• Les nouveaux censeurs

    Comme on le sait j’ai beaucoup d’estime pour le travail que fait Jacques Sapir. Mais ce que fait Sapir ne plait pas à quelques méchants nains qui espèrent se refaire une virginité en jouant les calomniateurs de bas étage. Comme Sapir a des idées pour sortir de l’Europe et de l’euro, et que pour cela il suggère de créer un front large dans lequel les adhérents du FN ne seraient pas exclus, supposant à juste titre qu’une grande partie de ceux-ci ne sont pas des fascistes ou des nazis – i y a même dans ce parti des transfuges du PCF ou du PS – certains coupent au plus court et le traite de fasciste.  

     

    Les nouveaux censeurs   

    Les cathos ont aussi de l’humour !

     

    Il se trouve que si j’approuve l’idée de sortir de l’Europe, j’ai dit clairement ce que je pensais du Front National : je ne suis pas favorable à une alliance avec le FN parce que je pense qu’il faudrait qu’émerge une nouvelle façon de faire de la politique. Donc je ne peux pas être suspect une minute de vouloir m’allier avec le FN. Je l’ai dit et je l’ai écrit. C’est justement sur ce point particulier que je suis en désaccord avec Sapir. Mais voilà qu’un méchant petit aigre, Alain Beitone, pour ne pas le nommer suggère qu’étant donné que je cite souvent Sapir, je suis un type confus et donc qu’à ce titre je n’aurais même pas le droit de donner des conférences sur Marx à l’UPPAE – l’Université Populaire du Pays d’Aubagne et de l’Etoile. Parce que si j’approuve Sapir sur l’idée de sortir au plus vite de l’euro et de l’Europe, c’est bien la preuve que je serais moi aussi un crypto-fasciste confus.

    Je vais faire l’effort d’instruire un peu Beitone qui a fait des études incomplètes : d’abord je lui rappellerais que je suis contre l’Europe depuis bien plus longtemps que Sapir, et même bien avant que le FN avant l’arrivée de Florian Philippot qui venait de chez Chevènement, ne s’empare de ce thème. Je suis resté sur la ligne que défendais le PCF et une très large majorité du PS avant le malheureux tournant de Mitterrand en 1983 : pour moi l’Europe et ses différentes boutiques sont juste des instruments  au service de la finance et des multinationales. J’ai écrit en 2005 un ouvrage au titre très clair : Contre l’Europe dans lequel je préconisais justement qu’on en finisse avec cette idée délétère d’une Europe quelle qu’elle soit. Et à cette époque si Sapir était bien évidemment comme tous les gens sensés hostile au TCE, il n’était ni pour une dissolution de l’euro, ni pour une sortie directe de l’Union européenne. Il pensait encore que les choses pouvaient s’arranger. Je me souviens aussi très bien que Jean-Marie Le Pen en 2002 ne se disait pas antieuropéen, mais lui aussi voulait une autre Europe : une Europe blanche cela va de soi. A cette époque par sa radicalité le seul qui était un peu sur la même longueur d’onde que moi c’était François Asselineau qui a la même époque commençait à analyser les dégâts économiques et sociaux qu’engendrait l’Europe.

    On pourra me reconnaître au moins de la constance dans mes idées anti-européennes. Mais c’est ce qui semble-t-il ne plait pas à Alain Beitone.  Et il ne comprend pas non plus que j’enseigne Marx et que je trouve cet auteur fort à mon goût. Il suppose que quand on lit Marx, on est automatiquement pour l’Europe : soit pour un internationalisme sans nation.

    Je trouve à l’inverse de ce qu’avance le malheureux Beitone que ce sont les débris de la gauche qui sont très confus. Donnons un exemple : ce sont les conseillers de François Hollande qui étaient derrière les manœuvres de Tsipras dans ses négociations avec la canaille de l’Eurogroupe. On voit bien au vu des résultats obtenus par Tsipras, que celui-ci était dans l’erreur. Mais ça ne fait rien ! Alors que les Grecs sont plutôt dégoutés de la reddition de Tsipras, le PCF le soutient encore, alors même que le KKE et l’Unité Populaire n’arrête pas de dénoncer la honteuse attitude de Tsipras, que Varoufakis dit également qu’il a été berné par son premier ministre. En politique il ne faut pas confondre volonté et entêtement imbécile. La gauche est devenue inaudible en France essentiellement parce qu’elle n’avait rien à dire d’intéressant sur l’Europe.

     Les nouveaux censeurs  

    Le malheureux Beitone de profil 

    En vérité Alain Beitone, comme tous les anciens maoïstes, s’il aime bien donner des leçons et envoyer des lettres comminatoires pour tenter de me mettre des bâtons dans les roues, sait très bien que je n’ai rien à voir, ni de près, ni de loin avec le FN. Il me connaît bien puisque nous étions dans la même promotion lorsque nous faisions des études d’économie. Mais il ne m’aimait pas beaucoup – ce qui est son droit – sans doute parce qu’il n’est pas arrivé à faire sa thèse, sans doute aussi parce qu’il était peu à l’aise avec les filles. Ce qui n’est pas son droit par contre, c’est de dire des conneries dans mon dos, et surtout de tenter d’accréditer cette idée absurde selon lesquelles ce serait moi le confusionniste plus ou moins intéressé, moi qui serait en passe de m’acoquiner avec le diable. Or, je n’ai pas varié de position sur la question de l’Europe depuis au moins trente ans. 

    Sans doute ai-je donné trop d’importance à cette petite querelle picrocholine, elle est cependant un reflet de la décomposition dans laquelle baigne la gauche : faute d’avoir des idées et des propositions concrètes à avancer, on essaie de salir les autres pour se donner un genre de radicalité à peu de frais.

    « Soutenir la Grèce, mais comment ? Critique de Colletis et MargarisUn programme anti-européen de gauche »
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  • Commentaires

    1
    Sylvie
    Mardi 8 Septembre 2015 à 23:53

    C'est ainsi que l'oligarchie dominante désarme les dominés : « souverainiste ! », « complotiste ! », « rouge brun ! »... une fois étiqueté, classé, vous n'êtes plus audible. Certains intellectuels - dont A. Beitone - manient plus facilement l'oukaze que le débat d'idées, contribuant ainsi à la stérilisation idéologique de la gauche. Le capitalisme peut-être tranquille, il a encore de beaux jours devant lui.


    Sylvie

    2
    Mercredi 9 Septembre 2015 à 07:14

    C'est exact, mais la gauche crève justement de cette incapacité à parler des problèmes réels, je veux des problèmes qui intéressent les gens. Ces dernières années qu'est-ce qui a mobilisé cette gauche fantôme ? Des problèmes de société comme on dit. Rien sur des problèmes vraiment importants et compliqués : l'Europe, les migrations - sujet décisif - l'agriculture, j'en passe et des meilleures. C'est bien ce qui fait croire que les idées de gauche ne sont plus populaire. Mais je crois le contraire : massivement les sondages montrent que les gens sont 1. pour une réduction des inégalités 2. très remontés contre la bureaucratie bruxelloise,  3. contre la financiarisation du monde, etc. Il y a du grain à moudre comme on disait dans le temps. En fait se sont les partis qui soi-disant représentent la gauche qui se sont effondrés et non pas les idées de gauche.

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