• Les sondages et l’Europe

     

    Libération, journal libéral sur le plan économique et social comme sur la question des mœurs vient de publier le 5 mai 2014 un sondage sur l’Europe, sans doute histoire de vérifier que le cheminement vers l’Europe n’est pas une route pavée de roses, mais aussi pour faire un peu de propagande en faveur de l’Union européenne, voire en faveur de l’euro. Pour ce journal tout n’est pas perdu : l’Europe resterait une grande idée mobilisatrice. Un sondage est un sondage, et il ne faut pas lui faire dire plus qu’il n’en promet.

     

    Le premier point est que massivement les Français rejettent la politique économique bruxelloise. On s’en serait douté, mais c’est une confirmation. L’Europe de la banque et du libre-échange est condamnée. Surtout ce qui est condamné c’est que l’Europe, à travers ses traités et le carcan de la monnaie unique ne permet plus aux Etats d’intervenir en faveur d’une politique de l’emploi, pour protéger le droit du travail, ou encore pour relancer la croissance. Il est remarquable que la réduction des déficits ne figure pas parmi les priorités que les Français voudraient voir donner à l’Europe. En bref, ils sont pour un gouvernement interventionniste qui s’occupe de l’emploi et du pouvoir d’achat avant la gestion des déficits. L’inverse de la politique de Sarkozy-Hollande.

     

    Libération souligne que majoritairement les Français veulent rester dans l’Europe et conserver l’euro. Ce paradoxe fait que l’idée selon laquelle une autre Europe plus « sociale » serait possible, a toujours des partisans nombreux. Pour l’instant les Français – mais on a le même résultat en Grèce où pourtant la situation est bien plus difficile – veulent une autre Europe, moins prisonnière des marchés, sans très bien comprendre que les traités européens ont été écrits pour empêcher tout retour en arrière vers une économie plus régulée. Mais ne peut-on penser qu’une campagne référendaire sur la sortie ou non, ne les éclairerait ? Comme cela s’est passé pour le « non » au TCE qui était donné largement perdant, et qui fut finalement largement majoritaire. Des tendances lourdes travaillent contre l’Union européenne. Déjà l’élargissement de l’Union est condamné. Et il est assez bien compris que l’élargissement s’est fait au détriment de l’approfondissement des règles. On comprend donc assez bien que l’Union telle qu’elle a été construite à marche forcée est un ensemble trop vaste et trop disparate, ingérable. 

    Soixante années de matraquage publicitaire – tous les quotidiens nationaux sont pour l’Europe – ont laissé croire à l’opinion que l’Union européenne c’était la paix et le progrès, que c’était pour tout dire moderne, et que de s’en passer, nous ramènerait vers des temps anciens, des manières archaïques de vivre et de penser. L’opinion a admis au moins provisoirement que de faire l’Europe c’était aller dans le sens de l’histoire. Et le sinistre François Hollande vient de le répéter. Mais il va de soi qu’un système institutionnel aussi alambiqué que l’Europe et ses sous-boutiques n’a pas d’avenir s’il se contente d’exhiber des résultats médiocres dans tous les domaines.

     

    « Les mauvaises manières de François HollandeLieux communs et mensonges sur l’Europe »
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  • Commentaires

    1
    Peretz
    Samedi 10 Mai 2014 à 12:43
    Européennes
    J'ai commis un petit texte sur Agoravox. "Pourquoi je vais m'abstenir aux européennes" Rubrique EUROPE. Si les français sont encore majoritairement pour l'Europe, c'est parce qu'ils n'en connaissement pas le fonctionnement. Et parce que la plupart des partis politiques présentent des candidats.
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