• La fin de l’euro ?

     

     La chancelière allemande et son candidat

     

    La démocratie vue par la chancelière allemande

     

    Il y a quelques jours les caciques de l’Union européenne pensait inimaginable que l’un des pays membres de la zone euro s’éloigne de ses bienfaits. Et aujourd’hui tout semble en train de changer. Le candidat de l’Allemagne et de la Commission européenne va sans doute être battu. Et donc il s’ensuivra que Tsipras sera le nouveau premier ministre de la Grèce. Celui-ci a annoncé qu’il romprait avec la politique austéritaire de Samaras, qu’il étalerait le remboursement de la dette à sa manière, il la renégocierait et il augmenterait les bas salaires. Mais pour l’instant il n’a pas envisagé sérieusement de sortir de l’euro et de l’Union européenne, il est resté très timide sur cette question. Pourtant la chancelière allemande qui croie sans doute que la Grèce est encore sous l’occupation de ses armées, vient de faire savoir que cela ne lui plaisait pas et donc que si ces fainéants de Grecs se mêlaient de vouloir une autre politique que celle qui est préconisée par elle, elle s’arrangerait pour mettre la Grèce dehors. Les Allemands ont évidemment toujours eu une idée très relative de la démocratie. Mais surtout Merkel ne se souvient pas que l’Allemagne a seulement remboursé ces jours-ci les dettes de la Première Guerre mondiale, et qu’elle n’a toujours pas envisagé de rembourser l’or que les Allemands ont volé à la Grèce et qui pourtant serait suffisant pour que ce petit pays martyrisé par la tyrannie européiste et libérale puisse se mettre à jour de ses propres dettes.

    Merkel se dit prête à autoriser la Grèce à sortir de la zone euro. Madame est bien bonne, elle suppose que les Grecs ne sont pas assez grands pour prendre cette décision par eux-mêmes. Ci-dessous les résultats d’un sondage récent sur la manière dont les Grecs se situent aujourd’hui face à l’euro et à l’Europe.

      

    Menaces sur la démocratie grecque

     

    Le FMI, la Commission européenne et maintenant Merkel veulent, si les Grecs votaient « mal », couper les circuits financiers pour les aider à financer leur dette. On voit le chantage d’ici. Schaüble l’abominable ministre de l’économie allemand a affirmé aussi qu’il n’était pas question qu’on tolère une autre politique en Europe que celle qui est conseillée par lui et Merkel. Comme je l’ai dit, il semble bien que tout le ban et l’arrière ban de la réaction ait décidé d’apporter son concours à Tsipras afin qu’il soit largement élu. Merkel n’ignore pas qu’elle, son ministre de l’économie et son pays tout entier sont détestés en Grèce. Et elle sait que ses propos provocateurs vont avoir un effet négatif sur le vote pour Samaras. Il n’est pas bien difficile de comprendre que voter Samaras va être largement assimilé à un geste de collaboration avec une dictature qui ne veut pas dire son nom.

      

    Merkel conspuée et comparée à Hitler dans les manifestations en Grèce

     Alors quel peut être le but de ces provocations à répétition qui montrent que la Grèce est sous tutelle ? Certes on surestime très souvent nos dirigeants en pensant qu’ils savent ce qu’ils font, mais je ne crois pas Merkel aussi stupide que ça. A mon avis il y a deux objectifs à cette foire. Le premier est de montrer que la gestion de Tsipras, si celui-ci persiste à négocier quoi que ce soit avec la Troïka, abouti exactement aux mêmes résultats que la gestion Samaras, et donc qu’il n’y a pas d’alternative. Mais il se pourrait que Tsipras ne veuille pas endosser le manteau de la trahison et qu’il sorte enfin de l’euro, qu’il cesse de tergiverser sur l’Europe. Dans ce cas-là Merkel prépare ses arrières et cède aux conservateurs allemands qui croient que l’euro est un boulet pour eux. On sait que le parti anti-euro est dans ce pays de plus en plus fort. Et que si on ne lui coupe pas rapidement les ailes, il deviendra un concurrent redoutable pour la CDU – le SPD étant déjà en phase terminale. On remarque que les réflexions de Merkel sont rapportées par Der Spiegel qui fait ouvertement la propagande pour un retour au mark.

    Mais il s’agit là d’une arme à double tranchant. En effet si la Grèce sort de la zone euro – ou si on la met à la porte – cela pourrait avoir deux conséquences très négatives :

    - d’abord cela fragilisera le secteur bancaire français et allemand qui détiennent une grande partie de la dette grecque ;

    - ensuite cela pourra amener un effet de contagion, l’Espagne, le Portugal, puis l’Italie et la France – une fois débarrassée de cette truffe de Hollande – peuvent emboîter le pas. L’euro serait alors réduit à une zone mark qui serait tiré vers le haut mais qui plomberait les balances commerciales des pays qui y adhérerait. Dans cette configuration il se pourrait bien que l’Allemagne redevienne l’homme malade de l’Europe !

    Le journal allemand Die Welt quant à lui avance qu’il ne s’agit que d’un coup de bluff destiné à accroître la pression sur les créanciers européens, sur ceux qui auraient des velléités de mettre en avant une autre politique pour l’Europe.

     

    Liens

    http://russeurope.hypotheses.org/3233

    http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20150104.OBS9227/merkel-prete-a-laisser-la-grece-sortir-de-la-zone-euro.html

    http://www.pcfbassin.fr/63-politique-europeenne/grece/22443-grece-syriza-gauche-radicale-pas-tant-que-ca

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20150104trib17ebd335f/merkel-serait-prete-a-laisser-la-grece-sortir-de-la-zone-euro.html

    « 2015, L’ODYSSÉE DE LA SOCIETE - FABRICE AUBERTCédric Durand, Le capital fictif, Les prairies ordinaires, 2014 »
    Partager via Gmail

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :