• Le retour du fascisme en Espagne

     

     Le retour du fascisme en Espagne

    Des élus en prison, d’autres en exil, cette fois il n’y a plus de doute, le fascisme s’installe en Espagne, et l’Allemagne aide cette entreprise comme au bon vieux temps. C’est en effet la police allemande qui a remis Puigdemont aux autorités de Madrid. Le mouvement indépendantiste catalan est décapité, laminé, ses représentants embastillés[1]. L’arrestation des leaders indépendantistes a commencé la semaine dernière, et se poursuit avec l’arrestation dimanche de Puigdemont[2]. On peut habiller cet arbitraire de tous les artifices oratoires, voire s’en réjouir comme le fait Le monde, mais le résultat est bien là : l’Union européenne devient une zone d’absence de démocratie.

    On peut penser ce qu’on veut de la démarche de Puigdemont, mais le mettre en prison relève directement du délit d’opinion. Non seulement les Européens violent directement le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes comme c’est inscrit dans la Charte de l’ONU, mais ils se soutiennent entre eux. On remarquera que les politiciens européens, Macron en tête, sont plus prompts à faire les gros yeux à Poutine, à embastiller ceux qui ont osé remettre en question l’unité de l’Espagne, qu’à empêcher le dictateur Erdogan de massacrer les Kurdes à Afrin. Gageons que ni Macron, ni Juncker et encore moins Merkel dont la police collabore avec les barbouzes espagnoles, ne feront une quelconque objection à cette infamie. Certains ont rappelé comment en 1940 les autorités nazies avaient livré Companys à Franco à fin d’être torturé puis exécuté.

      Le retour du fascisme en Espagne

    Les autorités espagnoles ont choisi la répression plutôt que l’apaisement. En effet, elles auraient pu se contenter de déclarer le référendum anticonstitutionnel et tenter de rassembler le peuple espagnol pour refaire l’unité du pays. Evidemment, les Catalans sont tout de suite descendus dans la rue pour crier leur colère face à un pouvoir complètement corrompu[3] et une justice à géométrie variable. Cela augure très mal de l’avenir de la Catalogne dont le parlement est aujourd’hui mis sous-tutelle prolongée par Madrid – c’était le but sans doute de toutes ces arrestations. Il est impossible dans ces conditions d’élire un président pour la Catalogne. Puigdemont a été démis de ses fonctions, puis poursuivi et enfin arrêté. Pourquoi ? Essentiellement pour avoir organisé un référendum d’autodétermination de la Catalogne.  

    Le retour du fascisme en Espagne

    A l’heure actuelle, force est de constater une dérive des « démocraties » parlementaires européennes, vers une sorte de fascisme larvé, et l’Espagne de Rajoy est à la pointe de cette tendance. Plus les Macron, les Merkel, les Juncker dénoncent les mouvements populistes du Front National à la Lega en passant par le FPÖ autrichien, comme le retour du fascisme, moins ils sont crédibles, et plus nous voyons que c’est bien ces partis européistes corrompus, affairistes, qui au contraire imposent une évolution dictatoriale contre la volonté même des populations. Certes le franquisme était bien plus sanglant qu’aujourd’hui ne le sont les pitreries de Rajoy. Mais on peut se demander si tout cela ne va pas dans le sens d’un nouveau tour de vis pour empêcher les peuples de s’exprimer et de revendiquer quoi que ce soit.

    Sans doute Puigdemont ne restera pas longtemps en prison, mais la volonté d’intimidation violente est bel et bien présente. Il va de soi qu’il faut soutenir les Catalans et leurs représentants élus, même s’ils ne nous plaisent pas et si nous ne partageons pas leurs idées, c’est un minimum et d’abord une question de principe.



    [1] http://www.lemonde.fr/europe/article/2018/03/23/cinq-independantistes-catalans-places-en-detention-provisoire_5275703_3214.html

    [2] http://www.lemonde.fr/europe/article/2018/03/25/l-ex-president-catalan-carles-puigdemont-arrete-en-allemagne_5276114_3214.html

    [3] http://www.rfi.fr/europe/20170830-espagne-mariano-rajoy-attaque-deputes-concernant-affaires-parti-populaire

     

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