• Complément sur Macron et les affaires internationales : l’Afrique

    Dans mon dernier billet, j’ai détaillé tout le mal qu’on peut penser de la démarche diplomatique de Macron. Mais je n’ai pas abordé la question des rapports compliqués qu’il entretient lui-même avec le continent africain. Sa dernière réflexion a déclenché une polémique qui va lui coller à la peau pendant longtemps. On croirait Sarkozy et son discours de Dakar qui avait enclenché une polémique de longue durée[1]. Cette fois Macron a avancé comme une évidence que les problèmes de développement liés à l’Afrique provenaient de la trop forte fécondité des femmes, et donc que tant que ce taux ne baisserait pas, le développement ne pourrait pas se faire[2]. Lors du dernier G20 que l’aide au développement sera inefficace si dans le même temps les femmes africaines continuent à faire « 7 ou 8 enfants » chacune ! Cet incident diplomatique démontre encore une fois la faiblesse de la pensée de Macron. 

    « Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien. » 

    Partons de ce que l’on sait. Il y a un lien négatif entre fécondité et développement. Quel que soit l’échantillon que l’on prendra, on aura le même type de relation. Cette approche statistique est sûre et ne saurait être remise en question. De même qu'on ne saurait négliger l'importance de la surpopulation dans le monde. Mais c’est à partir de là que commence l’analyse. Pour Macron il suppose que c’est la fécondité des femmes qui est responsable du sous-développement en Afrique. Pour les démographes, c’est au contraire l’inverse : c’est parce que le développement est en marche que le taux de fécondité baisse ! C’est ce qu’on appelle la transition démographique. 

    Complément sur Macron et les affaires internationales : l’Afrique  

    Éclairons un peu Macron sur cette question, cela lui évitera de parler sans savoir. Le premier point est que l’Afrique, comme les autres régions en voie de développement a vu son ISF baisser depuis une bonne quarantaine d’année. C’est aussi le cas des pays de l’Afrique sub-saharienne. On peut juger que cette baisse n’est pas assez forte, mais elle est incontestable. Globalement l’Afrique sub-saharienne n’en est plus à 7 ou 8 enfants, mais nettement moins. Sur ce point on peut déjà corriger Macron. Mais il est plus intéressant de développer pourquoi l’ISF a baissé dans cette région du monde. En vérité dans toutes les régions du monde, c’est toujours une intervention extérieure au marché qui met en route cette transition : soit l’Etat comme en Chine et dans l’ensemble des pays asiatiques, soit l’aide au développement qui est distribuée vers l’éducation et principalement l’éducation des filles.  

    Complément sur Macron et les affaires internationales : l’Afrique  

    La clé de la baisse de l’ISF est d’abord la scolarisation massive des filles dans l’enseignement secondaire. La raison en est simple : les filles retardent le moment d’être enceintes, et leur implication dans l’éducation, les conduits à accélérer leur entrée dans le monde du travail, ce qui leur donne un peu plus d’autonomie par rapport aux hommes. On pourrait dire que l’éducation des filles entraine à la fois la baisse de la fécondité et le développement économique. C’est au moins une des rares choses sur lesquelles sont d’accord les économistes, dans la lignée du prix Nobel d’économie Amartya Sen. Si Macron avait étudié un peu l’économie, il saurait que les grands organismes internationaux, notamment la Banque mondiale, accordent de l’aide dans les investissements en infrastructures, c’est-à-dire la santé et l’éducation, en supposant que ces investissements auront un effet sur le long terme à la fois sur la fécondité et sur le développement[3]. Si l’aide internationale au développement se justifie c’est au moins pour ces raisons.

     Complément sur Macron et les affaires internationales : l’Afrique 

    Macron s’est une fois de plus fait remarquer pour son incompétence, aussi bien parce qu’il a parlé d’un sujet qu’il ne connaissait pas, que parce qu’il a commis un impair diplomatique vis-à-vis des pays africains[4]. Bien sûr au-delà de tout cela et malgré son multiculturalisme affiché, Macron est clairement raciste, mais son racisme est le reflet de son mépris pour les pauvres. Il laisse en effet entendre que les Africains sont seuls responsables de leur sort en tant qu’ils sont une somme d’individus, et que lui-même, s’il est arrivé où il est arrivé, c’est bien grâce à son talent incomparable. Mais la logique du sous-développement est complexe et ne peut s’accommoder de slogans politiques simplistes. Par exemple, la mondialisation en s’accélérant a contraint les pays africains à jouer le jeu de la division internationale du travail qui ne peut pas leur être favorable parce que selon la logique des avantages comparatifs, ils sont contraints de se spécialiser sur des segments inférieurs du marché : le commerce des matières premières, ou l’industrie manufacturière appuyée sur un faible coût du travail.

     

     


    [1] http://www.lemonde.fr/afrique/article/2007/11/09/le-discours-de-dakar_976786_3212.html

    [2] http://www.20minutes.fr/politique/2103371-20170712-propos-emmanuel-macron-afrique-suscitent-polemique

    [3] http://www.worldbank.org/en/news/press-release/2016/04/13/world-bank-group-to-invest-25-billion-in-education-projects-benefiting-adolescent-girls

    [4] http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/macron-et-l-afrique_1926810.html

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  •  L’amateurisme de Monsieur Macron

    Plus les jours passent, et plus le nouveau président qui confond communication, propagande et action politique, démontre que manifestement il n’était absolument pas prêt à assumer cette charge, contrairement à Hollande ou à Sarkozy qui avaient certes une politique des plus critiquable, mais qui, élevés dans le sérail, savaient naviguer au cœur des institutions de la république. J’ai déjà souligné le caractère incertain et hésitant de Macron[1], mais ces derniers jours, il a apporté de nouvelles preuves accablantes de son amateurisme. C’est en réalité assez difficile à comprendre parce que l’assise politique de son parti est étroite et que sa cote de popularité est plutôt faible pour un président fraîchement élu. 

    L’armée contre Macron 

    Le fonds de l’affrontement entre l’armée et Macron vient de la misérable gestion des déficits par le médiocre Darmanin, ministre du budget. Celui-ci a en effet proposé une coupe de 850 millions d’euros dans les dépenses militaires si l’armée voulait continuer à assumer les opérations extérieures. Le chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers a dénoncé un revirement brutal : en effet Macron avait assuré qu’il augmenterait au contraire le budget des armées pour le porter à 2% du PIB[2]. C’est donc le mensonge politicien plus que la philosophie sous-jacente qui est en cause. Le général de Villiers a bien entendu pris la mouche en tant que garant de l’efficacité militaire et l’a fait savoir. Le président a mal pris qu’on remette en question son expertise aussi bien que sa stature de chef des armées. Mais au lieu d’étouffer cette querelle d’épicier, il l’a montée en épingle, en faisant un sujet de communication. Il est rapidement apparu que le chef de l’Etat avait menti. Il a voulu cependant tiré de cet incident une satisfaction, il a fait une phrase bouffonne et la diffusée : 

    « Je considère pour ma part qu'il n'est pas digne d'étaler des débats sur la place publique. J'ai pris des engagements, je suis votre chef. Les engagements que je prends devant les concitoyens, devant les armées, je sais les tenir et je n'ai à cet égard besoin de nulle pression, de nul commentaire. » 

    Evidemment quand on est obligé de rappeler qui est le chef, c’est ceci n’est pas vraiment évident pour celui qui le dit. Mais pour Macron, trop jeune et trop tendre par rapport au général de Villiers, c’était une manière de se rassurer comme il peut. Cette démonstration d’autoritarisme infantile engendre un divorce quasi-total entre Macron et l’armée. Le limogeage de de Villiers risque dans ces conditions d’apparaître comme un aveu de faiblesse, et une attaque inconsidérée contre un des derniers piliers qui restent encore debout de la souveraineté nationale. Il faut dire que les deux nominations au poste de ministre des armées ont été reçues très fraichement par les militaires. D’abord Sylvie Goulard qui n’est restée à ce poste que quelques jours avant de démissionner pour cause de future mise en examen, passait son temps à se revendiquer européenne et ne parlait jamais de la France. Ensuite Florence Parly, ancienne militante du P « S », elle est surtout connue pour avoir pantouflé dans le privé, et donc elle a fait craindre aux militaires un excès de technique managériale dans leurs affaires. Mais elle ne dit rien, c’est à peine si on a remarqué sa silhouette au défilé du 14 juillet. La querelle entre de Villiers et Macron lui passe manifestement au-dessus de la tête. Déjà au moment de sa nomination elle n’était guère appréciée, mais le fait qu’elle n’ait pas défendu le budget des armées face à Damarnin, laissant faire le boulot par de Villiers n’a pas arrangé les choses. Bref, comme dit Le monde qui de temps en temps se pose des questions sur le président qu’il a pourtant soutenu, on se dirige vers une crise majeure 

    L’amateurisme de Monsieur Macron 

    La diplomatie bredouillante de Macron 

    Officiellement Macron affiche un européisme au-dessus de tout soupçon et affirme qu’il marche la main dans la main avec Merkel pour recréer un couple aussi solide que celui de Mitterrand et Kohl en leur temps.  Il a donné une interview assez bouffonne qui va dans ce sens[3]. Le monde considère que Macron mène une « diplomatie créative »[4]. On ne sait pas très bien en quoi, mais notre président serait, pour un très vague plumitif de L’Obs une sorte de nouveau Machiavel[5]. Et pourtant le jeu en triangle que Macron parait mené avec Trump et Merkel, ne convainc pas vraiment. Le premier point est que dans un premier temps Macron s’est opposé symboliquement à Trump, en se flattant d’une poignée de main virile, mais surtout en dénonçant l’immobilisme du président américain sur la question du réchauffement climatique[6]. 

    L’amateurisme de Monsieur Macron 

    C’était au mois de juin. Revirement spectaculaire, le 14 juillet Macron invite Trump en grande pompe pour le défilé, il met en scène un diner entre son couple et celui du président américain. A cette occasion il a tenté de faire oublier la désastreuse promotion de son idée loufoque selon laquelle il y aurait un lien entre terrorisme et réchauffement climatique[7], en avançant que Trump partageait cette idée. Il saute tout de suite aux yeux que pour Macron c’est une façon misérable de détourner la question : quel est le rôle de l’Islam dans le développement du terrorisme ? On doit donc nécessairement se demander pourquoi Macron a invité un président en perdition aux Etats-Unis, alors qu’il est menacé d’une destitution et que sa cote de popularité est au plus bas[8], pour lui offrir une telle promotion ? Il semble qu’à travers ce rapprochement avec Trump, Macron vise à « tordre le bras » de Merkel pour lui faire accepter l’idée que l’Allemagne travaille avec lui à une réforme de l’Union européenne et plus particulièrement de la zone euro, et aussi qu’elle accepte de relancer l’économie européenne languissante en « dépensant plus ». Il y a en effet depuis plusieurs mois une campagne intense contre la logique d’accumulation des excédents commerciaux allemands – on a parlé d’excédents excessifs. Le FMI, l’OCDE, mais aussi Martin Schulz le candidat social-démocrate à la chancellerie[9], tous vont dans le même sens. Macron essaie manifestement de surfer sur cette ligne anti-allemande, renforcée par les annonces sur les profits que l’Allemagne a engrangés sur le compte de la Grèce : le chiffre de plus d’1,3 milliards d’euros a été avancé[10].

    En vérité la position de Macron sur l’Europe risque au contraire de crisper encore un peu plus les Allemands. Contrairement à notre exécutif, Merkel et Schaüble sont très attachés à la souveraineté de leur pays. Or les avancées vers plus d’intégration auxquelles prétend Macron, sont des deux côtés du Rhin des abandons de souveraineté. Une des raisons qui font que Macron n’obtiendra rien de Merkel, c’est qu’il n’a rien à offrir, il n’a ni l’envie, ni le courage pour imposer ses vues en menaçant de sortir de l’Union européenne. Il n’est même pas Tsipras qui déjà n’est pas grand-chose. La seule chose qui pourrait remettre en question l’hégémonie de l’Allemagne, c’est une dissolution de fait de la zone euro. Tant que cette arme n’est pas utilisée, l’Allemagne n’a rien à craindre. 

    Du mauvais usage de la Shoah à des fins publicitaires 

    L’amateurisme de Monsieur Macron 

    Cette diplomatie de Gribouille a été encore plus mise en évidence avec la venue du Premier ministre israélien. Je ne suis pas de ceux qui vont critiquer le fait que Macron prenne langue avec Netanyahu. En effet quel que soit l’avis qu’on a sur ce personnage, une diplomatie digne de ce nom et qui vise à faire avancer la paix, passe nécessairement par des discussions avec les belligérants. Il est donc normal de recevoir le Premier ministre israélien, comme pour moi il était normal de recevoir Arafat en son temps, malgré tout le sang qu’il pouvait avoir sur les mains. Par contre la pompe dans laquelle il a été reçu, et les excès de langage, sont très discutables[11].

    Le comble a été atteint lorsque le jeune Macron y est allé de sa leçon d’histoire, lui qui ne sait rien sur rien, et encore moins sur le reste. Dans son étrange discours, il y a deux fautes majeures. La première est de s’inscrire dans la lignée des discours de repentance, quand ce n’est pas en ce qui concerne la colonisation, c’est en ce qui concerne la Shoah. Cette logique est odieuse, d’abord parce qu’elle fait litière du fait que les nouvelles générations ne peuvent pas être comptables de ce qui s’est passé dans le processus de rafle des Juifs en France. Mais ensuite, elle suppose contre les analyses du général De Gaulle, que Vichy c’était la France. Or le combat de la Résistance fondait sa légitimité justement sur l’idée contraire : Vichy, ce n’est pas la France, c’est juste le gouvernement mis en place sous la tutelle de l’armée d’occupation allemande[12]. Que des Français aient participé à cette ignominie est un fait. Mais si Macron avait été un peu instruit, il aurait su qu’au moment de la Rafle du Vel’d’Hiv, et selon des analyses des autorités allemandes, Vichy n’avait plus d’assise populaire, s’il en a jamais eu. 

    L’amateurisme de Monsieur Macron 

    Rafle des Juifs à Marseille en 1943 

    Disons les choses d’une manière plus claire : si ce sont bien des Français qui ont participé à la rafle des Juifs à Paris comme à Marseille, et si cela est bien un crime, il est évident que cela n’aurait pas pu se faire sans l’approbation des autorités d’occupation, or il n’est pas venu à l’idée du malheureux Macron de mettre en cause l’Allemagne. Il fait comme si la rafle des Juifs et leur déportation n’avait pas de rapport avec la défaite de 1940 et donc avec l’agression de la France par l’Allemagne. Là où se situe l’ignominie macronienne c’est dans ce grand écart qu’il tente de réaliser entre une allégeance prononcée à l’hégémonie de l’Allemagne, et une détestation sans fin de la France. Ce discours honteux de Macron à propos de la Rafle du Vel’d’Hiv doit être rapproché de ce qu’il a dit de la colonisation qu’il a qualifié de « crime contre l’humanité »[13]. Il avait fait cette déclaration un peu légère somme toute lors d’un voyage en Algérie au moment de sa campagne présidentielle. Tout cela donne l’impression d’une détermination sans force : il n’y a pas de ligne claire sur la position de la France sur tous les dossiers internationaux, il y a juste des déclarations intempestives et mal calibrées qui cherchent à se mettre l’interlocuteur dans la poche. Mais il ne semble pas que cela sera suffisant, et si les succès sont inexistants, il est presque certain que les déconvenues seront nombreuses.

     

     


    [1] http://in-girum-imus.blogg.org/macron-l-americain-un-homme-peu-sur-de-lui-a130677760

    [2] http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/07/17/une-crise-majeure-ouverte-entre-macron-et-l-armee_5161378_823448.html

    [3] http://www.lejdd.fr/politique/exclusif-ce-quemmanuel-macron-a-dit-a-donald-trump-3390056

    [4] http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/07/17/la-diplomatie-creative-du-president-macron_5161483_3232.html

    [5] http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20170712.OBS2012/ce-que-macron-doit-a-machiavel-par-patrick-boucheron.html

    [6] http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-nord/macron-n-aurait-pas-du-se-vanter-de-sa-poignee-de-main-virile-avec-trump_1914119.html

    [7] http://www.20minutes.fr/politique/2102423-20170710-rechauffement-climatique-terrorisme-impossible-faire-lien

    [8] http://www.telegraph.co.uk/news/0/donald-trump-latest-approval-rating-impeachment-odds/

    [9] http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/07/16/en-allemagne-les-sociaux-democrates-promettent-que-l-etat-continuera-de-depenser_5161168_3214.html

    [10] https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/030443643863-lallemagne-a-engrange-plus-dun-milliard-de-profits-sur-la-grece-2101705.php

    [11] http://www.sudouest.fr/2017/07/16/un-geste-tres-fort-ce-qu-il-faut-retenir-de-la-rencontre-entre-macron-et-netanyahu-3622092-4803.php

    [12] https://russeurope.hypotheses.org/6148

    [13] http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/02/16/pour-macron-la-colonisation-fut-un-crime-contre-l-humanite_5080621_4854003.html

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  •  La lutte contre le tabagisme : une affaire de bobos

    Surveiller et punir 

    Pour bien comprendre ce qui va suivre, je tiens à préciser que je ne fume pas et que je ne vends pas de tabac. Parmi la kyrielle de mesures annoncées par le lobbyiste Edouard Philippe, il y en a une presque traditionnelle qui consiste à taper sur les fumeurs. C’est le genre de mesure qui ne coûte rien, et qui rapporte beaucoup. Donc le premier ministre annonce que le prix du paquet de cigarettes passera de 7 € à 10 €, soit une surtaxe de 42%. « Le tabac en France entraîne plus de 80 000 décès par an. C’est la première cause de mortalité évitable, et la consommation quotidienne de tabac augmente chez les adolescents. Ne rien faire est exclu », a dit Philippe. Bien entendu, quand on fait de la politique il est important de définir les actions prioritaires, on ne peut pas faire tout en même temps.  Et donc on peut se poser la question de savoir pourquoi une telle mesure est une priorité. Le chiffre de 80 000 décès est sans doute très exagéré, mais peu importe : le tabac est considéré comme le risque de décès prématuré le plus important, devant l’alcool et la pollution atmosphérique. Mais on ne décrète pas la lutte contre l’alcoolisme et encore moins contre la pollution atmosphérique. La lutte contre le tabagisme est un véhicule commode pour faire avancer deux idées : d’abord celle que si vous fumez c’est vous qui choisissez de le faire. Vous êtes donc responsable individuellement contre la société elle-même. Mais comme en fumant vous provoquez des dégâts collatéraux, la société doit lutter contre vous : ces dégâts collatéraux sont de deux ordres, en fumant vous coûtez cher à la Sécurité sociale, et en fumant vous transmettez votre vice à ceux qui vous côtoient. La loi doit vous contraindre en vous interdisant votre passion dans les cafés, les lieux de travail et tous les lieux publics. Des amendes à l’encontre des fumeurs dans les lieux publics, allant jusqu’à 450 €[1], peuvent vous être administrées.

    Pour vous empêcher de nuire, à vous-même et à ceux qui vous fréquentent, il faut limiter votre liberté. En vérité cette deuxième approche est décisive : elle accompagne la fin des libertés individuelles un peu partout, c’est le contrepoint des radars au bord des routes, des parcomètres que vous devez payer quand vous avez le malheur d’user de votre voiture et de vouloir la garer, de toutes les interdictions qui se multiplient sans cesse. Il y a donc un apprentissage de la servitude à travers l’ensemble de ces interdictions. Je crois que nous n’avons jamais atteint un tel niveau de contrôle social dans les conduites humaines. 

    La lutte contre le tabagisme : une affaire de bobos 

    Frapper les pauvres et les chômeurs au portefeuille 

    L’idée est d’abord de faire grimper régulièrement le prix des cigarettes. Le gouvernement veut donc punir ceux qui fument en les frappant au portefeuille. Et ça marche assez bien, en 17 ans, comme le montre le graphique ci-dessous la consommation de cigarettes à diminuer officiellement de 47% environ. Evidemment dans le même temps que les prix du tabac s’envolent, se développent à la fois la vente de cigarettes dans les pays comme le Luxembourg ou Andorre où les taxes sont minorées, la vente des cigarettes dans les Duty free, et enfin la contrebande qui représenterait plus de 10% de la vente officielle de cigarettes[2]. Ce qui veut dire que la hausse des prix du tabac est un succès moins important que ce qu’on en dit.

     La lutte contre le tabagisme : une affaire de bobos 

    Mais cette hausse des prix se fait par le biais des taxes en augmentant les droits à la consommation, ce qui veut dire que quand le gouvernement se présente comme vertueux en défendant la société contre elle-même, il vise aussi – et peut-être avant tout – une hausse des rentrées fiscales. Les taxes sur le tabac rapportent environ 14 milliards d’euros par an. C’est une somme importante dans les périodes de faible croissance quand l’Etat doit trouver toujours plus d’argent pour financer le remboursement de la dette. On peut déjà trouver un intérêt à ne pas fumer à la manière des anarchistes du début du XXème siècle qui soulignaient que de boire c’était apporter de l’argent à l’Etat qui s’en servait pour alimenter la lutte des classes.

     La lutte contre le tabagisme : une affaire de bobos 

    Mais tout impôt n’est pas payé par tout le monde, et évidemment les non-fumeurs sont exonérés de cette taxe. Ils sont récompensés en quelque sorte de leur bonne conduite. Pour ce qui concerne le tabac, les études sont plutôt précises, les fumeurs se sont avant tout les pauvres, les chômeurs et ceux qui n’ont que peu d’instruction[3]. Autrement dit les fumeurs sont d’abord des populations mal intégrées et peu satisfaits de ce qu’ils sont. Et comme il y a une relation évidente entre faible instruction et pauvreté, il vient que les taxes sur le tabac sont d’abord un impôt sur les pauvres[4]. Mieux encore, la consommation de tabac a augmenté entre 2005 et 2010, et pour beaucoup c’est la conséquence de la crise de 2008[5]. Cela ne nous surprendra pas non plus de voir que les chômeurs sont des sur-consommateurs de tabac[6]. La raison en est simple : le tabac est une sorte d’antidépresseur, et les chômeurs ont plus de raisons que les autres de se sentir stressés[7], contrairement à ce que peuvent croire les politiciens qui ne savent pas grand-chose, la situation de chômeur n’est pas une sinécure. Autrement dit les chômeurs sont surtaxés parce qu’ils fument consécutivement à la politique inepte du gouvernement en matière d’emploi ! 

    La moralisation de la vie publique 

    On a intégré comme allant de soi cette répression des fumeurs, que ce soit par les interdictions qui les excluent, ou par les taxes qui les appauvrissent. Les lois sur le tabac et sur l’alcool ont un effet très fort sur le nombre de débits de boisson, ce n’est évidemment pas les seules causes à cette diminution. Il y a aussi le fait que les logements se sont améliorés et l’hygiène aussi, et donc on prend un peu plus soin de son corps. Mais cette moralisation de la vie publique se paye aussi de la disparition des lieux naturels de convivialité et d’échange. Ce qui augmente le contrôle sociale en segmentant les populations, en coupant les individus de leur collectivité. Cette « hygiénisation » de la vie publique se remarque d’ailleurs dans la disparition des bars de quartiers qui sont remplacés, quand ils le sont, par des brasseries et des commerces sans caractère, qui ne sont là que pour vendre des marchandises. 

    La lutte contre le tabagisme : une affaire de bobos

     

    Désigner le fumeur comme l'ennemi prioritaire, ce n'est pas seulement manquer d'idée sur ce qu'il faudrait faire pour améliorer la société, c'est également détourner les populations des questions importantes comme le chômage ou les inégalités sociales.


    [1] https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F160

    [2] http://kpmg.co.uk/creategraphics/2015/06_2015/CRT026736/files/assets/basic-html/index.html#1

    [4] http://piketty.pse.ens.fr/files/DeaGodefroy2003.pdf

    [5] https://www.lesechos.fr/18/10/2010/lesechos.fr/020869923153_sante---la-crise-fait-fumer-les-francais.htm

    [6] http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/rue89-nos-vies-connectees/20101020.RUE9050/tabac-un-chomeur-sur-deux-fume-malgre-les-hausses-de-prix.html

    [7] http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/le-tabac-antidepresseur_492449.html

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  • Le retour du « trou » de la Sécurité Sociale 

    Depuis quelques jours le gouvernement du lobbyiste Philippe qui est issu des dernières et malheureuses élections, communique sur les « trous », le dérapage du budget qui serait de plus de 8 milliards, le trou de la sécurité sociale. Pour le budget général, qui d’ailleurs a été concocté sous la houlette de Macron lorsqu’il était ministre de l’économie, il va de soi que le CICE qui coûte environ 20 milliards d’euros à l’Etat, sans que son utilité soit avérée est pour beaucoup dans ce dérapage. Macron avait vendu le CICE au malheureux Hollande en lui disant que cela relancerait l’emploi et que le chômage baisserait, on sait ce qu’il en a été de cette mesure sournoise[1].

    Les prévisions pour la Sécurité Sociale étaient d'un déficit de 0,4 milliards d'euros à la fin de l’année 2017, il sera peut-être – mais ce n’est pas sûr parce que 2017 n'est pas fini – de 1,6 milliards selon la Commission des Comptes de la Sécurité Sociale[2]. Même si ce chiffre est vrai et important, il faut le ramener au budget global de la Sécurité sociale qui est de 500 milliards environ, soit 0,3%. C'est à dire pas grand-chose, c’est de l’ordre de l’épaisseur du trait : 4 fois le coût de l’inutile congrès de Versailles. L'intention est évidente, alors même que le déficit de la sécurité sociale n'existe quasiment pas, on va proposer des nouvelles mesures de restrictions de remboursement des soins et une augmentation des complémentaires. Qu'Atlantico, journal soutien du sinistre Fillon, lance la charge, n'a rien d'étonnant puisqu'ils sont pour une privatisation juteuse de la sécu[3].

    On va donc jouer de l’antipathie que provoque Marisol Touraine, ses robes, et le gouvernement de Hollande pour faire avancer des idées qui vont dans le sens d’une destruction de la Sécurité sociale. Comme de nombreux citoyens l’ont fait remarquer, le trou de la Sécurité sociale n’existe pas vraiment, il est surtout le résultat d’un laxisme dans la remontée des sommes dues, et au détournement des sommes dédiées vers d’autres objectifs[4]. Egalement l’exécutif Macron-Philippe, nos deux fringants Young Leaders, va certainement se servir de ce prétexte, alors qu’il s’apprête à baisser les cotisations patronales, pour continuer dans le sens d’une privatisation rampante des soins. Les retraités seront encore une fois en première ligne, en effet ce sont eux qui dépensent le plus pour la santé, et donc par le biais des complémentaires santé, on va les surtaxer – la hausse de la CSG sur les retraites étant déjà dans les tuyaux. Le graphique ci-dessous montre que depuis 2012, le déficit de la Sécurité sociale est en voie de disparition, tous ceux qui s’aventurent à dire le contraire sont forcément animé d’intentions louches, il faut s’en méfier. On peut compter cependant sur la lobbyiste Buzyn pour aller dans ce sens, sans compter que les vaccins obligatoires vont sûrement coûter très chers à la Sécurité Sociale. 

    Le retour du « trou » de la Sécurité Sociale  

     


    [1] https://www.challenges.fr/challenges-soir/pourquoi-le-cice-a-manque-sa-cible_429908 et https://www.mediapart.fr/journal/economie/190716/cice-un-cout-exorbitant-sans-creation-d-emploi?onglet=full

    [2] Il suffit de voir la composition de cette CCSS pour comprendre qu’elle n’est pas neutre et qu’elle penche plutôt du côté des intérêts du patronat. http://www.securite-sociale.fr/Membres-de-la-CCSS,259

    [3] http://www.atlantico.fr/decryptage/previsions-marisol-touraine-trou-secu-etaient-trop-optimistes-eric-verhaeghe-3104029.html

    [4] http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-trou-de-la-securite-sociale-est-187245 voir aussi l’ouvrage de Julien Duval, Le mythe du « trou » de la sécurité sociale, Liber-Raisons d’agir, 2006. 

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  •  Macron l’Américain, un homme peu sûr de lui

    Il fut un temps en, en 2007, où Sarkozy se flattait qu’on l’appellât « Sarkozy l’Américain ». Il voulait souligner ainsi son allégeance à George Bush, pensant que cela ferait moderne et lui amènerait de l’estime. Dans la foulée de sa défaite à l’élection de 2012, lui et les siens avaient copié le sigle et le nom du parti conservateur américain, en appelant leur parti Les Républicains, comme s’il s’agissait là d’une simple succursale d’une multinationale puissante et organisée. Cette volonté politique s’est très mal terminée : Sarkozy a été battu par Hollande en 2012, puis il a perdu les primaires contre Fillon et Juppé, et maintenant, comme le temps passe, presque plus personne se souvient qu’il a été président de la République. En 2017, son parti a été laminé par un clone concurrent. Autrement dit Sarkozy a été dépassé par quelqu’un de plus américain que lui ! 

    Un homme peu sûr de lui et sans idée 

    Comme on le sait, Macron qui ressemble de plus en plus à Sarkozy première manière, a pris pour modèle les Etats-Unis. On l’a dit est répété, Macron, comme son premier ministre Philippe a été repéré et formé par la French-American foundation, dans le cadre du programme Young leaders[1]. N’ayant strictement aucune idée personnelle sur aucun sujet politique et économique, il s’en remet bêtement à la feuille de route de Bruxelles dite GOPE 2017 pour son programme. Tout le reste c’est de la publicité et de la communication pour masquer le vide de sa pensée. Mais là encore il fait preuve de peu d’imagination. Par exemple la ridicule photo officielle de Macron président est directement calquée de celle d’Obama. Sauf qu’à la différence d’Obama, le jeune Emmanuel semble plutôt crispé et peu sûr de lui, coincé entre le drapeau français et le drapeau européen. 

    Macron l’Américain, un homme peu sûr de lui 

    Macron est toujours dans l’artifice, mais son guide est comme Sarkozy en son temps, l’Amérique. Ainsi il a mis son couple en images dans la presse people d’une manière aussi vulgaire qu’éhontée, toujours en copiant Obama. Sauf qu’à la différence d’Obama il ne peut pas représenter une famille idéale, il n’a pas d’enfant, et jeune adolescent il a été détourné par Brigitte Trogneux son professeur de théâtre, qui avait 24 ans de plus que lui et trois enfants d’un premier mariage dont l’aîné est plus âgé que Macron lui-même ! Obama lui pouvait mettre en scène son amour de jeunesse qui s’est concrétisé par une famille avec deux enfants. Macron est grand-père avant d’avoir été père[2] ! Une telle situation matrimoniale est sans doute quelque chose de difficile à vivre pour le nouveau président, de perturbant. Et sa volonté de copier Obama, un homme à qui tout semble réussir, en dit long, comme un aveu de faiblesse, sur tout ce qu’il n’est pas. Comme le fait qu’il se place sous la tutelle d’une femme qui pourrait être sa mère signale un manque certain de virilité. Ce qu’il a essayé de compenser en mettant en scène sa poignée de main avec Trump, un autre américain un peu déplafonné, et en la commentant  lui-même ! 

    Macron l’Américain, un homme peu sûr de lui 

    Le fiasco du Congrès de Versailles 

    Toujours dans cette volonté imbécile de singer une Amérique en déclin complet sur tous les plans, voilà Emmanuel Macron qui se met à convoquer le Congrès, c’est-à-dire la réunion des deux chambres, pour lui faire part de sa volonté et de son programme. Le président américain doit prononcer ce discours tous les mois de janvier, mais aux Etats-Unis il n’y a pas de premier ministre. Cette mise en scène a soulevé de nombreuses questions. On en a critiqué le coût qui serait compris entre 200 000 et 600 000 euros[3], mais aussi la mauvaise manière faite à Edouard Philippe. En effet, ce n’est pas la tradition française que ce soit le président qui présente la politique générale du gouvernement. C’est le rôle du premier ministre. Cette façon de court-circuiter le premier ministre revient à cette volonté de s’affirmer comme le chef. Mais évidemment si Macron était vraiment persuadé d’être le chef de l’Etat, il ne se livrerait pas à de telles fantaisies. Cette attitude rappelle une fois de plus Sarkozy qui parlait dédaigneusement de François Fillon comme de son collaborateur[4], on sait comment cela a fini, et pour Sarkozy, et pour Fillon, dans les poubelles de l’histoire. 

    Macron l’Américain, un homme peu sûr de lui 

    Le plus important n’est pourtant pas là, mais dans le fait que le discours creux de Macron devant le Congrès n’a convaincu que les journaux qui soutiennent le président quoi qu’il fasse, et encore. Je rappelle que la cote de popularité de Macron était déjà historiquement basse au lendemain de son élection. Il était en dessous des 50%, ce qu’aucun président de la Vème République n’avait réussi à faire. Il était à 45 % de cote de confiance au milieu du mois de mai, exactement comme Trump juste après son investiture. Depuis la cote de Trump s’est fortement dégradée, et le président américain se retrouve dans une situation inédite que ses prédécesseurs n’ont pas connue : à l’aube de son mandat, il est littéralement haï, il est vrai que la presse américaine est beaucoup plus libre que la presse française et ne se gêne pas pour attaquer frontalement le Caligula de la Maison Blanche. Nous n’en sommes pas encore là, les médias chez nous sont parfaitement contrôlés. 

    Macron l’Américain, un homme peu sûr de lui

    Macron l’Américain, un homme peu sûr de lui

    Cote de popularité de Donald Trump

    Macron l’Américain, un homme peu sûr de lui 

    Revenons au Congrès et à ses suites. Le discours de Macron a été jugé soporifique et ennuyeux par ceux qui ont eu la patience de l’écouter. Mais un certain nombre de députés, dont ceux de la France Insoumise, les communistes, mais aussi certains députés de droite, avait décidé de ne pas se rendre à ce spectacle. Le but de cette convocation du Congrès était en fait de redorer un peu la cote de popularité du président par cette mise en scène coûteuse. C’est complètement raté. La presse n’a pas réagi aussi positivement qu’on le croyait[5]. Mais surtout, et c’est qui est le plus important, Macron avait laissé dans son discours les mauvaises nouvelles être annoncées par Edouard Philippe. Et donc celui-ci s’est livré à un discours de politique générale devant l’Assemblée nationale, tandis que Macron était parti se cacher au fond de l’eau dans un sous-marin, Le Terrible[6], comme s’il cherchait à éviter la colère populaire qui ne tardera pas de se manifester. Macron est un homme d’images et de symboles, mais que dire de cette visite incongrue à un équipage de sous-marin nucléaire ? D’un côté, il se dissimule pendant que Philippe encaisse les coups avec un discours antipathique au possible, et de l’autre Macron tente de prendre la position virile d’un chef de guerre. La photo qu’on a publiée sur cette visite le montre usant d’un périscope pour tenter de comprendre pourquoi les Français ne l’aiment pas, ni lui, ni sa femme et encore moins son premier ministre ! 

    Macron l’Américain, un homme peu sûr de lui 

    Car la révélation de cet épisode est bien que les Français n’aiment ni Philippe, ni Macron, et qu’ils s’en méfient comme de la peste. Seulement un Français sur quatre approuve Philippe et Macron, ce qui correspond à peu près au pourcentage de ceux qui ont voté Macron au premier tour des présidentielles[7]. Le moins qu’on puisse dire est que Macron, Philippe et leur majorité pléthorique à l’Assemblée n’ont pas réussis à convaincre au-delà de leur étroite base électorale. Il est possible aussi que les réformes institutionnelles que Macron veut imposer – y compris par référendum[8] – ne plaisent pas beaucoup : entre autres choses il voudrait qu’il y ait moins de députés de façon à ce qu’on les paye mieux – une nouvelle variante imbécile du « travailler plus pour gagner plus », ou encore une introduction intempestive des méthodes de management au cœur de l’Assemblée nationale. Cette analyse est confirmée par un sondage paru le 7 juillet dans Le Figaro. 

    Macron l’Américain, un homme peu sûr de lui 

    Les mesures impopulaires qui vont être votées rapidement – des mesures à la grecque – vont faire rapidement le reste, les retraités sont dans la ligne de mire, les salariés aussi. Macron va sans doute être d’ici à la fin de l’année plus impopulaire encore que Hollande à la fin de son mandat ! On sent déjà le trouble chez certains journalistes qui ont maintenant un peu honte d’avoir soutenu Macron avec autant d’arrogance et de bassesse. Castaner a d’ailleurs demandé clairement à ce que la presse ne s’occupe pas trop des turpitudes de Pénicaud la ministre du travail qui se trouve affaiblie par les enquêtes ouvertes à son encontre, alors qu’elle est chargée de faire le sale boulot pour détruire un peu plus le droit du travail. 

    Conclusion 

    La morale de cette histoire qui s’écrit aussi vite qu’elle s’oublie, est que la maîtrise de la presse et des moyens de communication ne suffit pas. Leur faire trop confiance c’est prendre vraiment les Français pour des imbéciles. Macron et Philippe payeront rapidement leur mépris. Quoi qu’on en pense, les Français attendent des résultats tangibles en matière de croissance, d’emploi et de salaire.

     


    [1] http://in-girum-imus.blogg.org/les-nouveaux-chemins-de-l-ascension-politique-les-think-tanks-le-cas-v-a130542960 Voir aussi l’édifiant article publié sur le blog d’yvster https://blogs.mediapart.fr/yvster14/blog/100317/macron-est-il-un-agent-des-usa

    [2] http://www.lci.fr/elections/election-emmanuel-macron-president-parents-enfant-mari-beau-pere-et-grand-pere-a-39-ans-2051364.html

    [3] http://www.capital.fr/economie-politique/congres-de-versailles-combien-va-t-il-couter-1235346

    [4] http://www.lefigaro.fr/politique/2007/08/23/01002-20070823ARTFIG90230-pour_le_chef_de_l_etat_fillon_est_un_collaborateur.php

    [5] http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/07/04/le-discours-d-emmanuel-macron-devant-le-congres-ne-convainc-pas-la-presse_5155090_823448.html

    [6] http://www.rtl.fr/actu/politique/discours-d-edouard-philippe-emmanuel-macron-etait-sous-l-eau-7789219902

    [7] http://www.lexpress.fr/actualite/politique/discours-de-macron-et-philippe-les-francais-pas-convaincus-selon-un-sondage_1924423.html

    [8] Si Macron ressemble par beaucoup de côtés à Sarkozy, il ressemble aussi un peu à Renzi le vibrionnant premier ministre italien qui a été débarqué à l’issu d’un référendum sur les institutions perdu. Il pourrait arriver la même aventure à Macron. 

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