• L’EUROPE ALLEMANDE par Fabrice Aubert

    Le projet Européen est mort.

      L’EUROPE ALLEMANDE par Fabric Aubert

    Introduction : Le projet Européen est officiellement né en 1958, avec le « traité de Rome », encore que l’analyse historique montre les tentatives militaires successives d’imposer une autorité unique aux peuples du continent européens de Charlemagnes à Napoléon ou Hitler[1]. On voit ici, que la volonté de puissance s’oppose de fait aux désirs de coopération et de paix  des peuples.

    Derrière les apparences, des déclamations de l’époque, sur l’objectif de construire une « Europe de paix », il y avait déjà en sous terrain, les racines de ce que nous subissons aujourd’hui. Le « traité de Rome » ne fait que traduire en termes gouvernementaux, l’objectif de faire du charbon et de l’acier (C.E.C.A)[2], un marché, un « marché unique Européen ». Depuis cet acte fondateur, tout s’est poursuivi, en s’aggravant approfondissant la seule logique du marché. « Marché unique », « monnaie unique », « indépendance des banques centrales ». Le seul projet Européen aura donc été de « constitutionaliser le marché », constitution Européenne, instituant le « marché libre et non faussé » contre les peuples (Les Peuples qui ont eu à se prononcer par référendum, s’y sont opposés), mais les marchés ont poursuivi sur leur trajectoire, comme si de rien n’était. Le traité de Lisbonne, fut le plan B des marchés, et ce coup-ci sans référendum…

    Le peuple est si dangereux, que désormais on ne parlera plus de gouvernement, mais de « Gouvernance »[3], contraction de deux mots Gouvernement-Finance, révélant le coup d’Etat des marchés financiers, sur la démocratie. Le gouvernement est l’expression politique de la volonté du peuple, la gouvernance c’est le gouvernement par la règle dite technique, en fait financière. Puis vient le « problème grec » …. à l’origine « problème américain », on n’y reviendra.

     

    LE PROBLEME GREC : Comment peut-on oser parler de « problème grec », quand on sait que la Grèce pèse …. 2 % du P.I.B Européen et que la « crise des subprimes » a brûlé en 10 mois 25.000 milliards de dollars, selon le journal « le monde du 27 Octobre 2008 », mais on serait sans doute plus proche des 50.000 milliards de dollars. C’est de plus, une honte, une ignominie de parler de « problème grec », quand on sait ce que la Grèce a apporté à l’Humanité. Quand « Kaiser Franck » amenait ses canons, les grecs avaient depuis fort longtemps amené l’idée Européenne et de civilisation, au point que les élèves en histoire apprennent, que le « berceau des civilisations », c’est la Grèce. La Grèce, c’est la navigation des bateaux, ce sont les bateaux eux-mêmes, dont le cuirassé Bismarck, dont la conception doit à Archimède qui dans son bain a découvert le principe fondamental de la « poussée des corps plongés dans un liquide ». Toutes les marines nationales, y compris américaines sont endettées vis-à-vis de la Grèce. Mais il n’y a pas que la physique des fluides.

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    La Une de Der Spiegel au printemps dernier où l’on voit Merkel sur la même photo que les nazis devant les ruines de l’Acropole 

    LA DRAMATURGIE : On doit aussi à la Grèce, la dramaturgie, et dieu sait si l’Allemagne à elle seule est une dramaturgie Européenne, et mondiale, vu les guerres et les massacres qu’elle a provoqué. Le théâtre est là encore, l’Allemagne et ses pleureuses sont bien placées. Mais il y aussi les philosophes de Diogène et « son tonneau » à  Platon et « sa caverne ». Le seul philosophe allemand du même acabit, porte le nom de Karl MARX, inconnu par la « panzer division Merkel »… et enfin le sublime, les fondements mêmes de la démocratie, fondateurs de la cité, de la citoyenneté, même en y intégrant toutes les limites de la démocratie athénienne, car il fallut plusieurs siècles pour que ce terme et sa démarche s’imposent, notamment par la révolution Française, mais que le royaume de Prusse et d’Autriche déjà, combattirent. Et l’Allemagne de Merkel continue de parler de « problème grec »…

     

    LA MONETISATION DES DETTES : Si la « grande main invisible » de l’humanité avait à convertir en termes financiers, l’ensemble de ces apports en monnaie sonnante et trébuchante, l’apport des grecs, une fois de plus[4], ce sont des siècles de remboursement que l’Europe et notamment l’Allemagne doivent aux grecs. Mais « l’Allemagne de Merkel » a une très mauvaise mémoire, elle raisonne à l’anglo-saxone… « give me my monney back »[5]. Le plus court terme du marché, dont elle est le porte-parole. Elle oublie qu’à deux reprises, son Pays, a bénéficié de remises de dettes, lui permettant de fait, de pouvoir ainsi sortir de ses crises, sans que le système ne s’écroule, bien au contraire, mais Merkel a une très mauvaise mémoire, oubliant de plus l’emprunt forcé aux grecs.

     

    DETTE ILLEGITIME : La dette grecque est pour l’essentielle illégitime, car celle-ci se développe après la crise des Subprimes, quand les marchés une fois sauvé par les Etats qui s’endettent, auprès des marchés, décident, de se refaire la cerise sur le dos des Etats et notamment les plus faibles en leur faisant payer….le risque d’emprunt, sans aucune solidarité entre les gouvernements européens. L’idée « d’Europe unie » est là, déjà morte. Observons au vu de ce graphique la débandade européenne, et dans cette débandade, seule l’Allemagne de Merkel la comptable, y gagne, augmentant son « poids politique ». Les marchés, qui imposent leur loi d’airain, aiment l’Allemagne qui le leur rend bien.

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    FAIRE PAYER LES PAUVRES : Le capitalisme n’aime pas « faire payer les riches » pour leurs propres turpitudes, tellement plus simple de faire payer les pauvres, qui eux n’ont pas les moyens (cabinets juridico financier de conseil de type Sarkozy) de se faire conseiller. Ce n’est donc pas simplement la Grèce qui paye, mais tous les pays européens faibles et derrière les peuples qui souffrent (rigueur, austérité, chômage, précarité, suicides, décomposition des systèmes de protection sociale, etc…).

    TSIPRAS ET LA LUEUR DE STALINGRAD : A force de frapper les esclaves, on assiste parfois, comme avec Spartacus, à leur révolte et quand il s’agit de plus, du peuple grec…Tsipras, porteur du message des peuples « assez d’austérité » qui ne marche pas, gagne les élections et devient pour les « peuples qui souffrent » de la botte austéritaire, y compris en Allemagne (syndicat D.G.B), la flamme de Stalingrad qui renversa l’inéluctable défaite. Car pendant que les médias nous déclamaient la crise, les bourses du monde progressaient de plus de 18 % l’an, contre les salaires, contre les emplois, contre les entreprises, contre l’activité, contre le travail, contre la production, contre les services publics, car dans le capitalisme, ce qui va dans la poche de l’un (le Capital) se fait en prenant dans la poche de l’autre (le travail). Là est la nature profonde de la « lutte des classes ». Tsipras, c’est le Stalingrad de notre temps, mais la Grèce ne pèse que 2 %, et n’est pas l’U.R.S.S de Staline, ce qui explique ses reculs et non ses avancées, mais il résiste (référendum).

    L’EUROPE ALLEMANDE par Fabric Aubert 

    Image de la collaboration actuelle 

    ECRASER LA REBELLION : Pour l’Allemagne de Merkel, « porte-parole des marchés financiers », la rébellion grecque a assez duré et il faut écraser la rébellion anti-austéritaire, austérité, outil de la domination allemande en Europe. Le référendum qui fait appel au peuple, est une offense à kaiser MERKEL… Quoi, le peuple grec pourrait donner son avis sur les coups de fouet que nous « peuple allemand » supérieur, pourrions donner à ces malotrus impénitents…. Insupportable pour la « Chancelière de l’ordre financier »…Alors au-delà des concessions de Tsipras, MERKEL demande plus, car il faut définitivement mettre à genoux, ce peuple de résistants…et là d’un coup MERKEL retrouve la mémoire, car ce sont les résistants grecs communistes qui ont chassé l’armée nazie de la Grèce et il faudra attendre l’intervention anglo-américaine pour chasser les communistes du pouvoir en Grèce, avec l’accord de Staline, qui lui respecta le partage du monde, défini à Yalta…. 

    MEMOIRE D’ETUDIANT : J’ai eu la chance dans ma jeunesse d’étudiant de pouvoir faire un long voyage de découverte de la Grèce, en voiture pendant un mois et demi. Nous sommes partis de Manosque, et avons traversé l’Italie du Nord, longé toute la cote yougoslave, contourné l’Albanie, et avons atterri en Grèce. Toute la Grèce continentale fut faite, des sites historiques (Delphes, Olympie, Athènes, Epidaure…) mais aussi les petits villages côtiers de pêcheurs, au charme si particulier. Plusieurs choses me resteront éternellement gravées dans ma mémoire. C’était un peuple heureux de vivre, ils n’étaient pas riches, mais ils vivaient leur vie, c’était un peuple accueillant qui aimait les français et détestaient les allemands, à la fois pour des raisons historiques, mais aussi déjà pour des raisons de comportement, la puissance du mark transformaient les allemands (ceux qui pouvaient voyager), en colonisateurs (en Grèce et en Yougoslavie). On retrouve chez Merkel, ce comportement de colonisateur.

    LA GROSSE BERTHA MERKEL : Quoi que subisse le peuple allemand (mini jobs) et les autres peuples européens (Grecs, Espagnols, Portugais, Italiens, Français et la liste est sans fin), ce qui compte pour le gouvernement MERKEL, ce n’est pas l’intérêt de l’Europe, mais l’intérêt de l’Allemagne, des multinationales, et des retraités par capitalisation, d’où sa dépendance au marché. Il est de ce fait logique que le canon allemand tonne encore sur toute l’Europe, comme en 1914, et comme en 1940, mais la monnaie a remplacé le canon et semble plus efficace, car tout ceci se fait sans bruit de bottes, ou de chars. Historiquement les Gouvernements allemands se sont toujours battus pour la « Grande Allemagne », et au-delà l’idée d’Europe, pour ses Dirigeants, ne peut se concevoir que selon une vision Allemande des choses… 

    L’EUROPE ALLEMANDE : Dans cette perception des choses, le positionnement de MERKEL et ses ministres, vis-à-vis de la Grèce, ne fait que refléter ce point de vue. L’Allemagne ne participe à l’Europe que sous condition que celle-ci soit allemande[6]. Ce qui explique ses exigences, qu’elle a l’intelligence de transformer en « objectif européen », décliné en « pacte » successifs (T.S.C.G)[7]. En d’autres termes, l’Allemagne de MERKEL reprend sans le dire, la guerre de 1914 et de 1940 comme à chaque grande crise du capitalisme mondial.

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    A L’ORIGINE UNE CRISE AMERICAINE : Ce que les médias oublient toujours de rappeler, car eux aussi ont « la mémoire qui flanche », c’est de rappeler qu’à l’origine de cette crise dite grecque, on trouve le « krach des subprimes », dont l’épicentre se trouve à « Wall-Street », New-York, comme en 1929. 25.000 à 50.000 milliards de dollars brûlés en dix mois, voilà les chiffres véridiques de la crise… qui veut encore parler de la crise grecque et de ses 320 Milliards de dette, soit 2,5 % du P.I.B Européen[8] ???

    LE PIRE EST A VENIR : On ne cesse de nous parler de « fin de crise », et de retour de croissance, mais le dernier « krach Chinois » est là pour nous rappeler et nous remettre les pieds sur terre. Aucun des problèmes posés par le Krach dit des subprimes, n’a été abordé et encore moins réglé. Toutes les données économiques actuelles sont des messages, d’apparence, qui cache le retour en pire de la crise de 2008. La Crise à venir est à mesurer entre l’évolution pharaonique des cours de bourse, qui s’opposent dans les faits, aux résultats chaotiques de l’économie mondiale. 

    LE PROJET EUROPEN EST MORT : Il ne s’agit pas d’une incantation, ni d’un désir ou d’une volonté personnelle, mais la matérialisation d’un fait. En admettant, que l’idée d’Europe ait pu exister chez les fondateurs, d’une Europe sociale, pacifique et solidaire, on peut constater, que la « crise grecque » et la manière de la régler, est à l’opposé de ces déclamations.

    L’Allemagne de MERKEL renouvelle les mêmes objectifs, que ceux de Bismarck, et d’Hitler, c’est vous dire le niveau de dangerosité de l’ange (Angela). L’Europe ne pouvait avoir de sens que dans la construction d’un projet politique, répondant aux besoins des peuples associés. Le social aurait dû être la priorité du projet Européen. C’est l’inverse qui fut imposé, la monnaie, au service exclusif des marchés, comme « outil de domination des peuples » et la compétitivité comme « le fouet permanent du travail »…. Ce projet renvoie plus aux pharaons d’Egypte et de leurs « pyramides tombeau » construits par des esclaves, qu’à un projet d’émancipation… 

    C’est pour toutes ces raisons, que le positionnement de l’Europe de Merkel, sur la « crise grecque », signifie de fait, que le projet Européen, quel que soit l’avenir de la Grèce, est mort. Un jour, en Europe, les esclaves du « marché libre et non faussé » se révolteront. 

    La Couronne le 13 Juillet 2015 

    P.S / L’accord dont parle l’Europe est une « mise en esclavage », qui sans régler le problème de la dette dite grecque, produira ses dégâts historiques. 


    [1] Il n'est pas très malin d'imaginer que dans un espace aussi peuplé que l'Europe, un ensemble de peuples puisse conserver si longtemps des systèmes juridiques et des législations distinctes. Adolphe HITLER

    [2] Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier.

    [3] Gouvernement de la Finance

    [4] Lire : « Ne touchez pas aux grecs » consultable sur Internet.

    [5] Margareth Thatcher

    [6] C’est pour cette raison que l’Allemagne est le seul pays où la constitution est supérieure aux traités européens.

    [7] « Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance », signé par Sarkozy, entériné par Hollande.

    [8] La dette dite grecque, c'est 320 milliards d'euros, à comparer aux dettes dites publiques des Etats de la zone Euro qui elle, pèse 12.500 milliards d'euros. En relatif la dette grecque pèse donc 2,5 % du total des dettes dites publiques

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