• Le monde et la propagande européiste

     Le monde et la propagande européiste

    La prochaine échéance électorale en France seront les élections européennes. Elections qui ne servent à rien puisque l’essentiel du pouvoir dans l’Union européenne est détenu par la BCE, la Cour de Justice Européenne et la Commission européenne qui non seulement décide du budget, mais aussi des grandes orientations. Le parlement européen qui n’a pas le droit de définir les sujets qui seront traités, ne sert qu’au financement de quelques personnes qui ne trouvent pas à se caser ailleurs. Des gens qui ne seraient pas élu dans un scrutin personnalisé, mais qui peuvent y arriver dans un scrutin de liste, pour peu qu’ils aient magouillé pour être en haut de la liste. Ce fut le cas de Dany Cohn-Bendit par exemple, ou encore Rachida Dati, jeune retraitée du sarkozysme, ou encore Jean-Luc Mélenchon qui a démissionné en 2017 pour se faire élire député à l’Assemblée nationale et qui n’a guère brillé dans cette charge à Strasbourg. C’est bien payé et tranquille, 8500€ par mois auxquels s’ajoutent 4300€ de frais : il y a de gros moyens et donc des avantages. Mais il faut faire comme si l’Union européenne était démocratique et donc que les élections de son parlement croupion, encore plus croupion que le parlement français dominé par les députés LREM, étaient un moment important de la vie politique. Généralement ces élections ne mobilisent que très peu de monde. L’abstention atteint plus de 55% en moyenne en Europe, et même 80% ou plus dans les pays de l’Est. Il faut requinquer l’image de cette institution. Donc Le monde tête de pont en France de la propagande européiste s’y colle.

    Si depuis quelques mois Le monde doute de Macron en ce qui concerne la politique intérieure, il n’en est pas de même sur le plan international. Ils se sont mis cette fois près d’une dizaine de journalistes pour expliquer ce qu’il fallait faire pour sauver l’Europe des hordes fascistes amenées par Viktor Orban. Si le poids des mots est fort, celui des images l’est tout autant. Donc ils couronnent leur article d’abord d’une image où nous voyons à gauche Macron souriant, aimable, avec des reflets bleutés sur sa figure, bien peigné et sûr de lui. De l’autre, c’est Orban, autant dire le diable en personne. Il est jaune, mal coiffé, et en plus il fait la gueule. On aurait pu faire autrement. Par exemple mettre à gauche Orban et à droite Macron dans une posture assez enragée. Mais l’Europe européiste et ouverte se doit d’être accueillante et donc souriante. 

    Le monde et la propagande européiste 

    Le fonds du dossier vise à nous montrer et à nous prouver qu’il y a deux camps en Europe. Le premier est celui des « bons », des gens ouverts et accueillants pour les migrants. On y retrouve l’alcoolique Jean-Claude Juncker, ce même Juncker qui est surtout connu pour avoir organisé une fraude fiscale à grande échelle au profit des multinationales quand il était premier ministre du Luxembourg. Mais c’est un personnage sans légitimité. Ensuite il y a Angela Merkel, première ministresse en perdition dont la cote de popularité est en chute libre. Après avoir été l’artisan de l’ouverture généreuse de l’Europe aux migrants, elle a dû, devant les problèmes que cela posait, revenir en arrière. Sa politique migratoire est contestée non seulement à droite par la CSU et par AfD, mais à gauche maintenant par Aufstehen, parti bien plus à gauche que le SPD et Die Linke. On note également dans  ce  camp la présence de Donald Tusk, représentant d’abord des intérêts américains en Europe, puis désigné par l’oligarchie comme président de l’Union européenne, histoire de mimer une sorte d’Etat fédéral. Et puis voilà un peu à bas, mais à gauche tout de même, l’inénarrable Tsipras, premier ministre grec, celui qui bradé la Grèce à la Troïka et dont la popularité est encore plus basse que celle de Macron. Le monde présente Macron comme le chef de file de cet ensemble dont le plus fort dénominateur commun semble être l’impopularité. De l’autre côté, nous n’avons qu’un ensemble de personnalités qui ont pour trait commun d’être populaires dans leur pays. 

    Le monde et la propagande européiste 

    Une fois qu’on a bien catégorisé les bons – en bleu – et les méchants en orange, couleur louche par définition. Il faut présenter les deux camps. C’est ici du niveau des fake news, on fait comme si le camp des bons, Merkel en tête, avait accepté le leadership de Macron. C’est complètement faux. Et cela pour deux raisons : la première est stratégique, Merkel et les Allemands en général ne veulent pas des réformes à la Macron. Ils les jugent coûteuses et dangereuses car selon eux elles remettraient en cause leur autonomie nationale. La seconde est tactique, consacré le leadership de Macron en Europe serait lui permettre de créer en Europe un groupe politique qui absorberait une partie des élus PPE. Merkel n’en veut pas, elle préfère encore garder ce groupe en y incluant Orban. Dans le cas contraire, les soutiens d’Orban renforceraient naturellement le groupe des nationalistes. En outre, la plupart des dirigeants européens sont tout à fait au courant des déboires de Macron en France, et ils ne sont pas près de se ranger derrière un homme politique dont l’amateurisme devient plus évident de jour en jour, alors que sa popularité est aussi médiocre que ses résultats économiques.

    Enfin le couple franco-allemand n’existe plus depuis longtemps : il n’a fait semblant d’exister que le temps que l’Allemagne se refasse une virginité politique. Depuis la réunification, l’Allemagne se sent forte, sûre d’elle et dominatrice. Si elle a besoin de la France, c’est plus comme un vassal que comme un allié dont elle prendrait des leçons[1]. L’élection de 2017 avait laissé croire au Monde et à l’ensemble de la sphère européiste que Macron, à contre-courant des populismes, pouvait incarner un renouveau de l’Europe. Il n’en a rien été, les populismes sont plus forts que jamais et Macron est marginalisé sur à peut près tous les sujets.

    Tout à leur propagande, les journalistes du Monde ne se donnent même pas la peine d’envisager des scénarios un peu différents. Par exemple Jérôme Gauthier nous explique que Salvini est en train de rentrer dans le rang et accepte hypocritement la tutelle de Bruxelles sur le budget de façon à ne pas contrarier les riches hommes d’affaires qui le soutiennent[2]. C’est vrai en apparence. Mais on peut lire les déclarations de Salvini, au-delà d’une volonté de calmer les marchés, comme une manière de mettre la pression sur Bruxelles et donc de préparer une rupture peut être plus importante. C’est ce que pense Jacques Sapir[3]. Peut-être que Sapir se trompe, mais son analyse est intéressante, elle dépasse la fainéantise des journalistes du Monde qui ne font que répéter en boucle les communiqués de Bruxelles. L’analyse de Sapir risque d’être d’autant plus pertinente que dans un horizon pas très éloigné, le spectre d’une nouvelle crise financière est en train de ressurgir.



    [1] http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/09/25/31001-20170925ARTFIG00128-coralie-delaume-non-l-europe-n-en-a-pas-fini-avec-les-populismes.php

    [2] https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/09/06/en-italie-salvini-attenue-son-discours-anti-europeen-pour-rassurer-les-marches_5351067_3214.html

    [3] https://www.facebook.com/notes/jacques-sapir/litalie-face-aux-institutions-europ%C3%A9ennes/1385037794959468/

    « Mélancolie ouvrière, Gérard Mordillat, 2018Ridicule : chronique de la présidence Macron »
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