• Journalistes, fake news et liberté d’informer

     Journalistes, fake news et liberté d’informer

    On reconnait une dictature au fait qu’elle exerce un contrôle serré sur les populations, qu’elle manipule la justice, la police et qu’elle interdit d’informer. Gaspard Glanz a été arrêté samedi dernier au prétexte plutôt débile selon lequel il aurait fait un doigt d’honneur à la police ! Selon Le monde qui rend compte de cette histoire, il l’aurait adressé à la police après avoir reçu une grenade assourdissante, donc dans un geste d’énervement[1]. Donc les milices de Castaner arrêtent violemment un homme qui ne fait rien de mal, lui passent les menottes, le traînent en garde à vue et la justice décide de le déférer devant un tribunal. La preuve que la Macronie est aux abois, c’est qu’il se trouve même un juge sans honneur pour couvrir cette imbécilité, interdire à Glanz de se rendre sur les manifestations des gilets jaunes et le déférer devant un tribunal. On a un peu réagi, et une manifestation a été organisée devant le commissariat où se tenait la garde à vue. On remarque évidemment que la justice est plus lente pour ce qui concerne Benalla, ou encore qu’elle classe sans suite la plupart des plaintes de la population lorsque celle-ci dénonce les exactions de la police ou quand elle éborgne volontairement des manifestants. Le blog bourgeois se défend à la manière versaillaise en invoquant le droit, et plus particulièrement les lois qui lui permettent de décider qui est bon et qui est mauvais du point de vue de sa classe sociale. Si on souligne la brutalité de la police, on interroge rarement le comportement des juges qui entravent clairement les libertés fondamentales en accédant aux demandes d’un parquet tout à fait sous contrôle. Ils ne semblent plus savoir ce que c’est que la honte.  

    Journalistes, fake news et liberté d’informer

    La Macronie se défend et envoie ses trolls la défendre en développant l’idée que Glanz ne serait pas un vrai journaliste, il n’a pas de carte de presse, mais un gauchiste chargé de faire de l’agitation. C’est bien possible, mais ce qu’on sait c’est que Glanz depuis des années traque la manière répressive de travailler de la police. Et donc qu’en conséquence, il ne faisait que filmer ! Mais pour la Macronie, c’est bien trop, on risquerait d’avoir la preuve que la police ne respecte pas la loi et bastonne à tour de bras. Donc depuis deux jours on diffuse des éléments de langage destinés à dévaloriser Glanz. Glanz est gauchiste, donc fondamentalement mauvais, donc c’est normal qu’on le traîne devant des tribunaux. Ce type est louche, il n’a pas sa carte de journaliste ! C’est ce qu’on appelle une diversion. Parce que même si on est très loin des idées « gauchistes » de Glanz, ce n’est pas de ça qu’il s’agit : il s’agit de la liberté d’informer, de manifester et de dénoncer les exactions de la milice. Mais voilà que dans le même temps, CNews est prise la main dans le sac, avec pourtant des cartes de journalistes en train d’appuyer la propagande macronienne. Comme le montre les images ci-après, il s’agissait de mettre en scène un bain de foule au Touquet pour le petit président. De façon à ce que le bon peuple voit combien celui-ci est aimé. Mais pour cela ils ont recyclé dune vidéo ancienne de 2018 dans laquelle on voit Benalla en train de bouffonner[2]. Le monde ne dit rien du tout de ce trucage dévoilé par Juan Branco[3]. Ce journal versaillais préfère disserter sur le fait que Glanz serait un faux journaliste, un propagandiste, laissant entendre puisqu’ils n’en disent rien, que les journalistes de CNews eux seraient des vrais journalistes avec une carte de presse ! Pas des propagandistes donc !

      Journalistes, fake news et liberté d’informer

    On voit donc sous notre nez le régime appliquer doucement mais sûrement les principes du coup d’Etat du 10 décembre 2018 quand, au lieu de répondre par des mesures sérieuses à la colère des gilets jaunes, Macron décida de déclarer la guerre à la France d’en bas afin de la soumettre définitivement. Il le fit explicitement dans ses vœux aux Français[4]. Sa stratégie n’est plus d’être apprécié, sa popularité reste très basse et le restera sans doute jusqu’à son départ, malgré Notre Dame de Paris, mais plutôt de souder le bloc bourgeois à la manière de Thiers avant le massacre de la Commune. Donc on manie les interdictions multiples et variées, de manifester, d’informer, on matraque violemment alors que comme à Toulouse samedi dernier la foule se disperse. Tout cela vise à isoler les gilets jaunes les plus actifs afin de ramener la paix des cimetières. L’arrestation de Glanz est seulement une toute petite partie de ce système de désinformation auquel travaillent la plupart des médias qui ont pignon sur rue, comme Le monde ou comme CNews.

    Journalistes, fake news et liberté d’informer

    Ne l’oubliez pas, les gilets jaunes, bien au-delà de la lutte des classes, défendent « vos » libertés ! Pour cette raison, il est important de les soutenir contre la dictature macronienne. En moins de deux ans, Macron s’est transformé du représentant de la France en mouvement, en un représentant du parti de l’ordre, à la manière d’Adolphe Thiers, il se revendique de la loi et du suffrage universel, avec une touche de cul-béni, Notre Dame de Paris oblige, pour imposer une forme violente et anti-démocratique de pouvoir. C’est évidemment la marque d’un pouvoir faible et dégénéré, mais avec Notre Dame de Paris, il semble qu’on glisse du côté des nazis, rappelez-vous l’incendie du Reichstag qui, le 27 février 1933 fit basculer le régime dans la dictature. Si certains vont jusqu’à affirmer que l’incendie de Notre Dame a été organisé par Macron lui-même[5], d’autres se contentent pour l’instant – vu qu’on ne sait rien de l’avancement de l’enquête – de dénoncer l’instrumentalisation répugnante de ce drame par le pouvoir[6]. 

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    L'incendie du Reichstag et de Notre Dame de Paris suscite la même émotion

      

    « Le courage des gilets jaunes, la lâcheté de la milice à Castaner et celle des éditocratesMacron, travaillez plus pour gagner moins »
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  • Commentaires

    1
    sergio
    Mercredi 24 Avril à 17:15

    j'aimerai si vous me le permettez (?) faire un parallèle entre les événements qui se déroulent actuellement en Algérie et notre mouvement insurrectionnel (pour ne pas dire révolutionnaire), voici ce que j'écrivais sur un site site ami:

    je ne sais plus qui sur notre site écrivait qu'en Algérie c'était l'Anarchie... je suis Anarchiste (et comme tous mes frères et sœurs anarchistes, *nous sommes aussi communistes…), et il n'y a pas plus respectueux  des lois qu'un Anarchiste lorsque ces lois sont instituées par le peuple et pour le peuple (le R.I.C n'est qu'un des moyens modernes pour les instituer, mais pas que...), et en ce qui concerne l'Algérie, comme je l'ai toujours déclaré sur notre site et ailleurs (ici même, en ce qui vous concerne), il s'agit d'un pays frère et tout ce qui le concerne nous concerne aussi... directement!, c-à-d, que tout ce qui s'y déroule actuellement aura les mêmes conséquences en France, et la racaille de voleurs et d'escrocs actuellement au gouvernement (actuellement la macronie, qui s'accroche (tel des morpions) au pouvoir) sera châtiée sans aucune pitié, comme en 1793, et nous irons les chercher jusqu'à dans leurs chiottes! (y compris leurs nervis (soi-disant anonymes) à leur service pour une prime minable de 400 ou 500 euros, la pourriture au service d'un non-état totalement à la dérive) 

    *et les puristes… que j’emmerde définitivement, et pas seulement depuis la publication de la « lettre de Guy Debord aux anarchistes », dont j’étais (bien entendu) l'un des fervents et respectueux partisans … 

     

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