• Les gilets jaunes, acte IV, Macron doit démissionner

    Les gilets jaunes, acte IV, Macron doit démissionner

    Des blindés contre le peuple à Paris 

    C’est maintenant toute la France qui s’embrase. Alors que Castaner avait renforcé le dispositif de sécurité à Paris, avec un appel à des blindés de la gendarmerie, toute cette dramatisation n’a pas empêché les actions des gilets jaunes de partout en France. Paris a été le lieu principal des affrontements, mais cette fois, c’est toute la capitale qui s’est embrasée, les violences ne se sont pas concentrées sur les Champs-Elysées où les gilets jaunes étaient attendus, preuve que les gilets jaunes font preuve d’un sens tactique consommé : ils prennent en permanence de cours les forces de l’ordre. A Paris, très tôt le matin les arrestations étaient massives, des centaines de personnes étaient raflées, embarquées dans des bus et mises en garde à vue. Mais si cela épuisait les forces de l’ordre, les gilets jaunes continuaient leur offensive d’hiver. Ça brulait sur le boulevard de Courcelles, place de la République, en haut des Champs Elysées. De temps en temps des barricades légères se montaient, sans trop tenir bien longtemps, et les pavés volaient. De nombreux magasins ont été pillés et les b=anneaux en bois qu’on avait mis pour les protéger, étaient enlevés et servaient à la construction des barricades. On pourrait dire que cela devient une habitude du samedi. Toute la semaine on attend le samedi pour aller manifester sa colère contre Macron et ses troupes suréquipées. Ce n’est plus un mouvement social, c’est clairement la guerre civile. Evidemment les chiffres donnés par Castaner étaient délibérément mensongers, mais ils étaient repris sans problème par l’ensemble de la presse. En effet si on s’en tient aux chiffres de Castaner il y avait en France pratiquement autant de policiers que de manifestants ! Malgré l’incompétence avérée de Castaner, cela n’est pas possible car les affrontements n’auraient pas duré toute la journée.

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    Place de la République ça cogne aussi 

    La nouveauté de ce samedi 8 décembre, outre qu’il n’y a eu pas la désescalade attendue, c’est que dans de très nombreuses villes de France les manifestations ont tourné à la violence, à Toulouse, Nantes, Marseille, Saint-Etienne, Strasbourg. Et j’en passe. La tactique est la même qu’à Paris, des petits groupes extrêmement mobiles et fluides qui vont plus vite que les forces de l’ordre. Celles-ci sont bien trop lourdes et statiques pour avoir une efficacité quelconque. C’est au moins la troisième semaine où le maintien de l’ordre n’est pas assuré, et donc il devient évident que le ministre de l’intérieur est d’une incompétence notoire. On l’avait déjà souligné la semaine dernière, ni lui, ni Nunez, ni même Delpuech ont appris de la répétition des événements. L’entêtement imbécile de macron a renforcé la détermination des gilets jaunes. Et pourtant, les syndicats avaient mis le paquet pour casser le mouvement, la CGT et FO annulant la grève des routiers prévue. Voilà encore un point commun avec Mai 68, les syndicats sont pour briser le mouvement, puis ensuite, ils vont négocier des miettes en espérant que Macron les remerciera. Tous les syndicats se sont maintenant proposés pour intercéder entre Macron et son gouvernement de clowns, et le peuple. Mais voilà le peuple est tellement dégouté des syndicats et des partis qu’il se démerde tout seul. De partout où passe, sur les ronds-points, aux péages, le refrain est le même les partis et les syndicats sont mis au banc de l’infamie. Et les gilets jaunes continuent les blocages et les barrages filtrants. Preuve de leur maturité politique, non seulement ils décrètent la gratuité des péages autoroutiers, narguant ainsi les sociétés privées rapaces qui se font du beurre gras sur notre compte, mais ils visent plus particulièrement les grandes surfaces et les zones commerciales isolées à l’extérieur des centres villes. Les gilets jaunes veulent aller jusqu’au bout c’est-à-dire jusqu’à la démission de Macron qu’ils ne considèrent plus comme légitime et dont ils ne supportent plus la tête à claques – ce qualificatif n’at pas de moi, il est de Franz-Olivier Giesbert, FOG, journaliste sans trop de colonne vertébrale, un macronien de la première heure, et un salonard de tout temps qui a fait l’essui glace entre la fausse gauche et la vraie droite.

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    Manifestation violente à Toulouse 

    De partout c’est ce qu’on entend maintenant, on ne veut plus le voir, et si on veut rétablir le calme d’ici la Noël, la démission de Macron est impérative. Ce serait bien la première fois qu’un président de la Vème République démissionne sous la pression de la rue. Le succès national des manifestations des gilets jaunes du 8 décembre laisse mal augurer d’une accalmie rapide, au contraire le mouvement s’enracine. Sauf à ce que Macron se renie complétement et change de politique économique et sociale. Mais les demandes sont trop grandes pour qu’il s’y plie entièrement. Certes il va faire semblant avec la complicité des syndicats de jouer le dialogue, mais les gilets jaunes sont peu enclins à écouter Martinez ou Berger qu’ils méprisent et qui depuis le début leur crachent dessus et qui maintenant veulent faire semblant de jouer un rôle important. Il semble qu’au contraire le mouvement va s’étendre cette semaine. Il n’est pas certain que les routiers suivent les consignes syndicales, mais les agriculteurs menacent aussi d’entrer dans la danse, et puis il y a les gros bataillons de l’éducations nationale qui ont peu apprécier la répression des lycéens, notamment ces scènes filmées à Mantes-le -Jolie. Les formes du mouvement sont assez peu couteuses, on se relaie sur les barrages et on manifeste le samedi. Ainsi on ne perd pas de salaires. C’est un avantage. L’autre avantage est que le mouvement est permanent, continu. Contrairement aux actions syndicales qui durent une journée ou deux et qui laissent au pouvoir le temps de se reprendre. Là les forces de sécurité sont sous tension depuis des semaines. On va bien voir comment elles vont réagir. Déjà la semaine dernière un syndicat de policiers, VIGI, a appelé à la grève illimitée.

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    Violences à Marseille 

    Le mouvement des gilets jaunes s’étend et s’approfondit de ville en ville. Ils tiennent des réunions nombreuses et peaufinent leurs doléances auprès des mairies qui ont lis des cahiers de doléances à leurs dispositions. Parmi ces revendications revient avec constance la question du SMIC et de l’augmentation des retraites, mais aussi celle de la justice fiscale et le retour de l’ISF. Tout ça est bien connu maintenant. Mais si l’objectif principal des gilets jaunes est le départ de Macron, il y a un second objectif qu’on oublie un peu, ou qu’on fait semblant de ne pas voir. Sur les Champs Elysées, le 8 décembre, on pouvait voir des pancartes pour le Frexit. L’Union européenne est en effet la seconde cible des manifestants en gilet jaune, en France, mais aussi ailleurs. Vendredi 7 décembre et samedi 8 décembre il y a eu des manifestations de gilets jaunes en Belgique, à Bruxelles précisément. Les manifestants ont attaqué le siège de l’Union européenne. Les manifestations ont été violentes, avec de très nombreuses interpellations. La fièvre des gilets jaunes a gagné aussi les Pays Bas avec des manifestations violentes, très hostiles à la mondialisation, et une demande pressante du départ du premier ministre.  Très souvent d’ailleurs les gilets jaunes en France ont conscience que les revendications qu’ils réclament, hausse du SMIC, rétablissement de l’ISF, hausse des retraites, se heurteront nécessairement au véto de la Commission européenne qui contrôle notre budget, comme elle prétend le faire pour le budget italien, et donc que tôt ou tard il faudra bien en sortir. Il est probable évidemment que Bruxelles se gardera de tancer trop vertement Macron, parce que c’est le meilleur élève tout de même, et donc qu’ils lui accorderont un peu de temps pour résorber un déficit qui évidemment va exploser. 

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    Manifestation des gilets jaunes en Belgique 

    Les pertes pour l’économie française sont déjà considérables. On les évalue aujourd’hui grossièrement à au moins 20 milliards d’euros, et ce n’est pas fini, on évalue à 13 milliards les pertes de l’agro-alimentaires, 1 milliard pour le commerce de détail, etc., avec des pertes lourdes pour le tourisme et pour la grande distribution, sans compter les pertes pour le secteur des assurances et le surcoût pour des municipalités maltraitées. 20 milliards d’euros c’est pratiquement un point de croissance sur l’année 2018. Il est possible que d’ici Noël les pertes s’aggravent encore et que l’année se termine avec une croissance nulle ou proche de zéro. Dès lors le budget sera en grand déficit, et il se pourrait que Macron soit contraint de remettre son idée saugrenue de doubler le volume du CICE à plus tard. En effet le CICE c’était jusqu’à présent 20 milliards par an, mais en 2019, alors que tout le monde s’accorde pour dire que le CICE ne crée ni emplois, ni investissements, il devrait passer à 40 milliards. C’est beaucoup d’argent, et c’est vécu principalement comme un transfert de revenus des plus pauvres vers les plus riches. Le budget 2018 était en effet construit sur la base d’une croissance de 1,8%, croissance que l’INSEE avait révisée ensuite à 1,5%, mais c’était avant que le mouvement des gilets jaunes ne se développe.

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    Manifestation à Bruxelles directement contre le siège de l’Union européenne 

    La semaine qui s’ouvre va être décisive : soit Macron arrive à calmer la colère en inversant à toute vapeur sa politique, par exemple en revalorisant les pensions et le SMIC, soit il doit s’attendre à l’agrégation de nouvelles contestations, notamment celle des agriculteurs, et à un acte V samedi prochain. Il semble qu’il se sente bien obligé maintenant de lâcher un peu du lest s’il veut conserver son poste. Au cœur de la révolte, on l’a dit et redit, il y a la question du pouvoir d’achat des plus pauvres. Mais il faut encore que le geste soit conséquent et pas seulement dans l’annulation d’une taxe qui n’existe pas encore. Que voulez-vous les gilets jaunes ont pris maintenant l’habitude de la contestation, c’est leur petit plaisir que de voir l’arrogant président perdre pied. Je pense pour ma part que probablement Macron va mettre en scène cette semaine de faux dialogues avec les syndicats et quelques gilets jaunes triés sur le volet et faire semblant de céder quelques bricoles pour calmer la fièvre, du même coup ça redorerait le blason des syndicats qui dans cette affaire ont plutôt brillé par leur imbécilité. C’est à double tranchant, parce qu’en même temps que Macron mangera son chapeau, il deviendra évident pour tous que les gilets jaunes ont obtenus beaucoup plus en un mois de lutte que les syndicats en dix-huit mois de fausse opposition plan-plan. Le régime détesté à fait preuve ces derniers jours d’une grande violence, et les images des blindés dans les rues de Paris ont fait le tour du monde, particulièrement appréciées en Allemagne où on a encore la nostalgie des Panzer Divisions. Erdogan et Poutine se sont plu à faire la leçon à Macron en disant qu’il agissait avec trop de brutalité et qu’il devait maitriser ses pulsions dictatoriales pour ne pas dire plus.

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    A Paris Uma Thurman est très fière d'encourager les gilets jaunes

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