• Quelques raisons supplémentaires de sortir de l’Europe

    Quelques raisons supplémentaires de sortir de l’Europe 

    Depuis que Tsipras a consommé la trahison de ses électeurs – aussi bien ceux qui ont voté pour lui en janvier, que ceux qui ont voté « non » par référendum, de nouvelles raisons apparaissent de sortir de l’Europe. 

    Le plan B de Varoufakis 

     

    Quelques raisons supplémentaires de sortir de l’Europe 

    Le plan B de Varoufakis était là pour empêcher le pillage de la Grèce par la cellule de privatisation dirigée maintenant par Schaüble. Il montre deux choses : d’une part que les institutions européennes ont violé leurs propres traités pour étrangler la Grèce financièrement, et d’autre part qu’on ne peut à la fois satisfaire le peuple qui nous a élu – qu’on s’appelle Tsipras ou Hollande – et la dictature économique européenne.

    La preuve étant faite qu’on ne peut changer l’Europe de l’intérieur, il faut maintenant passer à autre chose. C’est quelque chose de compliqué pour les gens de gauche qui ont toujours pensé – à tort – que l’internationalisme était identique à la dissolution des nations dans des structures supra-nationales. Sans comprendre que celles-ci étaient d’abord faites pour se passer de la démocratie, ou encore de la remplacer par les lois du marché. Le PCF est l’exemple même de cet aveuglement. Son revirement européiste de 1983 – suivant en cela le PS – l’empêche de voir qu’à gauche en Grèce, à commencer par le KKE, de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer que la Grèce sorte de l’euro. Or la sortie de l’euro et de l’Union européenne par suite est la seule chose qui pouvait empêcher le pillage organisé de la Grèce par les multinationales. Cet erreur stratégique se double d’une erreur tactique car c’est bien cet alignement européiste et l’idée loufoque selon laquelle on peut changer l’Europe de l’intérieur (la preuve du contraire vient d’être administrée de belle façon) qui explique que le PCF est aujourd’hui réduit à l’état de groupuscule sans importance et sans poids sur l’évolution politique.

    Le plan B de Varoufakis est très crédible. C’est une leçon que les prochains pays qui voudront aller un peu plus loin que des bombements de torse, doivent retenir. La première idée est que la souveraineté du peuple ne se négocie pas, et surtout pas avec l’Allemagne !

    Les précautions à prendre sont les suivantes :

    - préparer en secret le passage à une monnaie nationale, car les institutions bancaires sont infestés de trolls de la finance internationale ;

    - nationaliser d’un coup la banque centrale, et s’il le faut les banques de second rang et d’imposer une nouvelle monnaie nationale ;

    - de répudier évidemment la dette illégitime.

    Le monde qui devient une sorte de Pravda de Bruxelles qualifie le plan de Varoufakis de rocambolesque histoire de le discréditer. Je rappelle ici que le journal dont Le monde est issu s’appelait Le temps et qu’il se saborda en 1942 pour ne pas avoir a continué à faire la courte-échelle à la propagande allemande. Le monde devrait en faire autant. Les répugnants intitulés des articles sur la Grèce datant du 29 juillet 2015 en disent long sur la manière de ramper quand on est journaliste au Monde.

    Quelques raisons supplémentaires de sortir de l’Europe

    Quelques raisons supplémentaires de sortir de l’Europe  

    Les conséquences de ce plan B sont assez faciles à prévoir : outre un redémarrage de l’économie grecque, il ramènerait assez facilement l’équilibre de la balance commerciale de ce pays. Le P«C»F ne l’entend pas de cette oreille, et comme il a intégré le discours dominant de l’économie libérale, il pense qu’une dévaluation de la drachme équivaudrait à une perte analogue du pouvoir d’achat pour les Grecs. Ce raisonnement est plutôt débile. En effet même si la drachme nouvelle était dévaluée de 40% par rapport à l’euro, la perte du pouvoir d’achat des Grecs ne se réaliserait que sur les produits importés. Et en effet une dévaluation de la monnaie nationale est effectivement mauvaise pour les consommateurs. Mais la rhétorique libérale qui nous bassine depuis des années et des années avec l’avantage pour les consommateurs de prix bas fait semblant de croire que les consommateurs ne sont pas aussi autre chose que des consommateurs : ce sont tout aussi bien des travailleurs et qu’importe si les prix sont bas quand on n’a pas de travail. Le plus étrange est que le P«C»F soit disant d’inspiration marxiste s’appuie sur ce type d’imbécilité pour défendre le maintien dans l’euro. On ajoutera que pauvre pour pauvre il est évident qu’il est bien meilleur de ne pas dépendre de l’Allemagne pour manger. 

    La crise de l’agriculture européenne

     

     Quelques raisons supplémentaires de sortir de l’Europe

    La crise de l’agriculture européenne et plus particulièrement en France montre comment les effets pervers de l’Union européenne menace de détruire ce qui fait le substrat de la culture nationale. En effet l’Union européenne a accéléré sous les yeux émus des députés écologistes[1] la concurrence libre et non faussée dans le secteur agro-alimentaire. Le but est de faire chuter les prix – toujours pour les consommateurs – mais aussi de faciliter l’émergence d’une agriculture industrielle concentrée.

    Cette politique a trois effets négatifs :

    - d’abord une augmentation des quantités produites pour compenser la baisse des prix. Conduit naturellement à une dégradation de la qualité que tout le monde peut constater sur les marchés. Cette augmentation des quantités engendre de plus un gaspillage éhonté.

      Quelques raisons supplémentaires de sortir de l’Europe

    - ensuite cela donne le pouvoir de fait aux enseignes de la grande distribution qui fixent les prix et les marges ruinant les petits agriculteurs, amenant le gouvernement à prendre des mesures qui sont forcément un coût supplémentaire pour les contribuables.

    - enfin cela abouti à la destruction des spécificités agricoles des régions, en France et ailleurs. La conséquence en est l’accélération de la division du travail en Europe qui indique que l’Espagne sera le producteur à terme des primeurs, et l’Allemagne la dépositaire de la filière laitière. En France les agriculteurs qui restent seront soit de très grosses entreprises industrielles – voir la ferme des mille vaches – soit les gardiens du paysage et renforcera sa position uniquement dans le secteur touristique, avec tout ce que cela signifie en termes de domesticité et de pollution.

    Sortir de l’Europe et en renforçant le contrôle aux frontières du point de vue de la qualité – l’anti TAFTA quoi - aurait au moins trois effets positifs :

    - d’abord d’améliorer clairement la qualité de l’alimentation et par conséquent permettrait de défendre la cuisine française un des éléments clés de l’identité nationale. Je sais bien que la gauche, même celle qui aime bien manger rechigne à discuter de ce genre d’idée ;

    - ensuite créer des emplois en quantité. Le passage à une production agricole labélisée biologique devrait permettre de créer au moins deux millions d’emplois ;

    - enfin d’améliorer la balance commerciale française qui au fil de l’intégration européenne s’est fortement dégradée dans le secteur agro-alimentaire.

    La crise récente des petits agriculteurs qui se sont manifestés violemment, a aussi démontré la collusion qu’il y avait entre la logique européiste et le syndicat FNSEA dont le président Xavier Beulin qui aime à se donner des airs de chef d’entreprise, est aussi le président de grosses sociétés ancrées dans le développement des oléagineux et des agro-carburants. Il n’a évidemment rien à voir avec des paysans soucieux de la protection de la terre et à la recherche de la qualité. Il est seulement une sorte d’écran de fumée entre la colère des paysans et le gouvernement dont il a l’oreille quelle que soit sa couleur politique. Mais il n’est pas nouveau que ce sont les gros agriculteurs de la FNSEA qui profitent le plus des subventions et des aides induites par la PAC. Car il faut le répéter la PAC a été un instrument de destruction massive de l’agriculture locale, de la production des terroirs parce que l’aide a été distribuée non pas en fonction des besoins des paysans et de la qualité, mais en fonction de la taille de l’entreprise. Rappelons que Xavier Beulin exploite 500 hectares de terre agricole.

      Quelques raisons supplémentaires de sortir de l’Europe

    Evidemment une telle reprise en main de la filière agricole passerait par une mise au pas des grandes surfaces par exemple en en diminuant la taille maximale, et en réorganisant des circuits de distribution moins coûteux pour les producteurs et pour les consommateurs. En attendant et même si c’est difficile on peut toujours boycotter les enseignes de la grande distribution et s’intéresser même si ce n’est pas facile aux circuits plus courts qui favorisent les productions locales.

    Il est vrai également que les paysans ont cette image d’une profession quasiment subventionnée par l’Etat, protégée, une image de réactionnaires notoires votant pour le FN, et que la gauche par tradition ne s’intéresse guère à eux. C’est aussi à nous de changer notre regard sur cette profession. Même si les paysans ont de lourdes responsabilités en n’ayant que tardivement et timidement amorcé le virage vers une agriculture biologique moins polluante et plus respectueuse de environnement. 

    Liens 

    http://russeurope.hypotheses.org/4155

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/07/28/l-etrange-plan-de-varoufakis-pour-sauver-la-grece_4701958_3214.html

    http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/07/28/que-reprochent-ses-detracteurs-au-patron-de-la-fnsea_4702196_4355770.html


    [1] Les députés écologistes en France comme à Bruxelles défendent l’Union européenne alors même que celle-ci s’applique à détruire l’environnement et à signer TAFTA qui va faire des ravages. 

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 29 Juillet 2015 à 11:30

    Comme j'ai des problèmes avec Gmail qui me bloque mes messages, je réponds ici directement à José

    Contrairement à ce qu'on pense, il y a de plus en plus de gens à gauche qui pensent qu'on doit sortir de l'Europe, en dehors de ceux que tu as cité, il y a aussi Aurélien Bernier et Jacques Sapir. Je suis évidemment d'accord avec le M'PEP et Lordon au moins sur le fonds. Je développe ces idées depuis 2005 dans mes écrits et les rares fois où je me suis déplacé pour voter, c'était contre l'Europe. Sapir y est venu plus tard, et jusqu'à récemment il pensait qu'on pouvait réformer l'UE en imposant une monnaie commune à côté des monnaies nationales. Il est revenu de cette idée.

    Le problème c'est que les partis de gauche ne comprennent même pas que la rupture avec l'opinion vient de leur attitude mi-chèvre, mi-chou sur l'Europe. C'est ce qui fait que Mélenchon ce soit fait doubler par MLP. Le PCF est complètement à la ramasse et va finir comme un groupuscule type NPA. 
    Ceci dit l'opinion pourrait basculer très vite. Les sondages montrent clairement que tout le monde en a marre de l'Europe... sauf en Allemagne. Tsipras - on ne sait trop pourquoi, mais peut-être s'est il fait acheter - avait le peuple derrière lui pour sortir de l'euro. 
    Oui la confédération paysanne a fait du bon travail. 
    Pour le reste savoir s'il y aura une révolution ou non, c'est très difficile à dire. Trois scénarios peuvent émerger : 1. de nouveaux partis un peu plus couillus que Syriza peuvent se développer en Europe 2. une sorte de long statu quo avec un effritement progressif de l'économie et du social 3. Des mouvements violents style Mai 68 en moins joyeux qui obligent à la réforme ici et là. Je crois guère au second parce que l'économie ne tourne pas rond, la croissance est faible, le chômage élevé et les bourses comme les banques sont mal en point. Le scénario 1 ne me semble pas trop possible, mais il a plus de chance tout de même, peut-être en Italie, en Espagne je ne crois pas que Podemos tire les leçons du fiasco de Tsipras. dans les 2 ans qui viennent, je crois que c'est le 3ème scénario qui reste le plus probable, mais qui pourrait nous entraîner tout de même vers des guerres civiles et déboucher pour un temps plus long sur des formes fascistes de gouvernement. 
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