• La richesse rend con

     La chasse aux fauves et l’argent 

    La richesse rend con

    Les premiers économistes français, ceux d’avant Adam Smith, de la fin du XVIIème siècle stigmatisaient la richesse, définissant pour l’homme « un idéal de médiocrité de bien ». Car si la pauvreté n’est pas une bonne chose, évidemment, la surconsommation de richesses mène à l’ostentation et donc à la concurrence entre les riches eux-mêmes qui ne savent plus quoi faire pour dépenser l’argent qu’ils ont gagné plus ou moins frauduleusement. Car c’est ainsi, l’argent qu’on a gagné sans travailler, sans transpirer, nous brûle les doigts et on cherche à s’en débarrasser par tous les moyens en faisant n’importe quoi.

    Celui qui s’est fait méchamment épinglé ces derniers jours est un dentiste qui non seulement arrache des dents mais qui en plus assassine des animaux qui ne lui ont rien fait avec des complicités qu’il achète ici là. Cumulant de multiples handicaps, il est menteur comme un arracheur de dents, américain, il est en outre poursuivi pour harcèlement sexuel.

    La preuve qu’il gagne trop d’argent en arrachant des dents est qu’il a payé 50 000 $ pour avoir la peau du lion Cecil. L’individu était déjà connu pour mettre sur les réseaux sociaux des photos de sa triste figure accompagnée des dépouilles de bêtes sauvages qu’il a assassinées au cours de sa vie. Evidemment, s’il n’était pas trop payé, il n’aurait pas 50 000 $ à mettre dans une entreprise aussi débile que la destruction d’animaux sauvages. Mais James Palmer par son existence misérable et l’usage débile qu’il fait de l’argent montre que celui-ci est bien un agent de mort, la négation de la vie.

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    Depuis qu’il s’est fait remarquer par son attitude morbide, il aurait même décapité ce pauvre lion Cecil pour en faire un trophée, les réseaux sociaux sont partis en chasse après lui. Il se cache et a dû fermer son cabinet. Sa partie de chasse étant illégale, ses complices ont été arrêtés et seront jugés. En effet ils ont appâté ce malheureux lion pour le faire sortir de la réserve où il était protégé. Palmer dit qu’il ne savait pas que sa chasse était illégale, preuve que les arracheurs de dents sont toujours autant menteurs qu’au Moyen Âge. Beaucoup de monde s’active en ce moment pour lui pourrir la vie, ce qui est un juste retour des choses somme toute.

    On pourrait penser que ce fait divers ne concerne pas la lutte des classes, on aurait tort. Cet exemple répugnant montre à quoi sert l’argent qu’on extorque à ceux qu’on exploite : à avoir un pouvoir de vie et de mort sur les autres fussent-ils des bêtes sauvages en voie de disparition. On voit bien que le but du profit et de son accumulation n’est pas forcément d’investir et de créer des emplois comme nous le raconte Macron par exemple. Dans un de leur dernier ouvrage, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, dénonçaient en priorité le comportement prédateur des riches[1]. Cette grande violence qui s’abat sur les pauvres peut-être tout aussi bien transférer sur les bêtes ou sur l’environnement qu’ils aiment à détruire pour leur plaisir d’un moment. Mais en même temps elle les désigne aussi comme une classe sans avenir. 

    Jacques Séguéla devient très vieux  

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    Jacques Séguéla a eu du succès en tant que publiciste, c’est lui qui aurait, dit-on, trouvé le slogan de la première campagne de François Mitterrand, « la force tranquille ». C’est depuis cette époque qui remonte à plus de trente ans qu’il se croit intelligent. Les journalistes qui aiment à l’interroger, font semblant de le croire aussi. Il a passé 80 ans, et ses implants capillaires ne tiennent plus vraiment sur le sommet de son crâne. Certes il n’a jamais été trop intelligent, ni même instruit, mais là il atteint des niveaux insondables de bêtise.

    C’est un spécialiste de la phrase provocatrice et imbécile. On se souvient qu’il s’était bêtement laissé aller à déconner sur les montres Rolex, nous expliquant que celui qui n’a pas de montre Rolex à 50 ans a raté sa vie. Cette phrase de « m’as-tu-vu » fraîchement converti à la philosophie sarkozienne de l’existence et du plaisir, expliquait en quelque sorte quel était le but de sa vie et de l’argent qu’il avait accumulé par ses pitreries : posséder des objets onéreux qui ne servent à rien d’autre qu’à paraître. On lui a donc 6 ans après demandé des explications sur cette première imbécilité. Mais sa justification l’a un peu plus enfoncé, le montrant comme un crétin intégral. Il a donc rappelé que s’il avait parlé de Rolex, c’est parce qu’il considérait la montre, non comme un objet de mesure du temps en tranches fines, mais comme un « rêve ». C’est le terme qu’il a employé le lundi 27 juillet 2015. Et c’est là qu’il ajouté en grand démocrate qu’il est que tout le monde a le droit de rêver et que même un clochard peut arriver à mettre 1500 euros de côté pour poursuivre son rêve.

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    On peut tout de même rappeler à cet imbécile qu’il n’existe aucune montre Rolex à 1500 € et que les premiers prix tournent autour de 5000 €. Evidemment je n’insiste pas sur l’origine possible des 1500 € que pourrait économiser un clochard. C’est le terme qu’il a employé sans doute parce que cela fait plus poétique que SDF. Menteur de profession Séguéla avait fait étalage de sa bêtise au début de  l’année 2014 en affirmant que le salaire moyen des Chinois était de 10% du SMIC, et que cela ne les empêchaient pas d’être heureux, « de se battre et d’y croire ». Tout ça pour dire que les Français n’aiment pas travailler et que de là vient tout le mal – venant d’un feignant comme lui qui n’a jamais travaillé de sa vie, mais n’a vécu que de combines tordues, la remarques à tout son sel. 

    Conclusion 

    Dans l’éloge de la richesse alors que la pauvreté augmente de partout, de Sarkozy à Macron, en passant par l’idiot de service Séguéla, il y  a quelque chose qui ressemble à la fin d’une période, un peu comme quand Marie-Antoinette disait à propos de paysans qui n’avaient pas de pain : « Qu’ils mangent de la brioche ! »[2]. Mais on le voit bien que si la pauvreté est plus que difficile à vivre, elle aurait un impact négatif sur l’intelligence, la richesse ne protège en rien contre l’abrutissement. Remettons au centre de nos préoccupations « l’idéal de médiocrité des biens ».

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    [1] La violence des riches, Zones, 2013.

    [2] Cette phrase est sans doute apocryphe et provient en réalité des Confessions de Jean-Jacques Rousseau (1782).

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