• Les femmes, la violence policière et les gilets jaunes

     

     Il faut le dire pour commencer, si le mouvement des gilets jaunes que la chienlit médiatique a présenté comme islamophobe, homophobe et quasi-fasciste, c’est parce que les femmes ont été depuis le début en première ligne, et qu’elles le sont toujours. C’est quelque chose de relativement inédit, et probablement un tournant historique dans l’histoire des luttes sociales. Elles ont été massivement sur les ronds-points et dans les manifestations. Phénomène encore plus nouveau, ce sont des femmes de tout âge, des jeunes et des vieilles, qui se sont lancées avec courage dans l’action subversive.  

    Les femmes, la violence policière et les gilets jaunes

    C’est sans doute un phénomène qui n’est pas si simple à expliquer. Certes, il s’inscrit dans la longue durée dans la volonté des femmes de s’émanciper et de ne pas rester des citoyennes de seconde zone. C’est un mouvement qui est presque naturel avec l’accroissement de l’éducation et des droits individuels. On peut également invoquer que les femmes étant souvent moins bien considérées dans leur lieu de travail sont aussi moins bien payées[1] et donc qu’elles ont-elles aussi de bonnes raisons de se révolter. On sait aussi qu’elles sont plus souvent que les hommes dans la précarité[2].  

    Les femmes, la violence policière et les gilets jaunes

    Tout cela est assez vrai et bien documenté. On voit en effet de plus en plus souvent des femmes prendre la parole, organiser les mouvements ici et là, aller au contact de la police. Bref donner une autre image de la femme que celle que peut donner Brigitte Trogneux, pomponnée, replâtrée de frais, chargée d’un sourire imbécile et artificiel. Elles n’ont pas des robes à 15 000 € qui leur auraient été offertes par l’ignoble Bernard Arnault qui croit pouvoir tout acheter avec son fric maudit. Et c’est sans doute comme cela que nous les préférons à ces greluches de la haute qui puent le parfum pourri à 500 € le flacon. Cependant c’est une particularité très française somme toute : Macron et son régime n’aiment pas les femmes, et les femmes n’aiment pas Macron, ni sa femme qui ne ressemble à rien de connu dans le catalogue des espèces naturelles. Macron a beau faire des ronds-de-jambe par l’intermédiaire de l’abominable Schiappa pour faire semblant qu’il aime les femmes, personne ne le croit sur les ronds-points. Du reste s’il n’aime pas les femmes, il n’aime guère l’autre moitié du genre humain : doté d’une empathie d’enclume, il est l’ennemi du genre humain, l’ami de l’argent, la cupidité incarnée. Si la politique macronienne est haïe, elle l’est aussi de par la personnalité de celui qui l’incarne. Et sans doute les femmes sont peut-être un peu plus sensibles à cet aspect des choses que les hommes, ce qui pourrait expliquer – très partiellement – pourquoi les syndicats, tenus par des hommes qui se prennent au sérieux, mais qui ne le sont pas, sont passés complètement à côté du mouvement des gilets jaunes.  

    Les femmes, la violence policière et les gilets jaunes

    Mais la contrepartie de l’engagement des femmes c’est que Macron et ses milices se sont montrées d’une rare violence envers les femmes justement. L’exemple le plus récent et le plus choquant est celui de Geneviève Legay, âgée de 73 ans, elle manifestait pacifiquement à Nice. Une charge des plus brutale l’a envoyée au sol où apparemment elle se serait assommée en tombant sur un plot, invention des aménageurs urbains destinée à emmerder le peuple. Geneviève Legay était là pour manifester contre la dictature macronienne qui interdit maintenant de manifester. Elle manifestait donc pour la défense des libertés élémentaires en démocratie. Membre d’ATTAC, elle participe souvent à des manifestations – par parenthèse cette dame n’a absolument pas le profil du gilet jaune décrit par cette crapule de BHL, à savoir le casseur d’extrême droite avide de renverser la République. Pire encore, sur la vidéo on peut voir que les miliciens de Macron empêchent les médics, ces bénévoles qui tentent de porter run secours médical aux personnes blessées par la police, d’intervenir[3]. On le voit également sur la photo ci-dessous : c’est une attitude clairement fasciste qui confirme la dérive d’un régime aux abois. Macron à l’occasion de cet épisode confirmera ce que nous disions plus haut, sa haine des femmes en particulier et de l’humanité en général : « Quand on est fragile, qu’on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci » dit-il dans une interview à Nice matin daté du lundi 25 mars. Certes on savait que c’était un sale con doublé d’un imbécile, mais il a dépassé les bornes de la décence à cette occasion. Après tout, vu son âge, Geneviève Legay aurait pu être sa femme ou sa mère ! Il est très fort pour faire remarquer son ignominie et sa bassesse. Se rend-il compte de l'obscénité de ses propos ?  

    Les femmes, la violence policière et les gilets jaunes

    « Je trouve tout de même curieux que lorsqu’une manifestation est interdite, comme c’était le cas à Nice, quelqu’un aille absolument avec la volonté de manifester à cet endroit-là », avait déclaré Nicole Belloubet sur BFMTV. Cette même sorcière qui passe son temps à demander aux juges d’être très sévères avec les gilets jaunes. Ce que ces mêmes juges sans vergogne s’empressent de faire d’ailleurs, même le Syndicat de la magistrature a dénoncé, bien mollement selon moi, les directives du parquet[4].  

    Cet épisode va une fois de plus se retourner contre lui. En effet les Niçois prévoient de faire une manifestation pour Geneviève Legay et plus généralement pour la défense des libertés qui sont plus que malmenées par les temps qui courent. Il serait bon que les partis d’opposition et les syndicats se bougent un petit peu pour dénoncer ces violences ignobles.

    Les femmes, la violence policière et les gilets jaunes  

    Si le cas de Geneviève Legay est spectaculaire et a été à juste titre dénoncé, les femmes subissent depuis le début du mouvement des gilets jaunes des attaques physiques violentes de la part de la police. Il se murmure que cette violence contre les femmes est encouragée et voulue, justement pour les raisons qu’on a évoquées ci-dessus, en effet plus les femmes sont nombreuses et déterminées, plus le mouvement durera. Ce n’est donc pas un hasard si elles se font très maltraiter. Nous avons vu de nombreuses vidéos de policiers s’acharnant sur leur victime, les tabassant ou les gazant sans raison. Leur lâcheté les autorisant souvent à se mettre à plusieurs sur une seule personne désarmée, eux bien protégés, anonymes derrière leurs habits de robocops. Ils font de même avec les femmes. Ces gens là qui sont bien plus circonspects quand ils vont visiter les cités comme La Bricarde et la Castellane à Marseille, affichent le plus souvent une virilité de pacotille, et parmi les canons de celle-ci, il y a le fait qu’on ne doit pas frapper une femme « même avec une fleur ». ce devrait être d’autant plus vrai que celles-ci sont toujours désarmées.  

    Les femmes, la violence policière et les gilets jaunes

    Le cas de Geneviève Legay n’est malheureusement pas isolé. Il y a d’autres femmes âgées qui ont subi les foudres de la répression fascisante macronienne. Voyez ci-dessous la photo de cette vieille dame gazée par un petit merdeux qui se croit travailler pour la Gestapo. Remarquez la différence d’équipement, remarquez la différence de taille. Frapper plus faible qu’eux, les flics n’y renoncent rarement. Comme je l’ai dit ils font moins les malins quand ce sont les banlieues qui se soulèvent comme à Grenoble et que des dizaines de voitures brulent[5]. Certes les autorités sont moins intéressées par ce qui brulent dans les quartiers que par l’incendie du Fouquet’s. A croire que ceux qui rentrent dans la police sont plutôt des gens très peureux qui ne pourront donner le plein de leur violence rentrée que contre plus faible que soit. Des policiers ont témoigné : ils reçoivent des ordres précis de leur hiérarchie pour enfreindre les lois[6]. Nous le croyons sans peine. Et donc si on leur dit de cogner des femmes sans défense, et bien ils le font. On voit qu’ils sont doublement lâches : d’abord de cogner comme des sourds sur des femmes désarmées, mais ensuite de ne pas refuser les ordres ignobles et illégaux qu’ils reçoivent.  

    Les femmes, la violence policière et les gilets jaunes

    Les excuses pour cogner tout le monde et plus particulièrement les femmes sont ignobles, mais elles sont clairement exprimées par Macron, le président-fou. Que nous dit-il ? Que cette femme « fragile » n’avait qu’à pas être là. Au fond que les femmes n’ont rien à faire dans les manifestations surtout si elles sont interdites. Mais des manifestations interdites, il y en a eu tout plein dans l’histoire. Si Macron avait fait un peu des études, il le saurait. Donnons un exemple, le 11 novembre 1940, les étudiants défient le pouvoir et s’en vont fleurir la tombe du soldat inconnu en chantant La Marseillaise après avoir remonté les Champs-Elysées. Certains se feront matraquer ou arrêter, parce que la manifestation était interdite. Eux aussi étaient dans une position illégale. Les flics ne se sont pas posés de question, ils ont appliqué les ordres venus d’en haut. Vers la fin de l’occupation, ils se convertiront en libérateurs de Paris. Les policiers rebelles à la préfecture de police de Paris étaient très minoritaires, mais il y en avait.  Aujourd’hui on chercherait vainement un flic qui se rebelle contre la dictature macronienne, ouvertement. On le voit l’illégalité d’une manifestation n’est pas une excuse à ce déchaînement de violence policière. 

    Les femmes, la violence policière et les gilets jaunes 

    11 novembre 1940, des étudiants participent sur les Champs Elysées à une manifestation interdite 

    Grâce à leur courage, les femmes ont contribué, et pas qu’un peu à dévoiler la vraie nature du régime et de son appendice policier. Je l’ai répété souvent, les femmes sont plus pugnaces que les hommes lorsqu’elles s’engagent, et c’est sans doute ce qui fait peur à Macron : en effet le mouvement malgré des hauts et des bas, ne faiblit pas et affiche toujours une forte détermination. Pour que les femmes s’engagent aussi fortement que cela, il faut que la colère soit profonde, et cela annonce à terme de très grands changements. Ce que n’a pas compris Macron, parce qu’il est intellectuellement très limité, c’est que plus le mouvement dure, et plus la réflexion s‘approfondit, donnant de nouvelles raisons pour agir et transformer le monde. En n’ayant pas eu cette capacité de faire la part du feu en décembre dernier, Macron a accéléré le changement social : il a montré la force d’un mouvement largement spontané, la faiblesse des organisations traditionnelles, mais également donné de la visibilité à de nouveaux acteurs de la lutte des classes.  

    Les femmes, la violence policière et les gilets jaunes 

    Les femmes, la violence policière et les gilets jaunes

     

    Fiorina Lignier éborgnée par les milices de Castaner



    [1] https://www.latribune.fr/economie/international/inegalite-salariale-les-femmes-gagnent-20-de-moins-que-les-hommes-798799.html

    [2] http://www.observationsociete.fr/ages/jeunes/la-precarite-au-travail-marque-les-jeunes-et-les-milieux-populaires.html

    [3] On peut v oir cette vidéo là.

     https://www.youtube.com/watch?v=jEuM2EfvleA

    [4] http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/02/26/97001-20190226FILWWW00059-gilets-jaunes-le-syndicat-de-la-magistrature-denonce-une-note-interne-du-procureur-de-paris.php

    [5] http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2019/03/04/01016-20190304ARTFIG00307-nouvelle-nuit-de-violence-a-grenoble-apres-la-mort-de-deux-jeunes.php

    [6] https://www.mediapart.fr/journal/france/130319/des-policiers-temoignent-est-oblige-d-accepter-des-instructions-illegales?onglet=full

     

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