• Le football et l’anti-France

    Le football et l’anti-France 

    L’euro de football est une compétition qui a lieu tous les quatre ans et qui est censé désigner à son terme la méilleure équipe nationale du moment. La France a été engagée dans cette compétition sans passer par les qualifications, en vertu du fait qu’elle  était le pays hôte. Le football n’est pas quelque chose de tout à fait sérieux, et les salaires pharaoniques des joueurs laissent perplexes. Le mercato de l’été et celui de l’hiver qui permet d’évaluer sur le marché la valeur des joueurs comme on le fait dans une foire aux bestiaux ce qui est un reflet assez logique du règne de l’argent sur les choses de ce monde. Mais le football n’est pas seulement un jeu qui enthousiasme les foules, c’est aussi le lieu de rancœurs assez incompréhensibles. C’est ainsi que depuis le début de la compétition, une partie des Français soutient l’équipe de France, et l’autre passe son temps à la dénigrer. Dans ce travail de dénigrement systématique on trouve depuis quelques mois tout et n’importe quoi. Ce fut d’abord Cantona qui se mit à délirer sur l’éviction de Benzema. Son idée pourrie était que Deschamps en tant que raciste patenté n’avait pas voulu inviter à cette fête des joueurs d’origine maghrébine. De là à le taxer d’islamophobie, il n’y a qu’un pas. Mais on ne voit pas pourquoi si Deschamps était raciste il inviterait autant de noirs dans l’équipe, et la sélection d’Adil Rami qui fit les quatre premiers matches du tournoi montre que cette assertion frise la débilité mentale. Mais malgré cette lourdeur, cette idée divise et renforce la haine communautariste.

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    Mais comme si cela ne suffisait pas, on assiste à un phénomène étrange depuis le début de la compétition : à chaque victoire des Français, il se trouve une partie de la population pour affirmer sa haine. Si la France bat l’Albanie et la Roumanie, sa victoire est poussive et c’est que le tirage a été clément. Si on bat largement l’Islande qui pourtant a sorti les Anglais, c’est que cette équipe est faible. Ceux-là nous avaient prévenus que contre l’Allemagne en demi-finale, ce serait autre chose. On sentait qu’intérieurement ils souhaitaient la victoire de l’Allemagne en vertu du fait qu’il est une quasi-obligation que d’admirer ce grand pays. Mais voilà l’Allemagne a perdu 2 à 0. Donc ce qui signifie que les Français ont marqué deux fois tandis que les Allemands étaient incapables de le faire une seule fois. Pensez-vous que cela suffise aux détracteurs de l’équipe de France ? Non, évidemment, donc ils commencent par nous dire que l’arbitre était italien, ce qui veut tout dire selon ces gens, il est acheté et peut-être en outre il a la rancœur d’avoir vu son équipe éliminée par l’Allemagne. Donc s’il accorde un penalty à l’équipe de France, ce ne serait pas mérité. Bien, nous savons qu’il y a dans ce sport des penaltys qui son immérités, ça arrive même assez souvent. Mais les ralentis nous montrent que sur un coup de pied arrêté, Schweinsteiger, le capitaine allemand touche le ballon de la main en levant le bras pour empêcher manifestement Evra de prendre le ballon de la tête. Ce qui donne un penalty transformé par Griezmann. Ce qui permet à la France de mené 1 à 0.

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    Et puis voilà qu’après une domination stérile de l’Allemagne la France va marquer un nouveau but. Cette fois c’est sur une frappe de Pogba qui oblige Neuer à sortir pour éviter que Giroud ne marque un but de la tête. Le ballon retombe dans les pieds de Griezmann qui marque. Ce qui fait 2 à 0. Tout cela serait anecdotique et peu passionnant pour ceux qui n’aiment pas le football, si cela ne révélait pas autre chose. En effet de savantes dissertations nous expliquent que tout de même ce sont les meilleurs, c’est-à-dire les Allemands, qui pourtant se sont révélés incapables de marquer un seul but, qui ont perdu. Et que même l’équipe italienne qui a été éliminée par l’Allemagne aurait bien plus mérité que l’équipe de France de battre l’Allemagne !! Mais il se trouve que l’Italie n’a marqué qu’un seul but et donc qu’elle s’est trouvée en difficulté ultérieurement dans la séance des tirs aux buts.

    D’autres vous diront que si la France est arrivée en finale, c’est qu’elle a été protégée. Mais cette idée imbécile tombe d’elle-même puisqu’elle se trouvait dans le même groupe que l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne considérées comme les favorites du tournoi. Il y a donc tout un courant qui considère que dès que la France gagne quelque chose, fut-ce un tournoi de football un peu dérisoire, c’est forcément immérité. Ce sont les mêmes qui étaient certains que le point faible de l’équipe de France c’était sa défense qui ne comprennent pas pourquoi cette équipe a si bien défendu contre l’Allemagne. On voit donc que ce qui se mélange ici c’est une méconnaissance des règles élémentaires du football à un discours antipatriotique. C’est cela qui pose problème.

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    L’exemple type de cette mauvaise foi est révélé par l’article du Monde sur cet événement sportif[1]. L’article est entièrement écrit pour montrer que la France finalement a usurpé la victoire. Mais on sait que par ailleurs Le monde est le dernier et le plus acharné des défenseurs de l’Europe sous domination allemande. Représentant officiel du politiquement correct, il faut pour ce journal démontrer qu’on n’est pas chauvin, et pour se faire soutenir à l’inverse l’Allemagne ! Qu’on se refuse au chauvinisme, soit, mais pourquoi choisir de faire de l’Allemagne son favori ? Pour moi la réponse est assez simple pour des raisons historiques qui rongent encore l’Europe institutionnelle, certains considèrent que l’Allemagne est le pays leader depuis au moins la défaite de 1940, et donc qu’il nous faut d’une manière ou d’une autre admettre sa domination, admettre que nous Français nous sommes des nuls. Il n’est pas rare d’ailleurs de laisser entendre que Merkel est une grande dame sur le plan politique et Hollande un fieffé imbécile. Certes je ne défendrais pas Hollande pour toutes les raisons qu’on imagine, mais je ne vois pas en quoi Merkel serait beaucoup mieux. Ce sont très exactement les mêmes politiciens rancis.              

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    Il est tout de même remarquable que les journaux allemands qui ont été déçus de perdre contre la France n’aient pas invoqué des raisons extra-sportives pour minimiser leur défaite. Mais ils considèrent plutôt que le penalty est de la faute de Schweinsteiger que de celle de l’arbitre. Mais les tenants de l’anti-France ne l’entendent pas ainsi et à l’instar du Monde montent des raisonnements biscornus pour venir en aide à l’Allemagne qui n’en demande pas tant.

    Pour ma part je crois que l’exemple du journal Le monde est emblématique de cette catégorie de la population qui n’aime pas le football parce que d’abord c’est un sport populaire, et qu’en outre les Français d’origine africaine y sont très largement représentés : l’inconscient parle, et ceux qui se targuent d’un antiracisme militant qui hurlent à l’islamophobie à tout bout de champ, détestent ce sport où justement les noirs brillent[2].

     

     


    [1] http://www.lemonde.fr/euro-2016/article/2016/07/07/euro-2016-les-bleus-se-hissent-en-finale-en-battant-l-allemagne_4965864_4524739.html

    [2] Paul Yonnet, dans Jeux, modes et masses, Gallimard, 1986 avait en son temps démonter cette façon idéologique de regarder le sport comme un simple système d’aliénation. Pierre Borudieu était particulièrement visé.

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