• Justice de classe, mensonges et conséquences

     Justice de classe, mensonges et conséquences 

    Devant les caméras de télévision, Patrick Strodza avait menti ouvertement 

    La justice n’en finit pas de se vautrer dans l’ignoble. Cette semaine a été révélatrice de son instrumentalisation par Macron et plus largement par le bloc bourgeois. La première affaire est celle du classement sans suite qui été décidé par le procureur Rémy Heitz dans une partie de l’affaire Benalla[1]. Parmi les personnages mis en cause par la justice, il y avait Patrick Strodza prit la main dans le pot de confiture en train de mentir honteusement devant les sénateurs pour couvrir les turpitudes des deux hommes de main de Macron, les voyous Alexandre Benalla et Vincent Crasse. Rémy Heitz a été nommé par Macron contre l’avis du Conseil de la Magistrature au poste plus que sensible de procureur de Paris. Il a ainsi le pouvoir comme on le voit avec l’affaire Strodza de bloquer les affaires délicates pour Macron en amont. Donc Patrick Strodza, directeur du cabinet du président de la République, avait menti outrageusement devant la représentation nationale. Aux Etats-Unis une telle ignominie vous mènerait directement en prison. Mais en France Rémy Heitz peut se permettre que bafouer la loi et la vérité en requalifiant le comportement inadmissible de cette bande de voyous qui se trouve à l’Elysée de « simples contradictions » n’ayant pas altéré la vérité. Comme on le voit, le parquet ne chie pas la honte.  

    Justice de classe, mensonges et conséquences

    Rémy Heitz est, avec François Molins, le procureur chargé de protéger Macron et ses sbires de toute ingérence judiciaire, alors que les plaintes contre le président et sa clique s’accumulent, que ce soit pour les turpitudes de Macron dans la vente d’Alstom à General Electric avec les conséquences dramatiques sur l’emploi et l’industrie[2], ou celles de Castaner pour l’attitude fascisante des forces de l’ordre vis-à-vis des gilets jaunes.             Après avoir décider de classer sans suite des centaines de plaintes contre la police, Rémy Heitz a été oblige de faire la part du feu, aussi bien face à l’opinion publique que face aux remontrances de l’ONU et de l’Union européenne dans les gestions des violences policières, et donc il a décidé de traduire certains policiers – qui paieront pour les autres – devant les tribunaux. Comme on le voit, Rémy Heitz est le préposé aux sales besognes, il n’a jamais de sa vie de procureur la plus petite indépendance. Si nous étions sous Vichy il s’appliquerait de poursuivre les Résistants et les faire lourdement condamner. C’est ce qu’il fait avec les gilets jaunes, notamment quand il fait poursuivre plusieurs fois d‘affilé Éric Drouet en correctionnelle qui a été condamn. Il se dépêche de le traîner devant les tribunaux[3], alors que Benalla mis en cause depuis des mois dans des affaires bien plus graves, peut vivre tranquillement sa vie et toucher des allocations chômage copieuses tout en étant rémunéré par ailleurs pour des tâches très obscures. Éric Drouet a fait appel de ses condamnations, et sans doute, vu la fragilité des charges retenues, Macron sera une nouvelle fois désavoué. Mais il gagne du temps et fait passer ses adversaires politiques pour des délinquants, alors que lui-même est entouré de voyous qui trichent et mentent en toute impunité.

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    Les militants d’ANV-COP21 ont été relaxés 

    L’instrumentalisation de la justice à des fins politiques ne se suffit pas pourtant du scandaleux travail des Molins et autres Heitz. Le ridicule ne tue pas, la preuve les procureurs, sans doute sur les ordres de la sinistre Belloubet – celle qui ressemble à la sorcière de Blanche Neige et qui oublie parfois de déclarer sa fortune[4] - ont mis en scène plus de soixante procès dans toute la France contre ceux qui ce sont permis de décrocher le portrait du président-fou des mairies de France. On a pu compter jusqu’à 65 procès de décrocheurs[5]. Ils entendent protester en enlevant l’ignoble portrait de Macron des mairies contre son inaction en faveur de l’environnement. Notez que certains maires avaient ouvert la voie en l’enlevant, ou en mettant son effigie tournée contre le mur. Ce qui ressort de ce mouvement très pacifique de contestation, c’est évidemment que les Français ne reconnaissent plus Macron comme leur président, ils le supposent leur ennemi. Et ils ont raison. Vexé, Macron a demandé aux procureurs de les poursuivre. Ceux-ci se sont exécuté sans état d’âme. Mais le premier procès de ce genre – unique sous la Vème République – s’est soldé par un échec. A Strasbourg, 3 militants écologistes qui étaient poursuivis pour ce crime de lèse-majesté, ont été relaxé, le tribunal ne trouvant aucun motif sérieux de les poursuivre[6]. Gageons que les autres tribunaux suivront ce verdict de sagesse. Il s’agit d’intimider les opposants, nous en sommes pratiquement au délit d’opinion. Tous les juges ne sont pas aussi indépendants que ceux de Strasbourg. Il y a quelques jours trois gilets jaunes avaient été condamnés à de lourdes amendes à Besançon pour avoir crié « Castaner assassin », ces juges-là n’ont peur de rien[7]. On voit que le pouvoir dictatorial de Macron vise d’abord a empêcher une opinion négative de sa personne de se répandre et de se diffuser. Les journaux ne relaient que mollement cet activisme judiciaire choquant. On suppose que l’étape suivante sera d’interdire ces mêmes critiques sur les réseaux sociaux, c’est semble-t-il en bonne voie. Par bonheur, Macron étant soutenu par 99% des médias financés par ses amis milliardaires, il n’a pas besoin d’engager le procès des journalistes, ce qui peut lui permettre de critiquer Orban en Hongrie pour son attitude répressive vis-à-vis de la presse.

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    Mélenchon s’indignant de la perquisition à la France Insoumise en octobre 2018 

    Ne croyez pas que les choses s’arrêtent là. Macron dont la cote de popularité est toujours extrêmement basse, poursuit ses ennemis politiques de toutes les manières. Toujours dans les basses manœuvres d’intimidation, on se souvient que Mélenchon et la France insoumise avaient fait l’objet en octobre dernier de perquisitions houleuses. Et donc aujourd’hui voilà le parquet qui traine Mélenchon devant le tribunal correctionnel[8]. On peut penser ce qu’on veut de Mélenchon et même critiquer sa manière de se rebeller contre ces perquisitions, reconnaitre qu’il a fait une faute qui lui est retombé dessus en cédant à la provocation, la question n’est pas du tout là. Elle est dans une criminalisation des opposants. Que ce soit Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon, identifiés tous les deux comme les principaux opposants de Macron, il est clair qu’ils font l’objet d’un véritable harcèlement judiciaire. Je ne veux pas défendre l’idée que Mélenchon soit au-dessus des lois, bien au contraire, je pense que les hommes politiques doivent répondre de leurs actions lorsqu’elles enfreignent la loi. Mais il est clair que la criminalisation des opposants est une manœuvre d’un clan pour intimider les adversaires. C’est à tel point qu’on se demande qui contrôle qui : est-ce Macron qui instrumentalise le parquet, ou est-ce le parquet qui instrumentalise Macron et se comporte en véritable parti politique ? Il ne faut pas se tromper, il ne s’agit pas ici de défendre Mélenchon – qui par ailleurs a beaucoup déçu – ou MLP, mais de lutter pour une restauration de la démocratie qui passe d’abord et prioritairement par la possibilité des opposants d’exprimer leurs divergences avec le pouvoir en place, soit en manifestant, soit en décrochant des portraits de l’ignoble Macron, soit en l’injuriant parce qu’il fait matraquer les gilets jaunes et vend les biens publics à des prix de braderie à ses amis de la finance. Le monde parlait de « nouveau coup dur pour Mélenchon et la France Insoumise », ils se trompent, c’est un nouveau coup dur pour la justice. Le jour même où l’ignoble Rémy Heitz blanchit Patrick Strodza, le parquet s’attaque à Mélenchon pour une broutille, un petit incident de rien du tout. Sur les réseaux sociaux on a remarqué de cette annonce concomitante était un clair message envoyé aux Français : ceux qui sont avec Macron peuvent mentir et se parjurer, les opposants par contre risquent d’être traînés devant les tribunaux. Vichy n’est plus très loin. Rendons au moins hommage à Macron sur ce point, il a dévoilé la nature du pouvoir de classe, et la solidité du bloc bourgeois. Bref comme disait Marx, le programme est toujours le même : « rendre la honte plus honteuse à la livrant à la publicité ». La justice française est classée 37ème sur 43 en Europe, derrière l’Arménie et l’Azerbaïdjan selon la CEPEJ – Commission Européenne Pour l’Efficacité de la Justice[9]. Très souvent on dénonce le manque de moyens qui font que les affaires trainent en longueur, voir par exemple les affaires de Sarkozy ou de Balkany. C’est vrai, mais ce n’est pas suffisant. Ce n’est pas parce que le nombre de procureurs augmenterait que ceci accroitrait leur indépendance. Il y a dans la justice française, c’est son histoire, une honte dont elle ne s’est jamais remise, elle s’est compromise lâchement avec le nouveau régime, s’abritant derrière l’idée selon laquelle elle appliquait la loi mais ne la faisait pas[10]. 

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    [10] Virginie Sansiçco, La justice déshonorée, 1940-1944, Tallandier, 2015.

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