• Quand Sarkozy parle de François Fillon… ça décoiffe !

     Quand Sarkozy parle de François Fillon… ça décoiffe !

    Nous savons évidemment que la droite présente à l’heure actuelle une unité de façade, et si Sarkozy a rallié la candidature de Fillon entre les deux tours des primaires, il va de soi qu’il ne participera guère à sa campagne. On se souvient que du temps qu’il était président il avait traité son premier ministre de collaborateur, sans doute pour le rabaisser au rang d’employé, mais aussi peut-être parce que son inconscient avait parlé et qu’il trouvait quelque proximité politique entre Fillon et le maréchal Pétain. Il est d’ailleurs assez curieux que certains soutiens et admirateurs de Sarkozy aient reporté aussi rapidement leur tendance béate à la soumission vers son ancien employé.

    Henri Guaino, un ancien proche de Sarkozy a d’ailleurs déjà commencé à critiquer le programme de François Fillon comme étant un programme de classe, visant uniquement à défendre les intérêts des nantis[1]. On sait qu’il brûle de se présenter et que le succès de Fillon risque d’attiser son appétit. Certes il ne réussirait sans doute pas à passer le premier tour, mais il pourrait par contre empêcher Fillon d’y accéder, ce qui serait aussi le but de François Bayrou.

     Quand Sarkozy parle de François Fillon… ça décoiffe !  

    Je rapporte ci-dessous deux passages où Nicolas Sarkozy fait part de toute sa hargne à l’endroit de Fillon qu’il décrit comme un petit magouilleur sans foi ni loi. Ils sont extraits du livre de Patrick Buisson, La cause du peuple paru cet automne à la Librairie Perrin.

     

    « A sa décharge, la vérité oblige à dire que François Fillon mena dans les deux dernières années du quinquennat un jeu particulièrement pervers dont l’objectif, à peine dissimulé, était de mettre le président en difficulté sur un terrain médiatiquement mouvant et électoralement sensible. Il y eut d’abord l’inauguration par le Premier ministre de la mosquée Al-Ihsan à Argenteuil, le 28 juin 2010. Depuis que le président Gaston Doumergue avait inauguré la Grande Mosquée de Paris, le 16 juillet 1926, aucun représentant de l’Etat ne s’était avisé de reproduire un tel geste. Pourtant réputé pour sa prudence, François Fillon, qui s’était surtout jusque-là affiché en tant que familier de l’abbaye bénédictine de Solesmes chère à son cœur d’élu de la Sarthe, se fendit pour la circonstance d’un éloge de l’islam de France, « un islam de paix et de dialogue […] où l’on vit sa foi dans le respect des principes de la République », qui lui valut d’être salué par les applaudissements et les youyous de l’assistance. La gauche se félicita à haute voix d’une initiative qui, bien qu’isolée, avait selon elle le mérite de donner des gages aux Français musulmans blessés par les « dérapages islamophobes » du débat sur l’identité nationale.

    — Pauvre type, minable… Tant qu’il y est, il n’a qu’à venir mercredi au Conseil des ministres en babouches et avec un tapis de prière ! Le président ne décoléra pas pendant deux jours. »

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    « Le 27 avril fut un vendredi noir. Ce fut ce jour-là que Nicolas Sarkozy acheva de basculer dans la logique qui devait sceller sa perte, vérifiant à ses dépens la terrible sentence hégélienne selon laquelle « l’histoire est un abattoir ». En quelques lignes dans un entretien au quotidien économique Les Echos, François Fillon, se défroquant de sa cautèle habituelle, venait de s’employer à saper l’entreprise de récupération de l’électorat frontiste par le candidat qu’il était censé soutenir. En toute perfidie. Une conscience intransigeante l’avait poussé à expliquer qu’il ne pouvait y avoir « le moindre accord entre le FN et la droite » en raison d’une « incompatibilité de valeurs ». Les mots avaient été choisis pour leur pouvoir de répulsion auprès de l’électorat-cible. Leur effet, en tout cas, fut immédiat chez le candidat Sarkozy qui, livide, avait peine à contenir les sentiments tumultueux qui l’animaient :

    — Qu’est-ce qu’il raconte, Fillon ? Bien sûr que nous avons des valeurs communes avec le Front national ! »

     Quand Sarkozy parle de François Fillon… ça décoiffe ! 

    Sarkozy n’avait aussi pas encaissé la trahison de Fillon qui était allé voir Jouyet pour que celui-ci pousse à accélérer ses mises en examen[2]. Fillon est donc un personnage ondoyant, sans conviction aucune. Il a misé gros sur sa campagne contre l’islam, mais cela ne fera pas oublier qu’il fut aussi celui qui se félicitait de la multiplication des mosquées en France, et qui encouragea par ses visites impromptues le communautarisme. Si bien évidemment Fillon défend les intérêts des classes riches, comme Sarkozy ou sans doute comme l’aurait fait Juppé, il le fait à la manière des Américains. Ce n’est pas un hasard si sa candidature a plu à Edouard Balladur qui était le fossoyeur de ce qu’il restait encore de gaullisme à droite. Fillon ne défend pas la France et sa spécificité, il défend l’américanisation de la France, aussi bien dans les formes répressives face aux syndicats et aux pauvres, que dans l’encouragement du communautarisme. C’est d’ailleurs parce qu’il est un tenant du communautarisme qu’il a récupéré le soutien des catholiques intégristes de la manif pour tous.

     Quand Sarkozy parle de François Fillon… ça décoiffe ! 

     

     


    [1] http://www.bfmtv.com/politique/pour-henri-guaino-francois-fillon-incarne-une-droite-qui-n-a-aucune-humanite-1064418.html

    [2] http://www.lexpress.fr/actualite/politique/l-affaire-fillon-jouyet-sarkozy_1620338.html

    « François Fillon : la guerre sociale est déclaréeL’affairiste François Fillon, son incompétence et ses futures casseroles »
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