• Les dangers de la mondialisation et le retour des nations

    L’Ukraine donne à méditer sur les dérives modernes de la politique. L’annexion facile de la Crimée par la Russie, et les conséquences qui s’annoncent inéluctables en Transnistrie, va entraîner au mieux et à moyen terme la partition de l’Ukraine, au pire un conflit militaire de longue durée. Les Américains et l’Union européenne, dépendance du grand Empire, ont effectivement poussé les Ukrainiens à se rattacher à la sphère de l’OTAN, et à s’éloigner de la Russie. Je ne vais pas revenir sur les origines de l’explosion de l’Ukraine, à l’évidence Ianoukovitch était un homme peu fiable, et on se demande bien pourquoi les Russes lui ont fait confiance. Mais il était évident que dès lors que l’Ukraine changeait de régime politique suite à un coup d’Etat – ou une Révolution – que la Russie n’abandonnerait pas les populations russes et russophones. Les raisons de cette réaction sont nombreuses :

    Cette carte montre que l’espace d’influence de la Russie en Europe s’est considérablement restreint depuis la chute de l’URSS

     

    - d’abord le fait que la Russie ne peut pas se permettre de rester encerclée par les forces militaires de l’OTAN qui campent à ses portes, ils doivent garder ouvert l’accès à la mer Noire ;

    - ensuite, on l’a rappelé ici et là, les Russes sont eux aussi très nationalistes, et certainement bien plus encore que les Ukrainiens. Or, ils ont été maltraités, humiliés lors de l’effondrement de l’URSS, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas encore encaissé leur diminution sur la scène politique internationale ;

    - enfin, il y a le contrôle de la route des échanges économiques avec l’Europe.

    Vers la guerre

    La question qu’on peut se poser est la suivante : pourquoi les Américains et les Européens poussent-ils au conflit ? Qu’en attendent-ils ? A première vue, on a l’impression que les Européens comme les Américains improvisent en inscrivant leur stratégie dans les anciens schémas de la Guerre froide. Or, la mondialisation est passée par là, et il est difficile de faire passer la Russie, pays ultra-capitaliste aujourd’hui, avec ses pauvres et ses milionnaires, pour l’Empire du mal. Dans les années cinquante les Américains désignaient la Russie comme un pays mauvais essentiellement parce qu’il bafouait les droits sacrés de la propriété privée. Aujroud’hui le combat est plus obscur, et les Occidentaux ont bien du mal à faire passer leurs ambitions louches pour lé défense de la démocratie. En effet, quand on voit comment les institutions européennes s’affranchissent si facilement de la démocratie quand cela les arrange – cela va du référendum de 2005, à cette fameuse troika qui ravage la Grèce par ses exactions, ou encore en passant par Hollande recevant à l’Elysée un oligarque ukrainien et un ancien boxeur, sans mandat de personne – il est difficile de refuser aux Criméens l’idée de s’émancipé de l’Ukraine où sont représentés au gouvernement la pire racaille néo-nazie. On a vu aussi récemment l’Union européenne proposer des sanctions contre les Suisses qui avaient mal voté.

    Evidemment les Américains poussent les Européens qui sont en première ligne aux sanctions économiques contre la Russie. Mais les Européens sont comme d’habitude divisés. Un peu comme lors de la Guerre en Yougoslvie. Les Polonais, les Lettons, ou les Littuaniens semblent avoir une revanche à prendre sur la Russie. Les pays du Sud, l’Espagne, l’Italie, sont hostiles à tout ce qui pourrait envenimer le conflit. Même l’Allemagne freine des quatre fers, probablement parce qu’elle ne sent pas forte militairement, mais aussi parce qu’elle sent que la prise en charge par l’Europe de l’Ukraine va être un fardeau. Hollande semble aussi hésiter, d’un côté par l’intermédiaire de Fabius, il semble soutenir le nouveau pouvoir en Ukraine, mais de l’autre il a invité Poutine pour fêter le 70ème anniversaire du débarquement, palrant maintenant de ne pas couper les ponts avec la Russie. Quant à la Chine et l’Inde, ces deux pays semblent pour l’instant compter les points.

    Les Américains par ailleurs prétendent qu’on peut se passer du gaz russe, et qu’ils sont prêts à ce que les Européens leur achètent du gaz de schiste qu’ils produisent en abondancer pour le remplacer. Espèrent-ils ainsi rétablir leur leadership sur l’Occident ? Leur idée serait qu’un affrontement économique avec la Russie qu’ils croient à l’agonie, entrainerait un effondrement du soutien populaire dont bénéficie Poutine. S’il semble bien qu’on s’achemine vers un affrontement de longue durée, il ne paraît pas que la stratégie ait été bien conçue. Que feront les Russes si les difficultés économiques devenaient effectives chez eux ? Personne n’est capable de le dire aujorud’hui.

    On peut s’attendre à très court terme à la multiplication des provocations des nouveaux pouvoirs ukrainiens. Un jour ce sera la bataille pour la Transnistrie, un autre ce sera la volonté d’imposer la langue russe sur l’ensemble de ce qui reste de l’Ukraine. Déjà la propagande guerrière se déploie dans ce pays, rappelant le passé guerrier plus ou moins glorieux de ce pays. On en est à essayer de mobiliser une armée, sachant pourtant très bien qu’un conflit militaire ouvert avec la Russie obligeraient les Occidentaux à intervenir d’une manière ou d’une autre. Pour l’instant les populations russophones ne choment pas et sont en train de récupérer des bases militaires à Belbek et Novofedorivka. Si c’était là le but des Occidentaux, on peut dire que c’est réussi, en quelques semaines, ils ont renforcé les positions militaires de la Russie !

    De la mondialisation à un retour des nations

    On peut aussi voir la situation ukrainienne comme un erzats des difficultés de la mondialisation à s’imposer comme un ordre relativement stables au dessus des logiques nationales. Les déboires économiques de ce mouvement engendre focément une fuite en avant qui est porteuse de gros risques pour la paix. Car il est bien connu que la paix est presque toujours le résultat de la prospérité économique et non pas l’invderse.

    Le projet européen a été construit pour se débarrasser des Etats nationaux, et plus généralement de l’idée de nation. Les accords Transatlantiques qu’on prétend signer vont aussi dans ce sens. Mais pourtant cette mondialisation qu’on nous prédisait heureuse, achoppe sur la question nationale. En effet dans le soutien à l’Ukraine, les tenants d’un affrontement avec Poutine mettent en avant qu’ l’Ukraine est une vraie nation une et indivisble. Or la réalité nous rappelle qu’au contraire l’Ukraine est un patchwork d’identités disparâtes dans lequel les Ukrainiens qui parlent ukrainien sont minoritaire. Certes une guerre est souvent l’occasion de tremper et de forger un caractère national, mais ici les bases semblent manquer. On se retrouve dans le schéma yougoslave quand on prétendait maintenir en l’état une nation faite de bric et de broc, reposant seulement sur le centralisme d’un régime autoritaire. Mais c’est aussi un avertissement direct à l’Union européenne, ou plutôt à ceux qui rèvent d’une Europe fédérée autour d’un destin commun. Les nations qui compose l’Union européenne ont une trop longue hsitoire derrières elles, des trajectoires multi-séculaires complètement différentes pour que cela puisse se faire – sans parler comme le disait Sapir du coût exhorbitant d’un tel projet.

    A l’inverse les tendances récentes montrent un regain de l’idée nationale. Parfois d’ailleurs – pour avoir été trop longtemps bridée – sous la forme la plus obtuse qui soit dans ses versions d’extrême-droite. Un peu de partout les peuples essaient de retrouver une communauté de destin, c’est le sens aussi des mouvements qui se sont produits dans les pays arabes.

    Dans le cas de l’UKrtaine, il semble qu’il soit déjà trop tard pour la diplomatie internationale : les nouvelles nations qui vont émerger vont le faire dans la douleur.

    Bien que beaucoup de commentateurs aieznt parié qu’il n’y aurait pas de vrai confmlit militaire dans cette région, la situation est pour le coup très préoccupante. Et il est probable que l’Ukraine reste un sujet brulant d’actulaité dans les semaines et les mois à venir.

     

    Liens

    http://russeurope.hypotheses.org/2126

    http://russeurope.hypotheses.org/2116

    http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/03/21/pourquoi-lukraine-et-dautres-endroits-ont-besoin-des-fascistes-lukraine-reduit-ses-depenses-sociales-pour-obtenir-un-pret-du-fmi/

    http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/03/20/de-notre-amie-marianne-epuration-ethnique-en-ukraine-la-minorite-tcheque-de-volynie/

    http://www.huffingtonpost.fr/2014/03/22/crimee-bases-ukraine-attaquees-belbek-novofedorivka_n_5013074.html?utm_hp_ref=france

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  • Commentaires

    1
    Peretz
    Samedi 22 Mars 2014 à 22:41
    Russie
    Pour les USA et pour l'Europe, montrer les dents est une aubaine dans une période où la crise n'est pas finie. C'est leur redonner un blason.
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