• L'Ukraine (2)

    François Hollande a précisé que le référendum en Crimée prévu pour le 16 mars n’était pas légitime car celui-ci devait être organisé par l’Ukraine elle-même. Mais cela ne l’empêche pas de recevoir le président non-élu de ce même pays. Petro Porochenko est une sorte de Berlusconi ukrainien, qui s’est enrichi dans tout un tas de magouille liées à sa proximité avec les nouveaux pouvoirs lors de la chute du régime soviétique. Cet oligarque est considéré par Hollande comme un grand démocrate. Petro Porochenco est arrivé au pouvoir en Ukraine à la suite d’un coup d’Etat, et son gouvernement – un rien bancal tout de même – compte au moins quatre ministres ouvertement nazis.

    Sur la photo qu’on voit ci-dessus, on reconnait un ancien boxeur, un oligarque au passé douteux et sulfureux, un homme politique français qui cherche une ligne de conduite qui le fasse remarquer positivement à l’opinion, et un médiatique qui tantôt se prend pour un journaliste, tantôt pour un philosophe. On ne comprend pas pourquoi il est reçu à l’Elysée. Ce sinistre BHL ne semble pas avoir compris que les Ukrainiens qui ont pris le pouvoir sont ultra-minoritaires dans le pays et surtout sont nettement à la droite de Marine Le Pen. Quel est le statut de BHL auprès de Hollande ? C’est tout de même troublant qu’Hollande recycle les anciens conseillers de Sarkozy, Attali pour l’économie, BHL pour la politique étrangère poussant au conflit.

    Comme je l’ai dit la confusion est totale. On a vu par exemple l’ex-secrétaire d’Etat Henry Kissinger soutenir Poutine et dénoncer l’escalade verbale d’Obama et de l’Union européenne. L’Inde et la Chine, les deux pays émergents qui comptent le plus, se sont rangées presque naturellement du côté de la Russie. Tout cela sans trop que les médias français en parlent.

    L’Union européenne est partagée en trois :

    - Les durs, la Pologne et la Lettonie

    - Les pays qui s’engagent mollement comme la France et l’Allemagne, mais qui veulent bien faire quelque chose

    - Et puis les pays comme l’Espagne, l’Italie et même la Grande-Bretagne qui veulent à tout prix évioter l’escalade.

     La Pologne et la Lettonie poussent à une confrontation directe avec la Russie. C’est surtout l’attitude de la Pologne qui est préoccupante. Il semble que ce pays ait une revanche à prendre sur la Russie qui, il est vrai, l’a souvent maltraitée. L’analyse des Polonias est que l’armée russe est très faible et que la leur est au contraire performante. Ils pensent que le rapport de forces leur est favorable en ce moment et qu’il convient d’en profiter. Pour cette raison ils multiplient les provocations, pour l’instant verbalement. C’est sans doute de ce côté qu’il faut se méfier le plus.

    C’est bien sûr le référendum en Crimée dont l’issue ne fait aucun doute qui va redistribuer les cartes. On sait déjà qu’on va ressasser l’idée que ce référendum n’est pas légitime et qu’il faut préserver l’unité de l’Ukraine, mais en même temps il est difficile de tenir de tels propos qui sont en contradiction directe avec le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. C’est un peu comme si l’Union européenne interdisait à la France de s’extraire du piège européen au prétexte qu’il lui faudrait l’aval des autres pays européens. Cette propagande ne durera pas très longtemps. L’opinion française est très partagée, presque à a égalité, les uns pensants que Poutine a envahi la Crimée, les autres que les Occidentaux font n’importe quoi. Pour cette raison la tension dans cette région ne pourra guère profiter à redresser la popularité d’Hollande.

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