• Les dérives du journal Le monde

     Les dérives du journal Le monde

    Le monde, anciennement quotidien de référence est en train de remplacer peu à peu Libération dans la posture des cuistres satisfaits d’eux-mêmes. Voici deux journalistes qui ne chient pas la honte, Elise Vincent et Lucie Soullier, pour ne pas les nommer, qui ont commis un article sur une très grande page du quotidien du soir, article publié dans le numéro du samedi 30 septembre. Et cet article a fait réagir très négativement les réseaux sociaux. Dans la version numérique, notez que les commentaires étaient fermés, sachant pertinemment que la réaction à la provocation serait violente.

    La notice biographique qu’on peut lire sur Internet nous donne les renseignements suivants :

    « Elise Vincent est journaliste au Monde depuis 2006. Elle a couvert les questions d'immigration de 2010 à fin 2014 avant de basculer au pôle police-justice où elle suit particulièrement les affaires de terrorisme. Elle a été lauréate du Immigration Journalism Award 2012 de la French-American Foundation qui récompense chaque année la meilleure enquête sur les questions migratoires. »

    Ça sent évidemment la frivolité formatée à Sciences Po. Mais en outre il est bon de rappeler que la French-American foundation c’est cette même association qui formate des deux côtés de l’Atlantique les Young leaders comme Macron, Philippe ou encore Rokhaya Diallo ou Maël de Calan, Sophie de Closets, la fille de celui-là même, François de Closets, qui a voué sa vie à taper sur les syndicats et les avantages des salariés. Dans son « comité » on retrouve la canaille libérale, d’Alain Minc – anciennement aussi membre du conseil de surveillance du Monde. On voit donc qu’Elise Vincent n’est pas n’importe qui, elle a du monde derrière elle, même si elle manque de talent et qu’elle confonde la brutalité de l’attaque ad hominem avec la subtilité de l’analyse. Il ne faut donc pas oublier que cet ensemble, à défaut de représenter une pensée, est un « milieu » qui se comporte avec la volonté de formater ce que l’on pense des sujets sensibles du moment. Sa copine, moins connue, c’est du même tabac.

    Mais revenons au fond. L’article est un long réquisitoire contre Patrick Jardin, le père d’une jeune femme assassinée au Bataclan dans les circonstances bien connues. Le mode de réflexion est celui-ci : certes Patrick Jardin a perdu sa fille, c’est bien malheureux, mais il a tort de haïr ses assassins ! Quand Le monde publie cet article, il sait très bien ce qu’il fait : et d’ailleurs les commentaires sont fermés, sachant qu’une telle ignominie va déclencher une vague d’indignation. Donc la question qu’on pose est la suivante : pourquoi publier un tel article immonde ? En vérité le journal du soir est devenu la caisse de résonnance de la pensée mondialiste et immigrationniste, comme une extension de Sciences Po – du reste les journalistes du Monde sont de plus en plus nombreux à venir de cette boutique où on apprend d’abord à penser « propre » avant que de penser. Officiellement ils ne font que rarement de la politique, mais en douce, ils diffusent une petite musique qui ne surprendra que le public peu averti. On peut donc dire sans se tromper qu’il s’agit de « propagande ». Sans doute en même temps nos deux journalistes se croient-elles malines de donner dans ce genre de provocation, ça t’a un petit côté rebelle, je te dis que ça. Elles font semblant de découvrir, comme si elles avaient enquêté durement et longuement, que Patrick Jardin a participé à des émissions avec des représentants de l’extrême-droite, ce qui semble à leurs yeux bien plus répréhensible que d’assassiner des jeunes gens au Bataclan. Mais si Patrick Jardin a trouvé des oreilles complaisantes du côté de l’extrême-droite, c’est parce que les journalistes dont elles représentent la quintessence l’ont complètement négligé, préférant s’attarder à excuser les comportements de ces criminels par des analyses sociologiques foireuses.  

    Les dérives du journal Le monde 

    A travers cet article débile, écrit par des idiotes à destination des imbéciles, se fait jour une doxa incontournable, seule la position bien rodée maintenant, « vous n’aurez pas ma haine » est tolérée, c’est la seule posture que la sphère médiatique accepte de mettre en scène positivement puisqu’elle permet de surmonter la douleur tout en restant avec l’idée générale énoncée dans les Evangiles selon laquelle « Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi la gauche »[1]. Après tout Le monde fut aussi un journal discrètement chrétien. Mais les populations aujourd’hui se sont émancipées de ce genre de morale à deux sous.

    En fouilles-merde consommées nos deux journalistes qui aiment nous faire la morale ressortent la fable selon laquelle Patrick Jardin aurait lors d’un match de foot traité un adversaire de « sale nègre ». N’est-ce pas la preuve de son ignominie ? C’est tout juste que si nos deux copines ne nous disent pas que le meurtre de sa fille est finalement la conséquence d’une attitude raciste présumée ! certes on sait très bien que dans un match de foot on se laisse aller à dire tout et n’importe quoi, mais elles n’en n’ont cure, n’ayant jamais jouer au football ! L’important est ailleurs. Le père meurtri devient par cette petite manœuvre ainsi l’accusé ! D’ailleurs on l’aurait même surpris à parler à des « complotistes » !

    Mais cela ne leur suffit pas, les voilà qui en appelle en douce à la psychiatrie comme c’est la mode aujourd’hui ! Enfin si Patrick Jardin garde rancune aux criminels qui ont tué sa fille, n’est-ce pas la preuve qu’il est fou ? Ces deux-là auraient eu leur place dans le système de dénonciation soviétique quand il était à la mode d’interner les opposants. N’est-ce pas cette même Lucie Soullier qui, sans le moindre recul sur la décision de justice, a rappelé avec gourmandise dans un article récent du Monde que Marine Le Pen devait obligatoirement se présenter devant un expert en psychiatrie[2] ? Je comprends tout à fait qu’on combatte les idées de Marine Le Pen, mais en usant de la psychiatrisation, non seulement on frise la débilité, mais en outre on use d’armes plus qu’anti-démocratiques, plutôt en usage dans les dictatures à l’ancienne.

    « Médiatisé, récupéré, le père traumatisé a toujours refusé de se rendre dans l’une des cellules de soutien psychologique proposées par l’Etat, préférant passer sa retraite à déposer plainte contre tous ceux qu’il juge responsables de la perte de sa fille : l’Etat belge – pays où les djihadistes ont préparé les attentats –, Jawad Bendaoud, leur logeur à Saint-Denis, ou même les paroles des chansons du rappeur Médine. »

    Cet extrait est un morceau d’anthologie d’imbécilité satisfaite et de dénonciation calomnieuse. Déjà s’aligner sur les positions dominantes supposant que tous ceux qui ne pensent pas comme vous doivent être psychiatrisés, voire internés, mais ensuite, on voit bien qu’il s’est retiré du monde, et qu’en portant plainte contre tout le monde et n’importe qui, Patrick Jardin est bien un déséquilibré. Il n’y a donc pas que ceux qui crient « Allah Akbar » en égorgeant leurs victimes qui sont dérangés, leurs victimes aussi !

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    N’allez surtout pas croire que les cas d’Elise Vincent et de Lucie Soullier soient particuliers. Non, il y en a tellement au Monde qu’évidemment cela commence à faire système. Il y a par exemple Samuel Vincent, un sombre décodeur, qui passe lui aussi son temps à redresser le cas de ceux qui pensent mal. Le voilà qu’il prend la défense de Nick Conrad. Ce dernier est un rappeur noir qui cherchant à faire le buzz a avancé qu’il fallait pendre les blancs et assassiner leurs enfants. Voilà ce qu’écrit et dit Nick Conrad : 

    « Je rentre dans des crèches je tue des bébés blancs

    Attrapez-les vite et pendez leurs parents

    Écartelez-les pour passer le temps

    Divertir les enfants noirs de tout âge petits et grands

    Fouettez-les fort faites-le franchement

    Que ça pue la mort que ça pisse le sang »

    Imaginez maintenant que je remplace dans l’écriture « blancs » par négros, voilà ce que ça donnerait : 

    « Je rentre dans des crèches je tue des bébés des négros

    Attrapez-les vite et pendez leurs parents

    Écartelez-les pour passer le temps

    Divertir les enfants blancs de tout âge petits et grands

    Fouettez-les fort faites-le franchement

    Que ça pue la mort que ça pisse le sang »

    Ça tomberait tout de suite sous le coup de la loi et j’irais probablement en prison. Et ce cuistre de Samuel Laurent serait le premier à s’indigner qu’on puisse laisser dire et écrire des horreurs pareilles ! Peut-être lui aussi en appellerait-il aux psychiatres ? Mais Samuel Laurent réagit de deux façons. La première est classique : Nick Conrad est un artiste, donc il a le droit de dire ce qu’il veut – il va de soi que les « gens d’extrême-droite » lorsqu’ils disent des conneries ne sont pas des artistes. Et Samuel Laurent continue en faisant un parallèle scabreux entre des rappeurs à moitié idiots et Georges Brassens. Il est content comme ça, sans même se rendre compte que l’époque a changé. Depuis que Brassens chantait en 1953 dans Hécatombe : 

    En voyant ces braves pandores

    Être à deux doigts de succomber

    Moi, je bichais car je les adore

    Sous la forme de macchabées 

    Les attentats terroristes n’étaient pas récurrents. Les policiers, les pompiers et même le personnel des SAMU n’étaient pas systématiquement attaqués dans les quartiers dits sensibles. Au mieux le parallèle est stupide, au pire il est mal intentionné. Mais ce n’est pas tout. Samuel Laurent pour défendre l’ignoble Conrad qui manifestement cherchait à faire le buzz, va essayer de décortiquer comment ce buzz a été propagé sur la toile et comment c’est devenu un scandale qui du reste vaut à Nick Conrad d’être convoqué devant le tribunal en janvier 2019. Il va donc développer l’idée que tout ça c’est la faute de l’extrême-droite car ce serait elle qui a attiré l’attention sur le rappeur dans un « décodage » qui est sensé nous donner la version officielle de ce qu’il faut penser[3]. En gros sa thèse est que si la « fachosphère » n’avait pas relevé les propos immondes, Nick Conrad n’aurait pas atteint la notoriété qui est la sienne aujourd’hui. Samuel Laurent termine son « décodage » d’ailleurs en donnant la parole à ce rappeur qui affirme que c’est juste une provocation, une inversion pour que les blancs se rendent compte de la souffrance des noirs ! Quoi qu’on en pense, il y a beau temps qu’en France et en Europe plus personne n’appelle à assassiner des enfants noirs. Cette excuse est peut-être satisfaisante pour quelqu’un comme Samuel Laurent aux moyens intellectuels manifestement limités, mais pas pour nous, et manifestement pas pour l’opinion publique.  

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    Cependant derrière le discours lénifiant du malheureux Samuel Laurent, il y autre chose, l’idée insidieuse que les noirs ne sauraient être accusés de racisme anti-blanc. Le racisme est juste une affaire de blancs et rien d’autre, accuser des Noirs ou des Arabes de racisme n’est pas politiquement correct parce que ces gens-là ont été discriminés depuis toujours ! Cette position est celle défendue par exemple par l’ineffable Rokhaya Diallo[4] qui n’en est pas à une bêtise près depuis longtemps, mais aussi par des crétins comme Clément Viktorovitch, encore une production de Sciences Po et qui se trouve dans tous les mauvais coups, défendant ici le burkini, là le multiculturalisme, recadrant tout ce qui passe à sa portée, faisant la leçon à tout le monde. Il est maître de conférences en rien, c’est-à-dire qu’il blablate à des étudiants qui sont si ça se trouve encore plus ignares que lui, vu qu’ils n’ont même pas l’idée de le contester. Mais attention, il ne lui viendrait pas à l’idée de Viktorovitch de recadrer des idiots comme Nick Conrad, c’est un politologue compatissant envers tous ceux qu’il pense inférieurs à lui, les islamistes, les noirs agressifs qui passent leur temps à gémir sur la méchanceté des blancs, j’en passe et des meilleures.  

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    Donc si on résume correctement la rhétorique en odeur de sainteté au Monde, le racisme anti-blanc n’existe pas et les racailles des quartiers qui agressent aussi des juifs qui portent la kippa sont seulement des jeunes malheureux en perte de repères. Évidemment cette vision des choses a de moins en moins de succès au fur et à mesure que les attentats au nom d’Allah se multiplient. On a beau les recouvrir du voile de la folie, cela n’abuse plus personne. Mais à travers ce parcours que nous venons de faire du côté du Monde, il y a une question importante qui se pose : pourquoi ce sont des gens comme Samuel Laurent, Clément Viktorovitch ou encore Elise Vincent et Lucie Soullier qui tiennent le haut du pavé dans le système médiatique ? Qui les a sélectionnés pour qu’ils portent cette bonne parole ? Nous savons que les médias dans leur ensemble sont tenus par une poignée de personnes, des milliardaires essentiellement ou encore par le pouvoir en place lorsqu’il s’agit des médias d’Etat. On sait bien aussi que ces milliardaires n’hésitent pas à virer ceux qui leur déplaisent. L’insignifiant Raphaël Glucksmann s’est ainsi fait débarquer de la direction du Nouveau magazine littéraire pour cause de macronisme mou par Claude Perdriel[5], propriétaire d’une kyrielle de publications et champion de la deuxième gauche – ou de la seconde droite, comme vous voulez – et l’un des premiers soutiens du banquier Macron dans la course à la présidence.

    C’est dans la matrice d’élaboration des médias mainstream que s’élabore la doxa dominante[6]. Natacha Polony en a fait elle aussi les frais en se faisant écarter d’Europe n° 1 où elle officiait, Eric Zemmour est lui aussi pourchassé pour ses idées et non pas combattu sur le plan intellectuel[7], on demande son interdiction des antennes à travers des pétitions qui à leur tour entrainent des pétitions pour qu’il soit maintenu : le but est de dévaloriser sa parole et l’exclure d’un système intellectuel de reconnaissance.

    Et voilà d’ailleurs Le monde qui dans sa croisade anti-populiste reprend son bâton de pèlerin dans son numéro daté du 30 septembre 2018. Deux pages entières à la trame serrée y sont consacrées, principalement à dézinguer Zemmour. Il faut croire que le succès public de celui-ci l’effraie particulièrement. Ça commence avec un article de Gérard Noiriel, historien de profession, spécialiste de l’histoire des migrations, mais aussi ancien du Parti Communiste et grand défenseur des bienfaits économiques et culturels de l’immigration[8]. Il va donc s’en prendre à Zemmour qui prétend dans Destin français relire l’histoire de la France de son propre point de vue. Mais que reproche finalement Noiriel à Zemmour ? On n’en sait rien, si ce n’est qu’il défend les historiens de métiers contre les prétentions de Zemmour à discuter l’histoire de la France. Mais évidemment ce faisant Noiriel tombe exactement dans le piège qui lui est tendu : il démontre que sa manière de faire l’histoire est tout aussi bornée idéologiquement que celle de Zemmour[9] ! Il fait ensuite un parallèle des plus scabreux entre ce qu’il appelle le nationalisme antimusulman de Zemmour et le nationalisme antisémite de Drumont. La manœuvre est grossière pour de multiples raisons, notamment parce qu’à l’époque de Drumont justement les Juifs de France jouaient le jeu de l’intégration et donnaient volontiers des prénoms français à leurs enfants : ils voulaient rompre avec l’enfermement communautariste en devenant exemplaire du point de vue de la citoyenneté française[10]. Mais de tout cela Noiriel s’en fout, il lui faut renvoyer Zemmour du côté de la fachosphère, faire un cordon sanitaire autour de ses idées. 

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    Zemmour sortant d’une séance de signature sous la protection de gardes du corps

    Le second article de cette campagne du Monde contre Zemmour est signé de Guy Sorman. Guy Sorman est le représentant du mondialisme capitaliste échevelé il fait partie de cette droite affairiste et cosmopolite qui a eu tous les pouvoirs et qui a échoué de partout. Guy Sorman ne se cache pas de sa vision ultra-libérale de la société. Dans le temps il a soutenu d’ailleurs la révolution conservatrice de Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Que reproche-t-il à Zemmour ? Curieusement il est un peu plus sérieux que Noiriel, sans doute l’a-t-il mieux lu. Il lui reproche deux choses, d’abord la volonté de réhabiliter le maréchal Pétain, et également la lecture réactionnaire qu’il a faite de Mai 68. Ces deux critiques sont justes et très connues. Mais elles ont déjà servi pour la critique du Suicide français. Et surtout elles évitent de se poser la question suivante : pourquoi malgré ça les livres de Zemmour ont autant de succès ? Ne serait-ce pas justement en réaction à ce politiquement correct dont on nous abreuve à longueur de journée ? Il y a également une question subsidiaire que Sorman ne pose pas : pourquoi aujourd’hui assiste-t-on à la réhabilitation du Maréchal Pétain ? Car Zemmour n’est pas un cas isolé. 

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    Tournons la page de ce numéro particulier du Monde, on va trouver un article de Tania de Montaigne intitulé « Si j’ai une fille je l’appellerai Corinne-Éric » dans l’édition de papier, mais « Eric Zemmour est dans la jubilation morbide de cette fin du monde qu’il appelle de ses vœux » dans l’édition électronique. Le fond de son article est de dire que Zemmour est mauvais, bien trop présent médiatiquement, mais d’une manière indirecte de défendre le communautarisme sur le thème de « on a bien le droit de… ». C’est ça finalement qu’elle reproche à Zemmour de vouloir unifier les Français dans un creuset relativement commun, et c’est bien sûr là que la bataille est la plus féroce. Son commerce est plutôt celui d’une défense de la singularité d’être noire dans un pays blanc. C’est ce qui lui permet d’écrire et de vendre des livres. On serait bien en peine de trouver quelque chose de sérieux dans cet article.

    En face de cet articulet, on va trouver un autre plaidoyer contre Zemmour, c’est donc le quatrième dans le même numéro[11] ! Celui-ci est rédigé par Nicolas Truong qui possède le statut de directeur de la page des débats au journal Le monde. Il est donc en même temps responsable de ce tir en rafale contre Zemmour. Il va essayer d’élargir le débat. Il part donc de l’élection de Macron qui pour lui celle-ci devait donner un coup d’arrêt à la pensée réactionnaire et faciliter la vie des « progressistes ». C’est encore le schéma sans nuance des bons contre les mauvais. Au passage il fait étalage d’une grande bêtise parce qu’il fait comme si Macron était moins réactionnaire que Fillon, alors que tous les deux étaient les candidats de la même boutique, l’Institut Montaigne. S’il avait lu mon blog, il l’aurait su, mais il est bien trop fainéant pour ça[12] ! Et donc il se demande bien pourquoi du côté des progressistes n’a pas émergé une figure charismatique comme l’est Zemmour ! Il s’appuie sur le sinistre Pierre Rosanvallon, homme aux multiples retournements de veste et chantre de la seconde gauche, celle qu’on appelle aussi la deuxième droite, pour tenter de comprendre pourquoi c’est la pensée réactionnaire qui tient le haut du pavé. Qu’on ne compte pas sur lui pour répondre aux questions ! Pourtant il aurait pu se dire que si le populisme avait plus de succès – comme le montre par exemple Salvini en Italie – que la gauche cosmopolite et bobo, c’était peut-être que celle-ci n’appartient qu’à la frange semi-intellectuelle de toute la pensée formatée que déteste le peuple : ce n’est pas un hasard si les chantres du libéralisme sociologique et culturel sont aussi comme Rosanvallon et Sorman les chantres du libéralisme économique. Et c’est là que se trouve le vrai problème : les vrais réactionnaires ne sont pas forcément ceux qu’on croit, mais Le monde se comptant lui-même parmi les esprits éclairés qui éclairent aussi le siècle n’y a pas pensé !

    Ce dossier de propagande anti-Zemmour se termine par une recension d’un ouvrage parfaitement insignifiant du juppéiste Maël de Calan contre les populistes. Cet homme de droite qui a suivi le programme des Young leaders nous dit qu’il faut choisir entre « le populisme » et une position morale qui tournerait le dos à des résultats immédiatement tangible au niveau électoral. Le livre s’intitule La tentation populiste, et on comprend grâce au Monde que les juppéistes vont rapidement succomber à la tentation macroniste en ce rangeant du côté des progressistes autoproclamés.

    Ce rapide tour d’horizon de la pensée anti-Zemmour si elle ne nous a pas convaincu de devenir zemmouriens, loin de là, nous a en tous les cas dissuadés de rejoindre le bloc bourgeois dans sa croisade libérale contre lui.  

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    Zemmour en dédicace



    [1] Matthieu 5:1-10, 13-17 et 38-48, Romains 12:17-21.

    [2] https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/09/20/marine-le-pen-refuse-de-se-soumettre-a-une-expertise-psychiatrique_5357939_823448.html

    [3] https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/09/26/pendez-les-blancs-itineraire-d-une-indignation_5360684_4355770.html

    [4] http://www.regards.fr/societe/article/pourquoi-le-racisme-anti-blancs-n-existe-pas

    [5] C’est ce même Perdriel qui avait imposé au Monde Alain Minc à la présidence du Conseil de surveillance, bien qu’il ait été mis en minorité.

    [6] Serge Halimi, Les nouveaux chiens de garde, Liber-Raison d’agir, 1997.

    [7] Pour des tas de raisons, je suis en désaccord avec Zemmour, mais je ne demande pas pour autant son interdiction en rien. Le monde ne s’attarde guère sur le fait que maintenant cet essayiste doit être protégé par des gardes du corps pour se déplacer.

    [8] https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/09/29/gerard-noiriel-eric-zemmour-tente-de-discrediter-tous-les-historiens-de-metier_5361955_3232.html

    [9] N’ayant pas lu le dernier ouvrage de Zemmour je m’abstiendrais de le critiquer, bien que je me doute des lacunes et des contre-vérités qu’il peut contenir, mais mon sujet n’est pas celui-là.

    [10] Voir par exemple la figure de Bernard Lazare à travers la belle biographie de Philippe Oriol publiée chez Stock en 2003.

    [11] https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/09/29/droite-extreme-le-grand-retournement-ideologique_5362113_3232.html

    [12] http://in-girum-imus.blogg.org/l-institut-montaigne-au-coeur-des-presidentielles-a128306378

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