• L’Europe dévoilée par l’abstention de ses électeurs mêmes

    L’Europe dévoilée par l’abstention de ses électeurs mêmes 

    Les élections européennes occupent les esprits et les états-majors des partis. Il s’agirait d’élire un parlement européen qui n’a strictement aucun pouvoir et qui a été conçu comme cela. Les lieux du pouvoir dans l’Union européenne, sont la Commission européenne qui gère les budgets en Europe à la place des Etats, la Banque Centrale Européenne qui a la main sur la monnaie, et la Cour de Justice Européenne qui fabrique les lois à partir de rien, uniquement pour soutenir le projet néo-libéral de l’Union européenne. Rien d’autre. Traditionnellement l’abstention à cette parodie de démocratie est extrêmement élevée comme on peut le voir dans le graphique ci-après pour les élections de 2014. Un tel taux d’abstention rend complètement illégitime ce parlement croupion qui n’est un parlement qu’en apparence. Evanescent ce parlement sert seulement à recaser quelques figures politique un peu passées de mode et qui cherchent des compléments de revenu pour un travail bien peu fatigant. L’absentéisme des députés européens est régulièrement dénoncé. Mais pourquoi donc seraient-ils présents, alors que clairement ils n’ont rien à décider[1] ? Le plus souvent on entend parler de cette assemblée que lorsqu’une grande gueule, Nigel Farage ou Cohn-Bendit, fait du cinéma, s’indigne à peu de frais sur telle ou telle question. Ce cirque est destiné à faire des images qui rappelleront au peuple européen indifférent que ce parlement existe. 

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     Taux d’abstention aux élections européennes de 2014 

    Son plus beau fait d’armes et le plus récent est la reconnaissance du coup d’Etat de Juan Gaido au Venezuela[2], tandis que l’Union européenne se trouvait dans l’incapacité de le faire parce que des pays comme l’Italie, ou la Grèce, l’en empêchaient. La volonté de ce parlement de se soumettre au dictat atlantiste s’il était la marque d’une Europe soumise, montrait un dysfonctionnement de ses différentes composantes. Mais le résultat était là : l’Union européenne quoi qu’en disent les parlementaires européens se trouvait dans l’incapacité de reconnaitre Juan Gaido. En voulant démontrer que l’Europe existait, le parlement européen est arrivé ainsi à son exact contraire. Toujours à la remorque, ce parlement n’est intervenu sur la question vénézuélienne que dans le sillage de Macron qui lui-même a mis ses pas dans ceux de Trump. Mais pourquoi se saisir de cette question lointaine et mal connue quand le parlement européen est incapable de dire quoi que ce soit sur le glyphosate, ou sur n’importe quel sujet important. Mais voilà en s’intéressant au Venezuela les parlementaires européens font semblant d’agir, alors que leur résolution ne mène à rien.

    Très souvent les européistes se lamentent hypocritement sur cet état de fait. Arguant qu’on ne peut pas se plaindre en même temps d’un manque de démocratie dans l’Union européenne, et refuser de voter. Le refus de voter est en réalité très complexe. Il ne tient pas seulement à la mauvaise volonté des Européens. Mais en vérité cette mise à distance des électeurs des organes représentatifs de l’Europe est clairement le résultat d’une volonté politique : l’Union européenne fonctionne dans l’opacité la plus totale, y compris en violant ses propres lois. Par exemple il est clair que la politique de Mario Draghi est en complète contradiction avec le traité instituant la Banque Centrale Européenne[3]. Mais si cela a gêne un moment les Allemands, ils sont depuis rentrer dans le rang, sans doute parce qu’ils pensent pouvoir prendre un jour prochain la tête de la BECE[4]. Après avoir ôter un à un tous les éléments de la souveraineté populaire, le budget, la monnaie, et même la production de la loi, l’Union européenne n’est pas fâchée au fond que les électeurs désertent les urnes. C’est bien dans la continuité du projet post-démocratique que de gouverner uniquement à l’aide des experts. Sans même que les électeurs se déplacent, l’Union européenne a un parlement, certes qui ne sert à rien, mais qui fait au moyen semblant que nous sommes dans une démocratie parlementaire. On pourrait même dire que l’abstention énorme qui disqualifie la légitimité d’une telle boutique, sert tout à fait son dessein.   

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    Le bilan complètement négatif de l’Union européenne et de l’euro 

    Sur le plan économique et social, le bilan européiste est terrible. Certes on peut incriminer la crise de 2008, mais 10 après cette crise aurait dû être résorbée : si elle ne l’a pas été c’est bien parce que l’Union européenne ne fonctionne qu’au profit des pays forts et particulièrement de l’Allemagne. Plus l’Europe s’intègre et plus sa croissance s’effondre : la croissance de l’Union européenne est ainsi inférieure à la croissance étatsunienne, et la croissance de la seule zone euro est encore plus faible que dans le reste de l’Europe. Certes les européistes vous diront que sans l’Union européenne cela eut été pire. Mais ce n’est pas sérieux, juste un acte de foi. On pourrait dire bien sûr que la croissance n’est pas un but en soi, à un moment où les questions environnementales interpellent. Mais il est facile de comprendre qu’un objectif de décroissance demanderait pour être accepté que le partage de la valeur soit beaucoup moins inégalitaire. Or ce n’est pas le cas. Les inégalités se sont creusées entre les pays européens, clairement au profit de l’Allemagne, infirmant la fable de la convergence grâce aux mécanismes européens, mais elles se sont développées aussi à l’intérieur de chacun des pays européens consécutivement aux réformes dites de structure qui en libéralisant les marchés ont conduit volontairement à la destruction des Etats providence, destruction que Macron en petit élève de Bruxelles tente de parachever. Le prétexte en a été facilité par l’endettement des administrations publiques, et c’est en ce sens que la crise de 2008 a bien fait avancer le projet néo-libéral.

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    L’échec complet de l’intégration européenne peut se lire à l’inverse dans le succès de l’économie suédoise : ce pays a refusé en 2003 d’entrer dans la zone euro, consécutivement à un référendum dont on a respecté le résultat. A cette époque-là, les médias avaient mis le paquet, en Suède comme dans toute l’Europe, pour expliquer que sans l’euro la Suède en reviendrait forcément à l’autarcie et leur niveau de vie s’effondrerait. Et bien non, ce fut l’inverse qui se passa. Toutes les années qui passent voient la Suède au-dessus de la zone euro en termes de croissance, mais aussi au-dessus de la soi-disant performante et vertueuse Allemagne ! Au sein de l’Union européenne, il y a une règle : les pays qui ne sont pas dans l’euro s’en sortent bien mieux que les autres[5], confirmant ce que nous disons plus haut : plus l’Union européenne s’intègre et plus sa croissance s’effondre, et plus les divergences entre les pays membres s’accroissent. Le Danemark est un autre exemple de cette logique. Si les pays qui ne sont pas dans l’euro obtiennent de meilleurs résultats, c’est principalement parce qu’ils possèdent la maitrise de leur monnaie, et par suite ne se plient pas aux règles budgétaires dictées par Bruxelles. Les Suédois ont joué clairement la carte de la dévaluation quand il le fallait pour empêcher que leur excédent commercial disparaisse. Si on comprend bien la stratégie suédoise, cela voulait dire qu’ils usaient d’une stratégie mercantiliste, ils utilisaient le grand marché, mais le gérait avec leur propre monnaie. Et quand on maitrise sa monnaie, on maitrise aussi son budget. On ne met pas assez l’accent sur ce phénomène, mais dans la mesure où l’Union européenne fonctionne sur la concurrence entre les pays, cela ne peut amener qu’au développement de politiques mercantilistes agressives, la recherche d’excédents commerciaux. Notez que si l’Allemagne est capable de générer des excédents commerciaux colossaux, même si la croissance économique ralentit fortement en ce début d’année 2019, c’est parce qu’elle aussi s’est servi de la monnaie comme d’une arme : en entrant dans l’euro, elle a réussi le hold-up du siècle, elle a dévalué radicalement la valeur du mark pour se tailler des parts de marché qu’ensuite la fixité obligatoire entre les taux de change des divers pays de la zone euro rendait pérennes. Cette intégration a coûté très cher aux pays les plus faibles : la Grèce a été à moitié détruite, et il faut bien le dire, quel qu’en soit le coût, il eut mieux valu que ce pays en sorte et répudie sa dette, quelles qu’en soient les conséquences plutôt que de se livrer chaîne et boulet à la vindicte de l’Allemagne et de son gouvernement.  

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    Même les résultats en matière de chômage et d’emploi sont très mauvais. En effet, il y a deux cas de figure : soit le chômage reste élevé, comme dans les pays du sud de l’Europe, soit la faiblesse du chômage est compensée comme en Allemagne par une indécente montée des travailleurs pauvres. Comme on le voit encore en prenant ce critère de l’emploi et du chômage, l’Europe ne converge pas, c’est le reflet de la divergence des taux de croissance. Le fait que la croissance en Europe ralentisse, n’est pas pour rassurer de ce côté-là. En effet depuis quelques années maintenant, les organismes internationaux notamment l’OCDE et le FMI, mais pas la Commission européenne dont l’objectif de déflation salariale reste inchangé, déplore que les salaires stagnent aussi bien dans l’OCDE qu’en Europe. Cela veut dire clairement que l’oligarchie s’est servie de la crise de 2008 pour exiger une nouvelle baisse des salaires réels. Cette stagnation est au moins pour partie à l’origine de la crise des gilets jaunes, et de la montée des partis populistes, surtout quand comme en Italie ils font des efforts pour trouver des améliorations au sort des plus démunis. Ces mauvais résultats sur le terrain de l’emploi et des salaires, expliquent que l’Union européenne est de plus en plus vue comme une machine folle à faire des profits pour les plus riches. Bien entendu la médiocrité des résultats économiques est le résultat à la fois de la mondialisation qui exacerbe la compétitivité entre les salariés et de la théorie de l’offre qui suppose que plus les riches sont riches, et plus ils investiront, entraînant une croissance forte et riche en emplois. Ce conte de fée n’a aucun sens au vu des résultats.

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    Moins d’Europe est au programme 

    Certes les européistes vous diront que sans l’Union européenne la situation eut été pire. C’est une affirmation très audacieuse et qui ne repose sur rien, encore moins pour les Grecs que l’Europe a saigné à blanc. C’est une nouvelle fuite en avant pour réclamer encore plus d’Europe. Mais en vérité il n’y a plus que Macron pour croire qu’on puisse aller vers plus d’Europe. Les faits montrent au contraire qu’on va de plus en plus vers moins d’Europe. Les exemples sont nombreux. Evidemment la sortie du Royaume Uni ramenant l’UE de 27 à 28 membres va avoir un retentissement considérable. Ce pays qui n’était pas un des membres fondateurs pèse lourd, très lourd. Sa sortie privera le budget de l’Union européenne de plusieurs milliards d’euros par an, et personne ne sait où on va les trouver. Mais en outre, cette sortie risque d’avoir des conséquences économiques assez fortes à moyen terme, et il n’est pas certain que ce soit le Royaume Uni qui sera perdant, étant donné que son commerce extérieur est largement déficitaire avec l’Union européenne et d’abord avec l’Allemagne, puis ensuite avec la France. La négociation du Brexit a été gérée d’une manière désastreuse par Barnier et son équipe. En effet la mauvaise volonté de l’Union européenne était évidente : il fallait punir un pays qui osait sortir de l’Union européenne, pour montrer que cet affront ne serait pas toléré des autres prétendants à l’exil[6]. Mais c’est un fusil à un coup, si cela suscite l’effroi, c’est seulement à court terme. Peut-on gouverner par la peur, après qu’on ait gouverné sans les électeurs ? Au contraire la morgue de Bruxelles risque de hâter justement les nations a en sortir, mais cette fois sans négocier rien du tout. Sortir et dialoguer éventuellement après. C’est pour ne pas avoir respecté ce bon principe de la théorie des jeux que Tsipras s’est perdu, et que Theresa Mays s’est trouvé en grande difficulté devant le parlement.

    Mais les querelles ne s’arrêtent à un simple affrontement d’un pays avec une institution, la forme même de cette institution appelle le conflit. L’idée selon laquelle l’Europe c’est la paix à fait long feu. De nombreux commentateurs ont dénoncé ce mensonge en bout de course, que ce soit Marcel Gauchet[7] ou Olivier Delorme[8]. En vérité les guerres étaient impossibles après 1945, parce que les grandes nations guerrières étaient à plat, que ce soit la France, l’Angleterre, ou encore la belliqueuse Allemagne. Et en outre la Guerre froide poussait les Américains à encourager la création de l’Europe pour contenir ce qu’ils pensaient être l’avancée du communisme. En vérité depuis la crise de 2008 les conflits larvés entre les nations européennes sont extrêmement nombreux. Et il semble même que ces conflits se soient durcis ces derniers temps. Parmi ceux-ci il y a la question des migrations qui a vu se constituer un groupe de pays dissidents, le groupe dit de Visegrad. C’est une réaction à la perte de souveraineté proposée par la politique migratoire européenne qui, pour des raisons complexes suppose que les frontières de l’Europe n’existent plus et donc qu’on peut accueillir à peu près tout le monde. A ce groupe dissident, menacé d’ailleurs de temps à autre par la Commission de Bruxelles de sanctions, s’est joint fort naturellement l’Italie. Mais ce pays est maintenant en conflit ouvert avec la Commission européenne sur la question du budget et aussi avec Macron qui prétendait prendre la tête d’une croisade « progressiste » contre « la lèpre qui monte ». Evidemment un tel langage n’a pas été apprécié à Rome. L’affaire s’est envenimée avec le rappel par Paris de son ambassadeur en Italie. Ce cinéma inédit depuis 1940 est la démonstration que Macron est en campagne. La position de l’Italie est la suivante : nous voulons moins d’Europe et plus de possibilité de gérer nous-mêmes nos affaires, que ce soit les flux migratoires, ou que ce soit le budget. Evidemment il n’est pas question – pour l’instant du moins – que nous engagions une guerre avec l’Italie. Mais les rapports sont tendus. Ils n’ont jamais été aussi mauvais entre nos deux pays qu’aujourd’hui. Mais enfin, les rapports entre l’Allemagne et l’Italie se sont dégradés aussi fortement, et on ne peut pas dire qu’entre les Grecs et les Allemands se soit le grand amour. Pire encore dans la période récente les relations entre l’Allemagne et la France, malgré les concessions françaises du traité d’Aix-la-Chapelle, se sont franchement refroidies.

    Tout ça pour dire que plus l’Union européenne s’intègre, et moins il y a d’ « amitié entre les peuples ». Remarquez que les querelles sont principalement entre les pays de la zone euro, zone qui ne rend manifestement pas la cohabitation heureuse sous la férule de Berlin. L’Union européenne à l’inverse de son projet affiché est en train au contraire d’attiser les tensions politiques à un niveau jamais connu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. C’est une image de cauchemar que renvoient les divisions de l’Europe. Comment en est-on arrivé là ? C’est probablement la conjonction de la médiocrité des résultats économiques, et de la fin de la Guerre froide qui a complètement déstructuré le bloc occidental. Mais quelles que soient les raisons de ce chaos, on ne voit pas dans ses conditions comment l’Union européenne va continuer à avancer.

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    Les Européens ont raison de s’abstenir 

    Cet ouvrage patiemment mis en place par l’oligarchie est en voie d’effondrement et quel que soit le temps que cela prendra, l’Union européenne disparaitra dans la démondialisation programmée. C’est la première raison de s’abstenir. A quoi bon participer à cette mascarade. Ce projet n’a aucune chance d’aboutir parce que l’histoire des nations européennes suit des trajectoires différentes et que ces trajectoires ne peuvent pas se fondre sans une destruction massive des cultures qui les ont supportées. Mais la seconde raison est que ce parlement européen n’a strictement aucun pouvoir et ne peut en aucun cas modifier ce qu’est l’Union européenne aujourd’hui. Les populistes diront sans doute qu’en renforçant leur poids dans ce parlement ils pèseront plus fortement sur les décisions de la Commission européenne. Mais c’est un mensonge. Même si les « populistes » obtenaient une large majorité de députés cela ne changerait rien aux décisions fondamentales qui sont prises non pas en fonction des idées politiques des uns et des autres, mais en fonction des traités et de leur interprétation par les juges de la CJE ou des bureaucrates de la Commission européenne. L’alternative est simple : soit on accepte l’Union européenne telle qu’elle est, pensant qu’on ne peut pas faire mieux, soit on en sort, avec l’argument très fort selon lequel avant l’intégration européenne, il y avait une vie. Penser à une autre Europe est un leurre, cela fait 35 ans qu’on nous ballade avec l’idée d’une Europe sociale. Ces jeux politiciens sont sans fondement, et explique à eux seuls que les électeurs s’abstiennent massivement aux élections pour le parlement de Strasbourg. La social-démocratie a disparu pour cette raison, et bientôt ce sera le tour de la droite ordinaire, affairiste et cosmopolite, façon Juppé-Macron chez nous. Macron qui se présentait naguère comme le grand rénovateur de l’Union européenne, l’homme capable de faire aimer l’Europe aux Français réticents, prétend monter une liste LREM-MODEM, avec l’aide probable de Juppé et quelques débris de LR. Cette liste est créditée de 20% d’intention de votes[9], mais avec une abstention de 57% ! Donc environ 11,4% des électeurs ! Dans d’autres sondages la liste macronienne que personne ne connait encore, arriverait en tête, de très peu, mais en tête tout de même. Mais on sait que les sondages font l’objet de nombreux lissages et rectifications qui permettent quand les écarts sont faibles. Mais que cette liste LREM fasse 20% ou 22%, avec une telle désaffection des électeurs, ce sera forcément un échec complet… du moins du point de vue de la démocratie représentative. De tels chiffres suffisent à montrer que les résultats de du vote qui aura lieu le 26 mai prochain n’ont strictement aucun intérêt, sauf à constater un émiettement complet aussi bien de la gauche, représentée par pas moins de 6 partis, que la droite ordinaire, affairiste et européiste, représentée par 3 partis dont LREM qui peine à être le parti rassembleur de cette louche mouvance ancrée dans des idées passéistes, et bien sûr la droite nationaliste qui sera représentée par pas moins de 3 partis. 

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    Sondage Opinion way Euro-track, 31 Janvier 2019

    En attendant l’Union européenne s’est lancée dans une opération de racolage très coûteuse, histoire de rendre les élections au parlement attractives. Ça donne ce machin ci-dessous. On se demande si les bureaucrates sont à ce point stupides, et bien oui… les deux fifrons qu’on voit ci-dessous sont sensés nous apporter de bonnes raisons de voter. Mais ce genre de publicité vulgaire risque d’avoir l’effet inverse, car ouvertement on nous prend pour des enfants, pensant que deux individus avec des costumes aussi laid puissent représenter une Europe forte et déterminée.  

    L’Europe dévoilée par l’abstention de ses électeurs mêmes

    Mais il y a pire encore. Toujours sur le mode de l’abrutissement intégral, l’Union européenne sponsorise, avec notre argent bien entendu, la campagne dite des Eurolapins. Déjà désigner les Européens comme des lapins est une injure grossière. Mais le fond de la campagne est censé être le suivant : une Europe forte ferait peur à nos ennemis qui sont désignés nommément comme étant la Russie, la Chine et les Etats-Unis. Ces pays sont représentés par des loups, et l’Europe par des gentils petits lapins. Mais aujourd’hui dans le contexte de lutte pour la préservation de la biodiversité, on préfère finalement les loups ! C’est donc une propagande agressive qui désignent des ennemis extérieurs et qui considèrent que ceux qui ne votent pas à ces élections pourries sont des traitres à leur patrie qui est l’Europe. La campagne des Eurolapins est portée par une boutique très obscure au financement encore plus obscur, Pulse Europe[10]. Je me suis demandé quel était le but de cette campagne stupide. Est-ce de nous montrer que l’Union européenne nous prend pour des crétins avec cette publicité enfantine ? Est-ce de juste prendre un peu de monnaie au passage ?  

    L’Europe dévoilée par l’abstention de ses électeurs mêmes

    Les messages des Eurolapins sont centrés sur l’idée qu’il y a trois mauvais pays qui nous veulent du mal, mais aussi que pour protéger le climat il faut renforcer l’Union européenne, et encore que les idées populistes sont véhiculées par des fake news. Dans le premier cas, on vise les Etats-Unis qui seraient amenés par un dangereux climatosceptique, sous-entendu que l’Europe sait y faire en matière de lutte contre la dégradation climatique. Dans le second, c’est Vladimir Poutine qui est considéré comme le fournisseur en gros de fake news pour tous les pays du monde, et donc comme l’unique responsable du développement des idées populistes, donc il faut voter pour une Europe fédérale, libérale et capitaliste. Les Chinois sont par nature fourbes, c’est bien connu, esclavagistes, ils sont déloyaux dans la concurrence. Mais alors pourquoi commerce-t-on avec eux ? Comme on le voit l’attaque pour défendre l’Union européenne est frontale, et les messages plus que simplets. Si cet ensemble montre que les européistes n’ont pas d’argument sérieux pour nous inciter à voter, il montre aussi qu’ils nous prennent ouvertement pour des imbéciles. Il n’est pas sûr que cela motivera suffisamment les électeurs pour qu’ils se déplacent en masse jusqu’au bureau de vote le 26 mai 2019. 

    L’Europe dévoilée par l’abstention de ses électeurs mêmes



    [1] http://www.observatoire-corruption.org/absenteisme-parlementaire-le-vrai-debat/

    [2] https://www.ouest-france.fr/monde/venezuela/venezuela-le-parlement-europeen-appelle-l-ue-reconnaitre-guaido-comme-president-legitime-6206537

    [3] https://www.atlantico.fr/decryptage/436342/mario-draghi-pompier-zone-euro-violer-traites-par-passivite-dirigeants-politiques-jean-jacques-netter

    [4] https://www.lemonde.fr/economie/article/2017/03/03/en-allemagne-mario-draghi-est-de-nouveau-sous-le-feu-des-critiques_5088635_3234.html

    [5] https://www.rtl.fr/actu/international/brexit-ces-8-pays-qui-comme-le-royaume-uni-pourraient-quitter-l-union-europeenne-7783836619

    [6] https://www.letemps.ch/economie/europeens-donnent-limpression-vouloir-punir-royaumeuni

    [7] https://legrandcontinent.eu/2019/02/06/nous-avons-rencontre-marcel-gauchet/

    [8] https://comptoir.org/2018/11/27/olivier-delorme-affirmer-que-leurope-cest-la-paix-est-une-fadaise-doublee-dune-mystification/

    [9] https://www.opinion-way.com/fr/component/edocman/opinionway-pour-tilder-les-echos-radio-classique-resultats-eurotrack-vague-1-31-janvier-2019/viewdocument.html?Itemid=0

    [10] https://www.liberation.fr/checknews/2019/02/07/qui-se-cache-derriere-la-campagne-des-eurolapins-pro-europe_1707896

    « Macron, travaillez plus pour gagner moinsActe XXIV, après la conférence de presse de Macron »
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  • Commentaires

    1
    Jean Paul B.
    Samedi 27 Avril à 08:42

      Entièrement d'accord avec l'analyse mais le résultat de cette élection en France aura pour conséquence de "légitimer" Macron et sa politique anti-sociale (les médias MSN s'en chargeront même avec 60% d'abstentions!!!) si par malheur sa liste arrive en tête.

      Alors que faire? Il faut battre LREM à tout prix! Pour cela il faut voter sans hésiter et sans se tordre le nez pour la liste RN  qui semble aujourd'hui, être la seule en mesure de le battre et éviter sa re-légitimation factice (personnellement j'aurais préféré LFI,mais soyons réalistes elle n'a aucune chance de battre Macron le 26 mai!) 

      Si LREM-Macron arrive en tête le 26 mai ce sera un bras d'honneur à nos héroïques camarades Gilets Jaunes qui se sacrifient pour tout les gens modestes depuis le 17 novembre 2018.

      Pensons-y, ils ne méritent vraiment pas çà. 

      On s'en fout de l'UE et de son Parlement-bidon on veut simplement battre Macron, alors tous aux urnes contre lui le 26 mai!!!

    2
    sergio
    Mercredi 1er Mai à 01:59

    Ça fait plus de soixante dix ans qu’ils nous bassinent avec « leur piège à cons », comme le disait Coluche : « si c’était vraiment démocratique, ça fait longtemps qu’ils l’auraient interdit ! ». Au début du parlement européen, *"europe écologie-les verts" faisait accroire au bon peuple qu’ils projetaient de changer l’Europe de l’intérieur, on voit où ils-elles voulaient vraiment en venir : la lutte des places pour s’en mettre plein les poches, rien de plus (ah si, une bonne retraite assurée, et en ce qui concerne Cohn-Bendit, il en a cumulé quatre ou cinq (en France et en Allemagne) de ce tonneau là, un gros profiteur ce lascar !)

    *le truc foireux créé par la grande gueule Cohn-Bendit

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