• Les dérives politiques et langagières de François Hollande

    En campagne électorale sur Canal+, le sinistre Hollande qui vise à reconquérir un électorat bobo qui n’existe pas forcément d’ailleurs, s’est laissé aller à délirer. Comme quoi il n’y a pas que Sarkozy qui a des mauvaises manières !  

    Les dérives politiques et langagières de François Hollande

    La dernière sortie télévisée de François Hollande, ancien candidat de gauche, a confirmé que nous avons le gouvernement le plus à droite depuis le maréchal Pétain. On sait tout le mal que je pense du petit Macron qui a regretté publiquement que la France n’ait pas réalisé en leur temps les mêmes réformes que celles de Margaret Thatcher. Avant l’élection de Hollande en 2012, il était de bon de critiquer au PS Tony Blair, justement pour avoir adoubé les réformes très anti-sociales de celle qu’on appelait la Dame de fer et qui sombra dans l’alcoolisme et la prévarication. Je passe sur son soutien même pas dissimulé aux eurocrates en lutte contre le nouveau gouvernement de gauche qu’ils veulent faire plier.

    Après avoir fait la réclame pour le libéralisme – que des commentateurs appellent curieusement social quand c’est le PS qui se charge de sa mise en œuvre – Hollande vient de s’en prendre au Parti communiste en comparant Marine Le Pen à un tract du Parti communiste des années 70. Evidemment, connaissant Hollande, cette sortie n’est pas à mettre sur le compte de la bévue politique. Cet imbécile qui se croie malin, aime à distiller des petites phrases à double ou à triple sens. Il est évident que dans la bouche de Hollande qui a tout misé pour 2017 sur l’idée d’un Front républicain qui le ferait gagner à coup sûr, il s’agit bel et bien d’une insulte puisque le seul programme que les « socialistes »  affichent réellement c’est la lutte contre le Front National comme une fin en soi. Il va de soi que l’anti-communisme primaire est le revers politique de la médaille libérale. Mais jouer à faire peur avec les communistes est tout de même incongru par les temps qui courent. On pourrait même penser que cette injure faite au PCF encouragera encore plus les ouvriers à voter pour le FN qui, comme on le sait depuis les dernières élections départementales est le premier parti ouvrier en France. 

     

    Une triple erreur d’analyse 

     

    Le but de Hollande qui doit se penser comme un puissant stratège – ou qui parfois doit se rêver en une réincarnation de François Mitterrand – c’est de s’aligner sur la pensée unique dont la matrice se trouve à Bruxelles et accessoirement dans les bureaux de l’UMP – pardon des Républicains. On voit bien là le sens de la manœuvre. Il a d’abord piqué le programme économique de l’UMP et il le fait appliquer manu militari par un banquier qu’il a nommé comme ministre de l’économie et qui se trouve être complètement sarko-compatible. Et maintenant voilà qu’il se range ouvertement dans le camp de la droite libérale et affairiste, dénonçant en filigrane le danger du communisme. Sans doute, comme les sociaux-démocrates européens d’aujourd’hui, pense-t-il que les idées de gauche, l’idéal de partage et de solidarité, la lutte contre les inégalités, n’ont pas d’avenir.

    Il n’y a pas de hasard, il faut rapprocher cela des discours foireux d’un autre anti-communiste primaire, Herman Van Rompuy qui, au début de son mandat de Président du Conseil européen avait aussi cru bon de réaffirmer les racines chrétiennes de l’Europe. La triple erreur d’Hollande réside dans cette volonté de se raccrocher aux wagons d’une vision très à droite et disons le dépassée.  

    Les dérives politiques et langagières de François Hollande

    Certes les communistes ont par le passé couvert ici et là des crimes perpétrés par Staline et ses sbires, ils ont en outre eu le grave défaut de défendre une vision autoritaire du socialisme. Ce n’est pas sans raison que le PCF a entamé son déclin en 1968, et que celui-ci s’est accéléré avec la désindustrialisation. Mais le critiquer aujourd’hui, le présenter comme le diable, alors que les communistes sont en voie de disparition, alors que ce parti était l’allié privilégié et nécessaire du PS jusqu’à une date récente,  est pitoyable et plus que dépassé. Surtout en les amalgamant à la logique du FN. C’est donc déjà une erreur que de leur donner une importance qu’ils n’ont plus, surtout que ce qui reste du PCF a fait son aggiornamento et se situe clairement dans le camp européiste et qu’il y a bien longtemps que ce parti n’est plus celui de la révolution.

    Certes se faisant Hollande montre qu’il est tout à fait l’équivalent de Sarkozy, mais il se prive de la possibilité de rallier à lui en 2017 justement les communistes et ceux qui se trouvent au Front de Gauche et qui dénoncent jour après jour les dérives droitières d’Hollande et qui voudraient bien reconstituer une Union de la gauche. Ce faisant il va susciter des candidatures sur sa gauche, ne serait-ce que pour lui faire payer ses errements. On voit mal en effet comment les communistes pourraient encore voter pour un type pareil. N’oublions pas qu’en 2012 il a été élu aussi avec les voix des communistes. On voit bien maintenant que sa stratégie va être de rallier à lui les « centristes » - la droite molle – et même pourquoi pas une partie de l’électorat de l’UMP – ceux qui seront déçu de voir que Juppé est éliminé de la course à l’Elysée.

    C’est la deuxième erreur. En effet, la très grande majorité des électeurs de droite croient qu’Hollande est de gauche. Ils ne voteront donc pas pour lui. Pour les ramener dans le droit chemin Sarkozy possède l’arme absolue :

    1. il va dire que les réformes d’Hollande ce n’est pas qu’elles sont mauvaises sur le fond, mais qu’elles ne vont pas assez loin et qu’elles n’ont pas été suivies d’effet ;

    2. il se battra sur le terrain des « valeurs », la famille, l’immigration, l’impôt confiscatoire, slogans qui suffisent en eux-mêmes à rassembler le petit peuple des boutiquiers qui sont traditionnellement son électorat.

    Plus prosaïquement, Hollande sera jugé sur ses résultats pitoyables quant au chômage. Même si d’ici les élections on peut prévoir un léger recul du chômage, il restera toujours à des niveaux très élevés. Et surtout il devra faire face à ses multiples reniements, par exemple ceux qui devaient amener à réguler la finance déchaînée. N’oublions pas non plus qu’il est à l’origine de la plus grande réforme du droit du travail depuis la Libération, réforme qui va dans le sens de ce que demande le patronat, mais que Sarkozy n’avait pas osé mettre en place. Et puis il a appuyé aussi le démantèlement de ce qui reste du service public, en attendant le vaste mouvement de privatisation qui ne saurait tarder.

    La troisième erreur est de croire que s’il était élu, hypothèse hardie aujourd’hui, il pourrait entraîner derrière lui une victoire du PS. Les choses ont changé, et Hollande n’est pas Mitterrand, il n’en a ni le charisme, ni l’intelligence. Le PS va être moribond en 2017, il va encore perdre son capital d’élus aux élections régionales. Jamais le PS n’aura eu aussi peu d’élus et de militants quand on va arriver au début de la campagne présidentielle. 

     

    Conclusion 

     

    Chaque fois que la gauche s’aventure à reprendre le programme de la droite, elle est battue. C’est encore comme ça qu’il faut analyser la défaite de la gauche en Finlande du 19 avril 2015. Dans ce petit pays, travaillé par la crise, le parti social-démocrate est arrivé en troisième position derrière les conservateurs et derrière le parti ultra-nationaliste. Peu à peu la logique européiste a balayé les partis social-démocrates de l’échiquier politique européen. Au mieux le PS pourra devenir la roue de secours des Républicains de Sarkozy, comme le SPD travaille avec zèle maintenant pour Merkel et Schaüble. Je me suis toujours méfié de Hollande, mais il me semble que les militants de ce parti auraient dû le faire aussi, ne serait-ce que dans le souci de ne pas disparaître de l’échiquier politique. 

     

    Liens 

    http://www.huffingtonpost.fr/2015/04/19/hollande-marine-le-pen-comparaison-parti-communiste-critique_n_7095732.html

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/04/19/les-centristes-arrivent-en-tete-des-elections-finlandaises_4618858_3214.html

    « « L’ENCULERIE »[1] DES FUSIONS Nokia-Alcatel-Lucent LE DERNIER « MECANO-FINANCIER »“Alerte à la catastrophe. Que faire contre la destruction délibérée de l'unité de l'homme et de la nature? “ »
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