020 allait leur apporter un démenti sérieux. 

    Grand succès de la mobilisation contre la réforme des retraites 

    Paris le 9 janvier 2020 

    Dans ces conditions la manifestation contre la réforme a été un très grand succès. Ne vous fiez pas aux chiffres qui circulent. La mobilisation était sans doute ne hausse par rapport au 5 décembre. On dénombrait 370 000 à Paris et un peu plus de 200 000 à Marseille, ce qui fait déjà près de 600 000 personnes. Mais l’AFP donnait 120 000 sur toute la France. Evidemment l’agence de presse de l’Elysée avait recopié bêtement les chiffres de Castaner. Mais il y avait en réalité 216 manifestations. En Avignon, les manifestants étaient sans doute 15 000. Il est probable que le chiffre du million de manifestants a été dépassé[13]. A Paris la milice a abusé comme d’habitude de ses prérogatives. En bloquant le cortège boulevard Magenta, de façon à le tronçonner. Avant même que les manifestants atteignent leur point de rendez-vous, ils ont été accueillis par des tirs de grenades lacrymogènes. La volonté de faire mal de la milice était évidente. Je me posais la question de savoir jusqu’à quand les miliciens accepteront de jouer le rôle que l’oligarchie leur demande de jouer. Il ne faut pas chier la honte pour faire un métier pareil. Mais enfin, dans les échauffourées parisiennes, la milice a dû plusieurs fois reculer, des jeunes gens montrant qu’ils ne le craignaient pas. On s’endurcit à leur contact ! Le régime s’enfonce de plus en plus dans un fascisme larvé. Il ne tient plus debout que grâce à la matraque. La milice a été encore violente à Rennes, à Nantes 

    Grand succès de la mobilisation contre la réforme des retraites 

    Lyon le 9 janvier 2020 

    C’est la quatrième journée de mobilisation nationale, la détermination reste forte, signe des temps on voit enfin des « intellectuels » se ranger du côté des manifestants et des grévistes. Le 9 janvier au matin, on les a vu sur le parvis de l’entrée de la Gare de l’Est faire une déclaration en ce sens. Certes ce sont des anciens soixante-huitards, très à gauche pour la plupart, on pourra trouver ce soutien un rien paternaliste, mais ça ne fait rien, ça vient appuyer le mouvement et on ne s’en plaindra pas[14]. Je parle de paternalisme parce que ces vieux de la vieille se mettent à part du mouvement pour indiquer qu’ils le soutiennent. La manifestation parisienne a duré très longtemps, sous la pluie la foule était contente d’être là et de crier sa haine de Macron et de la canaille du gouvernement. Les manifestants ne voulaient plus se séparer. Nous sommes au 37ème jour de grève et de manifestation, la volonté de continuer et d’en découdre est là. C’est dire si le rejet est général, à Marseille il y avait même un petit cortège de la CFDT. Si eux aussi se mettent à prendre goût à la contestation, alors les jours de macron sont comptés ! 

    Grand succès de la mobilisation contre la réforme des retraites 

    A Aix les avocats ont manifesté sur le cours Mirabeau, on donne le chiffre de 600 

    De cette journée cruciale on retiendra deux choses, d’abord la très forte mobilisation. On comptait 120 000 manifestants à Toulouse, 35 000 au Havre, etc. Mais ensuite la répression sauvage de la milice. Manifestement des ordres avaient été donnés. Macron a introduit quelque chose d’inédit dans la gestion des conflits sociaux, il fait donner de la matraque aux cortèges syndicaux. Cela devient maintenant systématique depuis le 1er mai dernier. Qu’on se le dise, tout cortège syndical, quel que soit son but, critiquer Macron, ou défiler le jour de la fête du travail, subira les assauts des chiens de Castaner. Je n’emploie pas ce mot pour moquer nos camarades à quatre pattes, mais en référence aux chiens de Noske. Noske était ce ministre « socialiste » allemand qui réprima dans un bain de sang le mouvement spartakiste, ce qui aboutit entre autres choses à la mort de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht, puis un peu plus tard à l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Castaner qui a l’âme et la figure d’un traitre de comédie tien aujourd’hui ce rôle. Cette mauvaise manière fait que clairement Macron pisse contre les syndicats, il se moque d’eux et veut les écraser. Cette attitude digne d’un psychopathe est à double tranchant, c’est que les syndicalistes sont de plus en plus tentés pour aller jusqu’au bout, y compris en affrontant la milice à mains nues. Les salariés sont bien plus courageux que les miliciens carapaçonnés, suréquipés pour cogner et finalement interdire le droit de manifester. La guerre sociale continue. Et Macron qui se comporte comme un potentat africain, perdra forcément cette partie parce qu’il va radicaliser les manifestants et les grévistes. Il compte présenter la réforme devant l’Assemblée nationale à partir du 17 février, il sait qu’il n’y aura pas de compromis, même pas avec la CFDT. On peut se préparer à plusieurs mois de lutte intense. Sans doute au-delà de la fin du mois de février. Notez aussi que les Gilets jaunes étaient encore une fois aux avant-postes des manifestations de partout dans le pays. 

    Grand succès de la mobilisation contre la réforme des retraites

    Manifestation énorme à Marseille 

    Grand succès de la mobilisation contre la réforme des retraites

    A Marseille on a même vu la CFDT manifester !

    Grand succès de la mobilisation contre la réforme des retraites

    A Nantes la milice a gazé dès le départ du cortège



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  • Après l’assassinat du général Soleimani : causes et conséquences

    On ne pleurera pas la mort du général Soleimani. Avant d’être un ennemi de l’Occident et d’Israël, c’était surtout et d’abord l’ennemi de son propre peule, en ce sens qu’il était de ceux qui soutenaient le projet impérialiste iranien dans la région, et donc, pour cela il avait besoin d’argent et ce besoin se retournait contre son peuple. Soleimani finançait des milices et des groupes armés un peu partout, en Irak, justement là où il a été assassiné, en Syrie, au Liban, à Gaza. Ses besoins financiers pour alimenter ses velléités impérialistes avaient entrainé des mouvements sociaux très fort en Iran depuis au moins 2017, et encore cet automne la répression a été féroce, avec des morts. Cette révolte était multiforme, aussi bien contre le voile, que contre la misère généralisée et le chômage. Son assassinat tombe à pic. En effet il est une occasion unique pour le pouvoir des mollahs de ressouder le peuple dans sa haine de l’Amérique, car si les Iraniens détestent leurs mollahs, ils détestent tout autant l’Amérique qui les leur a légués lors de la révolution emmenée par Khomeiny. Soleimani était donc à l’origine du chaos récent qui se développait en Irak sous la forme d’un affrontement entre Chiites et Sunnites. Cette lutte à mort n’est pas récente, elle a été à l’origine de la guerre entre l’Iran et l’Irak qui a duré huit ans, qui s’est soldé par une défaite de l’agresseur iranien et entre 700 000 et 1,2 millions de morts selon les estimations[1]. Soleimani a été tué en Irak, parce que les Américains considèrent que ce pays est maintenant leur chasse gardée pour des questions aussi bien géopolitiques que pétrolières. Au fond c’est moins l’exécution de Soleimani qui pose problème que les visées de l’Iran au Moyen-Orient.

    Nous avons à faire à trois impérialismes qui s’affrontent, d’abord l’impérialisme américain qui est bien analysé du point de vue politique et économique depuis près d’un siècle[2]. C’est le plus visible et le plus décrié parce qu’il viole en permanence les valeurs qu’il prétend défendre, et qui fait que les Etats-Unis ont été en guerre 222 ans sur 239 de leur existence. En s’érigeant gendarme du monde vers la fin du XIXème siècle, ils ont d’une certaine manière exporter la guerre au-delà de leurs frontières. Si les buts sont assez clairs, la mainmise sur les ressources énergétiques, ou encore le contrôle des puissances économiques concurrents, les méthodes employées sont plus ou moins efficaces. Sans aller jusqu’à l’analyse de ce qu’ils sont faits comme saloperies en Amérique latine depuis un siècle, dont un des derniers avatars est le coup d’Etat en Bolivie, cette approche a été fatale en Afghanistan, en Iran, au Pakistan, en Irak e’t même en Iran, elle a toujours facilité les forces musulmanes radicales sous des prétextes variables, soit de chasser les Russes, soit de rétablir une pseudo-démocratie. Cette politique est ruineuse, et globalement elle est un échec. Non seulement elle a abouti à dresser l’opinion publique du monde entier contre les Etats-Unis, mais de partout à terme elle renforce ses ennemis. Au Moyen-Orient, les Etats-Unis ne peuvent vraiment compter que sur Israël, les monarchies pétrolières du Golfe sont seulement des alliés de circonstance peu fiables. Avant l’intervention américaine en Iran et en Afghanistan, ces pays progressaient tranquillement vers une forme de laïcité et de prospérité. Après cette intervention, ils sont presque retournés à l’âge de pierre, c’est un fait difficile à nier. C’est une règle de la géopolitique américaine, toujours soutenir le camp le plus corrompu et le plus tyrannique contre le peuple et ensuite s’étonner que ces régimes dont ils ont soutenu l’avènement échappent à leur tutelle. En vérité cela vient de ce qu’ils appliquent de partout dans le monde ce qu’ils ont développé en Amérique latine, notamment avec comme exemple le coup d’Etat de Pinochet. Mais les pouvoirs musulmans qu’ils aident de partout dans le monde ne raisonnement pas avec les mêmes critères que la classe politique corrompue d’Amérique latine qui se contente de s’enrichir en trahissant leur pays. Ouvertement les pouvoirs musulmans, chiites ou sunnites, se servent de l’allié américain pour arriver à leur but de moyen terme, et ensuite s’en affranchissent pour aller de l’avant.  

    Après l’assassinat du général Soleimani : causes et conséquences

    Manifestation en Iran en novembre 2019 

    Le moins qu’on puisse dire est que cette politique erratique déstabilise le Moyen-Orient. Certains ont applaudi à l’élimination de Soleimani. Certes on ne pleurera pas ce général va-t-en-guerre, mais on oublie que si le clown de Washington a fait éliminer Soleimani, il a aussi donné le feu vert au dictateur Erdogan pour que celui-ci colonise et s’approprie une partie du Nord de la Syrie et qu’il en chasse les Kurdes. Cette mauvaise manière est d’abord un drame humain dont Trump et ses conseillers sont les premiers responsables. L’opinion publique occidentale s’est assez peu émue de cette saloperie qui tourne au nettoyage ethnique. L’Union européenne, et Macron, n’ont rien dit, Erdogan est dans l’OTAN, n’est-ce pas. Mais en donnant le feu vert aux Turcs pour qu’ils massacrent les Kurdes, Trump a ouvert la boîte de Pandore : Erdogan qui est très contesté dans son propre pays, se sent maintenant pousser des ailes. Car les visées d’Erdogan sont clairement impérialistes, il veut disputer à l’Iran le leadership musulman dans la région, et cela avec la bénédiction de Trump. Voilà donc Erdogan qui a maintenant des visées vers la Méditerranée occidentale. Depuis la mort de Kadhafi, assassiné par l’aviation française sur l’ordre de Sarkozy[3], la Libye est entrée dans le chaos. Le pays étant très divisé, Erdogan tente de s’immiscer dans ses affaires et d’y prendre pied. Le parlement vient de lui accorder le droit d’y envoyer des troupes[4]. Le sens de la manœuvre est clair, il s’agit de s’installer au Maghreb comme une force militaire qui compte. Erdogan a déjà des intérêts économiques importants en Tunisie, on l’oublie trop souvent. Le projet d’Erdogan est un impérialisme musulman dont il prétend prendre la tête. 

    Après l’assassinat du général Soleimani : causes et conséquences 

    La mort de Soleimani doit d’abord être comprise comme l’échec de l’Iran en Irak. Mais au-delà c’est la conséquence d’une lutte entre trois impérialismes dans le monde musulman. Erdogan semble avoir marqué des points et le fait qu’il prétende s’implanter en Libye tendrait à le prouver. Cependant il ne peut réussir durablement cette implantation que si les Américains lui en donne l’autorisation. Déjà il doit faire face à la mise en garde de l’ONU, certes ça ne compte pas beaucoup l’ONU, mais il ne faut pas oublier que la Turquie est aussi membre de l’OTAN, et si les organisations internationales le bannissent, il se retrouvera seul face à son peuple qui ne l’aime pas. Il ne pourrait guère compter non plus sur les Russes qui le savent peu fiables. Plus sérieusement, Erdogan doit faire face à une fin de non-recevoir de la Libye elle-même, et aussi de l’Algérie qui voit d’un très mauvais œil les avancées de la Turquie au Maghreb. La victoire d’Erdogan indirecte et très provisoire sur l’Iran risque d’être une victoire à la Pyrrhus. D’abord parce que la Turquie a beaucoup d’ennemis dans la région, l’Iran, les Kurdes, les Israéliens, mais aussi l’Arabie saoudite. Ensuite parce qu’on ne sait pas comment les Iraniens vont réagir à la mort de Soleimani. En Libye, la Turquie est alliée avec le Qatar, mais Haftar, l’homme fort de la Libye, est allié avec l’Arabie saoudite et l’Egypte, ces deux pays sont relativement proches des Etats-Unis. On prête à Erdogan le projet de transplanter au secours d’Al Sarraj en perdition les combattants d’Al Nostra et de Daech qu’il a récupéré en entrant en Syrie[5]. L’Algérie a aussi mis en garde Erdogan sur ses velléités d’implantation au Maghreb. La Tunisie reste un peu le cul entre deux chaises pour l’instant, alors qu’Erdogan tente de l’impliquer dans le conflit libyen, on sent le nouveau président tunisien un peu flottant, tandis que l’opinion tunisien est bien sûr hostile au projet d’Erdogan[6]. Qu’a-t-il obtenu des Tunisiens ? On n’en sait rien. 

     Après l’assassinat du général Soleimani : causes et conséquences

    La Turquie a commencé à envoyer des armes en Libye 

    Dans un monde complètement déstabilisé sur tous les plans, on voit que ces pays ont besoin de la guerre pour se rassurer à l’intérieur. Trump qui est ennuyé avec une procédure de destitution, pense se refaire une vertu après l’assassinat de Soleimani, et il est probable qu’il va commanditer d’autres éliminations de ce type. Il joue la même carte que George W. Bush pour se faire réélire Les mollahs ont aussi besoin de ressourcer leur pouvoir dans la haine de l’Amérique, ils sont affaiblis aussi bien à l’intérieur à cause des difficultés économiques qu’à l’extérieur où justement la stratégie de Soleimani a échoué[7]. Erdogan est dans une position similaire. Il est contesté à l’intérieur, et la Turquie est en difficulté sur le plan économique, il semble aussi qu’il ait épuisé ses possibilités de chantage envers l’Union européenne à propos d’une ouverture des frontières aux migrants qu’il retient dans ses camps. Mais cette fuite en avant des trois impérialismes ci-dessus cités est aussi une promesse d’un conflit militaire important. Pour l’instant les Russes se contentent de compter les points. Le fanfaron Trump a annoncé qu’il allait frapper encore l’Iran[8], la question qui se pose est de savoir si l’Iran peut riposter, les Israéliens pensent que oui[9]. Personnellement je ne le croie pas, ou du moins cette riposte sera limitée et se fera par des alliés activés dans la région, mais évidemment je peux me tromper parce que les mollahs peuvent trouver dans une fuite en avant guerrière une ultime justification de leur pouvoir obtus, cependant ils sont très affaiblis sur tous les plans, aussi bien économique que social. Mais cela ne va pas renforcer le sentiment pro-américain dans la région. D’autres se sont posé la question de savoir pourquoi les Américains ont choisi d’éliminer un général irakien et qu’ils ne procèdent pas de même en Afghanistan, où les forces pakistanaises soutiennent ouvertement les Talibans[10]. Ça fait tout de même près de vingt ans que les Américains ont déclaré la guerre en Afghanistan, et la situation n’est toujours pas stabilisée, avec un coût global pour l’Amérique de 5000 milliards de dollars ! Quels que soient les torts des Etats-Unis dans ce chaos, force est de constater que le monde musulman est plus déchiré que jamais. 

    Après l’assassinat du général Soleimani : causes et conséquences

    Le parlement irakien vote pour l’expulsion des Etats-Unis 

    Dimanche est intervenu un rebondissement un peu inattendu : le parlement irakien, dans des conditions peu claires, les députés sunnites n’ont pas pu prendre part au vote, a demandé l’expulsion des forces américaines du pays[11]. Cette manœuvre trouble semble être bien au-delà d’une reconquête légitime de la souveraineté nationale par les Irakiens. Il se pourrait que cela soit les débuts d’une nouvelle guerre civile en Irak, les forces djihadistes étant encouragées et soutenues par l’Iran. Deux attaques contre les troupes américaines ont eu lieu, de peu d’effet, mais c’est un début, et cela tendrait à montrer que l’Iran n’a pas les moyens d’intervenir directement contre les Etats-Unis, et préfère activer leurs affidés, fractions irakiennes pro-iraniennes, ou résidus de Daech[12]. Le 7 janvier quelques missiles ont été tirés sur les bases américaines en Irak. Ils auraient été tirés depuis l'Iran, selon un communiqué américain, mais cette riposte aura-t-elle une suite ? On va voir. De son côté, Mohammad Javad Zarif, chef de la diplomatie iranienne, a affirmé que son pays avait mené et « terminé » dans la nuit des représailles « proportionnées »« Nous ne cherchons pas l’escalade ou la guerre », a-t-il insisté, comme pour s'excuser. Pour dire qu'au fond ils ne pouvaient pas faire moins face à leur opinion publique. 

    Après l’assassinat du général Soleimani : causes et conséquences 

    Comme on le voit la mort du général Soleimani montre qu’aujourd’hui la guerre entre les Etats-Unis et l’Iran se joue sur le terrain de l’Irak, Soleimani était responsable de la mort de nombreux soldats américains en Irak, quoi qu’on puisse aussi dire que ce chaos est la conséquence du retrait très précipité des troupes américaines dans la région, ce qui rend la politique de Trump dans la région encore bien moins claire. Malgré les démonstrations de foules après son assassinat, Soleimani n’était pas populaire en dehors de la fraction qu’il représentait. Les Iraniens le considéraient généralement comme le bourreau du peuple et probablement applaudiront en silence à sa disparition[13]. Ceux qui condamnent Trump comme le seul fauteur de guerre dans la région analysent insuffisamment la question. Certes on peut se demander si l’assassinat de Soleimani était la bonne réponse, mais il faut partir du fait que le général travaillait à l’éradication des forces armées américaines en Irak, et au triomphe de la fraction pro-iranienne, comme le montre d’ailleurs le vote du parlement dimanche. Si on peut légitimement critiquer la politique américaine dans la région, on ne doit pas oublier les volontés expansionnistes de l’Iran en Irak. Autrement dit, il faut comprendre que l’élimination de Soleimani est la conséquence de la politique iranienne qui vise à briser son isolement en étendant son pouvoir en Irak. Si l’Amérique doit être condamner, ce n’est pas tant pour l’assassinat de Soleimani, que pour sa politique étrangère erratique et criminelle dans le monde au moins depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour ce qui concerne la région, on rappellera que les Etats-Unis sont responsables d’abord de l’arrivée de Khomeiny et de ses mollahs à la tête de l’Iran, ensuite de la disparition de Saddam Hussein qui a livré le pays à une guerre civile permanente. En quelque sorte le chaos dans la région est un des ultimes avatars de la mondialisation. 

    Tandis que Macron et Merkel se sont tout de suite aligné sur la position de Trump, on remarque que Boris Johnson a fait entendre sa petite musique en disant qu’il ne soutiendrait pas les velléités américaines de bombarder 52 sites culturels. L’information n’est pas anodine, après s’être écarté de l’Union européenne, voilà Johnson qui prend discrètement ses distances avec les Américains[1][14]. Il a sans doute retenu la leçon du fiasco de Tony Blair – premier ministre soi-disant de gauche – qui avait donné tout de suite dans le panneau en soutenant les mensonges de George W. Bush en 2003 justifiant l’intervention d’une coalition occidentale en Irak.

     

     


     



    [2] Michel Parenti, Le visage de l’impérialisme, Delga, 2015.

    [3] Les raisons de cet assassinat sont complexes puisque Sarkozy craignait aussi les révélations sur le financement de sa campagne présidentielle de 2007. Dominique Ugueux, L’assassinat de Kadhafi, Editions Surprendre, 2012.

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  • Acte LX, vœux de Macron, la guerre sociale est déclarée 

    Les personnes participant à l'opération « péage gratuit » à Schwindratzheim étaient sur les lieux dès 7 heures du matin, 30 décembre 2019. 

    Macron qui fait semblant de croire qu’il est encore président avait réclamé une trêve entre la Noël et la Saint-Sylvestre, ce sont les mots qu’il avait employés, nous confirmant bel et bien qu’il nous avait déclaré la guerre. Et ce sera une guerre à mort. En tant que porte-parole des ultra-riches, il entend que nous baissions la tête. Le fer de lance de la contestation ce sont en ce moment les travailleurs de la RATP et de la SNCF, les syndicats suivent derrière et font semblant d’organiser la riposte. Mais ils sont dépassés. Les travailleurs veulent en découdre, et pas seulement parce que ce système dictatorial que macron qui ne doute de rien met en place les ruine, mais aussi parce qu’ils en ont assez de voir sa figure, son sourire niais, sa vulgarité étalée tous les jours un peu plus. Mais plus le temps passe, et plus le mouvement social se généralise. Le 30 décembre les syndicalistes et les Gilets jaunes, la main dans la main, ont réalisé des opérations péages gratuits. Ce n’est pas innocent, c’est pour dénoncer d’une manière forte les méfaits des privatisations qui aboutissent à un racket généralisé. On l’oublie aussi le personnel de Radio France est en grève depuis le 25 novembre dernier ! cette grève n’est pas seulement dirigée contre la réforme des retraites, mais aussi contre les réductions du personnel. Quand les grèves gagnent le secteur culturel, c’est très mauvais signe pour le pouvoir, non pas que ce secteur soit très nombreux et très combattif, mais justement parce que son entrée dans la lutte signifie un ras le bol profondément ancré. Après les danseurs qui avaient donné le lac des cygnes sur le parvis de l’Opéra Garnier, c’est l’orchestre de l’Opéra Bastille qui s’y est mis, en donnant le 31 décembre un orchestre en plein air, devant une foule énorme d’anti-macroniens. Ils étaient plusieurs milliers à manifester ainsi leur solidarité avec les grévistes de l’Opéra Bastille, mais aussi avec ceux de la RATP et de la SNCF dont on pouvait reconnaitre les gilets et les drapeaux dans cette foule compacte. Le 30 décembre, les danseurs de l’Opéra Garnier rejetaient les propositions mesquines d’un gouvernement mesquin sur les retraites. Philippe avait fait des propositions qui auraient satisfaits les générations actuelles, mais pas les plus jeunes et les danseurs à venir, pensant ainsi diviser le mouvement et éliminer une partie de la contestation[1]. Ce mouvement, je l’ai dit, n’est pas très nombreux, ne bloque pas l’économie, mais il est très visible et comme tel il ennuie beaucoup le gouvernement. En effet ce sont essentiellement les riches, et même les très riches, qui vont à l’opéra pour se donner des airs, et ce faisant ils pensent que les danseurs et les musiciens sont seulement leurs domestiques. Ils se trompent lourdement et sous-estiment la haine que les Français ont développée et accumulée depuis des années contre cette classe de voleurs et de menteurs. Mais voilà, les danseurs ne se sentent pas du même camp que le domestique Lallement, ils ne se sentent pas une âme de vers rampant devant ceux qui tiennent les cordons de la bourse. 

    Acte LX, vœux de Macron, la guerre sociale est déclarée 

    Sur le parvis de l’Opéra-Bastille l’orchestre a joué gratuitement pour des milliers d’ennemis de Macron et de la caste pour qui il travaille

    Les vœux du président-fou n’ont rien arrangé. Ceux qui ont regardé cet exercice ont pu constater qu’il a l’air de plus en plus fou. Hagard il s’est autofélicité d’avoir grâce à son sens du dialogue apaisé la colère des Gilets jaunes, ne semblant pas savoir qu’elle dure encore plus d’un an après son déclenchement. Il avait l’air raide et fatigué, probablement sous l’emprise de quelque stupéfiant, s’échauffant à mesure qu’il parlait tout seul. Peut-être qu’en s’intoxicant avec ses paroles il est assez fou pour finir par croire à ce qu’il raconte. En gros il nous a dit que sa réforme était franchement excellente, la meilleure qu’on puisse faire, et donc que ceux qui manifestaient contre étaient un peu cons parce qu’ils ne se rendaient pas bien compte du bonheur qu’il y avait à avoir un tel président ! Mais au passage il a bien spécifié qu’il irait jusqu’au bout. De quel bout parlait-il, mystère ? On comprend qu’il voulait dire que si on ne cédait pas il nous enverrait sa milice qui elle bénéficie d’un régime spécial renouvelé. Macron fait plusieurs erreurs. La première et la plus grossière c’est qu’en démocratie, on ne peut pas gouverner longtemps contre le peuple en croyant qu’on est plus intelligent que lui, ça aboutit au conflit violent. D’autant que tout le monde se rend compte qu’il ment comme un marchand de voitures d’occasion en nous vantant les mérites de sa réforme. La seconde c’est que plus le conflit dure maintenant et plus c’est lui qui est le représentant d’une France des riches la plus obtuse. La grève reste très populaire et a le soutien de l’ensemble des Français. La troisième erreur est qu’il est de plus en plus visible que ce garçon n’aime rien en dehors de l’argent et de servir ses maîtres. Il nous hait, mais on le lui rend bien. Le divorce est consommé depuis un bon moment.  

    Acte LX, vœux de Macron, la guerre sociale est déclarée

    Acte LX, vœux de Macron, la guerre sociale est déclarée

    Macron, l’air hagard, débite comme chaque année ses déclarations de guerre sociale 

    Ce petit domestique cupide vient d’ailleurs de nous envoyer avec ses vœux un crachat dans la figure en élevant Jean-François Cirelli au grade d’officier de la légion d’honneur, au titre du quota du lobbyiste Edouard Philippe qui cumule ces fonctions avec celles de premier ministre[2]. Or Jean-François Cirelli ce n’est pas n’importe qui. C’est une crapule de grande dimension. C’est énarque, donc formé normalement pour intégrer la haute administration au service de l’Etat. Mais c’est un pantouflard. Représentant de la droite affairiste la plus glauque, il est passé par la privatisation de Gaz de France ce qui lui a permis de devenir très riche. Il a fait aussi un aller-retour au FMI pour augmenter le volume de son carnet d’adresse, et il est maintenant le président de Black Rock pour la France. Il a grenouillé dans de nombreux ministères, notamment auprès de l’ignoble Raffarin pour piloter le dossier des retraites justement. Récemment Cirelli disait qu’enfin grâce à Macron on allait pouvoir développer les Fonds de pension en France et donc mettre la main sur une partie des cotisations sociales des salariés. Décorer ce petit gangster en col blanc du titre d’officier de la légion d’honneur confirme non seulement que la légion d’honneur ne vaut pas un clou, mais également que le but de celle-ci est bien de mettre en place un régime de retraite privé. Que recevront en échange Macron et Philippe pour de tels services ? c’est top secret. Mais on devine que l’exécutif ne supporte pas tous les crachats et toutes les insultes qu’il reçoit seulement pour rien. Pour illustrer indirectement ce que je dis, on vient d’avoir la preuve que Macron, aidé de son âme damnée Kholer, avait bradé l’Aéroport de Toulouse-Blagnac. En effet ces deux pitres avaient choisi comme acheteur le groups chinois Casil. Celui-ci s’est empressé de siphonner la trésorerie. Le tribunal administratif a annulé la vente et a obligé Casil de revendre ses parts. Casil les a revendues à Eiffage avec un bénéfice de 300 millions d’euros ! Comment en ne faisant rien et en siphonnant la trésorerie de l’entreprise ont-ils pu réaliser une plus-value aussi extraordinaire ? Il n’y a que deux réponses possibles. Soit Kholer et Macron sont des incapables et se sont trompés dans leur évaluation du bien public, soit ils l’ont bradé consciemment et en ont retiré par ailleurs un bénéfice pour eux-mêmes[3]. Le monde qui pointe cette calembredaine ne se pose pas la question, c’est comme si Casil était juste chanceux. Pour moi c’est la preuve que nous avons à la tête de l’Etat des voyous d’un nouveau genre. 

    Acte LX, vœux de Macron, la guerre sociale est déclarée 

    Si on voulait une autre preuve que ce gouvernement est un ramassis de crapules, on prendrait comme exemple le cas de l’évasion de Carlos Ghosn. Ce délinquant, assigné à résidence au Japon, a pris la fuite. Pour bien comprendre le contexte, il faut se rappeler que quand les Japonais avait mis ce sinistre individu en taule, de nombreuses voix – l’internationale des milliardaires – s’étaient élevées pour dire que les Japonais étaient vraiment méchant car un homme de la probité de ce libano-brésilien naturalisé français, était au-dessus de tout soupçon. Et sous la pression internationale les Japonais avaient cédé en le libérant contre une caution de 10 millions de dollars. Et voilà donc que ce délinquant a pris la fuite. Pour cela il a bénéficié de nombreuses complicités – achetées bien évidemment – en Turquie, au Liban, au Japon également, et en France puisqu’il a utilisé deux passeports français pour sa fuite. Il est probable que le gouvernement japonais va demander son extradition, mais il n’y a pas d’accord avec le Liban. A sa demande Interpol a laissé un mandat d’arrêt international, ce qui n’a pas empêché cette crapule de Ghosn de donner une conférence depuis le Liban où il s’est réfugié[4]. La France de la crapule macronienne par la voix d’une sous-ministre Agnès Pannier-Runacher a affirmé que si le bandit Carlos Ghosn venait en France la France ne l’extraderait pas, arguant du fait que Carlos Ghosn n’est pas seulement libanais et brésilien, il est aussi français, et donc la France n’extrade pas ses propres ressortissants[5]. Enfin quoi qu’il en soit cette histoire risque d’avoir des conséquences inattendues, les Japonais ne sont pas des gens sur qui on peut s’essuyer les pieds et se moquer d’eux par derrière. En soutenant officiellement Ghosn, la France fait preuve de peu de finesse. Macron et sa bande de canaille oublient que Renault est pratiquement passé sous la coupe de Nissan. Agnès Pannier-Runacher est une crapule de type féminin. En effet, elle a fait l’ENA et HEC les deux meilleures écoles françaises du banditisme en col blanc, elle est passé comme ça du public au privé, puis du privé au public. Ce qui est choquant dans la position de cette idiote, c’est qu’elle ne se pose pas la question de savoir si la demande d’extradition serait légitime, non, alors qu’elle n’est que sous-secrétaire au budget, elle tranche en direct d’une question juridique épineuse. Le message est clair : nous, le gouvernement de Macron, nous sommes solidaires des milliardaires quels que soient les crimes qu’ils ont faits. Ne croyez pas qu’elle soit seulement stupide malgré son regard par en dessous, elle défend le point de vue d’une caste qui va bientôt disparaitre. Au passage elle a étrenné le nouvel élément de langage de la Macronie. Quand on lui a posé la question des régimes spéciaux qui étaient réservés aux policiers, aux militaires, aux sénateurs, les cheminots, les pécheurs et quelques autres, elle a dit que ce n’étaient pas des régimes spéciaux, mais des spécificités dans le régime ! Ce serait Sibeth Ndiaye qui lui ait soufflé cette cuistrerie que cela ne nous étonnerait pas. On remarque au passage que quand les femmes de droite font de la politique, elles sont encore plus enragées que leurs collègues masculins – exceptés Macron cependant. Elle pense qu’en aboyant plus fort que le complaisant Bourdin elle sera convaincante. Mais cette posture n’a jamais marché. 

    Acte LX, vœux de Macron, la guerre sociale est déclarée 

    Les manifestations sont quotidiennes maintenant. Le 2 janvier, c’était les salariés de la RATP qui étaient aller bloquer un dépôt de bus à la rue Belliard. Les policiers qui ne se considèrent plus comme des salariés, mais les défenseurs de l’idéologie capitaliste, ont donc comme à leur habitude gazer et matraquer les dits salariés. Pendant que Macron s’occupe à transformer les policiers en miliciens au service d’une caste, la France flambe littéralement. Dans la nuit de la Saint-Sylvestre, les records de voitures brulées ont été battus, à Paris, à Strasbourg, ailleurs encore du jamais vu. Le ministère de l’intérieur s’est refusé à donner des chiffres. Pendant ce temps les policiers surveillaient les Gilets jaunes sur les Champs-Elysées, délaissant comme à l’ordinaire les banlieues où la situation empire de jour en jour. Mais pour Macron ce n’est pas un problème que la sécurité des banlieusards ne soit plus assurée, pour lui il faut casser le mouvement et faire plier les salariés. 

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    La milice matraque et gaze rue Belliard à Paris 

    Le même jour des manifestants se sont rendus au siège de LREM. Et une fois encore les miliciens de Castaner qui font de la politique sans le savoir ce sont rangés du côté des godillots de Macron. Il y a eu des heurts évidemment. Ce vieux crapaud de Stanislas Guerini en a profité pour tenter de faire croire que les manifestants avaient voulu pénétrer dans leurs locaux de la rue Sainte-Anne[6]. Il semble qu’en réalité les manifestants n’ont pas été violents du tout, mais au fond, à force d’enrager tout le monde, ils vont finir par déclencher une riposte violente, et ce sera mérité. Tout semble prêt pour cela. Cet automne le gouvernement a commandé des milliers de projectiles pour les LBD40, des grenades lacrymogènes pour les quatre années à venir[7]. Ce gouvernement qui se révèle d’une pingrerie hallucinante avec les hôpitaux, l’éducation nationale, et autres dépenses sans compter pour sa propre sécurité. Ces quelques exemples pris au hasard montrent suffisamment que nous sommes au-delà de simples tensions, nous sommes entrés dans une phase de lutte dure, probablement une guerre civile. 

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    Rue Saint-Anne, les miliciens de Castaner s’engagent du côté de LREM 

    A Marseille les contestataires, qu’ils soient syndicalistes ou Gilets jaunes, n’ont pas attendu le 9 janvier, date de la manifestation nationale. Dès le 2 janvier, ils étaient plusieurs milliers à défiler pour crier ce qu’ils pensaient de Macron et de sa bande de pillards. La densité de la foule et son enthousiasme laisse augurer d’une forte mobilisation dans les jours à venir. Ce fut une très belle réussite. Mais les actions sur tout le territoire sont très diverses et variées, ça va de la manifestation au blocage, des injures proférées contre les jaunes. Par exemple le 31 décembre, une conductrice de métro se faisait violemment injurier par les grévistes[8]. Cette microscopique histoire a été montée en épingle par les gens de droite, notamment la sinistre Pécresse, prochaine alliée de Macron, qui demande des poursuites. Mais ces gens-là ne comprennent pas que dans la lutte sociale les prolos n’ont pas beaucoup d’armes à leur disposition. Déjà ils n’ont pas la police avec eux, et rappeler aux prolos les nécessaires solidarités de classe sont plus que légitime face à la violence que les réformes de Macron déclenchent dans le pays. Si on regarde d’un point de vue historique, les manifestants sont extrêmement pacifistes, quoi qu’en disent Castaner et les médias aux ordres. L’oligarchie voudrait que l’opinion se prononce contre le droit de grève, voire le droit de manifester. Mais plus le temps passe, et plus l’opinion pense que la seule manière de faire reculer macron, c’est d’opposer d’une manière ou d’une autre une force aussi considérable, et de montrer que la majorité du pays refuse ces réformes.  

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    A Marseille le 2 janvier, une marche aux flambeaux 

    Il faut le reconnaitre, Macron est le seul président depuis le général de Gaulle à rassembler tous les Français… mais contre lui cependant. On voit de plus en plus une convergence forte entre les syndicalistes et les Gilets jaunes. Il s’est mis à dos les professions libérales qui à partir du 6 janvier vont manifester leur colère, les avocats, les experts-comptables, et j’en passe[9]. La semaine qui vient va être décisive. Certes Macron peut lâcher un peu du lest sur la question de l’âge pivot pour faire passer le reste, qui est le plus important tout de même, et pour faire semblant qu’il dialogue avec la CFDT, mais ce n’est pas sûr que cela change grand-chose. Les miliciens de Castaner ne vont plus savoir où donner de la tête, entre les dépôts de bus qu’il faudra débloquer et les raffineries et les dépôts de carburant, on ne voit pas très bien comment Macron va s’en sortir. 

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    Le 3 janvier, c’est le blocage du dépôt de Créteil 

    Dans ces conditions, et parce que tout le monde sent que la réforme des retraites est aujourd’hui la principale bataille qui rassemble contre Macron – l’opinion publique soutient toujours les grévistes – il y avait pas mal de monde dans les manifestations qui ont eu lieu dans toute la France. En vérité malgré les présentations erronées du mouvement, il faut comprendre que les Gilets jaunes ou les syndicalistes ou ceux qui ne sont encartés nulle part, ont le même objectif : chasser Macron et sa bande de pillards. On vient d’apprendre par ailleurs que l’ignoble Borne, ministresse de l’écologie et des transports (ce qui est antinomique), qui fait la morale aux grévistes, avait oublié de déclarer son passé de lobbyiste d’IGD[10]. Un peu comme Delevoye. On voit que la plupart des ministres de Macron sont des anciens lobbyistes de grandes entreprises ou de think tanks qui cherchent à promouvoir le libéralisme sauvage et le démantèlement de l’Etat. Entre elle, le Polonais qui est un employé d’Auchan, Philippe le lobbyiste d’Areva, Pénicaud la DRH de Danone, on se demande quand ces compromissions avec le capital privé cesseront : c’est comme si l’Etat avait été maintenant privatisé par le CAC40.  

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    Toulouse beaucoup de monde le samedi 4 janvier 

    La manifestation de Paris était impressionnante, dense et déterminée, alors que comme à son habitude Lallement, le préfet d’Occupation qui devra rendre des comptes à la Libération de Paris, avait pris des arrêtés pour empêcher les rassemblements ici et là. Le droit de manifester est maintenu en apparence, à condition qu’il ne gène pas les beaux quartiers et le commerce. Evidemment c’est un abus de droit qu’il faut dénoncer continuellement, et qui prouve à quel point nous ne sommes plus en démocratie, ce qui est logique : un pouvoir aussi détesté ne peut gouverner que par la répression. Dans le défilé parisien, on avait des Gilets jaunes, des syndicalistes, SUD, CGT, FO – pas CFDT bien entendu – mais aussi des jeunes d’Extinction-Rebellion. Ils étaient plusieurs milliers, peut-être dix mille, peut-être plus. Arrivés à la Gare de l’Est les miliciens de Castaner venaient au contact, faisant mine de se préparer à cogner, avec la volonté manifeste d’intimider les citoyens pour défendre les privilèges de l’oligarchie er de Black Rock. C’est très dur de faire un métier pareil, parce que de temps la conscience doit travailler douloureusement. A vrai dire à les voir errer comme des perdus à l’intérieur de la gare, on les sentait en plein désarroi. Et à mon avis, le moral n’y est plus. Ils savent que maintenant la population les déteste, et ils savent aussi qu’ils ne sont plus que des instruments dérisoires au service d’une politique partisane. 

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     Paris 

    Les manifestants ont envahi la Gare du Nord et la Gare de l’Est. Les miliciens qui se croyaient sans doute revenu au bon vieux temps des déportations en trains, ont enfermé les manifestants dans les gares. Quel pouvait bien être le but des stratèges du ministère de l’intérieur ? S’entraîner pour de futurs départs vers l’Allemagne et ses camps ? Une telle mentalité est vraiment préoccupante. Si à la Gare de l’Est s’est resté bon enfant, à la Gare du Nord, ça a dégénéré rapidement. La milice a gazé aussi bien les manifestants que les voyageurs, sans distinction. A voir le langage que j’emploie, on sent bien qu’on se trouve vraiment dans une période de répression inédite qu’on peut qualifier facilement de pré-fasciste. Cette idée de s’enfermer dans une gare avec les manifestants eux-mêmes est à la fois sinistre et loufoque. Lallement est bien le préfet de l’occupation macronienne de la France. Des échauffourées ont eu lieu devant la Gare du Nord et des mini-barricades ont été dressées.  

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    Garde Nord la milice braque les manifestants 

    En dehors de Paris, la mobilisation à Toulouse était particulièrement réussie, toujours sur le même modèle d’une convergence des luttes par-dessus les appareils politiques et syndicaux. Les macroniens font semblant de croire que le deus ex machina de ces manifestations, c’est la CGT et plus encore Martinez. Cette erreur les pousse à sous-estimer la puissance du mouvement qui a commencé il y a plus d’un an avec les Gilets jaunes. C’est la continuité du mouvement contre Macron et son gouvernement de lobbyistes. A Montpellier qui nous avait habitué à mieux, la manifestation semblait un peu maigrelette. Mais à Rouen ou à Rennes les cortèges étaient bien fournis. Caen, Rouen, Rennes, Marseille, de partout les cortèges mêlaient les Gilets jaunes et les syndicats. 

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    Montpellier  

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    Caen



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  •  Petit retour sur le cas Matzneff

    Les défenseurs de Matzneff qui sont de moins en moins nombreux aujourd’hui, nous disaient comme pour s’excuser que tout de même c’était un excellent écrivain. Mais nous avons appris que le vieil écrivain vivait aujourd’hui avec une pension de vieillesse, et une allocation pour écrivain nécessiteux de 12 000 € par an, puis que celle-ci avait été réduite à 6 000 € par an[1]. On sait aussi que c’est l’auteur lui-même qui a écrit le courrier au ministère de la culture pour demander cette aide. Cela m’invite à me poser un certain nombre de questions. La première est celle-ci : Matzneff a été publié par deux éditeurs importants, La table ronde et Gallimard, il a même décroché le Prix Renaudot en 2013. Or ces éditeurs croient tellement en lui et en son avenir qu’ils ne lui accordent même pas une petite rente, comme on le faisait dans le temps, par exemple lorsque Céline ne se vendait pas, Gaston Gallimard lui versait une avance sur ses droits qu’il ne savait pas s’il les récupérerait un jour. Et donc, s’il est clair que le milieu de l’édition n’est plus ce qu’il était, celui-ci en tous les cas considère Matzneff comme un has been, une gloire passagère fondée sur le scandale, mais sans avenir. En tous les cas cette polémique tombe à pic pour Matzneff que plus personne ne semble connaître aujourd’hui. Dans le livre de Springora il y a clairement l’idée de vengeance qui est comme on sait un plat qui se mange froid. Comment lui en vouloir ? Elle a réussi son coup puisque voilà le malheureux mondain Matzneff privé non seulement de sa petite allocation d’écrivain nécessiteux, mais aussi des soutiens qui se débinent les uns après les autres. Les conséquences risquent d’être rudes car on apprend aussi que la ville de Paris avait mis à la disposition du pédophile revendiqué un appartement. D’ici qu’il se retrouve à la rue il n’y a pas loin[2]. 

    Petit retour sur le cas Matzneff 

    Voilà d’abord Beigbeder, un médiocre qui se prétend écrivain parce qu’il publie du papier imprimé. Bon à rien, mauvais à tout, il est, on se demande par quel filtre, membre du jury Renaudot qui avait accordé le prix de l’essai à Gabriel Matzneff, sans doute parce qu’ils le connaissaient comme un écrivain nécessiteux. Mais voilà que Beigbeder se renie, il dit qu’il regrette, n’assume rien. 2013 c’était il n’y a guère, et à cette époque tout le monde connaissait parfaitement les turpitudes putassières de Matzneff. On aurait presque de la peine pour Matzneff de n’avoir eu autour de lui que des faux-culs de première. Parmi eux Bernard Pivot. Si l’émission que tout le monde connait date de 1990, Pivot avait déjà convié Matzneff à Apostrophe en 1975. Pourquoi ? Qui le lui demandait ? dans ces deux émissions on voyait bien que les exploits discutables de Matzneff avec des jeunes filles en fleur l’émoustillait. Il abritait cela derrière le soi-disant style de Matzneff. Sans doute devait-il se dire qu’il aurait dû en faire autant, peut être le jalousait il ? Bernard Pivot dit qu’il regrette, que lui non plus ne le fera plus. Il invoque comme excuse qu’à l’époque – c’était selon lui la continuité de Mai 68 – on restait avec l’idée de ne rien s’interdire. Excuse minable, car justement l’éloge de la débauche sexuelle était d’abord le signe de la défaite du parti révolutionnaire qui avait émergé en Mai 68, et ensuite le début de la reprise en main des consciences par l’idéologie libérale et individualiste qui consiste à considérer tout comme marchandise, y compris la virginité d’une jeune fille. Ce qui est gênant chez Matzneff c’est aussi bien qu’il ait profité de la fragilité et de la crédulité de jeunes filles, qu’il en fasse commerce en étalant ses exploits sur la place publique. Il avait en effet trouvé un bon créneau en faisant du porno sur la base d’une expérience vécue

    Petit retour sur le cas Matzneff 

    Bernard Pivot et Gabriel Matzneff, Apostrophe, 1975 

    Dans ce bal des hypocrites Marlène Schiappa n’est pas la dernière. Elle s’est empressée de cracher sur Matzneff, feignant de découvrir cette affaire avec le livre de Springora. Mais cette hypocrisie de la part d’une ministre qui est aussi l’auteur de romans pornographiques, va plus loin parce que Springora nous dit qu’elle n’a pas été protégée par quelque institution que ce soit, la famille, la police ou la justice. Or la ministresse des droits de la femme est revenue sur sa promesse de fixer un âge minimum de consentement. Elle avançait 15 ans, Belloubet, la sorcière ennemie du genre humain, le voulait à 13 ans. Si cela avait été adopté, cela voulait dire qu’avoir une relation sexuelle avec quelqu’un de moins de 15 ans serait un délit – dans ce cas Brigitte Trogneux serait tombée sous le coup de la loi. 

    Petit retour sur le cas Matzneff 

    Dans ce bal des hypocrites, le parquet de Paris peut avoir la palme. Le voilà qu’il s’autosaisit d’une plainte pour viol sur mineur de moins de 15 ans[3]. C’est pathétique, parce que les faits que relate Springora sont prescrits maintenant et on sait qu’il ne pourra pas y avoir de procès, on justifie cette démarche par le fait que pour les victimes des prédateurs, il est excellent de désigner des coupables. Quand l’âne est sorti on ferme la porte. C’est d‘autant plus paradoxal que Springora décrit les nombreuses plaintes qui ont été non suivies d’effet à son propos mais bien d’autres. Est-ce un simple effet d’annonce pour faire croire que la justice se préoccupe sérieusement de la santé des enfants ? Est-ce un message envoyé au Tout Paris dont les turpitudes sont connues, pour leur dire de se faire un peu plus discret ? 

    Petit retour sur le cas Matzneff 

    PS : un extrait du livre de Springora, elle y parle de Emil Cioran, antisémite maladroitement repenti. Elle s’est tournée vers lui en plein désarroi, la rencontre tourne à la mauvaise comédie avec Cioran dans le rôle du bouffon de service : 

    Petit retour sur le cas Matzneff

     

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