• Le coup d’Etat macronien permanent

     Le coup d’Etat macronien permanent

    Depuis plusieurs mois nous voyons le régime macronien devenir de plus en plus autoritaire. D’abord en durcissant la répression policière d’une rare violence, ensuite en interdisant les manifestations, et enfin en prétendant s’appuyer sur l’armée pour que l’ordre règne. En même temps ce régime au service des très riches exclusivement, il faut bien payer les robes de Brigitte Trogneux, menace en permanence les équilibres institutionnels, notamment en attaquant vent debout le Sénat, ou encore en protégeant outrancièrement le voyou Benalla. Le président-fou, ivre de son pouvoir, ne se prive pas pour autant de faire la leçon à tout le monde, Maduro, May, Orban, Poutine, Trump. Mais de tous ces dirigeants il est le plus violent et le plus répressif. L’ONU, la Commission européenne et même le Parlement européen s’en sont émus. Cela a été une nouvelle occasion pour la bande de Macron de s’élever contre ces institutions qu’en d’autres temps elle vénérait. Il se met donc en place un coup d’Etat soft qui ne respecte même plus les apparences de la démocratie. C’est bien entendu un des apports les plus importants du mouvement des gilets jaunes de ce que la bourgeoisie est capable de faire lorsqu’elle se sent vraiment menacée. On peut dire qu’avec Macron l’oligarchie a trouvé son « homme », il ne semble pas qu’il y ait eu un autre politique assez fou pour endosser ce sinistre costume d’apprenti dictateur, en France, et au XXIème siècle. 

    Le coup d’Etat macronien permanent 

    Ce coup d’Etat soft – pour le moment – s’est renforcé au même instant où Macron recevait des intellectuels de cour dans son palais pour blablater avec des gens sans importance qui aiment être flattés par les puissants[1]. Ce n’est pas une coïncidence, Macron a besoin de ces salonards pour laisser accroire qu’il a encore l’oreille de l’opinion. Il met donc en scène deux images, celle du pseudo-intellectuel qui penserait le monde et son devenir, comme s’il avait quelque idée personnelle sur la question, et celle du prince éclairé mais autoritaire qui veut transformer le monde en bien pour tout le monde. Depuis plus quatre mois, il parle, il parle, il s’écoute parler, comme s’il avait encore une prise sur l’opinion. Mais rien ne se passe, sa cote de popularité reste très basse, et on s’aperçoit que les miettes qu’il a données au bon peuple ne sont qu’une supercherie, j’avais signalé il y a un moment que seuls 45% des Smicards seraient concernés par sa prime, qui n’était qu’une avance sur ce qui devait arriver tôt ou tard, mais voilà qu’on nous dit que finalement moins de 10% des salariés ont eu droit à la prime exceptionnelle de productivité[2]. C’est pour le moins un bluff, pour ne pas dire autre chose, et cela lui revient dans la figure comme tout ce qu’il entreprend. Comme disait Abraham Lincoln, « Vous pouvez trompez quelques personnes tout le temps. Vous pouvez tromper tout le monde un certain temps. Mais vous ne pouvez pas tromper tout le monde tout le temps ». Ce qui veut dire qu’on ne peut pas gouverner en permanence par le mensonge et le slogan.

    Mais au-delà de la personnalité burlesque de Macron – on remarquera qu’il n’est pas le seul président fou et autoritaire, il y en a d’autres au Brésil ou aux Etats-Unis – il faut comprendre les raisons de son coup d’Etat permanent.

    Le coup d’Etat macronien permanent

    La dernière trouvaille de Macron pour pallier sa propre inertie c’est d’utiliser l’armée pour le maintien de l’ordre. Donc son plan en trois points est le suivant :

    1. les interdictions de manifester prise au gré des pulsions profondes des préfets, c’est une interdiction pour certains manifestants fichés, mais c’est aussi une interdiction de faire des manifestations. Il est prévu d’interdire aux gilets jaunes d’investir les quartiers de luxe comme par exemple les Champs-Elysées, de façon à protéger les riches qui ont bien le droit d’aller boire un coup au Fouquet’s sans être emmerdés. Déjà cela nous fait sortir de l’Etat de droit. Que dirait-on si Poutine, Orban ou Salvini prenaient de telles décisions ?

    2. faire passer le montant des amendes pour ceux qui enfreignent ces interdictions à 138 €.

    3. demander aux CRS d’aller plus rapidement au contact. Autrement dit de matraquer d’entrée les manifestants pacifiques ou non.

    L’exécutif annonce la couleur, ça va chier, et pas qu’un peu. Pour l’instant l’armée n’interviendra pas contre les manifestants, elle sera positionnée autour des bâtiments, par exemple l’Arc de Triomphe où les gilets jaunes aiment bien se réunir. C’est ce qui a été le plus commenté, cependant il faut bien comprendre l’intention de Macron : il veut nous habituer peu à peu à un régime autoritaire de type fasciste qui s’appuiera sur l’armée, sensée lui être fidèle. C’est comme ça qu’il faut comprendre la déclaration du gouverneur militaire de la place de Paris, le général Bruno Leray qui a déclaré qu’en cas de nécessité les militaires pourront tirer dans le tas. Cette déclaration ubuesque a été commentée à Bruxelles où Macron se trouvait dans le cadre du Conseil européen, dont l’un de ses objectifs était de répondre à la proposition de May d’allonger le Brexit. Macron a donc dû répondre, lors de sa conférence de presse, qu’on n’avait pas très bien compris, qu’en aucun cas l’armée ne serait autorisée à tirer dans le tas[3]. Comme à son habitude Macron encourage ses comparses à dire n’importe quoi, puis ensuite il désapprouve. C’est sa méthode. Tout cela ne rassure pas. Cette valse-hésitation entre une voie fascisante et la volonté de continuer à jouer le pourrissement, pose directement la question de savoir s’il y a encore une ligne politique, en dehors de la répression, à l’Elysée.  Nous sommes parvenus dans une zone dangereuse où maintenant tout peut arriver, et principalement le pire. Notez que des soldats – des professionnels donc ont déjà signalé qu’ils ne tireraient pas sur la foule, bref il y a au moins des dissensions, et surtout, il semblerait que les soldats aient un peu plus de conscience sociale que nos policiers qui se laissent acheter et transformer en miliciens pour 300 € par mois[4]. 

    Le coup d’Etat macronien permanent 

    Le général Bruno Leray en train de déconner sur France Info 

    Comme on le voit ce coup d’Etat macronien ne peut avancer qu’à visage masqué, à trop gratter l’armée il risquerait de provoquer un vrai coup d’Etat et de se faire déposer, tellement il est peu aimer des militaires. Cette débauche d’autoritarisme macronien, insuffisamment dénoncé selon moi par les médias et les autres partis dits d’opposition, il faut d’abord le comprendre comme une compensation réelle d’une perte de légitimité : c’est parce que la cote de popularité de Macron reste autour de 25%, que Macron est maintenant obligé de gouverner avec la trique. Du coup les condamnations morales de l’illibéralisme macronien, pleuvent de tous les côtés : 2 fois par l’ONU, 3 fois par la Commission européenne, 1 fois par le parlement européen, 2 fois par Amnesty International, 2 fois par la Ligue des Droits de l’Homme. C’est énorme, mais ça n’émeut que très peu de monde, parce que les médias de grande audience mettent l’éteignoir là-dessus.

    Comme on le voit cette attaque tout azimut contre le peuple change la nature du régime : nous ne sommes clairement plus en République et encore moins en démocratie. C’est la contrepartie de la faiblesse intellectuelle de Macron qui, en se révélant incapable de résoudre une crise sociale qui dure maintenant depuis près de 5 mois, s’est coupé complètement de l’opinion, ses grimaces lors du Grand débat n’ont guère été appréciées. En tous les cas elles n’ont rien changé sur l’image d’irrésolution qu’il donne au monde entier. Cette in capacité à renouer un minimum avec l’opinion, fait mieux ressortir l’impasse d’une répression violente. L’épuration violente de la hiérarchie policière est dans la continuité d’une concentration du pouvoir répressif dans les mains de Macron. Remplacer Delpuech par Lallement est une offense à la préfecture de police de Paris. Lallement est là pour une reprise en main et faire en sorte que la répression soit la plus sauvage possible.

    Tout cela montre que l’appareil d’Etat est un instrument pour occuper notre propre pays. La police est transformée aujourd’hui en une sorte de milice fasciste au service non pas de la République, non pas de sa population, mais à celui de l’oligarchie et de ses représentants. Nous sommes dans une situation d’occupation qui appelle naturellement à la Résistance. La police va-t-elle accepter longtemps de jouer ce rôle dévolu en d’autres temps aux milices ? La justice va-t-elle encore longtemps couvrir ces turpitudes ?

    En ce début de printemps on sent bien que le régime vacille, sa légitimité se réduit comme une peau de chagrin. Les éditocrates sont de moins en moins enthousiastes pour défendre ce régime qui tend à devenir fasciste. On trouve de plus en plus d’articles critiques dans Le monde, et même L’obs, un journal macronien de la première heure qui, sous la plume du mollasson Serge Raffy, s’attaque à l’épuration de la haute fonction publique policière[5]. Ajoutez à cela que le gouvernement commence aussi à préparer l’opinion à une nouvelle réforme des retraites qui prolongerait le travail au-delà de 62 ans[6]. Ce qui ne contribuera pas à rendre ce gouvernement plus populaire. En effet Macron s’était engagé durant sa campagne électorale à ne pas toucher à l’âge de départ, mais en outre pour financer les retraites, il est possible de trouver de l’argent ailleurs, par exemple en annulant le CICE ou en rétablissant l’ISF.



    [1] http://in-girum-imus.blogg.org/les-intellectuels-et-macron-une-operation-de-communication-ratee-a161132348

    [2] https://www.liberation.fr/amphtml/checknews/2019/03/21/la-prime-macron-a-t-elle-ete-versee-a-seulement-107-des-salaries_1716334?fbclid=IwAR1cGO5gQMhLf_iM8dJVPe7J4Jdcz-8b0jMjMmefoqXaUEzfTB4_OngU_VY

    [3] https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/03/22/acte-xix-des-gilets-jaunes-les-propos-du-gouverneur-militaire-de-paris-sur-l-usage-du-feu-font-enfler-la-polemique_5439917_3224.html

    [4] https://actu.orange.fr/france/gilets-jaunes-vive-inquietude-chez-les-militaires-de-l-operation-sentinelle-magic-CNT000001e00Ve.html?fbclid=IwAR1bpeguhechukpYjTl92h3Sc8L6fwQd82-bwRkiV4XGs2CHeXtRlLilL1c

    [5] https://www.nouvelobs.com/editos-et-chroniques/20190319.OBS2011/delpuech-limoge-la-republique-des-petits-fusibles.html

    [6] https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/03/21/reforme-de-la-retraite-jean-paul-delevoye-et-agnes-buzyn-se-contredisent-sur-le-report-de-l-age-legal-de-depart_5439186_823448.html

    « L’Union européenne dans l’impasse du BrexitActe XIX, la Résistance s’organise, tandis que la dictature s’installe »
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  • Commentaires

    1
    sergio
    Samedi 23 Mars à 18:10

    nous ne serons jamais exclus de nul part!, ni des rêves de (sur)puissance d''asticot 1er  dit macron 1er,  qu'il se le tienne pour dit!

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