• La déconfiture des fausses oppositions de Mélenchon, du PCF et des syndicats

    La déconfiture des fausses oppositions de Mélenchon, du PCF et des syndicats 

    Mélenchon à Marseille faisant des manières au président-fou en septembre 2018 

    En 2017 Mélenchon représentait un espoir pour le petit peuple de gauche, il semblait vouloir se saisir de la volonté populaire et d’entrer dans la bataille contre l’Union européenne. Au moment de la campagne pour les présidentielles, nous avions dit que son programme nous semblait bon, sauf qu’il n’était pas assez clair sur la question de l’Union européenne[1]. Nous avions remarqué que plus il tapait sur l’Europe, et plus les intentions de vote en sa faveur augmentaient. Il prenait des voix à Marine Le Pen. Mais il n’a pas su avoir un discours clair, ni sur l’Europe, ni sur l’immigration, et il a terminé en 4ème place derrière un petit escroc avéré, François Fillon. Cet échec s’est traduit par une déroute aux législatives qui ont suivi l’élection du psychopathe qui squatte maintenant l’Elysée. Mais il n’a pas su tirer les leçons de cet échec. Refusant de trancher entre la gauche bobo, façon Autain et la gauche souverainiste qui reste encore dans la France Insoumise, il a conduit ce parti à la déroute. La fraction la plus lucide de la France Insoumise, représentée entre autres par Djordje Kuzmanovic est partie, elle s’est dispersée ailleurs. C’est ce qui explique en grande partie l’effondrement de son score aux européennes – la lamentable prestation de Manon Aubry ayant consolidé ce virage – et de manière concomitante, me score relativement bon du Rassemblement National. Le voilà maintenant qui tente de reconstruire l’Union de la gauche en allant faire des manières vers les débris du PS et du PCF. Cette stratégie est vouée complètement à l’échec, non seulement elle ne renforce pas la France Insoumise, mais elle fait grimper presqu’automatiquement le Rassemblement National qui apparait comme la seule opposition sérieuse à Macron.

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    Un montage de la perquisition du 18 octobre 2018 avait mis Mélenchon dans l’embarras 

    Mélenchon a perdu clairement la main aussi sue le plan tactique. Il s’est fait piéger comme un bleu avec cette perquisition probablement illégale diligentée par la sinistre Belloubet : il est apparu comme un excité qui ne supporte pas de se plier aux règles de la République. Peut importe si aujourd’hui on voit des images qui confirme l’idée de provocation lors de cette même perquisition[2], le mal est fait. Quelques semaines avant, Mélenchon avait rencontré à sa propre initiative Macron à Marseille. Il avait déclaré que le président-fou n’était pas son ennemi et avait minimisé les critiques qu’il lui avait adressées, Macron s’était permis de moquer ce revirement stupide autant qu’honteux.  

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    Les Brésiliens, Bolsonaro et son ministre de l’économie, s’en sont pris à la vieille Brigitte Trogneux, moquant son physique raffistolé par des milliers d’euros de chirurgie esthétique, sa perruque et son dentier[3]. Certes le procédé n’est pas très élégant, surtout venant de personnages officiels, mais il faut dire que cette femme exaspère tout le monde par ses manières de se mettre en avant d’occuper en permanence les unes complaisantes des journaux pour salon de coiffure, alors qu’elle n’est strictement rien, ou pas grand-chose, une enseignante du secondaire dans le privé à la retraite. Mélenchon qui décidément n’en rate pas une a apporté son soutien dans cette lutte obscure à cette femme cupide autant que vulgaire[4]. Cette position est indéfendable : en effet Brigitte Trogneux qui représente la domesticité de l’oligarchie – elle a été le professeur des filles de Bernard Arnault dans une école pour les enfants de la haute bourgeoise – n’a pas à être défendue quand on se place du point de vue du peuple et de la lutte des classes. C’est comme si Mélenchon venait défendre Marie-Antoinette parce qu’on l’a moquée pour sa phrase : « s’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche »[5]. Cela n’a pas empêché qu’elle soit décapitée d’ailleurs.  

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    Mélenchon se rapproche de plus en plus du politicien social-démocrate sans avenir. Après avoir apporté son soutien à Brigitte Trogneux, avoir serré la main au président-fou, voilà qu’il n’a rien trouvé de mieux pour se refaire la cerise que de défendre le petit escroc Richard Ferrand. Alors que cette affaire d’escroquerie est bien connue depuis au moins deux ans dans ses moindres détails, Mélenchon fait mine de croire que le président de l’Assemblée nationale pourrait être tombé dans un piège[6]. On en rirait si ce n’était pas aussi dramatique. Mais qui aurait intérêt à tendre un tel piège ? Vous me direz Mélenchon n’est pas le seul à gauche à se vautrer dans la compromission. Cette année la Fête de l’Humanité, journal fondé par Jean Jaurès et organe du Parti communiste, avait poussé la débilité jusqu’à inviter Jean-Paul Delevoye. Il était sensé débattre avec le syndicaliste semi-éteint Philippe Martinez. Comme si on se retrouvait sur BFMTV à débattre entre amis. Mais non, le combat contre la réforme des retraites fait partie de la lutte de classe et pas du tout d’une discussion cautionnant la légitimité du gouvernement. Certes on sait que l’Humanité est un journal très endetté qui a besoin de l’aide du gouvernement pour sa survie, mais ce soutien indirect est grossier. Au lieu d’aller écouter deux imbéciles qui débattent, il valait mieux être dans la rue avec les gilets jaunes. C’était bien joué de la part du gouvernement que d’envoyer ce cumulard de Delevoye jouer les ministres courageux qui va discuter avec le peuple qui ne comprend rien. Le débat s’est tenu face à un public qui a été bien gentil, se contentant de siffler et d’injurier Delevoye. Patrick Apel-Muller le patron de l’Humanité était là pour veiller au grain et faire en sorte que la foule reste calme[7]. Cette lamentable mise en scène d’une fausse opposition a été couronnée par les pitreries de Benalla qui, lui aussi se trouvait la Fête de l’Humanité ! On a entendu Martinez pleurnicher pour dire que Delevoye n’a jamais tenu compte des propositions de la CGT. Ce délinquant qui frappe le 1er mai ceux qui manifestent contre Macron est venu faire le bouffon au stand de MMA. Prétendant représenter les Arts Martiaux il a ridiculisé Alexis Corbières et Ugo Benaclis en leur proposant de les entraîner à se battre[8]. Comment se peut-il que le PCF se laisse ainsi traîner dans la merde par un voyou de bas étage ? Benalla ne pouvait parader de cette manière qu’avec l’assentiment des organisateurs. Je connais trop le PCF pour savoir que ce qui se passe chez eux est toujours sous contrôle. Si on voulait avoir la preuve que le PCF est bien fini, la Fête de l’Humanité de 2019 en est la démonstration vivante. C’est plus de la tolérance, c’est une maison de tolérance où, le PCF derrière son maquillage d’opposant vire à la vieille pute délaissée. Qu’on ne vienne pas faire la leçon à ceux qui se tournent vers le Rassemblement national. Le mois de septembre a été ravageur pour les fausses oppositions, alors que le peuple est en ébullition pour toutes les saloperies que lui inflige le gouvernement.

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    Samedi 14 septembre une discussion entre amis avec Delevoye le cumulard et le syndicaliste comateux Martinez 

    Mais les syndicats et les partis de gauche saucissonnent les luttes, affichant ouvertement qu’ils ne croient pas à la lutte de classes, ni même à une issue positive d’une mobilisation forte. Au lieu de s’opposer en bloc à la réforme des retraites voulue par Macron, ils défendent te ou tel régime spécifique. Ce qui finit par nuire à tous les travailleurs, y compris ceux qui ne bénéficient d’aucun régime spécial. Le dirigeant de l’UNSA Laurent Escure a clairement dit que le combat des retraites était perdu d’avance que puisque Macron était déterminé à faire cette réforme il fallait se coucher, il dit discuter avec le gouvernement, mais évidemment avec un tel point de départ on comprend où peuvent aller de telles discussions[9]. Il n’y a pas que Laurent Berger qui vend les salariés au patronat, Lescure fait aussi sa part du travail. Et après on s’étonne que les salariés ne se syndiquent plus en masse. Souvent on avance que si le syndicalisme est en baisse un peu partout, c’est parce que le prolétaire est devenu plus individualiste. Je ne le crois pas, et je le crois de moins en moins, c’est plutôt que la bureaucratie syndicale avec ses magouilles et ses compromissions le dégoute de plus en plus en plus. Avec de tels opposants, Macron peut dormir tranquille, même avec 75% des Français qui le trouvent mauvais, il peut continuer sa sale besogne. Les seuls combats perdus d’avance sont ceux qu’on n’a pas livrés, et il vaut mieux être défait que de vivre dans la soumission. En 1995 Alain Juppé qui se disait droit dans ses bottes et déterminé à détruire la retraite par répartition dut non seulement reculer sous la pression de la rue, mais aussi démissionner. 

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    Le bureaucrate Escure veut un syndicat pour lui 

    Les gilets jaunes ont montré la voie, face à une opposition aussi molle que corrompue, le peuple n’a plus qu’une solution, passer par-dessus la tête des bureaucraties syndicales et partisanes pour forcer le cours des choses, occuper les rues et les ronds-points. Mélenchon que certains avaient cru fait d’un autre bois que les politiciens ordinaires, a été élu à Marseille député, mais dans cette ville où la situation est explosive, il n’y a rien fait, que ce soit pour l’épineux dossier du PPP – Partenariat Privé-Public – des écoles publiques d’un montant d’1 milliard d’euros qui a échoué, ou pour la préparation des élections municipales. La gauche à Marseille en est à l’Union de la gauche, vieille combine pour ne rien faire, et la mairie est promise forcément à une personnalité de droite : Martine Vassal qui travaille en profondeur les communautés arménienne et juive de la ville, ou l’ancien professeur de médecine Yvon Berland récemment rallié à Macron. Or à une époque où la fronde des maires montre toute l’importance du pouvoir municipal, Mélenchon croit encore que sa chance viendra des présidentielles de 2022. Comme disait Marx « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes », et non celle des dirigeants des organisations bureaucratiques auxquelles plus personne ne croit.



    [5] Cette phrase est attribuée à tort à Marie-Antoinette en 1789, mais Jean-Jacques Rousseau la met dans la bouche d’une princesse en 1782 dans Les confessions.

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