• La justice contre l’opposition en France

     La justice contre l’opposition en France

    Les perquisitions chez Mélenchon et dans les locaux de la France Insoumise se sont très mal passées. Mélenchon s’est rebellé. Ces perquisitions ont été effectuées dans le cadre d’une analyse des comptes de campagne du représentant de la France Insoumise, mais aussi dans celui des assistants parlementaires. A gauche tout le monde va jouer l’indignation. En réalité l’affaire est très compliquée. N’étant pas mélenchoniste pour des tas de raisons politiques, je vais essayer de faire le point[1].

    D’abord nous remarquons que la manière dont la justice s’attaque à Mélenchon est très semblable aux attaques tout azimut qu’a subies Marine Le Pen. Or il vient facilement à l’esprit que MLP et Mélenchon sont les deux opposants les plus crédibles face à Macron. Il est clair que si Macron veut faire un score satisfaisant avec ses listes LREM aux européennes, il faut faire baisser Mélenchon et surtout MLP. Je ne suis pas du genre à donner dans les théories du complot. Cependant nous sommes bien obligés de constater que quand la police perquisitionne chez Benalla, l’ami du président, elle prend des gants et ne s’offusque pas du fait qu’il ne souscrive pas aux demandes des policiers, prétextant avoir égaré des clés[2]. Ensuite nous savons que les comptes de campagne de Mélenchon ont été approuvés sans réserve, ce qui n’est pas le cas de ceux de Macron, mais celui-ci et son parti n’ont pas fait l’objet d’investigations judiciaires. Cela nous explique mieux pourquoi Macron, malgré la faiblesse de ses capacités intellectuelles, cherche avant tout à verrouiller les nominations des procureurs sur les postes sensibles[3]. Non seulement cela le met à l’abri d’éventuelles poursuites intempestives, mais cela lui permet d’attaquer par la bande ses opposants.    

    La justice contre l’opposition en France 

    Edouard Philippe n’est pas concerné… dit-il 

    Il ne m’appartient pas de discuter des bienfondés des procédures en cours, mais seulement d’en évaluer les intentions politiques : il s’agit de faire oublier à quel point Macron et sa politique sont haïs par les Français, d’ailleurs dans son allocution d’hier au soir, Macron avait manifestement la tête ailleurs, sans doute ne voulait-il pas gâcher la violence des images des perquisitions, ou peut-être tout simplement cette mélancolie était due au fait que sa femme l’a quitté pour aller au Touquet[4]. La provocation a parfaitement bien fonctionné. Le fourbe Edouard Philippe s’est retranché derrière l’indépendance de la justice, assurant qu’il n’avait pas donné d’ordre au parquet pour emmerder Mélenchon. Ce qui est un mensonge éhonté bien entendu parce que ces affaires sensibles comme on dit passent nécessairement par le gouvernement et donc au moins par Belloubet. La France est maintenant divisée en deux : il y a ceux qui trouvent que la démarche de la justice relève de l’intimidation, et ceux qui trouvent que s’il n’a rien à se reprocher Mélenchon n’a rien à dire contre cette démarche.

    On ne sait pas dans quel sens l’opinion tranchera, le but était d’abord de salir Mélenchon, et celui-ci y a succombé. Pouvait-il faire autrement ? S’il ne disait rien, il cautionnait, s’il se manifestait il se mettait en porte-à-faux.

    Cependant de nombreuses voix commencent à se faire entendre sur le thème d’une similitude des procédures contre Fillon, puis contre MLP, puis contre Mélenchon[5]. Même si les faits reprochés à Fillon sont d’une autre gravité, il semble bien qu’il y ait une utilisation systématique de la justice contre les opposants. Entendons-nous bien, je ne suis pas assez naïf pour croire que MLP ou Mélenchon sont parfaitement blancs. Je parle des méthodes utilisées contre eux. Avait-on besoin pour poursuivre MLP dans le cadre d’une enquête des plus scabreuses de réclamer son expertise psychiatrique ? Avait-on besoin de ce déploiement spectaculaire pour perquisitionner chez Mélenchon ? Une perquisition était-elle nécessaire ? Vous remarquerez que ces deux opposants à Macron sont anti-européens, avec plus ou moins de cohérence, et qu’ils sont attaqués sur la question des attachés parlementaires européens. Bruxelles, c’est loin, et sans doute pensaient-ils qu’on ne viendrait pas les chercher sur ce terrain, parce qu’on sait que les parlementaires européens ne servent à rien, juste à recaser des politiciens en mal de revenus qui en profitent aussi pour placer quelques affidés. Ce sont les habitudes ordinaires des politiciens. Ce pourrait d’ailleurs être un message lancé aux partis qui énervent Macron : ne venaient pas me chercher, sinon on va accélérer les procédures faciles à ouvrir contre vous. 

    La justice contre l’opposition en France

    Certains internautes ont remarqué que le policier qui se prend de bec avec Mélenchon faisait doute partie de la garde rapprochée de Macron, ils ont donc diffusé ces deux photos qui sont en effet très troublantes. L’allure générale est la même, le front aussi, et surtout la forme des oreilles qui en général est très spécifique pour chaque individu. D’autres on avançait que Macron ne ferait pas de telles boulettes. Mais en vérité il en fait tellement que plus rien ne nous étonne. Peut-être aurons-nous une réponse à cette interrogation. S’il devait être avéré que les deux policiers sont les mêmes, cela jetterait une lumière singulière sur les rapports de Macron avec l’idée de police.   

    Les erreurs de Mélenchon 

    La justice contre l’opposition en France 

    Mélenchon est peut-être un bon orateur, mais c’est un piètre tacticien, on l’avait vu lors de sa rencontre avec Macron à Marseille où il avait donné le bâton pour se faire battre[6]. Ici il se montre comme quelqu’un qui perd son sang-froid bien trop facilement et qui refuse de se plier aux injonctions de la justice. Mais il a commis une autre erreur qui est passée un peu inaperçu, c’est qu’il aurait dû soutenir Marine Le Pen, non pas au nom de la convergence de leurs idées, mais simplement parce que dans une République digne de ce nom et qui veut être un exemple de démocratie, on ne se sert pas de procédures scabreuses pour éliminer ses concurrents. La démarche de Macron et de ses sbires est de jouer sur cette contradiction : les mélenchonistes ne veulent pas soutenir MLP qui serait une fasciste, et à l’inverse les frontistes ne veulent pas soutenir Mélenchon qui serait selon eux un bolchevique. C’est la seule arme que possède Macron, celle de la division, empêcher les convergences coûte que coûte, sachant que pour le reste les trois quarts des Français le déteste. La seule question qui vaille est celle-ci : jusqu’à quand une telle démarche suffira-t-elle pour maintenir Macron en vie ?



    [1] https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/10/16/perquisitions-en-cours-chez-jean-luc-melenchon-et-au-siege-de-la-france-insoumise_5370031_823448.html

    [2] https://www.lepoint.fr/politique/affaire-benalla-une-perquisition-suspecte-aux-yeux-des-policiers-01-08-2018-2240815_20.php

    [3] https://www.lejdd.fr/politique/quand-emmanuel-macron-simmice-dans-la-procedure-de-nomination-du-procureur-de-paris-3764849

    [4] https://www.voici.fr/news-people/actu-people/brigitte-macron-ce-jour-ou-elle-a-claque-la-porte-de-lelysee-pour-se-refugier-au-touquet-651641

    [5] http://www.vududroit.com/2018/10/derives-liberticides-cest-tour-de-melenchon/?fbclid=IwAR2wHGSl_9iR_n83ewID9x5wZdRonH_u0Gdu9oz15eO4sYLJgWGQC6F_GIo

    [6] http://in-girum-imus.blogg.org/la-lourde-faute-de-melenchon-a148469748

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