• Macron, la mise en scène permanente

     Macron, la mise en scène permanente

    En dehors des insultes qu’il envoie maintenant de façon périodique aux Français, surtout s’ils sont pauvres et dans la difficulté, Macron excelle dans la mise en scène de lui-même. Il n’est pas certain qu’il sache faire autre chose d’ailleurs. Un jour on le voit en train de se déguiser en sous-marinier, une autre fois en footballeur. En visite à Saint-Martin durement touché par l’ouragan, tentant de faire oublier l’accueil plutôt frais des habitants, il s’est déguisé quasiment en naufragé[1]. Il a fait savoir qu’il avait dormi sur un lit de camp, qu’il s’était lavé avec un seau d’eau, bref qu’il avait vécu à la dure, un peu comme quand il racontait qu’il avait connu la misère étudiant avec 1000 € par mois[2]. Et puis, cerise sur le gâteau, il aurait patrouillé nuitamment avec les gendarmes histoire d’empêcher les pillages sans doute. Ce président transformiste est le premier du genre a changer d’identité et de costume en permanence, hésitant sur tout, il prend des airs arrogants et autoritaires pour masquer son désarroi de ne pas être aimé par les Français. Mais cette utilisation des apparences va très loin, au point qu’il a besoin de trafiquer en permanence les images de son règne pour essayer de leur donner un peu de consistance. Le 11 septembre 2017, il se trouvait à Toulouse. La presse aux ordres avançant qu’il s’était payé un long bain de foule, juste avant la manifestation du lendemain[3]. La supercherie a été dévoilée. Regardons les deux images ci-dessous, la première en plan resserrée nous montre un Macron un peu adulé, entouré de personnes souriantes et chaleureuses. Mais la réalité de cette mise en scène saute aux yeux dès lors qu’on regarde la même scène en plan large. On voit que cet immense bain de foule, est pour moitié composé de journalistes et de photographes, le reste étant une population de groupies triées sur le volet.  

    Macron, la mise en scène permanente

    Il faut aller sur le site russe rt (Russia Today) pour connaître la vérité[4]. Ce qui par parenthèse en dit long sur la soumission des médias français dont Macron fait mine de se plaindre. On y apprend par exemple que si le petit président a été si bien reçu, c’est non seulement parce que le public destiné à serrer la main auguste avait été choisi, mais aussi parce que les opposants avaient été tenus à l’écart grâce à des cordons de gendarmes mobiles ! Il y a quelques mois, Macron faisait la leçon à Poutine qu’il recevait à Versailles sur la nécessaire indépendance de la presse comme garantissant la démocratie, et donc qu’il fallait que les médias russes qui opèrent en France soient un peu plus objectifs. On sait que depuis ces derniers sont bannis des conférences de presse du jeune monarque capricieux. Mais nous, ce que nous retenons, c’est que pour avoir des informations fiables sur ce que fait réellement le président, et surtout comment cela est reçu, il nous faut aller justement sur les sites russes !!  

    Macron, la mise en scène permanente

    Mentir et tricher est le propre des hommes politiques qui cherchent à passer pour ce qu’ils ne sont pas. Mais Macron a atteint des sommets dans cet exercice. Rappelez-vous son défilé sur les Champs Elysées lorsqu’il fut intronisé président par son prédécesseur. Là encore les médias français s’étaient surpassés pour tenter de donner une image de liesse à ce non-événement. La technique est bien rodée. On regroupe les groupies en un endroit où ils peuvent donner une impression de masse… à condition de les filmer en plan rapproché. Et puis on élimine les plans trop larges qui auraient montré que ce jour-là les Champs Elysées étaient quasiment déserts[5]. C’est ce que nous voyons dans les deux photos ci-dessous. Le plus drôle étant sans doute de voir Macron saluer tout sourire des platanes et des bancs, des espaces vides comme s’il répondait aux acclamations d’une foule en liesse. C’est assez pathétique de voir à quel point ce président haï aimerait être aimé. On avait déjà connu ça avec Sarkozy, mais sur le mode mineur. La technique est ici reprise en profondeur et devient système. Il n’est pas certain que cela puisse durer tout le quinquennat et que cela suffise à enrayer l’effondrement d’une popularité branlante. 

    Macron, la mise en scène permanente

    Macron, la mise en scène permanente

     

     

     

     


    [1] http://lelab.europe1.fr/la-mise-en-scene-demmanuel-macron-a-saint-martin-qui-dort-sur-un-lit-de-camp-et-se-lave-au-seau-3434648

    [2] http://www.valeursactuelles.com/politique/quand-emmanuel-macron-avait-une-fin-de-mois-difficile-74496

    [3] http://www.europe1.fr/politique/bain-de-foule-et-manifestation-pour-la-venue-de-macron-a-toulouse-3433265

    [4] https://francais.rt.com/france/43039-toulouse-emmanuel-macron-bain-de-foule-logement-manifestations

    [5] https://francais.rt.com/france/38327-pluie-french-cancan-champs-elysees-vides-investiture-insolite-emmanuel-macron

    « La manifestation anti-Macron du 12 septembre 2017Philippe Vilain, La littérature sans idéal, Grasset, 2017 »
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  • Commentaires

    1
    Ben
    Vendredi 15 Septembre à 18:34
    A paraître aux éditions de l'échappée : « Le Néant et le politique, critique de l'avènement Macron  » signé Harold Bernat. Quatrième de couverture : « On ne compte déjà plus les révélations sur les coulisses de l’avènement d’Emmanuel Macron. Certains voient dans son élection une preuve de la toute-puissance des médias, d’autres, un putsch démocratique orchestré par le monde de la finance. Dans tous les cas, il faudrait s’enquérir de ce que l’on nous cache. Notre réflexion est aux antipodes de la démarche de ces enquêteurs du spectacle. En effet, une des raisons pour lesquelles nous peinons à exercer notre esprit critique, aujourd’hui plus qu’hier, tient à ce que nous refusons de voir ce qui est sous nos yeux. Dans un univers de simulation, les simulacres se précèdent eux-mêmes. Ils ne représentent plus rien, mais font force de loi. Notre attention se perd dans un labyrinthe de signes. Ce qu’ils montrent est à ce point irréel que nous cherchons en vain derrière eux une réalité plus consistante. Mais derrière, il n’y a rien. Tout est là, étalé au grand jour. Cette transparence rend les nouvelles stratégies de pouvoir d’autant plus inquiétantes. Macron se fond dans le discours qui s’adresse à lui, prend la forme du réceptacle. Il n’est pas brillant, il est plastique. Il apprend de ses erreurs, se corrige, affine en « se confrontant au réel ». Comme un logiciel, il intègre, classe et change de niveau. À côté des anciennes formes symboliques de représentation politique, cette stratégie du vide nous fait entrer dans un univers de simulation binaire, algorithmique, dont Emmanuel Macron est, en France, le premier 0. C’est à ce titre, et à ce titre seulement, qu’il mérite d’être pensé ».
    2
    Samedi 16 Septembre à 10:07

    On va voir cela.

     

    3
    Samedi 16 Septembre à 10:09

    A propos de Macron il est là tout de même pour faire le sale boulot de détruire l'Etat Providence et de transformer la France en un Etat fédéral de l'Europe sous domination germanique, il n'est donc pas là pour rien. Il applique les GOPE, peu importe ensuite qu'il n'ait pas d'imagination ou qu'il soit encore plus bête que ses prédécesseurs.

    4
    Ben
    Samedi 16 Septembre à 13:54

    C'est aussi l'avis du couple de sociologues à la retraite Pinçon charlot qui a longtemps enquêté sur le gotha français. Peu importe l'incompétence crasse du jeune cuistre qui se retrouve, un moment donné, à présider aux destinées de l'Etat. Dans cinq ans, les "réformes" exigées à hue et à dia par le grand Capital auront été faîtes sans que le sort des français se soit le moins du monde amélioré, l'opposition (la réelle, pas celle mise en scène de façon permanente par les merdias), sera une fois de plus affaiblie et ceux qui reprendront le flambeau ne pourront qu'être on ne peut plus satisfait de ce que Macron aura contribué à détruire dans ce pays. Peut-être que le livre est intéressant dans le sens de savoir combien de temps, dans cet univers de simulacres dans lequel s'est enfermé la classe politique toute entière et dont Macron est en quelque sorte l' accomplissement, l'illusion peut encore durer chez ceux qui subissent quotidiennement les conséquences désastreuses de ces orientations de l'Etat depuis des décennies.

    5
    Samedi 16 Septembre à 18:26

    Oui, je partage cette idée. Cependant, le socle du "macronisme" qu'on peut décrire comme la dernière change de la haute bourgeoisie de conserver le pouvoir, est très fragile. La moindre crise financière l'emportera, ou un mouvement de grève prolongé. Plus inquiétant est sans doute la montée de la barbarie et de l'inculture généralisée. Ce qui veut dire que l'Union européenne et le libéralisme peuvent s'écrouler d'un moment à l'autres, sans forcément être remplacé par quelque chose de mieux. Mais gardons espoir le pire n'est jamais sûr !!

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