• Macron, travaillez plus pour gagner moins

    Macron, travaillez plus pour gagner moins

    Macron penche dangereusement à droite !

    Macron a fait sa conférence de presse. c'était raté dans la forme comme dans le fond. Maquillé comme une voiture volée, il a fatigué son auditoire, ses ministres se sont endormis. seuls 7% des Français l'ont trouvé  très convaincant, soit trois fois moins que son électorat de base. S’il n’a apporté aucune réponse sérieuse à la crise des gilets jaunes, il s’est un peu plus enfoncé dans l’idée de restaurer les valeurs du capitalisme sauvage du début du XIXème siècle. Il est difficile d’être plus à droite que lui et plus anti-social, même en s'appliquant. Ce domestique de l’oligarchie n’a même pas la prudence d’un Sarkozy. Il nous a dit donc deux choses, la première est qu’il allait baisser les impôts sur le revenu, et que pour cela il faudrait travailler plus, tout en étant moins payé !! Voilà un programme enthousiasmant, surtout pour les plus pauvres !

    Disons d’abord un mot sur l’idée de baisser les impôts sur le revenu. C’est hors sujet pour au moins deux raisons :

    - la première est que les pauvres ne paient pas l’impôt sur le revenu, parce qu’ils ne gagnent pas assez, et donc la baisse de l’impôts sur le revenu, via la progressivité de celui-ci, va renforcer les inégalités sociales. Ce qui est au fond la seule ligne de conduite de Macron.

    - la seconde est qu’en baissant l’impôt sur le revenu, on augmente la part des impôts indirects qui brident la consommation et donc qui touchent plus les pauvres que les riches proportionnellement.

    En vérité si on voulait aller dans le sens des revendications des gilets jaunes, il faudrait faire exactement l’inverse de ce que propose Macron, abaisser la TVA et augmenter la progressivité de l’impôt sur le revenu. Celui-ci ne représente plus que 16% des recettes fiscales. Si on favorise les impôts indirects qui ne cessent d’augmenter depuis 40 ans et si on baisse les impôts sur les revenus et sur les sociétés, on favorise le profit et censément l’investissement, mais dans le même temps on taxe la consommation et donc on abaisse le pouvoir d’achat.

    Macron, travaillez plus pour gagner moins

    Mais Macron qui est apparu usé, au bout du rouleau, a d’autres idées tout autant farfelues : il prétend faire travailler les Français plus longtemps. Au passage on note qu’il a produit un mensonge grossier, selon lui les Français travailleraient moins que les Allemands. Le graphique suivant montre que c’est faux, mais zen outre si le temps de travail en France reste bas, c’est pour deux raisons, la première est la montée en puissance du travail à temps partiel, et la seconde le fait que quand la croissance est faible, les heures supplémentaires baissent. Le problème qui se pose sur le marché du travail en France est le suivant : la baisse de la durée du travail s’est interrompue au début des années 2000, alors que les salaires stagnaient et que la productivité du travail continuait tant bien que mal de croître. On note même qu’avec l’introduction de l’euro qui a accéléré la concurrence dans l’Union européenne, les durées travaillées sont reparties à la hausse. D’une certaine manière on peut dire que l’oligarchie a confisqué à son profit la croissance depuis au moins la crise de 2008. 

    Macron, travaillez plus pour gagner moins 

    Et donc voilà Macron qui ne semble rien connaître des tendances lourdes de l’économie qui propose une baisse d’impôt sur le revenu contre une hausse des durées travaillées. Cette hausse pourrait prendre trois aspects[1] :

    - une augmentation de l’âge du départ à la retraite, mais Macron dit qu’il ne le fera pas parce qu’il ne l’a pas annoncé dans son programme présidentiel. Cependant on note que cet obstacle peut être contourné en rallongeant le nombre d’annuités de cotisation pour arriver à un taux plein ;

    - une hausse de la durée légale hebdomadaire du travail, par exemple en revenant sur les 35 heures sans que le salaire n’augmente. Ce qui s’annonce très délicat pour plusieurs raisons, d’abord parce que ce serait confisquer encore plus fermement les gains de productivité du travail au profit de l’oligarchie, mais ensuite parce que cela irait contre le cours de l’histoire. Non seulement la baisse séculaire du temps de travail est la contrepartie du progrès technique, mais en outre elle permet la transformation du système de consommation en l’orientant vers les loisirs. Les salariés ont ainsi plus de jours de congés sous forme de RTT qui en se cumulant permettent de partir au ski ou en vacances ;

    - le troisième axe serait de diminuer le nombre des jours fériés. Donc demander aux travailleurs de faire cadeau à leur entreprise ou à l’Etat de deux jours de travail par exemple. Avec Macron on a franchi un cap dans la dérive réactionnaire, il s’agit de travailler plus pour gagner moins !

    Au-delà du fait que Macron est un fieffé réactionnaire, il y a tout de même autre chose d’encore plus important qui plombe son discours. C’est la robotisation. Le monde, journal macronien de la première heure, dans son édition du 26 avril 2019, publie une recension d’un rapport de l’OCDE[2]. Si 14% des emplois pourraient disparaître à un horizon de 20 ans, c’est pratiquement 16,4% des emplois en France, et 18,4% en Allemagne. Sachant en outre que ce seront les emplois les moins qualifiés qui seront les plus touchés, il devient cocasse pour ne pas dire plus de croire que la solution pour redynamiser la croissance en Europe et en France se trouverait dans l’allongement de la durée du travail et dans l’immigration.  

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    Ce contexte tendu indique que la concurrence par l’abaissement des salaires va s’accélérer. Ce qui va naturellement aller dans le sens d’une hausse du chômage structurel. Notez que les Européens dans leur ensemble ont déjà compris cela. Dans une étude de l’opinion publique européenne qui date pourtant de 2017, ils sont plus de 70% à penser que les robots détruisent l’emploi[3]. Il est remarquable d’ailleurs que le peuple comprenne finalement bien mieux l’économie que Macron qui, sensément aurait fait des études. Clairement ce sont les applications de la numérisation qui sont à l’origine de la disparition des emplois, donc le progrès technique. On fait remarquer à cette bourrique de Macron qu’il n’existe pas dans l’histoire de l’économie une vague de progrès technique qui ne se soit pas traduite par une baisse des durées travaillées. Le cuistre de l’Elysée, obnubilé par les profits de ses sponsors à court terme ne semble guère l’avoir compris. Et donc il est assez clair qu’on reviendra assez vite à la nécessité de partager le travailler et d’aller vers une nouvelle baisse des durées travaillées. Il est probable d’ailleurs que le pourcentage de personnes qui dénoncent la robotisation va aller en augmentant. Evidemment, on comprend que derrière la nécessité de baisser le temps de travail, il va y avoir celle de transférer des ressources du capital vers le travail, donc de baisser les profits.

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    Il est assez remarquable que quand Macron demande des efforts aux Français, il ne les demande jamais aux capitalistes, mais toujours aux travailleurs. Il fait même le contraire puisqu’il continue de défendre l’abrogation de l’ISF complètement à contre-courant. Pour 92% des Français, il faudrait augmenter le SMIC, une proportion en hausse par rapport à 2017 (88%). La moitié pensent en outre que les ouvriers non qualifiés devraient gagner 25% de plus et les PDG des grandes entreprises françaises 40% de moins, selon le baromètre du service statistique des ministères du Travail et de la Santé[4]. Comme on le voit Macron n’a pour lui que l’oreille des oligarques, potentiellement ce sont bien les trois quarts des Français qui sont opposés à sa politique économique et sociale. Il y a là du grain à moudre comme on dit pour une remobilisation des gilets jaunes. 

    Macron, travaillez plus pour gagner moins 

    Synthèse des résultats du Baromètre d’opinion 2018 de la DREES 



    [2] La robotisation fragilise les peu qualifiés

    [4] Kim Antunez (DREES) et Adrien Papuchon (DREES), 2019, « Les Français plus sensibles aux inégalités de revenus et plus attachés au maintien des prestations sociales - Synthèse des résultats du Baromètre d’opinion 2018 de la DREES », Les Dossiers de la DREES, n°35, DREES, avril.

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  • Commentaires

    1
    Jean Paul B.
    Samedi 27 Avril à 08:22

      Tout cela est juste mais Macron, promu par l'Oligarchie et "élu" par une minorité du peuple (18,19% des électeurs inscrits le 23 avril 2017 et LREM avec moins de 15% des inscrits au 1er tour de la législative!!!) est là pour mettre en oeuvre des mesures au profit uniquement des plus riches. Pour cela il lui faut détruire méthodiquement toutes les avancées sociales du CNR et déconstruire un peu plus la Nation,seule entité où peut se réaliser la démocratie, comme le préconise l'UE,ce faux né de l'impérialisme US qui, par tous les moyens,veut conserver  ses marchés au détriment des peuples.

      Le 26 mai le seul objectif est d'empêcher la liste Macron d'arriver en tête,pour cela chacun doit faire fi de ses convictions et voter pour la liste capable de le dépasser. Cette élection n'ayant aucune valeur en matière de pouvoir (le Parlement européen n'est qu'un gadget!), il faut tout faire pour éviter qu'elle serve à légitimer la politique anti-sociale de Macron.Il faudra donc glisser dans l'urne le bulletin qui a le plus de chances de nous aider à battre Macron et tant pis si c'est le bulletin de la liste RN, ne faisons pas la fine bouche car nous ferions le jeu de l'Oligarchie et de sa marionnette.   

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