• Paris-brûle-t-il ? La guerre civile est commencée

     Paris-brûle-t-il ? La guerre civile est commencée

    L’entêtement imbécile et criminel de Macron et de sa bande est rn train d’engendrer un chaos sans précédent. Ce sont des scènes de guerre civile qu’on n’avait pas revues depuis longtemps qui se sont déroulées le 1er décembre dans Paris. Voitures incendiées, barricades, harcèlement des forces de l’ordre qui durent des heures, brutalités policières, des magasins pillés. Il serait erroné de regarder cette journée comme simplement l’intrusion de casseurs. Quel que soit l’avis qu’on ait sur ces débordements, ils signifient beaucoup de choses. Edouard Philippe s’est dit choqué. Il se moque de nous. Tout le monde savait que le 1er décembre serait une journée à risques. Or on voit d’abord une défaillance radicale des services de police. Alors que Castaner disait que peu de monde était réuni sur les Champs Elysées, 5500 selon lui, les troupes, officiellement 4600 gendarmes mobiles et CRS, massivement déployées dans le secteur n’ont pas su juguler les débordements. Toujours selon le ministre de l'intérieur, sur les 5500 manifestants il y aurait eu 1500 casseurs. Ce qui veut dire que 4600 policiers très équipés n'arrivent pas rapidement à contre 1500 casseurs. Castaner est un menteur, ses chiffres ne veulent rien dire. De nombreux magasins ont été pillés, quelques-uns, brûlés. Soit comme le dit Marine Le Pen le gouvernement tente un coup de poker en jouant le pourrissement et en espérant de remonter les Français contre les gilets jaunes et à ne plus soutenir ce mouvement, ce que pour ma part je ne crois pas, soit Castaner et toute la chaîne de commandement derrière vient de révéler toute l’étendue de son incompétence. Je penche pour cette deuxième explication. Car il faut bien en convenir Macron n’est là que depuis 18 mois, et tout fout le camp, plus rien ne marche, tout se déglingue. L’économie est en berne la consommation plonge, et ce ne sont pas les derniers événements parisiens qui vont faire remonter le chiffre d’affaires des commerçants des Champs Elysées ! Le coût global des manifestations anti-Macron qui en fait ont commencé avec la loi 18ème loi sur le travail puis la réforme des chemins de fer, n’ont jamais été cessé. Les infirmières, les étudiants – que je trouve un peu mou du genou en ce moment – et bien d’autres. Les forces de l’ordre ont beaucoup de travail et semble de plus en plus perdre leur sang-froid. La presse étrangère soulignait d’ailleurs l’incompétence des autorités dans la gestion de cette journée que tout le monde savait à haut risque.

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    Avenue Kléber les voitures brûlent 

    Ce gouvernement est incapable dans tous les sens du terme, Edouard Philippe est incapable même de réunir trois gilets jaunes pour dialoguer, voire même de faire semblant de dialoguer. Ces ministres n’ont manifestement aucun sens de l’Etat. Gouvernement d’amateurs dans le mauvais sens du terme, on se rend compte de la catastrophe que cela fut que d’élire Macron. Au-delà même de la politique proprement dite qui est menée, il y a clairement une incompréhension de ce qu’est un Etat et comment il doit être géré. Nous sommes déjà à trois semaines du mouvement des gilets jaunes, rien n’a été fait pour apaiser la colère populaire. En Mai 68 Pompidou avait fait des gestes d’ouverture au bout de 10 jours en rouvrant la Sorbonne par exemple. Certes Macron n’a pas vécu cette époque, mais enfin les livres d’histoire ça existe. Il aurait pu cependant faire ce que demandait Ségolène Royal, retirer la taxe sur le diesel, cela aurait probablement calmé les choses. Puisqu’on parle de Mai 68, je me demande ce que les vieux très vieux représentants du Vieux Monde, Romain Goupil et Dany-l’ex-Rouge vont bien pouvoir nous sortir, eux qui ont fait les barricades et les manifs de cette époque, que vont-ils dire pour justifier leur nouveau métier de chiens de garde de l’oligarchie ? 

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    Derrière les Champs Elysées 

    Au-delà de cette guerre de position, il y a eu des violences aussi à Toulouse, Lyon, Charleville-Mézière, et sans doute ailleurs, de nouveaux slogans sont apparus. Les gilets jaunes semblent vouloir massivement vouloir la démission de Macron. Cette demande vient aussi du fait qu’à chaque grande manifestation parisienne, il n’est jamais là. Samedi il était en Argentine. Ça ne s’invente pas le président argentin s’appelle Macri. Macron a souligné à son arrivée combien les réformes de Macri étaient belles et bonnes. Mais il a oublié de dire deux choses : d’abord que l’Argentine traverse une crise économique profonde, et ensuite que Macri à l’égal de Macron est haï par son peuple pour ses réformes de structures qu’il a mises en place avec brutalité.

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    Place de l’Etoile le 1er décembre 2018 

    Il est sans doute probable que les autorités vont essayer de tirer profit de ces exactions pour tenter de discréditer le mouvement. Mais il est loin d’être sûr d’y parvenir parce que beaucoup parmi les gilets jaunes, s’ils laissent pour l’instant la violence à des minorités, partagent un tel sentiment d’exaspération que ce chaos ils le souhaitent aussi. S’ils se réfèrent rarement à Mai 68, ils renvoient le mouvement actuel à 1789, à la prise de la Bastille et souvent à la fuite du roi et de sa famille arrêtés à Varennes. Dans les conversations revient très souvent aussi la nécessité de ressortir la guillotine. Les violences ne se sont pas limitées à Paris, d’autres grandes villes comme Toulouse, Lyon ou Charleville-Mézières ont connu des fortes poussées de fièvre. Pour le reste les gilets jaunes ne désarment pas et continuent leurs barrages filtrants, ou rendent les péages autoroutiers gratuits pour le plus grand plaisir des automobilistes. Ils semblent toujours aussi déterminés, et s’il n’est pas certain que samedi prochain il y ait une nouvelle manifestation dans Paris, tout le monde s’attend à ce qu’il y ait des blocages, notamment aux abords des grandes surfaces qui sont une des cibles privilégiées des gilets jaunes.  

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    La manifestation de la CGT qui devait avoir lieu hier avec un défile traditionnel à la République et des mots d’ordre surannés comme la revalorisation du SMIC a réuni très peu de monde, on parle d’un millier de personnes. Il est vrai que Martinez l’avait organisée essentiellement pour détourner les énergies des Champs Elysées et faire semblant qu’il faisait quelque chose. Et encore les troupes syndicalistes avaient été renforcées par quelques gilets jaunes. On voit ici le basculement d’une époque : la CGT continue imperturbable à utiliser les vieux, très vieux outils de la lutte sociale, avec peu de conviction, tandis que les gilets jaunes innovent dans les nouvelles formes de lutte. Dans Paris il est clair qu’il s’agit de récupérer un nouvel espace social. Traditionnellement les manifestations populaires ont lieu soit du côté de République-Bastille-Nation, soit sur la Rive gauche. Or les gilets jaunes ont investi les quartiers riches, symboles de l’arrogance des riches. S’ils se sont retrouvés sur les Champs Elysées, c’est aussi parce que le centre du pouvoir, Matignon et l’Elysée, n’est pas très loin. N’est-ce pas Macron qui mettait le peuple au défi de venir le chercher ? Et bien il est pris au mot. Les Champs-Elysées ont également un avantage tactique pour les manifestants, ils permettent des mouvements de foule rapides et fluides : ils se défont et de recomposent rapidement au gré des nécessités. Ils ont tenu le siège de l’Arc de Triomphe pendant de très longues heures, harcelant des forces de l’ordre suréquipées, mais pourtant peu efficaces, statiques et engoncées dans leurs équipements. Le record de grenades lacrymogènes a été semble-t-il battu hier.

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    Les gilets jaunes, tactiquement, sont en avance sur les forces de l’ordre et manifestement innovent. En même temps ils ont renvoyé à leurs études partis et syndicats de droite comme de gauche qui sont complètement désemparés sur ce qu’ils doivent faire : au mieux ils suivent quelques pas derrière. Mais ils sont aussi en avance stratégiquement. Ils ont fait éclater les vieux clivages gauche-droite, et déroulent en permanence des revendications que le pouvoir ne pourra pas satisfaire. Un des slogans les plus apprécié est maintenant « Macron démission ». Ce qui semble la seule issue de la contestation sociale. Et s’ils chantent la Marseillaise plutôt que l’Internationale, c’est sans doute parce que leur but véritable est de restaurer la République dont l’idéal a été plus que bafoué par Macron et les arrivistes cyniques qui l’entourent. Bien que ce mouvement soit en apparence hétéroclite, les gilets jaunes poursuivent bel et bien un but ainsi qu’on a pu le voir dans leur programme[1]. Tous les gilets jaunes que nous avons rencontrés sont unanimes : ils ne rentreront à la maison que quand leurs revendications seront satisfaites. En attendant, ils apprennent à se connaitre, à se parler par-dessus les rigidités partisanes et syndicales, et de ces rencontres va jaillir sans doute un nouvel approfondissement des formes de lutte.

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    [1] http://in-girum-imus.blogg.org/les-vertus-du-mouvement-et-du-programme-des-gilets-jaunes-a153439886

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