• Macron et la bataille du rien

     Macron et la bataille du rien

    En apparence tout est simple : Macron se lance pour tester ses chances quant à l’élection présidentielle de 2017. Il a de puissants appuis dans l’oligarchie, il est clairement le candidat du patronat et des médias subventionnés. Regardez la photo ci-dessus, elle a été prise lors du ridicule meeting de la Mutualité le 12 juillet 2012. Que voit-on ? Macron au milieu d’un rassemblement de vieux bourgeois sinistres et compassés qui sont venus se faire plaisir à l’entendre s’en prendre au « système ». Car c’est maintenant la tarte à la crème de la politique, les gens de droite, bien nés, se présentent comme des « rebelles » hostiles au « système » des gens en place. Mais qui sont ces gens en place ? Ces gens qui bloqueraient selon Macron la marche en avant du progrès ? Les syndicalistes sans doute, la CGT en particulier, les travailleurs accrochés à leurs droits comme la moule au rocher ! C’est dans la lignée des discours antérieurs de Macron, les entrepreneurs – comprenez le patronat – ont la vie bien plus dure que les salariés. Et d’ailleurs on comprend qui sont les victimes quand on voit les riches de plus en plus riches, gémir sur l’atrocité de la pression fiscale, sur l’impôt confiscatoire. Les pauvres sont bien mieux lotis, la preuve, ils ne se plaignent pas de la lourdeur des impôts à longueur de colonne.

    Macron compte sur ses capacités de beau parleur pour séduire les vieux bourgeois du seizième. Car c’est ça son créneau. Il joue les gendres affectueux auprès des vieilles mamies en espérant qu’elles le coucheront sur leur testament. Car Macron contrairement à ce qu’il dit aime d’abord les vieux et les vieilles, tout l’indique dans son parcours, que ce soit son mariage ou que ce soit ses relations avec François Hollande et Jean-Pierre Jouyet son mentor.

     Macron et la bataille du rien 

    Certes il n’a aucune idée en dehors du catéchisme du MEDEF et il répète de façon stupide et maniaque le mantra de la flexibilité. Rien de nouveau, et lors de son meeting à la Mutualité les journalistes ont été incapables de citer une idée nouvelle et concrète qui aurait germé de son cerveau. Car l’homme pressé brasse du vent et ça se voit. Vous me direz que tous les hommes politiques sont un peu comme ça. Macron dans le genre est le pire. Voilà un fils de la haute bourgeoisie qui vient de l’ENA et de la banque Rothschild et qui nous explique qu’il est là pour bousculer les choses ! Mais pire encore, il ne nous dit rien du bilan calamiteux sur le plan économique de son passage auprès de François Hollande. Car il est un fait que ce petit cumulard qui a sous-estimé ses biens pour éviter de payer l’ISF, a été le responsable sur l’ensemble du quinquennat de la politique économique foireuse de François Hollande, d’abord en tant que conseiller à l’Elysée, ensuite en étant ministre de l’économie.

     Macron et la bataille du rien 

    Macron va faire la réponse habituelle si sa politique très excellente n’a pas eu le succès escompté, c’est à cause du « système ». Ah, si on l’avait laissé faire ! J’ai pointé par ailleurs l’efficacité des mesures Macron : c’est 900 emplois créés grâce aux lignes de bus, et 20 000 emplois grâce au CICE : mais le CICE coûtant 20 milliards d’euros par an, ça équivaut à ce que l’Etat subventionne chaque emploi à hauteur de 100 000 euros !

    En attendant, la tension entre Hollande et Macron ne va faire que monter dans les semaines qui viennent. En effet, le président avait nommé Macron pour se donner un coup de jeune, pour montrer combien il était moderne et audacieux, il devait penser sans doute que cela lui servirait pour se présenter à nouveau à l’élection présidentielle. Mais voilà maintenant que le ministre de l’économie le menace sur sa droite, tandis que Mélenchon le menace sur sa gauche. Que lui reste-t-il, à part gémir sur la trahison de son jeune protégé ?

     Macron et la bataille du rien 

    Probablement la seule satisfaction qu’Hollande aura de la fin sinistre de son quinquennat est que Macron va se prendre une vraie gamelle aux élections présidentielles… s’il se présente. Il est assez facile de comprendre pourquoi. Les électeurs de gauche savent que Macron est à droite, qu’il est seulement le porte-parole des banques, et les électeurs de droite ont déjà leur candidat. Macron c’est juste le Jean Lecanuet d’aujourd’hui[1]. C’est en effet à ce politicien complètement oublié aujourd’hui[2] qu’il emprunte son slogan qui est aussi le titre de son mouvement En marche ! Et c’est à lui qu’il emprunte son positionnement ni droite, ni gauche, en même temps que sa fausse décontraction. Il y a cependant une différence entre Macron et Lecanuet, c’est que ce dernier n’avait pas ce côté gourou halluciné que Macron déploie dès qu’il s’agit de s’adresser à une foule. Il y a un aspect évangéliste chez Macron qui sous-entend une certaine forme de folie. C’est un homme qui s’intoxique assez facilement avec ses propres paroles, et c’est sans doute pour cela qu’il ne voit pas venir sa défaite pourtant programmée tout autant sinon plus que celle d’Hollande.

     



    [1] Je n’ai aucun mérite à faire ce rapprochement, même Le point journal subventionné s’en est aperçu http://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-macron-reincarnation-de-jean-lecanuet-07-04-2016-2030613_20.php

    [2] San-Antonio avait fait de celui-ci sa bête noire, utilisant le terme « Canuet » comme une sorte de juron. 

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