• La reconnaissance de Cuba et ses conséquences

    L’opposition officielle à Hollande, la droite stupide, l’UMP, a choisi d’attaquer Hollande tout azimut. On remarque d’ailleurs que par les temps qui courent, l’UMP fait profil bas sur la politique économique du gouvernement, pour deux raisons, la première est qu’Hollande applique à quelque chose près le programme de l’UMP. Et puis, comme je l’ai signalé il y a quelques jours, la baisse de l’euro, la baisse du prix du pétrole  relance la croissance. Le gouvernement va donc engrangé des résultats sur le front de l’économie : il en profitera pour vanter le bien-fondé de ses réformes et la nécessité de les poursuivre. Certes ces résultats ne sont pas imputables à l’action de la triplette infernale Hollande-Valls-Macron, et ils seront non seulement passages, mais encore insuffisant pour régler l’ensemble des problèmes qui mine la société française dans son ensemble. Donc l’opposition attaque Hollande sur les « valeurs », un jour elle suppose qu’il brade les valeurs de la République à l’école, l’autre jour elle s’en prend au fait qu’Hollande est allé serrer la main à Fidel Castro. 

    La reconnaissance de Cuba et ses conséquences

    Fidel Castro est une icône pour une certaine gauche, pour d’autres c’est un dictateur plutôt sanguinaire qui a détruit toute forme d’opposition sérieuse avant que son frère Raul ne le pousse vers la sortie. Je le dis ici tout net, je n’ai jamais été un admirateur de la révolution cubaine, et à l’époque nous étions nombreux parmi les révolutionnaires de la fin des années soixante à critiquer vertement ce régime répressif. Pour moi il va de soi que le socialisme n’a aucun sens s’il se développe sur des bases répressives. Je crois que c’est d’ailleurs le plus grand échec des mouvements se réclamant du communisme au XXème siècle.

      La reconnaissance de Cuba et ses conséquences

    Mais là n’est pas la question. Le temps a passé, et Cuba rêve d’une normalisation, d’un processus qui le ferait revenir dans le concert des nations. Manifestement les dirigeants cubains veulent briser leur enfermement, d’ailleurs le régime est moins dur, moins répressif qu’auparavant. C’est un des rares pays qui se réclament encore ouvertement du socialisme avec la Corée du Nord, ce qui n’est pas une référence bien folichonne, ces exemples ne donnant guère envie de troquer le capitalisme pourri dans lequel nous vivons contre un communisme qui ressemble comme deux gouttes d’eau à un fascisme. Ce sont d’ailleurs les exemples que nous ressortent sempiternellement les tenants d’un capitalisme comme horizon indépassable de notre histoire. Non, il n’y a presque plus de fous assez fous pour penser que le socialisme pourrait être représenté par ces caricatures.

    Il n’empêche. Cuba n’est plus tout à fait Cuba et certainement le blocus des Américains les a poussé à durcir encore un peu plus leur régime politique. A l’évidence si Cuba est pauvre, ce n’est pas seulement parce que ce pays a été mal géré, mais aussi parce qu’il s’est trouvé isolé et plutôt maltraité par son riche voisin. Je rappelle aux plus jeunes que Cuba compte sur son île une base navale américaine, la fameuse base de Guantanamo. Ce qui met les Cubains directement sous le feu de l’armée la plus puissante du monde.

      La reconnaissance de Cuba et ses conséquences

    Ce qui est à l’ordre du jour, n’en déplaise à la droite décomplexée à la française, c’est justement l’ouverture vers Cuba. On remarquera au passage que la droite décomplexée à la Sarkozy est toujours à la traîne en ce qui concerne la compréhension des tendances récentes du capitalisme. Il est en effet assez débile pour ne pas dire plus de s’en tenir à la vieille lune d’un communisme répressif quand justement ses  autorités font des efforts importants pour se normaliser.

    C’est Obama qui a lancé le mouvement en rencontrant Raul Castro le 11 avril 2015. Un mois plus tard Hollande se rend à Cuba. Il épouse donc le plan global qui à terme conduira à la normalisation de Cuba. Ceux qui croient qu’il s’agit là d’une victoire du socialisme se trompent lourdement. C’est plutôt le moment particulier où le capitalisme de marché et le capitalisme d’Etat opèrent leur jonction.

    Cuba cependant dans une économie mondialisée et soumise à la rude division internationale du travail n’a pas grand-chose pour se défendre. Certes on dit que sa main d’œuvre est d’un bon niveau, mais dans quel secteur pourrait-elle s’employer ? Ce petit pays n’a pas d’industrie à part celle de fabriquer des cigares ! Il est probable que si d’ici quelques mois la situation avec Cuba se normalise, ce petit pays usera de son « avantage comparatif » qui est en fait sa situation géographique, ses plages, ses filles et sa musique ! Bref c’est un pays destiné au développement du tourisme. Il retournerait alors à ce qui était sa destinée du temps du dictateur Batista. Cet homme corrompu et cruel qui avait vendu l’île carrément à la mafia qui y exploitait des hôtels de luxe, des casinos, et qui y recyclait son argent sale. Les promoteurs immobiliers s’en frottent déjà les mains, tant ils ont hâte de détruire de magnifique cadre naturel qui a été assez épargné justement par le fait que Cuba était victime du blocus américain.

     La reconnaissance de Cuba et ses conséquences 

    Ce petit pays d’environ 11 millions d’habitants reçoit chaque année 3 millions de visiteurs. Et il est facile de prévoir qu’une détente entre les Etats-Unis et Cuba permettrait de quadrupler ce chiffre. C’est un tourisme encore pas très cher, à proximité du plus grand marché touristique du monde. Dans le graphique ci-dessus, on remarque d’ailleurs que le développement de cette activité n’a jamais cessé, même si il a été entravé par les raisons que l’on a dites.

     La reconnaissance de Cuba et ses conséquences 

    La question qui se posait ces jours derniers était de savoir qu’est-ce que donc avait été cherché Hollande à Cuba ? Puisqu’en effet les relations économiques entre la France et Cuba ne peuvent guère se développer – seule la firme Ricard est implantée sur l’île. Pour les uns Hollande y serait allé chercher une caution de gauche, certes un peu fanée, dans la perspective des élections présidentielles de 2017. S’il a fait ce calcul il s’est planté parce qu’il ne sera pas jugé sur ces relations avec un vieux dictateur en phase terminale, mais sur son bilan économique et social qui lui reste catastrophique, du moins aussi catastrophique que celui de son prédécesseur l’homme qui a lu Victor Hugo… enfin du moins qui le dit !

     

    Liens 

    http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20150512.OBS8825/cuba-est-il-encore-une-dictature.html

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  • Commentaires

    1
    Charles Deryl
    Samedi 16 Mai 2015 à 09:38

    pour les uns... et pour les autres ?

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