• Macron l’Américain, un homme peu sûr de lui

     Macron l’Américain, un homme peu sûr de lui

    Il fut un temps en, en 2007, où Sarkozy se flattait qu’on l’appellât « Sarkozy l’Américain ». Il voulait souligner ainsi son allégeance à George Bush, pensant que cela ferait moderne et lui amènerait de l’estime. Dans la foulée de sa défaite à l’élection de 2012, lui et les siens avaient copié le sigle et le nom du parti conservateur américain, en appelant leur parti Les Républicains, comme s’il s’agissait là d’une simple succursale d’une multinationale puissante et organisée. Cette volonté politique s’est très mal terminée : Sarkozy a été battu par Hollande en 2012, puis il a perdu les primaires contre Fillon et Juppé, et maintenant, comme le temps passe, presque plus personne se souvient qu’il a été président de la République. En 2017, son parti a été laminé par un clone concurrent. Autrement dit Sarkozy a été dépassé par quelqu’un de plus américain que lui ! 

    Un homme peu sûr de lui et sans idée 

    Comme on le sait, Macron qui ressemble de plus en plus à Sarkozy première manière, a pris pour modèle les Etats-Unis. On l’a dit est répété, Macron, comme son premier ministre Philippe a été repéré et formé par la French-American foundation, dans le cadre du programme Young leaders[1]. N’ayant strictement aucune idée personnelle sur aucun sujet politique et économique, il s’en remet bêtement à la feuille de route de Bruxelles dite GOPE 2017 pour son programme. Tout le reste c’est de la publicité et de la communication pour masquer le vide de sa pensée. Mais là encore il fait preuve de peu d’imagination. Par exemple la ridicule photo officielle de Macron président est directement calquée de celle d’Obama. Sauf qu’à la différence d’Obama, le jeune Emmanuel semble plutôt crispé et peu sûr de lui, coincé entre le drapeau français et le drapeau européen. 

    Macron l’Américain, un homme peu sûr de lui 

    Macron est toujours dans l’artifice, mais son guide est comme Sarkozy en son temps, l’Amérique. Ainsi il a mis son couple en images dans la presse people d’une manière aussi vulgaire qu’éhontée, toujours en copiant Obama. Sauf qu’à la différence d’Obama il ne peut pas représenter une famille idéale, il n’a pas d’enfant, et jeune adolescent il a été détourné par Brigitte Trogneux son professeur de théâtre, qui avait 24 ans de plus que lui et trois enfants d’un premier mariage dont l’aîné est plus âgé que Macron lui-même ! Obama lui pouvait mettre en scène son amour de jeunesse qui s’est concrétisé par une famille avec deux enfants. Macron est grand-père avant d’avoir été père[2] ! Une telle situation matrimoniale est sans doute quelque chose de difficile à vivre pour le nouveau président, de perturbant. Et sa volonté de copier Obama, un homme à qui tout semble réussir, en dit long, comme un aveu de faiblesse, sur tout ce qu’il n’est pas. Comme le fait qu’il se place sous la tutelle d’une femme qui pourrait être sa mère signale un manque certain de virilité. Ce qu’il a essayé de compenser en mettant en scène sa poignée de main avec Trump, un autre américain un peu déplafonné, et en la commentant  lui-même ! 

    Macron l’Américain, un homme peu sûr de lui 

    Le fiasco du Congrès de Versailles 

    Toujours dans cette volonté imbécile de singer une Amérique en déclin complet sur tous les plans, voilà Emmanuel Macron qui se met à convoquer le Congrès, c’est-à-dire la réunion des deux chambres, pour lui faire part de sa volonté et de son programme. Le président américain doit prononcer ce discours tous les mois de janvier, mais aux Etats-Unis il n’y a pas de premier ministre. Cette mise en scène a soulevé de nombreuses questions. On en a critiqué le coût qui serait compris entre 200 000 et 600 000 euros[3], mais aussi la mauvaise manière faite à Edouard Philippe. En effet, ce n’est pas la tradition française que ce soit le président qui présente la politique générale du gouvernement. C’est le rôle du premier ministre. Cette façon de court-circuiter le premier ministre revient à cette volonté de s’affirmer comme le chef. Mais évidemment si Macron était vraiment persuadé d’être le chef de l’Etat, il ne se livrerait pas à de telles fantaisies. Cette attitude rappelle une fois de plus Sarkozy qui parlait dédaigneusement de François Fillon comme de son collaborateur[4], on sait comment cela a fini, et pour Sarkozy, et pour Fillon, dans les poubelles de l’histoire. 

    Macron l’Américain, un homme peu sûr de lui 

    Le plus important n’est pourtant pas là, mais dans le fait que le discours creux de Macron devant le Congrès n’a convaincu que les journaux qui soutiennent le président quoi qu’il fasse, et encore. Je rappelle que la cote de popularité de Macron était déjà historiquement basse au lendemain de son élection. Il était en dessous des 50%, ce qu’aucun président de la Vème République n’avait réussi à faire. Il était à 45 % de cote de confiance au milieu du mois de mai, exactement comme Trump juste après son investiture. Depuis la cote de Trump s’est fortement dégradée, et le président américain se retrouve dans une situation inédite que ses prédécesseurs n’ont pas connue : à l’aube de son mandat, il est littéralement haï, il est vrai que la presse américaine est beaucoup plus libre que la presse française et ne se gêne pas pour attaquer frontalement le Caligula de la Maison Blanche. Nous n’en sommes pas encore là, les médias chez nous sont parfaitement contrôlés. 

    Macron l’Américain, un homme peu sûr de lui

    Macron l’Américain, un homme peu sûr de lui

    Cote de popularité de Donald Trump

    Macron l’Américain, un homme peu sûr de lui 

    Revenons au Congrès et à ses suites. Le discours de Macron a été jugé soporifique et ennuyeux par ceux qui ont eu la patience de l’écouter. Mais un certain nombre de députés, dont ceux de la France Insoumise, les communistes, mais aussi certains députés de droite, avait décidé de ne pas se rendre à ce spectacle. Le but de cette convocation du Congrès était en fait de redorer un peu la cote de popularité du président par cette mise en scène coûteuse. C’est complètement raté. La presse n’a pas réagi aussi positivement qu’on le croyait[5]. Mais surtout, et c’est qui est le plus important, Macron avait laissé dans son discours les mauvaises nouvelles être annoncées par Edouard Philippe. Et donc celui-ci s’est livré à un discours de politique générale devant l’Assemblée nationale, tandis que Macron était parti se cacher au fond de l’eau dans un sous-marin, Le Terrible[6], comme s’il cherchait à éviter la colère populaire qui ne tardera pas de se manifester. Macron est un homme d’images et de symboles, mais que dire de cette visite incongrue à un équipage de sous-marin nucléaire ? D’un côté, il se dissimule pendant que Philippe encaisse les coups avec un discours antipathique au possible, et de l’autre Macron tente de prendre la position virile d’un chef de guerre. La photo qu’on a publiée sur cette visite le montre usant d’un périscope pour tenter de comprendre pourquoi les Français ne l’aiment pas, ni lui, ni sa femme et encore moins son premier ministre ! 

    Macron l’Américain, un homme peu sûr de lui 

    Car la révélation de cet épisode est bien que les Français n’aiment ni Philippe, ni Macron, et qu’ils s’en méfient comme de la peste. Seulement un Français sur quatre approuve Philippe et Macron, ce qui correspond à peu près au pourcentage de ceux qui ont voté Macron au premier tour des présidentielles[7]. Le moins qu’on puisse dire est que Macron, Philippe et leur majorité pléthorique à l’Assemblée n’ont pas réussis à convaincre au-delà de leur étroite base électorale. Il est possible aussi que les réformes institutionnelles que Macron veut imposer – y compris par référendum[8] – ne plaisent pas beaucoup : entre autres choses il voudrait qu’il y ait moins de députés de façon à ce qu’on les paye mieux – une nouvelle variante imbécile du « travailler plus pour gagner plus », ou encore une introduction intempestive des méthodes de management au cœur de l’Assemblée nationale. Cette analyse est confirmée par un sondage paru le 7 juillet dans Le Figaro. 

    Macron l’Américain, un homme peu sûr de lui 

    Les mesures impopulaires qui vont être votées rapidement – des mesures à la grecque – vont faire rapidement le reste, les retraités sont dans la ligne de mire, les salariés aussi. Macron va sans doute être d’ici à la fin de l’année plus impopulaire encore que Hollande à la fin de son mandat ! On sent déjà le trouble chez certains journalistes qui ont maintenant un peu honte d’avoir soutenu Macron avec autant d’arrogance et de bassesse. Castaner a d’ailleurs demandé clairement à ce que la presse ne s’occupe pas trop des turpitudes de Pénicaud la ministre du travail qui se trouve affaiblie par les enquêtes ouvertes à son encontre, alors qu’elle est chargée de faire le sale boulot pour détruire un peu plus le droit du travail. 

    Conclusion 

    La morale de cette histoire qui s’écrit aussi vite qu’elle s’oublie, est que la maîtrise de la presse et des moyens de communication ne suffit pas. Leur faire trop confiance c’est prendre vraiment les Français pour des imbéciles. Macron et Philippe payeront rapidement leur mépris. Quoi qu’on en pense, les Français attendent des résultats tangibles en matière de croissance, d’emploi et de salaire.

     


    [1] http://in-girum-imus.blogg.org/les-nouveaux-chemins-de-l-ascension-politique-les-think-tanks-le-cas-v-a130542960 Voir aussi l’édifiant article publié sur le blog d’yvster https://blogs.mediapart.fr/yvster14/blog/100317/macron-est-il-un-agent-des-usa

    [2] http://www.lci.fr/elections/election-emmanuel-macron-president-parents-enfant-mari-beau-pere-et-grand-pere-a-39-ans-2051364.html

    [3] http://www.capital.fr/economie-politique/congres-de-versailles-combien-va-t-il-couter-1235346

    [4] http://www.lefigaro.fr/politique/2007/08/23/01002-20070823ARTFIG90230-pour_le_chef_de_l_etat_fillon_est_un_collaborateur.php

    [5] http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/07/04/le-discours-d-emmanuel-macron-devant-le-congres-ne-convainc-pas-la-presse_5155090_823448.html

    [6] http://www.rtl.fr/actu/politique/discours-d-edouard-philippe-emmanuel-macron-etait-sous-l-eau-7789219902

    [7] http://www.lexpress.fr/actualite/politique/discours-de-macron-et-philippe-les-francais-pas-convaincus-selon-un-sondage_1924423.html

    [8] Si Macron ressemble par beaucoup de côtés à Sarkozy, il ressemble aussi un peu à Renzi le vibrionnant premier ministre italien qui a été débarqué à l’issu d’un référendum sur les institutions perdu. Il pourrait arriver la même aventure à Macron. 

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