• Macron est vraiment très fatigué et doit partir

     Macron est vraiment très fatigué et doit partir

    Les images ne trompent pas : malgré le maquillage outrancier, on voit que Macron apparait complètement usé. Regardez la photo ci-dessus : l’œil gauche fixe la caméra, et l’œil droit s’en va vers la droite, tout en se rapetissant et laissant deviner un vide complet. En deux ans de présidence, il a beaucoup vieilli, et sa folie commence à se voir. Engoncé dans son petit costume de petit banquier, il dit tout et son contraire. Il renifle, se gratte le nez comme ces drogués qui consomment un peu trop souvent de la cocaïne. Mais il conserve toujours ce bagout de marchand de voiture d’occasion qui lui permet de dire tout et n’importe quoi, il saoule tellement ses interlocuteurs, que quand il répond à une question, on finit par ne plus savoir ce qu’on avait demandé. Le voilà donc à l’OIT – Organisation Internationale du Travail – sous-boutique de l’ONU qui avait pour mission dans le temps de défendre le droit des travailleurs. Dans un discours frisant l’imbécilité – écrit peut-être par Sibeth Ndiaye – le voilà qu’il met en garde contre les dérives du capitalisme[1]. Autrement dit, le voilà qui depuis deux ans accélère la dérèglementation des marchés, y compris celui du marché du travail, qu’il réclame la destruction des services publics, qu’il pousse à une adoption définitive du CETA, et qui, en même temps, nous dit que le capitalisme exagère ! Il faut comprendre qu’il s’agit là à la fois d’une impasse stratégique dans laquelle il ne pouvait que se trouver, et en même temps d’une tactique éculée. En vérité c’est un peu la seule tactique qu’il peut avoir. En quelque sorte, après avoir débauché une partie des Républicains, des représentants éminents de la droite affairiste et cosmopolite, qui ne peuvent au fond que se féliciter des orientations économiques, le voilà qu’il fait des discours sensés donner des gages au peuple de gauche, comme par exemple pleurnicher sur les dérèglements climatiques pour plaire à Canfin et Jadot, histoire de faire oublier la démission du pâle Nicolas Hulot. Autrement dit, dans les faits, dans le concret, il continue une politique de droite extrême inspirée par Guizot, et dans le discours il joue les compatissants, voire les humbles, les repentants.

    Macron est vraiment très fatigué et doit partir

    De la même façon Macron aime discourir sur la démocratie, ou le patriotisme renouvelé. Mais dans les faits il s’en fout totalement. En même temps qu’il signe un traité qui est de fait une capitulation face à la puissance économique allemande[2], il fait des discours sur le patriotisme. Ce menteur pathologique défend en même temps un « patriotisme inclusif »[3] – ce néologisme – et une Europe fédérale sous la houlette de l’Allemagne[4] ! Il est le seul qui fait encore semblant de croire que le couple franco-allemand existe. Pour la démocratie qu’il présente comme un acquis de l’histoire de l’Europe, il la viole tous les jours. Macron est entré d’une manière sournoise et louvoyante, c’est dans sa manière, dans une réfutation de l’Etat de droit. Je passe sur la police qu’il a transformée en milice sous les ordres d’un autre menteur, Castaner, et sur la presse qui n’ose plus critiquer quoi que ce soit. Mais il a transformé l’appareil judiciaire en une collection de pantins qui sont bien contents de donner des gages de fidélité au président-fou. Il emploie maintenant celle-ci pour traquer ceux qui ont donné pour la cagnotte de Christophe Dettinger, il les fait convoquer par la police ou encore il demande au parquet, dirigé par l’ignoble Belloubet, de diligenter une enquête sur cette cagnotte[5]. Cette fameuse cagnotte mérite qu’on s’y attarde. Elle a été mise en place dans le respect de la loi pour aider la famille de Dettinger et aussi pour l’aider à payer un avocat. Dettinger ce n’est ni Balkany, ni Benalla. Il n’a guère de moyens financiers à sa disposition, et c’est pourquoi on l’aide. Mais voilà que cette plateforme qui gère les cagnottes Leetchi s’est vautrée dans le déshonneur complet : d’abord en la fermant pour empêcher les dons d’arriver, ce qui est déjà enfreindre la loi et la morale la plus ordinaire, ensuite en transmettant à la justice les noms des donateurs. On pense ce qu’on veut de Dettinger – moi j’en pense du bien – mais dans un régime démocratique il est normal que les amis d’un prévenu l’aident à faire face à ses frais de justice ou soutiennent sa famille. Et donc cette plateforme entrave la bonne marche de la justice en empêchant les amis du prévenu de lever des fonds, mais ensuite, se croyant revenu sous Vichy, elle se livre à une délation crapuleuse. Evidemment c’est ce régime pourri qui la pousse dans ce sens. La honte va poursuivre ce régime dictatorial jusqu’à la fin de ses jours. Les policiers qui vont enquêter sur les donateurs, pourquoi ?, vont chercher sans doute à ficher les opposants pour une éventuelle rafle si les choses tournent mal pour Macron.

      Macron est vraiment très fatigué et doit partir

    Menteur pathologique, sans ancrage solide dans la société, Macron est aux abois, derrière son sourire imbécile et niais, se cache un psychopathe qui semble croire que plus les mensonges qu’il débite sont gros et plus ils passent. Il est vrai que les Français ont la mémoire courte et son assez peu rancuniers. Mais justement, ce double langage permanent ne fonctionne plus : aujourd’hui Macron est clairement identifié comme un homme de droite et le président des riches. C’est évidemment le résultat de sa politique économique et sociale. Cette démarche qui se traduit dans les faits par des privatisations au profit des amis, ravit évidemment la droite, au point de faire exploser le parti Les Républicains. Ceux-ci n’ont plus d’espace, et donc décident un peu dans le désordre à se soumettre à une forme de fusion-acquisition[6]. Mais en même temps, Macron a fait sauter cette fiction de l’extrême centre[7]. Sa dérive langagière a au moins une vertu c’est de faire exploser le mythe d’une gouvernance d’experts qui se situerait au-dessus des a priori idéologiques. Ce dévoilement a été en fait permis par la « gauche » qui s’est perdue en s’adaptant au marché par cupidité et opportunisme. Tout ça pour dire que les extravagances de Macron vont maintenant obliger la gauche à se refonder. C’est-à-dire à ce qu’elle revienne vers une forme de social-démocratie originelle, celle d’avant la reconnaissance de la suprématie du marché[8]. Cette nécessité de revenir au socialisme explique pourquoi aujourd’hui le PCF a des résultats électoraux si misérables, « l’Europe des gens » n’a convaincu personne. Et pourtant un peu partout dans le monde, on sent des changements. Aux Etats-Unis grâce à Sanders, il est maintenant possible de poser la question du socialisme à des heures de grande écoute ! Mais au Danemark les sociaux-démocrates sont revenus au pouvoir en abandonnant la rhétorique libérale, notamment en réexaminant la question de la mondialisation, du libre-échange et des migrations[9].

    Macron est vraiment très fatigué et doit partir

    L’impasse du modèle allemand, la question de l’écologie, comme celle des migrations font apparaitre les propositions de Macron comme des solutions au mieux farfelues et sans avenir. Les recette de Guizot c’était le libéralisme et la corruption. Elles étaient déjà mauvaises en 1848, et elles amenèrent la Révolution de 1848, l’exil de Louis-Philippe, et celui de Guizot qui partit ruminer sa déconfiture en Angleterre. C’est d’ailleurs à Guizot que Macron, sans doute le président le plus corrompu de la Vème République, que l’arrogance satisfaite de Macron fait penser, la même inconscience aussi. La maxime de François Guizot[10] était « enrichissez-vous », ce qui peut être rapprocher des macroneries du type : « il suffit de traverser la rue pour trouver un emploi » ou « il faut que des jeunes Français aient envie de devenir milliardaires ».

    « La corruption officielle ne manquait pas de sujets à corrompre. M. Guizot était parvenu à un tel degré de manipulation de tous ceux qui l’approchaient que lui et son maître se réjouissaient probablement à l’idée d’un pourrissement généralisé. L’apparence de ces éléments les plus proches leur dissimulait l’état réel de la France dans son ensemble. Cette ignorance eut pour effet qu’un beau jour le roi astucieux et son philosophe de ministre se retrouvèrent en Angleterre sans couronne ni poste. »[11]



    [7] Pierre Serna, L’extrême centre ou le poison français, Le champ wallon, 2019. Ce terme d’extrême-centre désigne non seulement des formations politiques comme celles de Macron ou de Renzi, mais cette manière de tuer le débat politique en masquant que le « centre » n’est qu’une autre dénomination pour la droite affairiste.

    [8] C’est au congrès de Bad Godesberg en 1959 que le PSD abandonna l’idée de socialisme

    [10] Il y aurait beaucoup à dire sur Guizot auquel Macron ressemble aussi physiquement, y compris dans la manière de perdre ses cheveux. C’était un fils d’émigrés dont la famille se réfugia à Genève pour fuir la Révolution française. Il était aussi haï par le peuple que Macron aujourd’hui. Il est resté comme le symbole du capitalisme corrompu et affairiste. Laurent Theis, Français Guizot, Fayard, 2008. Guizot sombra tout naturellement dans l’oubli.

    [11] The Spectator Archive, 18 mars 1848

    « Acte XXXI, les gilets jaunes prennent le maquisJulia Cagé, Le prix de la démocratie, Fayard, 2018 »
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