• Pourquoi le CETA est un très grave danger

    Pourquoi le CETA est un très grave danger

    Si on devait se souvenir à quel point Macron est un menteur et un apologue du double langage, il suffirait de voir comment il s’y prend pour faire ratifier le CETA, et même il souligne qu’il est pressé. Nicolas Hulot, l’éphémère ministre de l’écologie des macroniens souligne qu’il serait catastrophique de signer ce traité qui est déjà en vigueur cependant[1]. Il demande donc aux députés de ne pas trahir les intérêts français mais aussi ceux de la lutte pour une amélioration de l’environnement. Le cuistre qui squatte l’Elysée lui répond à sa manière en lui disant qu’il aurait dû le dire avant, et que de toute façon cet accord va dans le bon sens[2]. Quand Macron parle de bon sens, il faut se méfier. On ne sait pas comment il définit le bon sens. Certainement le CETA va dans le sens des intérêts des multinationales et de la forme industrielle de l’agriculture. Mais on sait que Macron est le pire menteur que la France ait produit dans la classe politique. En effet, avec le CETA, le Canada va pouvoir exporter chez nous de la viande pourrie, produites à partir de farines animales, à l’aide d’antibiotiques, etc. Evidemment faire venir des bêtes du Canada ça coûte très cher, en transport, et en pollution notamment, et donc pour que ce soit rentable il faut vraiment produire à un coût minimum. Il ne fait aucun doute que la canaille LREM va ratifier ce traité pourri. Ils vont avancer que c’est bon pour l’emploi et pour la croissance. Même des économistes très bien intentionnés n’arrivent pas à démontrer un gain évident pour la France[3]. Ils étaient pourtant payés pour ça. Lionel Fontagné avançait que le gain pour les 15 ans à venir serait de 10 € par Français[4] ! Le gain serait de 4 centimes par an et par Français ! Autant dire rien, étant donné les sources potentielles d’erreur statistiques, ça ne compte pas. Comme pour tous les traités de libre-échange, on promet la croissance et l’emploi, et au final on a la perte d’activité et le chômage. On l’a vérifié avec l’ALENA, ou encore le TAFTA, on prétendait à chaque fois que ça créerait des millions d’emplois, et au final cela n’a pas été le cas pour l’ALENA, on parle même d’un effet négatif sur l’emploi aux Etats-Unis et au Mexique, mais pour le TAFTA on a dû réviser les calculs et on est retombé sur des chiffres dérisoires en matière de croissance et d’emplois.  

    Pourquoi le CETA est un très grave danger

    Il ne fait aucun doute que la canaille LREM va ratifier ce traité pourri, alors même que les deux tiers des Français y sont hostiles. Alors même que les bénéfices monétaires d’un tel accord sont très incertains, et que les Français comme les Européens y sont opposés, la canaille macronienne va le ratifier. Pourquoi ? Pour se faire haïr encore un peu plus ? Je passe sur les annexes de ce traité, notamment les tribunaux privés, qui vont permettre aux multinationales de faire des procès à tout va aux Etats qui ne respecteraient pas leur propre lecture du traité. Comme on le voit, le but est de ligoter les Etats et de les forcer à se soumettre aux lois du marché. Evidemment ce traité à cependant un sens économique : il s’agit de concentrer un peu plus le capital et d’unifier le monde en détruisant les cultures nationales spécifiques. Il est favorable aux multinationales, et d’ailleurs ce sont elles qui travaillent en sous-main à sa promotion. C’est la rançon de la corruption des « élites ». Cet accord révèle également le divorce pratiquement consommé entre le peuple et les « élites » qui sont sensées le représenter, et donc démontre que l’idée de démocratie dans les pays économiques avancés n’est qu’un leurre. 

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    Si je regarde du point de vue de l’agriculture, c’est une machine de guerre pour détruire la nôtre. On voit que le traité est déséquilibré parce que la France a des exigences plus strictes pour sa production. Que ce soit dans le cadre du CETA ou de l’accord avec le Mercosur[5], alors même que la France et l’Europe produisent déjà des excédents, on voit qu’on remplacera des productions d’une qualité déjà insuffisante par une qualité pire encore. Autrement dit, alors que les consommateurs réclament plus de contrôles sur les produits agricoles et sur la viande, on va se débrouiller pour introduire des produits qui en acceptent encore moins ! Si les « Européens » – en fait les multinationales qui parlent pour eux – acceptent ce déséquilibre c’est parce que ces multinationales espèrent augmenter leur chiffre d’affaire au Canada. Le libre-échange n’a jamais favorisé la croissance et l’emploi[6]. La raison en est simple, c’est qu’en élargissant la taille du marché, la concurrence élimine les petites entreprises les moins rentables et concentre le capital en spécialisant les territoires. Il n’y a jamais eu de preuve statistique d’une relation entre libre échange et croissance. C’est même l’inverse comme le montrait Paul Bairoch[7]. La concurrence a pour but de mettre au rebut le capital et le travail en surnombre, et donc sa tendance naturelle est d’amener le monopole. Ce n’est pas un hasard s’il y a une relation négative entre croissance économique et ouverture aux échanges. Et donc ce n’est pas pour rien que plus l’Union européenne s’intègre et plus la croissance est faible et plus le chômage a tendance à augmenter, même si certains pays s’en tirent mieux que d’autres – car lorsqu’ils s’en tirent bien comme l’Allemagne, c’est d’abord au détriment des pays voisins. Au-delà de la spécificité du CETA, ce sont bien les accords de libre-échange qui sont en question. La logique erronée de ces accords suppose que le libre-échange permet de recycler le capital et le travail en permanence, et donc que c’est cela qui accélère la croissance et qui finalement donne des emplois. C’est la bête théorie de l’offre. Cette théorie était déjà erronée au début du XIXème siècle. Elle l’est encore plus aujourd’hui, au moment où se pose la question de la poursuite de la croissance et où la robotisation accélère les déqualifications. La période de forte croissance et de relatif plein emploi qu’on a appelé les Trente glorieuses, s’est réalisée dans une situation de relative fermeture des frontières. Antérieurement, la France connut une forte croissance successivement à la loi Méline qui visaient d’ailleurs à protéger d’abord l’agriculture.   

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    Relation négative entre ouverture aux échanges et croissance dans les pays développés sur la longue durée 

    Pour en revenir au CETA, on notera qu’au moment où les députés sont invités, pressés par Macron, de le ratifier, l’Assemblée nationale invite Greta Thunberg à faire un discours devant la représentation nationale. Ces deux événements se passent le 23 juillet 2019. On voit bien à quoi sert la jeune suédoise qui fut naguère déjà invitée à Davos, à compenser les reculs bien réels sur la question environnementale par des éléments de langage destinés à culpabiliser les consommateurs. Ce n’est pas qu’une jeune fille de 16 ans s’empare du sujet qui me choque, mais plutôt qu’on fasse comme si les députés ne savaient pas ce qu’ils faisaient et avaient besoin de leçon. C’est le « en même temps » du sournois Macron. D’un côté des actes forts qui traduisent son mépris pour les écologistes, les paysans et les Français en général, et de l’autre des paroles lénifiantes destinées à nous faire oublier que le plus important n’est pas de mieux trier sa poubelle ou faire attention à ses dépenses d’électricité, mais de mettre un terme aux accords de libre-échange et de retrouver un contrôle du peuple sur sa destinée. On présente le CETA comme un accord négatif pour la France. C’est exact, cependant, ce n’est qu’un traité, et comme tous les traités ils peuvent être remis en question. Tout va dépendre du rapport de forces. Déjà les paysans sont très mécontents. Ils n’avaient pas du tout confiance en Macron, à juste titre. Que se passera-t-il demain ? Probablement une nouvelle crise de la paysannerie française. Cette colère va sans doute alimenter celle des gilets jaunes, mais aussi mettre en difficulté les députés macroniens dans leur fief. C’est un pas de plus en faveur d’une sortie de l’Union européenne qui négocie des accords pourris parce qu’elle est complètement corrompue. Notez que la France fut jadis une grande puissance agricole, c’était déjà le cas au XVIIème siècle, et longtemps ce secteur assurait l’équilibre de la balance commerciale. Les économistes de l’époque insistaient sur l’idée selon laquelle l’autonomie et la souveraineté d’une nation reposait sur sa capacité à satisfaire les besoins les plus élémentaires de la population[8]. Ce n‘est plus le cas[9]. Dans le progressisme de Macron, il y a aussi une haine féroce à l’encontre des paysans. Cette haine se confond d’ailleurs avec la haine de la nation, et un goût prononcé pour l’abstraction du capitalisme financier. Or dans les années qui viennent, la question de la nourriture sera essentielle. Massacrer la paysannerie qui reste, c’est livrer la nation aux lois du marché pour sa survie alimentaire. 

    Pourquoi le CETA est un très grave danger

    Pour ce qui est du vote proprement dit, les députés LREM ont voté la ratification du CETA[10]. Il y a eu de nombreuses défections dans le camp de la majorité, parce qu’ils sont aussi très lâches et que dans les régions rurales ils craignent les paysans dont la violence risque d’être d’une autre nature que celle des gilets jaunes. 52 députés LREM se sont abstenus, et 9 députés macroniens ont même voté contre. Mais à l’heure où on réclame du bio, du naturel, de l’authentique, le blanc-seing qu’on a donné aux produits pourris qui auront voyagé par-delà l’Atlantique va certainement être mal vécu aussi par les consommateurs qui contrairement à ce que dit Sibeth Ndiaye ne mange pas que des kébabs !  cette imposture doit être une nouvelle occasion de manifester notre opposition à ce régime de lobbyistes. On pourrait dire que Macron en effet accélère, toutes les saloperies possibles et imaginables contre le peuple, il les fait. Il attend inconsciemment qu’on le punisse, faisons-le ! Chassons-le du pouvoir ! Donnons des coups de pieds au cul des syndicats et des partis soi-disant d’opposition pour qu’ils se bougent et fassent de la rentrée de septembre un enfer pour cette soi-disant « élite ».



    [3] Cecilia Bellora, Jean Fouré et Lionel Fontagné, Évaluation macro-économique des impacts de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne 12 juin 2019, CEPII

    [7] Economy and world history: myths and paradox, University of Chicago Press, 1993.

    [8] Toute l’œuvre de Boisguillebert est marquée de ce soucis, mais plus tard ce sera aussi l’idée maitresse des Physiocrates.

    « Signons et faisons signer pour le RIP contre la privatisation d’ADPActe XXXVII, les gilets jaunes ne sont pas en vacances, et moi non plus »
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