• Le résultat des élections générales en Espagne

    Comme en France et au Portugal on s’achemine en Espagne vers de difficiles années pour le gouvernement. L’émergence de partis nouveaux – Podemos et Cuidadinos en Espagne, le FN en France – sont les conséquences d’une crise économique qui se traduit par une crise de la démocratie représentative. En Espagne, comme en France, les tensions sont exacerbées aussi bien par l’absence de résultats des politiques d’austérité que par la récurrence jusqu’à l’écœurement des affaires de corruption.

    Le résultat des élections générales en Espagne 

    Le bouleversement du paysage électoral

    Le paysage électoral espagnol se trouve à l’issue des élections du 20 décembre complétement éclaté et décrit une Espagne qui va être difficile à gouverner. Le premier résultat évident est le recul des deux principaux partis de gouvernement qui se sont succédés aux affaires depuis la mise en place d’une monarchie parlementaire dans ce pays. Le PP qui arrive en tête avec 28% des voix perd 63 sièges et la possibilité de gouverner tout seul. Le PSOE qui a poursuivi sa dérive libérale dans un pays ravagé par la crise se retrouve avec 90 siège et seulement 22% des suffrages exprimés. C’est son pire score.

    Le fait du jour est évidemment la percée de Podemos avec 69 et Cuidadinos avec 40 sièges. Mais surtout que l’Espagne par l’arrivée de deux nouveaux partis dans le jeu va devenir un pays difficile à gouverner. En effet les partis de droite, PP et Cuidadinos dont les recettes sont celles d’une austérité renforcée et d’un rabaissement de l’Etat, même en s’alliant n’arriveraient pas à la majorité parlementaire. C’est la même chose à gauche avec Podemos et le PSOE qui ne pourraient s’allier que dans un compromis honteux, et encore ils n’arriveraient pas non plus à une majorité stable, devant faire des concessions au parti catalan indépendantiste.  

    Vers plus de démocratie ?

    Le résultat des élections générales en Espagne 

    Regardons cette photo, qui représente de gauche à droite Albert Rivera leader de Cuidadinos, puis Pedro Sanchez celui du PSOE et enfin Pablo Iglesias leader de Podemos. On voit que plus leur parti se rapproche des idées de gauche, et plus leur tenue est débraillée. Cette mode qui a été lancée par Syriza est en réalité une réponse confuse en termes d’image à une demande des citoyens qui en ont un peu marre de voir leurs représentants se couper du peuple par leur comportement. On sait que me PP et le PSOE ont été tous les deux éclaboussés par des scandales de corruption très importants, scandales dans lesquels la famille royale a été aussi compromise. Pablo Iglesias en retroussant les manches de sa chemise à la manière des prestidigitateurs laisserait entendre ainsi qu’il ne cache rien !

    L’émergence d’un parti comme Cuidadinos est plutôt curieuse, en effet, ce parti avance les vieilles recettes d’un libéralisme forcené. Alors que l’Espagne est un des pays les plus libéraux en Europe – faiblesse de la couverture sociale et faiblesse des dépenses étatiques – Cuidadinos a fait sa campagne sur la simplification du contrat de travail et la baisse des dépenses de l’Etat, histoire de libérer les énergies comme dirait Macron. Mais le plus curieux est qu’il ait des électeurs !

    Le résultat des élections générales en Espagne 

    Il est encore trop tôt pour dire que le bipartisme est fini en Espagne, puisque si Cuidadinos ne parait pas en mesure d’être autre chose qu’une bouée de sauvetage pour le PP, Podemos pourrait remplacer à terme le PSOE comme Syriza a remplacé le vieux PASOK avec finalement exactement le même programme !

    Quelle issue ?

    L’effondrement de la social-démocratie espagnole comme dans toute l’Europe est spectaculaire, et elle interdit de penser que le PSOE peut redevenir rapidement un parti leader de gouvernement. Il ne semble pas qu’il y ait d’option à gauche en ce sens. La seule option à court terme en dehors de nouvelles élections, semble être une sorte d’union nationale entre le PP et le PSOE. C’est la voie que choisissent en France des Valls et des Raffarin. C’est celle qui permettrait de produire un gouvernement stable qui poursuivrait la politique austéritaire actuelle. Mais cette solution est difficile à admettre, non seulement parce qu’un grand nombre d’électeurs de gauche n’en veulent pas, mais parce que dans ce cas-là, comme en Allemagne qui est l’exemple qu’on cite à loisir, le PSOE signerait son arrêt de mort. L’union nationale semble fonctionner en Allemagne, et encore, mais c’est aussi parce que l’économie est relativement prospère. En Espagne où le chômage est élevé, la séparation entre le PP et le PSOE permet de se renvoyer les responsabilités, un peu comme en France où alternativement l’UMP – rebaptisée maintenant les Républicains – et le PS s’accusent réciproquement d’avoir casser la reprise, alors qu’évidemment ils mettent en pratique la même politique.

    A la difficulté de gouverner l’Espagne dans la stabilité s’ajoutent les tendances indépendantistes en Catalogne. Cette situation doit être reliée à l’échec global de l’intégration européenne qui un moment a pu faire illusion en Espagne lorsqu’elle a accompagné à coups de subventions la sortie du franquisme.

    Le résultat des élections générales en Espagne 

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