• L’affairiste François Fillon, son incompétence et ses futures casseroles

    L’affairiste François Fillon, son incompétence et ses futures casseroles 

    Si personne n’attendait à ce que Fillon, personnage médiocre, sans idée et sans charisme, soit le représentant de la droite la plus bornée aux élections de 2017, c’est parce qu’il a su être le candidat des vieux et des nantis, mais aussi qu’il a su tisser un réseau de relations important auprès des parlementaires et des gens de pouvoir. Il est d’ailleurs curieux à cet égard que Sarkozy ne se soit pas alarmé de ce phénomène. Cet état de fait révèle d’abord que Les Républicains est un parti archaïque et sans avenir. Mais si Fillon plait tant à cette fraction particulière de la droite, c’est aussi parce qu’il joue la partition de l’austérité. Il a fait cela presque toute sa vie, réclamant aux travailleurs de travailler toujours plus pour gagner moins. Venant de la part d’un politicien qui n’a jamais travaillé durant son existence, ça fait bizarre. Mais toute la droite qui a voté pour lui est faite de ce bois : ce sont des gens qui ne travaillent pas, des vieux, des rentiers, des chefs d’entreprises, et pratiquement pas des ouvriers et des employés[1]. Ce sinistre personnage à tête de séminariste constipé doit être dénoncé pour ce qu’il est : un homme politique corrompu et incompétent. Il a fait ses preuves en tant que premier ministre. 

    La mauvaise gestion de François Fillon 

    Le sinistre François Fillon a fait hurler de la gauche jusqu’à l’extrême-droite avec son programme libéral-autoritaire façon XIXème siècle. Ce politicien qui par ailleurs n’a jamais travaillé a l’habitude de jouer les modestes et de mettre en avant la nécessité de redresser les comptes publics, fusse au prix d’une rigueur radicale et mortifère. On se souvient que ce cuistre déclarait en 2007 que la France était en faillite[2]. Cette remarque était d’autant plus imbécile qu’un Etat comme la France ne peut pas être déclaré en faillite. Mais il y a évidemment pire c’est que François Fillon en tant que premier ministre de la France, par son action a accru la dette publique dans des proportions jamais égalées, ni avant ni après lui. En effet, la dette publique de la France est passée de 65% du PIB au moment de l’élection de Sarkozy, à près de 90% lorsque Fillon et son mentor furent renvoyés. Et donc si on comprend bien le message des chiffres, Fillon a trouvé un Etat en faillite à son arrivée à Matignon, mais en partant il l’a laissé encore plus en faillite. 

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    Il en est exactement de même pour le chômage. Entre l’élection de Sarkozy et celle de Hollande, le chômage a augmenté d’environ un million d’unités pour la catégorie A. Comment dissocier l’action de Fillon de ce résultat calamiteux ? Soit, il n’a rien fait, et alors on se demande pourquoi il était premier ministre, soit il a travaillé effectivement – ce dont je doute personnellement – et alors il a clairement été mauvais.

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    Les fillonistes – il y en a comme naguère il y avait des sarkozystes – vous dirons qu’en 2008 il y a eu une crise sévère. Ce qui est vrai. Mais toute l’Europe a été touchée de plein fouet par la crise. Or nous voyons sur le graphique suivant que l’Allemagne à partir de 2009 commence à voir le chômage baisser, tandis qu’en France il continue de monter. Certes tout n’est pas de la responsabilité du couple maudit Fillon-Sarkozy, et il est clair que l’Union européenne et sa monnaie unique portent une lourde part dans ce désastre. Mais justement, si Fillon avait été efficace et soucieux de la bonne santé du pays, en tant que premier ministre, il aurait agi promptement pour sortir la France de cette impasse de la croissance molle et du sous-emploi. Il est impossible dans la campagne qui s’annonce pour 2017 de faire l’impasse justement sur la gestion des années Fillon-Sarkozy. Certes on comprend bien que Fillon ne tient pas trop à rappeler à quel point il a été un mauvais premier ministre, il essaie de jouer la carte de la rupture ce qui avait si bien réussi à Sarkozy pour se démarquer du triste bilan de la droite chiraquienne. D’ailleurs la droite n’a que ça comme programme : Chirac en 1995 se présentait déjà comme le candidat de la rupture par rapport au médiocre Balladur, rapidement il revint sur ses promesses et rentra dans les clous de la logique européiste pour ne plus en sortir jusqu’en 2007. Vingt ans donc que cette comédie de la fausse rupture perdure, et vingt ans que le peuple se laisse volontairement berner. 

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    Fillon et l’argent : le candidat du monde des affaires 

    Alors si un premier ministre ou un président n’a pas le pouvoir ni la volonté de changer l’ordre des choses, à quoi peut-il bien servir ? Probablement que Fillon ne sert à rien du point de vue du peuple français. Cependant, non seulement il sert les intérêts de la finance, mais en outre il se sert lui-même et grassement. Bien qu’il n’ait pas de casseroles comme celles que Sarkozy trimballait, il en a tout de même un certain nombre qui le classe comme le candidat du monde de la banque et des affaires, un homme âpre au gain et plutôt cupide. On sait que dans sa déclaration de patrimoine Fillon avait omis de déclarer une société de conseil 2F (pour François Fillon) dont il est à la fois le seul actionnaire et le seul salarié. Cette société lui aurait rapporté en plus de ses émoluments de député de Paris environ 18 000 € par mois. Pour un homme habitué à un modeste train de vie ce n’est pas mal. Mais à quoi peut bien servir cette société ? Personne n’est capable de le dire, et encore moins Fillon. On laisse vaguement entendre qu’il s’agit là de conférences ou de conseils en matière de politique publique. En vérité il s’agit pour Fillon de monnayer son carnet d’adresses. Sauf que cela est normalement incompatible avec un mandat de député[3]. 

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    Contrairement à l’image qu’il voudrait donner, Fillon est appuyé par un grand nombre de chefs d’entreprises et de banquiers. Ce sont ces représentants de l’oligarchie financière qui ont en réalité concocté le programme économique et social de Fillon ainsi que le révèle Marianne[4]. C’est Dorothée Pineau, ponte du MEDEF qui coordonne l’ensemble et qui ensuite coache Fillon pour qu’il aille vendre sa soupe aigre au bon peuple imbécile qui votera pour lui. C’est par ailleurs le financier Arnaud de Montlaur, financier et tatchérien borné, qui a été chargé de lever les fonds pour la campagne de Fillon à la primaire de LR. Il aurait ainsi récolté 2,7 millions €. On voit que la fraction du patronat qui soutien Fillon présente deux caractéristiques : elle est très riche, bien plus riche que celle qui soutenait Sarkozy ou le pauvre Juppé, mais ensuite elle est pour poursuivre une guerre de classe sans merci qui aboutira non seulement à l’appauvrissement généralisé de ceux qui travaillent, mais qui mettra à genoux le service public et qui pillera l’Etat, du moins ce qu’il en reste.

    Le canard enchaîné  s’est amusé aussi à débusquer les dépenses somptuaires et douteuses de Fillon lorsqu’il était à Matignon. Entre le maquillage des comptes et les petits arrangements pour le compte de sa propre famille, on ne penserait pas une minute que ce sinistre politicien est le même que celui qui déclarait l’Etat en faillite quelques mois plus tôt[5].

    Ce n’est pas un hasard si Fillon se propose de reprendre les privatisations. Il a des amis qu’il faut récompenser. Car les privatisations ne servent exactement qu’à ça… et à affaiblir l’Etat[6]. La démarche de Fillon nous assure que si le modèle libéral ne marche pas et bien il faut en reprendre encore un peu pour mieux le comprendre. On hésite à se demander si ce type est idiot ou si c’est une canaille : il est probable qu’il allie les deux dans le même personnage de séminariste constipé, mais qui aime l’argent et les hommes d’argent. 

    Le cadre européen 

    On comprend que dans ces conditions Fillon ne parle pas de l’Union européenne et de l’euro. Pour lui, l’euro ne bougera pas, cela restera la monnaie de notre pays. Sapir pense que cela est compatible avec l’idée selon laquelle Fillon en bon conservateur préfère une monnaie forte. A ce propos il fait la comparaison avec Pierre Laval et le chancelier Brüning[7]. Mais je crois que Sapir voit des convictions politiques là où il n’y en a pas. Si Fillon défend la monnaie unique en n’en parlant pas, c’est essentiellement parce que ses amis de l’oligarchie financières, ses commanditaires si on veut, savent parfaitement que la monnaie unique est la meilleure arme de la guerre sociale : elle permet à la fois la déflation salariale par le biais de l’austérité, et elle permet le démantèlement de l’Etat-Providence sous la pression conjointe de l’austérité et de la logique de « la concurrence libre et non faussée ».

     L’affairiste François Fillon, son incompétence et ses futures casseroles 

    L’issue de la campagne présidentielle dépendra, non pas des petites magouilles d’arrière-cuisine du cupide Fillon, mais plutôt de la façon dont sera mis en évidence son bilan lorsqu’il était associé à Sarkozy, et plus encore de la façon dont on s’emparera du débat sur l’Europe. C’est en effet la clé du redressement du pays : sortir de l’Europe et de l’euro. C’est seulement dans ces conditions qu’il sera possible de faire une autre politique. Pour l’instant Mélenchon hésite encore un peu : il veut bien remettre en question les traités, mais seulement dans le cadre d’une renégociation. Or l’expérience de Tsipras nous montre qu’on ne peut rien attendre d’une renégociation avec Bruxelles. Si le débat sur l’Europe prend de l’ampleur – par exemple si l’Italie à la suite du référendum du 4 décembre entreprend de sortir de l’Europe – alors nous risquerons d’avoir un second tour Mélenchon – Marine Le Pen. C’est une hypothèse qui commence à faire son chemin[8], mais dont la réalisation dépend avant tout de la façon dont Mélenchon traitera la question européenne, la question de la laïcité et celle de l’immigration. Pour le reste le programme de Fillon va se révéler rapidement comme encore plus droitier que celui de Marine Le Pen. Je rappelle d’ailleurs que le néo-pétainiste Henry de Lesquen qui par ailleurs considère que Marine Le Pen est plutôt gauchiste et soutient des thèses ouvertement racistes, a pris parti pour François Fillon lors des primaires[9], ce qui en dit long sur François Fillon lui-même et ses soutiens.

     



    [1] http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/11/30/primaire-de-la-droite-les-cadres-et-chefs-d-entreprise-ont-plus-vote-que-les-ouvriers-et-employes_5040950_4355770.html

    [2] http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20070921.OBS5916/fillon-evoque-un-etat-en-faillite-une-image-selon-lui.html

    [3] http://www.lexpress.fr/actualite/politique/elections/la-lucrative-societe-de-conseil-que-fillon-risque-de-trainer-comme-un-boulet_1855663.html

    [4] http://www.marianne.net/francois-fillon-candidat-banquiers-grands-patrons-c-est-lui-100248068.html

    [5] http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/francois-fillon-et-son-train-de-186787

    [6] http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2016/12/01/francois-fillon-veut-reprendre-les-privatisations-dans-les-entreprises-ou-la-participation-de-l-etat-ne-sert-a-rien_5041521_4854003.html

    [7] https://russeurope.hypotheses.org/5472

    [9] https://lesquen2017.com/2016/11/15/primaire-lr-consignes-de-vote-dhenry-de-lesquen/

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