• Les chiffres du chômage en novembre 2013

     

    Les chiffres du chômage, contrairement à ce qu’avait espéré Hollande ne sont pas bons et ne marquent pas un renversement de tendance, c’est le moins qu’on puisse dire. Le chômage est un fléau qui nous pourrit la vie, aussi bien quand on est chômeur, évidemment, que quand on ne l’est pas, car avec un tel chômage de masse, rares sont les familles qui sont épargnées par ce phénomène. En outre bien sûr le chômage détruit l’ensemble des rapports sociaux été devient hélas rapidement une obsession.

     

    Si tout le monde a souligné que le pari d’Hollande d’un retournement de la courbe avait été perdu, il faut cependant analyser un peu plus profondément la situation. A l’évidence l’automne 2013 a marqué un ralentissement de la progression du chômage. Cela est tout simplement le résultat :

    - de la mise en place des sempiternels emplois aidés ;

    - mais aussi du fait que la croissance étant un peu plus soutenue en Europe, cela a forcément des effets sur l’emploi en France.

    La question qui se pose est : est-ce qu’on peut attendre que se ralentissement se transforme en inversion, autrement que par des artifices comptables ? La réponse est hélas non. D’abord parce que l’année 2014 va être certainement terrible, pour l’instant ce sont encore des plans de licenciements pour 250000 personnes qui sont attendus, ce qui est considérable. Et on ne voit pas comment on pourrait créer autant d’emplois, dans quels secteurs. Ensuite, mais c’est toujours la même chanson, on n’a jamais vu qu’une crise de la demande – c’est la situation qui prévaut depuis 2008 – puisse se régler par une relance de l’offre. Or les mesures annoncées au niveau de la fiscalité vont encore peser un peu plus sur le pouvoir d’achat des Français.

      

    La présidence de Hollande sera compromise probablement par la question du chômage. Il le sait certainement. Depuis le début de son mandat, il semble avoir joué la carte du retournement du cycle, en se disant que les choses allaient tellement mal en France, que cela ne pouvait être pire. Sans doute a-t-il trouvé autour de lui des économistes de profession pour lui donner un avis allant dans ce sens. Or cela ne s’est pas déroulé comme prévu, et la courbe du chômage, cahin-caha, a continué à grimper. Mais en tiendra-t-il compte pour changer de politique ? Et quels changements peut-il opérer. En vérité pour faire face à un tel problème, il faudrait opérer une rupture audacieuse avec les dogmes de l’austérité, de l’équilibre budgétaire et même de l’euro comme monnaie unique. Jacques Sapir a partir d’un modèle assez sophistiqué calculait qu’en sortant de l’euro, on créerait rapidement – dans l’année – entre 1,5 et 2 millions d’emplois. Ce qui soulagerait évidemment la population. J’ai fait un autre calcul, fondé sur l’idée d’un retour rapide à l’équilibre de la balance commerciale. En effet, si on fixe l’équilibre comme un horizon, pourquoi ne pas fixer l’équilibre de la balance commerciale comme un impératif ? Revenir à l’équilibre du commerce extérieur est possible, il suffit de sortir de l’euro, de revenir au franc : l’ajustement des parités se fera justement selon la loi de l’offre et de la demande. Il s’ensuivra que le franc glissera et le mark augmentera sa valeur. Cela renchérira nos importations et dévaluera nos exportations qui auront plus de chance sur le marché mondial. Le gain de compétitivité ainsi retrouvé serait d’environ 20% par rapport à l’Allemagne. Il s’ensuit que ce retour à l’équilibre ramènerait  1,7 millions d’emplois ce qui revient aux estimations de Sapir.

     En 2011 le solde commercial de la France était de 69,1 milliards d’euros et en 2012 environ 75 milliards d’euros en 2012. Sur la période 2000-2012 le total du déficit aura été approximativement de 245 milliards d’euros soit : 20,4 milliards d’euros par an. On estime qu’un emploi – salaires plus charges – coûte environ 44 000 euros. On en déduit que le déficit commercial extérieur de la France coûte 500 000 emplois environ en moyenne. Mais comme la situation de l'emploi s'aggrave continument, 75 milliards d'euros de déficit correspondent à 1 700 000 emplois. On voit par là que le plus urgent est de rétablir le déséquilibre commercial par tous les moyens, y compris en sortant de l'euro. 

    Encadré : le coût du déficit commercial en emplois 

    Il va de soi qu’une telle politique demande un accompagnement. Deux points nous semblent prioritaires :

    1. le contrôle des capitaux. C’est-à-dire empêcher que les gens très riches vident leurs comptes en les transférant à l’étranger. Encore que c’est un risque à mon sens surestimé, car si on revient au franc, l’euro n’existera probablement plus, et donc que des avoirs en euros venant de l’étranger ne vaudraient rien non plus en Allemagne, en Belgique ou au Luxembourg.

    2. le second point est bien sûr un retour des douaniers, chargés de contrôler ce qui rentre et ce qui sort du pays.

    Evidemment l’Etat devra s’assurer – par décret peut-être – la coopération de la Banque de France qui redeviendra banque centrale.

    En matière de chômage, le malheureux Hollande a un bilan presqu’aussi pourri que celui de son prédécesseur. Il va de soi que celui-ci ne s’améliorera pas avec des mesures cosmétiques. Personnellement je ne crois pas qu’il soit capable – ni lui, ni sa  majorité – de faire preuve d’imagination pour commencer à renouveler les solutions. Souvent on entend dire qu’on a tout essayé, et que le chômage, malgré tout ne bronche pas d’un pouce. Et bien on pourrait dire qu’on sort de l’Europe et de l’euro pour voir. Voilà une solution qui n’a pas été tentée. Il serait bon de la populariser. A mon avis on n’a rien à perdre de l’essayer.

     

    Liens

    http://russeurope.hypotheses.org/1526 

    http://russeurope.hypotheses.org/1865

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