• L’affaire Benalla est extrêmement grave

     L’affaire Benalla est extrêmement grave

    A peine la coupe du monde s’est achevée que le quinquennat de Macron retombe dans l’infamie. Si le président croyait se refaire une santé sur le compte de Deschamps et de sa bande, c’est complètement raté. Voilà que le journal Le monde, pourtant journal macronien de la première heure nous rapporte qu’un proche de Macron, un dénommé Alexandre Benalla, plus ou moins préposé aux basses besognes de l’Elysée, mi-garde du corps, mi-fournisseur sans doute de produits difficiles à se procurer ailleurs que sur le marché parallèle a été identifié dans une vidéo tournée le 1er mai dernier, en train de tabasser en règle un manifestant hostile à son maître[1]. Le problème n’est pas qu’il ait frappé un manifestant, mais qu’il se soit couvert le dessus de la tête d’un casque des forces de sécurité. Ce qui caractérise un abus de fonction puisqu’il n’est, ni de près, ni de loin un membre des forces de police ou de sécurité. Mais on ne sait pas pourquoi un conseiller de l’Elysée se trouvait à traîner dans la rue avec pour but de frapper ceux qui protestent contre la politique macronienne. Etait-il en service commandé ? Sans doute. Cette affaire est d’autant plus troublante que le dénommé Benalla a été photographié au cours d’une autre manifestation avec un brassard marqué police. Ce qui caractérise un nouvel abus de fonction. C’est donc une vraie habitude que ce demi-délinquant avait prise que d’usurper l’identité d’un policier[2]. Il ne s’agit donc pas de policiers qui ont une attitude condamnable, mais d’un vulgaire clampin qui usurpe une fonction pour laquelle il n’a aucune qualité. La vidéo est plutôt choquante car on y voit Benalla en train, en toute impunité, de frapper une personne à terre. On pourrait dire que toute la lâcheté de la Macronie est résumée ainsi.

      L’affaire Benalla est extrêmement grave

    L’affaire révèle beaucoup de disfonctionnements de l’Etat de droit. D’abord que dans les couloirs de l’Elysée traînent des semi-délinquants comme Benalla. Montebourg révèle qu’il avait eu affaire à ce garçon, mais qu’il avait dû s’en débarrasser lorsqu’il avait eu affaire à lui en tant que membre du SPHP pour une affaire de droit commun : Benalla avait provoqué un accident de voiture et avait voulu prendre la fuite[3]. Le second point est que l’Elysée a avancé qu’il avait déjà pris des sanctions extrêmement vagues en réalité contre Benalla, mais que ce dernier était maintenu dans ses fonctions. Il fallait donc que Macron y soit particulièrement attaché, même changé qu’il avait enfreint plus d’une fois la loi. On apprend également que Benalla n’était pas le seul visé dans cette histoire, mais également un certain Vincent Crase[4]. Celui-ci naviguait avec Benalla dans les eaux très troubles de la sécurité privée. Le retour des barbouzes n’est pas très éloigné. L’Elysée a tenté de faire croire qu’il se dissociait des pratiques de Benalla par ces mesurettes qui n’en sont pas vraiment, histoire d’éteindre le feu. Mais devant la gravité des faits, le parquet de Paris vient d’ouvrir une enquête et celle-ci débouchera non seulement sur les violences de Benalla, mais aussi sur l’usurpation de fonction. Car c’est bien cela qui pose le plus de problèmes : comment Benalla pouvait il avoir un brassard marqué police, ou un casque des forces de sécurité ? L'usurpation de fonction est passible de trois ans
    d'emprisonnement et 45000 euros d'amende, celle de signes réservés à l’autorité publique peut donner lieu à un an d’emprisonnement et à 15000 € d’amende.

    Toute la chaine de commandement va être touchée par cette salade. En effet, pourquoi les policiers – les CRS en l’espèce – ont-ils toléré un étranger, un homme de rien dans leurs rangs ? Il n’avait rien à faire là. Les CRS ne pouvaient pas l’ignorer. A quelles directives ont-ils obéi ? il semble qu’on assiste doucement mais sûrement avec la bande à Macron, à une forme de privatisation de la violence régalienne. Que les sbires de Macron se substituent à l’autorité de la police ordinaire, semble vouloir dire que le locataire de l’Elysée se moque de la séparation des pouvoirs.

    Evidemment la classe politique s’est emparée du sujet. On trouve même certains députés LREM désireux de cette manière de faire de la politique. Mais le plus spectaculaire est sans doute que ce soit le journal Le monde qui ait lancé la battue, les autres enchaînant pour ne pas être dépassés. En dehors des suites judiciaires qui vont démontrer que la moralisation de la vie politique se fera sans Macron et sa bande mafieuse, cela dénote un lâchage spectaculaire des médiacrates. Cette affaire n’en restera pas là, en plus elle tombe au milieu de l’été, à un moment où on n’a pas grand-chose pour exprimer toute notre défiance à l’égard de Macron. Au fur et à mesure que le temps passe, on va s’apercevoir que ce petit voyou de Benalla était aussi très proche de Macron qu’il accompagnait de partout même avant sa prise de fonction. Macron a avancé, bien imprudemment, que cette affaire « ne touchait pas la République qui est inaltérable ». Peut-être a-t-il raison, mais elle le touche lui, et de plein fouet ! Tôt ou tard la façon dont Macron choisit ses collaborateurs va être interrogée et son amateurisme va se trouver mis en question.

      L’affaire Benalla est extrêmement grave

    L’affaire pourrait prendre un tour d’autant plus inattendu que la presse étrangère s’en est emparée. The gardian parle des sbires de Macron qui frappe les manifestants[5]. Toute l’organisation du pouvoir à l’Elysée pourrait en être bouleversée.



    [1] https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/07/18/le-monde-identifie-sur-une-video-un-collaborateur-de-m-macron-frappant-un-manifestant-le-1er-mai-a-paris_5333330_823448.html

    [2] http://www.liberation.fr/france/2018/07/19/agression-d-un-manifestant-par-un-collaborateur-de-macron-il-l-etrangle-et-lui-met-plusieurs-coups-d_1667457

    [3] https://www.nouvelobs.com/politique/20180719.OBS9913/un-collaborateur-de-macron-frappe-un-manifestant-une-affaire-tres-grave.html

    [4] https://www.huffingtonpost.fr/2018/07/19/vincent-crase-un-deuxieme-collaborateur-de-lelysee-vise-dans-laffaire-benalla_a_23485208/

    [5] https://www.theguardian.com/world/2018/jul/19/emmanuel-macron-security-official-alexandre-benalla-filmed-hitting-protester?CMP=share_btn_tw

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