• Macron président !

     Macron président !

    Le petit Macron qui en tant que conseiller économique de François Hollande, puis en tant que ministre de l’économie est un des principaux responsables de l’échec du quinquennat qui s’achève, et aussi, par suite, responsable de l’effondrement douloureux du P « S » qui a mis et qui va mettre encore des milliers de notables au chômage à partir de 2017. Or voilà que ce jeune ministre se lance en politique en créant un nouveau mouvement En marche !  Cela ne nous étonne pas puisque nous avions annoncé déjà il y a quelques semaines l’ambition présidentielle de Macron.

    Il nous refait le coup de l’extrême-centre, avançant que son mouvement n’est ni de gauche, ni de droite, mais vise à rassembler les Français. Pour cela il tente de s’abriter derrière une image d’expert qui cherche avant tout à faire fonctionner au mieux l’économie dans l’intérêt du pays. Il est facile de remarquer que sa qualité d’expert est contestée justement par son activité en tant que conseiller de l’Elysée et ensuite en tant que ministre de l’économie, étant donné l’absence de résultat qu’il a obtenu par exemple en matière de chômage. Or s’il a bien contribué au virage à droite de Hollande, jusqu’à tuer ce dernier sur le plan politique, son action personnelle n’a ni réussi un retournement de tendance, ni ralentir sa progression. Mais si on l’interroge sur ce point il saura répondre que les réformes – notamment la loi El Khomri – n’ont pas été assez loin, mais ont été mises en œuvre trop tardivement. Les libéraux comme les européistes ont toujours la même réponse, si ça ne marche pas c’est qu’on n’a pas été assez loin. C’est aussi ce que dit Sarkozy en disant que le CICE c’est environ 20 milliards d’euros par an, alors que lui propose un allègement de 100 milliards.

    Par ailleurs l’idée selon laquelle Macron ne serait lui-même ni de droite, ni de gauche, n’a aucun sens quand on sait que les seuls à avoir salué l’arrivée de Macron dans le marigot politicien, sont des personnalités de droite comme Jean-Pierre Raffarin et Frédéric Lefebvre et le MEDEF ! Certes on rencontre dans cette conjuration des imbéciles quelques « socialistes » comme François Patriat ou Jean-Pierre Mignard. Mais c’est presque rien. On pourrait encore y ajouter sans doute l’ineffable Bayrou.

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    Le petit Macron ne dévoile pas encore ses ambitions pour les prochaines présidentielles, et son « mouvement » En marche ! apparait maintenant comme le complément de cet autre mouvement qu’il a lancé, Les jeunes avec Macron et également du think tank La gauche libre. Cette dernière boutique prétend surfer sur l’idée qu’il existerait aujourd’hui une gauche moderne qui se serait enfin émancipée de la gauche sociale et donc qui reconnaitrait les vertus de l’enrichissement et des inégalités sociales. Macron, comme Valls dont il est l’ennemi intime, sont des hommes de droite qui veulent habiller la gauche avec des valeurs de droite : l’Europe, la compétitivité, la baisse des charges sociales et le goût du profit. La main sur le cœur, ils vous diront que vous n’avez pas le monopole de la définition de la gauche, et que eux, avec leurs idées soi-disant nouvelles adaptent les ambitions de l’ancienne gauche aux nécessités du temps présent c’est-à-dire celles de la mondialisation et de la déréglementation. Evidemment il est très facile de contrer ce discours, non seulement parce que les valeurs promises sont la résurrection du laisser-faire, laisser passer du XVIIIème siècle, et donc que le soi-disant économiste Macron n’a pas compris la loi de Wagner, mais en outre parce que la mondialisation n’est pas tombée du ciel, et qu’elle correspond d’abord à la révolution néo-conservatrice de Reagan-Thatcher. Et donc qu’on peut remettre en cause ce qui a été fait sur la base que cela n’est pas satisfaisant pour les plus pauvres. Une des différences entre la droite et la gauche – une différence historique – c’est que la gauche a toujours avancé l’idée que le monde devait être transformé en fonction de nos besoins, tandis que la droite a toujours affirmé qu’il fallait s’adapter aux conditions présentes, fussent-elles difficiles. 

     

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    Ambitions présidentielles 

    Sans doute si Macron se lance dans la bataille des présidentielles, c’est d’abord qu’il est assuré que François Hollande n’ira pas, et donc qu’il pourra sur son nom attirer la droite du P « S », cette frange dite de la deuxième gauche et que Lordon appelle la deuxième droite, tant son programme est semblable à celui de la droite. Et également Macron semble se sentir des ailes suite à des sondages flatteurs sur sa popularité. Et sans doute se dit-il qu’il peut tenter sa chance parce qu’Hollande n’ira pas se représenter sachant qu’il va faire un score tellement minable qu’il ajoutera de la honte à sa déconfiture. Mais il suppose également que Valls se réservera pour 2020 et passera son tour.

    En vérité malgré les sondages flatteurs les chances de Macron à une élection présidentielle sont quasi nulles. Une des raisons principales est qu’il est rejeté par la gauche, y compris le P « S » qui le sait responsable de sa déconfiture. Il n’arrive ainsi qu’en 5ème position pour ce qui concerne les intentions de vote des électeurs qui d’eux-mêmes se classent à gauche. Et si ses sondages sont bons, il le doit au fait que la droite et le MEDEF l’adorent. Mais pourtant ceux-ci ne voteront pas pour lui, ils lui préféreront Juppé ou Sarkozy. On a connu par le passé d’autres emballements médiatiques, comme Jean Lecanuet en 1965 par exemple, ou même Edouard Balladur en 1995 qui s’est effondré si lamentablement alors qu’il se voyait déjà président. Souvent décrit pour son franc-parler, ou comme un iconoclaste qui bousculerait une classe politique trop engoncée dans ses principes, il est tout à fait dans la continuité de ces gens de droite qui ont tenté de faire croire qu’ils dépassaient les clivages gauche-droite pour le bien de la nation, et qui n’avait pas de parti à leur service. Le seul cas d’un homme politique ayant effectivement dépassé les clivages gauche-droite est le général De Gaulle en 1944, mais on conviendra qu’il avait une autre dimension que le pâle Macron. Et pour le coup, il était d’un autre temps où sa réputation s’était forgée dans le combat contre l’occupant. 

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    Bien que les clivages droite-gauche se soient estompés pour cause de ralliement du P « S » aux idées libérales, via Terra Nova, c’est pourtant grâce à lui qu’Hollande a été élu en 2012. Ce qui lui a assuré la victoire, c’est d’abord sa promesse d’augmenter les impôts des plus riches et de désigner la finance comme l’ennemi principal. On voit bien qu’à l’heure des Panama Papers c’est toujours un programme à l’ordre du jour. Mitterrand savait qu’on ne gagne pas une élection sans d’abord rassembler son propre camp. Mais si on commence par dire qu’on n’est ni de droite ni de gauche, outre qu’on apparaît peu crédible, on ne peut plus rassembler aucun camp. Et puis il est difficile pour le peuple de voter pour un banquier, connaissant la responsabilité de ceux-ci dans les différentes crises qui se sont succédées depuis la fin du XXème siècle.

    Il est probable que le petit Macron qui plait tant à Gattaz, ne tiendra pas compte de mes avertissements – on le dit dans son entourage doté d’un ego surdimensionné – et qu’il ira tout de même au casse-pipe sans broncher. Il a du soutien. Derrière lui on peut compter sur le vieux Henri Hermand[1], homme d’affaire, le mécène de la deuxième gauche, celui qui se trouve derrière les think tanks La fondation Saint-Simon ou Terra Nova. S’étant toujours trompé, il a soutenu Pierre Mendès-France et Michel Rocard contre le général De Gaulle, contre les communistes et contre François Mitterrand. C’est le grand promoteur du libéralisme de gauche à travers des journaux comme Le nouvel observateur. C’est cet homme-là, très riche, qui aujourd’hui mise sur Macron, pensant sans doute que sa jeunesse et son culot gommeront le fait qu’il soit issu de la haute bourgeoisie et ses origines de banquier de la maison Rothschild.

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    Ces calculs me semblent erronés. En effet pour aller vite, on peut dire que la droite votera pour Juppé ou Sarkozy, appuyé par leur parti et que la gauche votera pour Mélenchon qui devrait cette fois arriver devant le candidat du P « S »… s’il y en a un qui soit capable de se sacrifier sur l’autel du mécontentement populaire.

     

    Liens

    http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/04/07/le-nouveau-mouvement-d-emmanuel-macron-salue-par-le-medef-et-a-droite_4897723_823448.html

    http://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/021626180217-henry-hermand-lhomme-qui-veut-faire-de-macron-un-president-1192933.php

     

     


    [1] Challenges évalue sa fortune à 220 millions d’euros.

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