• Jean Robinet, Compagnons de labours, Flammarion, 1946

     Jean Robinet, Compagnons de labours, Flammarion, 1946 

    C’est un ouvrage assez unique dans le cadre de la littérature prolétarienne et paysanne. Il est consacré plutôt aux chevaux qu’aux hommes eux-mêmes. Jean Robinet est un autodidacte, et il a écrit cet ouvrage alors qu’il était prisonnier en Allemagne. Paysan de la Haute-Marne, même si son métier est difficile, il n’est pas dans la misère, et ne se plaint pas des conditions de travail trop dures. En effet dans les années trente pour des tas de raisons, la paysannerie est sortie de la grande misère. Elle a maintenant conscience qu’elle est nécessaire au développement économique de la nation, qu’elle en est la clé. Le travail s’exerce en famille, mais aussi avec les bêtes et plus particulièrement les chevaux de labour. Robinet dévoile leur personnalité, et la relation d’intimité qui se noue entre le paysan et ses chevaux. Il ne peut évidemment s’empêcher de s’interroger sur le fait que les bêtes de somme, ici les chevaux, là les bœufs, sont réduits par l’homme dans un état d’esclavage, même si leur propriétaire les traite du mieux qu’il le peut. Mais le travail paysan se fait en symbiose entre  l’homme et l’animal qui sont les parties d’un tout et qui renvoient à la nécessité du travail agricole.

     Jean Robinet, Compagnons de labours, Flammarion, 1946 

    Longtemps les chevaux ont partagé notre vie quotidienne, et c’est seulement dans les années soixante qu’ils ont fini par disparaître. Auparavant ils étaient des instruments de transport, ils aidaient à livrer les produits de la paysannerie sur les marchés, ils tiraient les omnibus. On pouvait les voir tous les jours dans la vie quotidienne. C’était nos compagnons. Ils participaient de l’économie courante, fournissaient aussi de l’engrais naturel pour la culture. Ils avaient une place décisive dans le circuit économique : et quand ils n’étaient plus aptes au travail, on les envoyait chez le boucher, ou chez l’équarisseur qui savait accommoder les restes si on peut dire. Très souvent d’ailleurs ils étaient la partie principale du patrimoine des paysans. Le progrès technique les a chassés peu à peu de notre vie comme une forme de robotisation : les tracteurs les ont remplacés. Ils coutaient moins chers, n’étaient jamais malades et ne regimbaient jamais au travail. Evidemment s’occuper des chevaux est une forme de servitude aussi pour le paysan, mais Robinet nous dit que le paysan en tirait beaucoup de satisfaction. L’intrusion de la technique dans le travail paysan va préparer celui-ci à se détacher du travail de la terre et à se considérer de plus en plus au fil du temps comme un « entrepreneur en agriculture » et non plus comme un paysan – le terme étant souvent vu comme péjoratif.

      Jean Robinet, Compagnons de labours, Flammarion, 1946

    En tous les cas les chevaux font partie intégrante de notre imaginaire. Il en reste quelque chose dans le développement de l’équitation comme sport de loisir. On se souvient que les poètes les ont célébrés. Le regard que porte Robinet sur « les compagnons de labour » est plein de bonté et d’interrogation aussi. Il voit bien dans les années quarante que la mécanisation de l’agriculture se développe, mais il ne veut pas croire que cela entraînera le retrait définitif du cheval. Cette croyance dans le fait que le cheval est éternellement lié au travail de la terre est évidemment irrationnelle et repose plutôt sur une forme de philosophie de la paysannerie qui dénie finalement le droit à la technique de dévoyer par son intrusion dans l’espace naturel  le travail de la terre. On nous a présenté le passage d’une agriculture traditionnelle à une agriculture mécanisée comme un progrès nécessaire et voulu, comme une évidence historique. Mais justement ce qu’il y a d’intéressant avec l’ouvrage de Robinet c’est qu’on se rend compte parfaitement que ce n’est là qu’un aspect du problème. Autrement dit, ce qu’on a gagné en productivité et en diminution de peine, on l’a perdu d’un autre côté dans cette intimité que nous avions avec la nature et les animaux de la ferme. Si on voit bien les avantages et les inconvénients de cette transformation radicale, il est bien difficile de dire que le bilan est positif.

      Jean Robinet, Compagnons de labours, Flammarion, 1946

    Reviendra-t-on un jour à des formes plus traditionnelles et moins mécanisées dans l’agriculture ? Certains le pensent, et dans certains endroits on continue d’élever la race des chevaux ardennais qui ont tant donné pour le développement de l’économie. Après tout on peut se poser la question puisque l’agriculture industrielle, intensive et soutenue par une chimie qui épuise la terre, a fait la preuve de sa nocivité. Il y a plusieurs raisons pour revenir en arrière : d’une part la dégradation continue des produits alimentaires, et d’autre part le fait que le chômage endémique prive une grande partie de la population d’emploi, tandis que l’autre partie est cantonnée à des travaux dont l’inutilité est évidente. Aujourd’hui l’emploi agricole ne représente plus que 2% de l’emploi total, et l’Europe considère que les paysans sont aujourd’hui plutôt les architectes paysagers que les producteurs de produits agricoles. Mais sans doute le pire est d’avoir plaqué les critères de la production industrielle et capitaliste sur le secteur de l’agriculture, alors que celle-ci était traditionnellement familiale et ne visait pas le profit.

     Jean Robinet, Compagnons de labours, Flammarion, 1946 

    L’ouvrage de Robinet, constamment réédité depuis 1946, contient des passages superbes sur le caractère des chevaux, mais il y a aussi cette pitié de l’auteur pour ces chevaux qui en 40 vont partir faire la guerre, être tués, parfois même déportés pour travailler en Allemagne. Cette communauté de destin dans le malheur renforce évidemment les liens entre l’homme et les chevaux qui ont traversé les âges, partageant les joies et les peines dans la succession des saisons.  

    Jean Robinet, Compagnons de labours, Flammarion, 1946

    Les Chéris, Léo Ferré 

    Ce sont des orphelins

    Qui cherch'nt un peu de grain

    Un peu d'amour aussi

    Les Chéris

    On n'en voit presque plus

    Qui tirent la charrue

    Ils sont rar's à Paris

    Les Chéris

    Ils sont spécialisés

    Tout comm' les ouvriers

    Il y'a le charbonnier

    Et puis le glacier

    Quelquefois à Longchamp

    Y'en a qu'ont du bon temps

    Mais ça dur' pas besef

    Jésus Marie Joseph 

    Ce sont des traîn' l'amour

    Dans la mémoir' des cours

    J'entends pleurer la nuit

    Les Chéris

    J'en vois des tout fringants

    Dans leurs sabots tout blancs

    Qui font Henni Henni

    Les Chéris

    On ne meurt qu'une fois

    Tout comme vous et moi

    Les chéris quelquefois

    Reviennent parfois 

    Pour tirer par les pieds

    Ceux qui les ont mangés

    Le boucher le sait bien

    Qui n' s'endort qu'au matin

    Ce sont des grands diablass

    Qui s'en vont fair' des casses

    Au milieu des prairies

    Les Chéris

    Ils ont l' goût du malheur

    Et guignent le tracteur

    Avec des yeux d'envie

    Les Chéris

    Ils rêv'nt à la Pampa

    Des Pampas y'en a pas

    S'il faut croire à tout ça

    Où est-c' qu'on ira 

    Mais quand il se fait tard

    Le soir à Vaugirard

    Y'a des chevaux qui crient

    Je vous salue Marie... 

     

    Liens

    https://www.youtube.com/watch?v=lWsfgdMqw74  

    http://www.dailymotion.com/video/x8onyt_le-vieux-cheval_music

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  • Commentaires

    1
    charles Deryl
    Samedi 13 Février 2016 à 12:19

    Rêveries réactionnaires ! Songe-t-on à cette relation entre l'homme et le mouton que l'on tond et sur lequel on récupère le suif ? Revenons à la bougie et jetons vite les ampoules à LED !

    2
    Samedi 13 Février 2016 à 16:30

    Cher Charles, ce genre de commentaire mériterait de très longues réponses, mais ce n'est pas le lieu. Le seul point important est que la critique du capitalisme ne peut être qu'une critique de la technique. Quant aux ampoules à LED de quoi les avons nous payées ? Si nous n'avons pas une vision trop mécaniste de l'histoire, il est facile de voir que quand nous nous sommes trompés de chemin on se doit de revenir sur ses pas et de trouver une autre voie, sinon on aurait vite fait de croire que le IIIème Reich fut un progrès par rapport à la République de Weimar, n'est-ce pas ? 

    3
    charles Deryl
    Jeudi 18 Février 2016 à 23:58

    La critique du capitalisme n'est pas une critique de la technique (vieille lune Heideggérienne) mais de la loi de la valeur, c'est à dire de la façon dont se réalise pour une classe, la bourgeoisie, l'appropriation de la plus value. Dans un monde débarrassé du salariat et de la division en classes, la technique ne  sera pas niée par un retour à l'âge d'or -qui fût en fait un âge de misère-, mais mise au service de tous en libérant les forces productive comme jamais elle ne l'ont été au cours de l'histoire.

      • Vendredi 19 Février 2016 à 07:52

        Je comprends bien ce que tu dis, c'est souvent le point de vue des marxistes qui n'ont pas encore critiqué la technique justement. Nous sommes d'accord sur le fait que le capitalisme c'est l'accumulation de la plus-value. Mais la technique n'est pas neutre, ça tombe sous le sens. Elle émerge par son financement et sa destination, c'est-à-dire la volonté de profit. Autrement dit quand on regarde la misère des pays d'ancien régime - à laquelle personne évidemment ne veut revenir - il y a deux réponses, soit on considère que c'est le résultat d'une organisation sociale, le système de la propriété, soit le résultat d'une faible technique appliquée au travail (ceci est la thèse des capitalistes). C'est un très long débat qui n'est même pas tranché par Marx, et probablement qui ne pouvait pas l'être à une époque où la technique apparaissait contrairement à aujourd'hui comme progressive. On le voit d'ailleurs dans la vie d'un simple de Guillaumin, il marque un changement vers les années 1880 dans le mode de vie paysan, justement comme le résultat d'une nouvelle technologie. 

        Par contre il est évidemment qu'aujourd'hui la technique apparaît comme régressive : non seulement elle ne crée plus de nouveaux produits, mais elle met en place de nouvelles méthodes de production qui sont très coûteuses pour l'environnement.

        Il y a un autre élément à ce débat : c'est qu'il semble souvent que les révolutions sont des retours en arrière : c'est me semble t il le cas de mai 68 où les masses révoltées rejetaient les modèles du rêve américain, du cadre avec sa petite mallette ou encore les produits de consommation ostentatoire. Il me semble urgent pour aujourd'hui à revenir à un travail agricole qui soit orienté non pas par la quantité et la technique, mais par la qualité et le respect de l'environnement. Il n'est pas certain que Marx ait eu raison quand il opposait la ville à la campagne comme un élément de liberté. 

        Mais je reconnais que c'est très difficile de penser et de discuter de ces questions. Le seul point c'est qu'on a bien avancé sur la question de la critique de la technologie et qu'on a mis en avant aussi assez bien cette dépendance de l'homme vis-à-vis d'elle.

         

    4
    Ben
    Mercredi 9 Mars 2016 à 18:28

    Marx n'avait ni tort ni raison, il analysait la société à partir de ce qu'il observait à son époque et ne pouvait envisager les changements ultérieurs que le capitalisme allait connaître dans son histoire. C'est à dire que l'ensemble de son œuvre ne peut pas être repris intégralement sous peine d'identifier certains aspects du capitalisme, qui n'étaient que des caractéristiques de son époque, pour le capitalisme en général. La question de la technique à mon avis renvoie à la question de la façon dont la loi impitoyable de la valeur imprime son sceau aux techniques dont elle se sert pour étendre encore plus son empire, elle modèle les forces productives pour que rien ne renvoie à  autre chose qu'à elle-même, on pourrait parler d'un passage, à un moment donné dans l'Histoire, d'une simple domination formelle à une domination réelle. Le nucléaire  en est un exemple évident parmi d'autres. Mais en même temps, chaque cas particulier de notre époque (chômage, destruction de l'environnement, financiarisation radicale de l'économie) renvoie à ce problème central des rapports de production naturalisés, fossilisés (le mot est de Hans-Jürgen Krahl) qui empêche depuis des décennies d'envisager la possibilité pour la première fois dans l'Histoire de libérer enfin la société de sa peau morte qui est la loi de la valeur pour enfin utiliser les forces productives au service de tous les hommes.  C'est-à-dire que la technique n'est évidemment pas neutre, mais que tous les instruments utilisés sous le capitalisme ne sont pas non plus voués à rejoindre les poubelles de l'Histoire, une fois que les vieux rapports de production seront subvertis. Il ne faut pas non plus opposer la  ville et la campagne d'abord parce que le prolongement insensé de ce système a ruiné les tendances  émancipatrices contenues dans l'une comme dans l'autre mais surtout parce que cette opposition doit être dépassé dans le cadre d'une autre société à définir.

      • Mercredi 9 Mars 2016 à 20:48

        c'est en effet une question qui demanderait de très longs développements, mais que les urgences multiples et variées ne permettent pas de poser vraiment. il semble que deux phénomènes vont changer les perspectives : d'une part la crise bancaire qui pointe le bout de son nez, et d'autre part la robotisation à outrance de tout le travail humain, y compris celui des champs ! Pour ma part je reste très dubitatif sur les possibilités de détourner à d'autres fins les techniques faites pour engendrer des profits.

    5
    Ben
    Jeudi 10 Mars 2016 à 17:27

    C'est certain qu'on ne peut plus être dans l'optimisme béat des années soixante. C'est l'encyclopédie des nuisances qui citait avec ironie, il y a vingt ans, ce passage de Lukacs où lui-même citait Marx ("la classe ouvrière "n'a qu'à mettre (souligné par moi) en liberté les éléments de la société nouvelle qui sont déjà développés au sein de la société bourgeoise en voie d'effondrement"). ça voudrait dire que cet effondrement dure depuis plus d'un siècle. Ce que tu dis me fait penser à André Gorz que j'avais entendu à la radio à propos de toutes ces questions, notamment celle de la raréfaction de la main d'oeuvre qui renvoyait selon lui à une forme d'obsolescence des vieux rapports sociaux. Ce qui est incroyable, c'est la date de ces propos, je crois,  la fin des années 70. C'est dommage, je ne suis pas familier avec cet auteur qui semble avoir développé des idées très novatrices tout au long de sa vie sans jamais cesser d'évoluer dans sa pensée. Il regrettait par exemple à la fin de sa vie avoir appris trop tardivement l'existence de la wertkritik, la critique de la valeur qui a été réélaborée autour de la revue Krisis à partir des années 80. Or, deux des rédacteurs de cette revue, Ernst Lohoff et Robert Trenkle,  ont vu un de leurs livres traduit il y a deux ans où ils essayent d'analyser en profondeur ce qui a véritablement pu amené ce système au bord de l'effondrement en 2008 ("la grande dévalorisation"). Même si on peut déplorer le fait qu'ils ne prennent pas assez en compte l'aspect écologique dans leur ouvrage qui montre également le cul-de-sac complet qu'est devenu cette société, ils démontrent très bien comment le gonflement de la sphère financière n'a été qu'une façon d'ajourner l'impasse du capitalisme tardif , par le fait qu'il y a maintenant un gap infranchissable entre les capacités productives gigantesques produites par cette société et le contenu misérable du mode de production capitaliste. Ce que tu dis renvoie complètement à la thèse développée dans leur livre, crise bancaire et robotisation à outrance du travail humain étant intimement liés selon eux.

    6
    Ben
    Jeudi 10 Mars 2016 à 20:14

    En fait, c'était l'edn qui citait directement Marx sans passer par Lukacs, pardon pour cette erreur.

    7
    Vendredi 11 Mars 2016 à 00:04

    J'aime bien le bouquin de Trenkle et Lohoff, c'est un peu allemand, mais bien tout de même. La vraie critique  écologiste est apparue en Mai 68. Et avec le recul je me rends compte que nous étions plutôt "réactionnaires" au sens ou nous ne croyions pas à l'avenir d'une société fondée sur la consommation toujours plus grande. C'est d'ailleurs pourquoi on se refusait d'endosser la panoplie complète du cadre content de lui, petit costume et attaché case, préférant le débraillé à l'ancienne : on vivait de presque rien d'ailleurs. On est était tout autant réactionnaire en ce sens qu'on célébrait la classe ouvrière et ses exploits dans résistance, sans voir qu'elle était vouée à la disparition. 

    l'aspect financiarisation du capitalisme est présenté par Lohoff et Trenkle comme nécessaire - c'est pour ça que je dis que leur bouquin est un peu "allemand". Rien n'est moins sûr. En effet, au lieu de se lancer dans la mondialisation infernale qu'on connait et qui détruit tout sur son passage, qui s'autodétruit aussi, il y avait une place pour un partage plus raisonnable de la valeur entre les salaires et les profits. Pour ma part je ne crois pas à des nécessités impératives ; il y a des contradictions, et ces contradictions se résolvent de plusieurs façons différentes : la guerre, le changement de rapports sociaux, la régression sociale, etc. Mais c'est vrai qu’aujourd’hui il est très difficile de voir comment le capitalisme peut continuer encore... 

    8
    Ben
    Vendredi 11 Mars 2016 à 18:35

    Ouais, mais moi je commence à me sentir vieillir et surtout je n'ai jamais senti à aucun moment dans ma vie cette société réellement vaciller sur ses fondations. Tu vas penser que je cite trop de références, et tu n'auras sans doute pas tort même c'est une façon pour moi de comprendre ou de tenter de comprendre le cauchemar qui se déroule sous nos yeux, mais c'est sur ce point sur lequel je n'étais pas d'accord avec Pascal Dumontier et ses amis sur leurs critiques de l'encyclopédie des nuisances. Sur les cas particuliers, oui, on ne pouvait qu'être d'accord sur la critique biaisée qu'a développé l'edn depuis les années 80. C'est le point de vue général dont je ne peux plus partager les présupposés, d'autant plus que quinze ans nous sépare maintenant de cette brochure publiée en 2001, à savoir que la possibilité révolutionnaire serait encore à notre porte comme il a été démontré par le passé avec les 150 ans de luttes ouvrières, en fait comme si rien n'avait changé avec l'arrivée des années 80. Moi, je pense de plus en plus comme l'edn, même si on peut lui trouver beaucoup de défauts par ailleurs, que les années 80 ont réellement été un tournant pour le destin de la révolution, que la question de l'émancipation collective est rendue encore plus difficile à définir depuis l'arrivée de ces années-là, qu'on arrive maintenant beaucoup plus à imaginer une auto-destruction complète de l'humanité  plutôt qu'à un monde enfin débarrassé de la marchandise, l'argent, le salariat. A partir d'un certain moment, avec le renforcement dans l'aliénation de cette société qui a franchi des seuils alarmants ces trente dernières années, on ne peut plus se poser la question de la reprise du processus historique que sur un plan purement philosophique puisque la Révolution avec un grand R a complètement disparue de l'espace social même comme simple perspective : Est-ce que l'humanité arrivée à ce stade très dégradé de son développement est encore en mesure d' accéder à un autre stade de conscience, puisque celui-ci est un préalable indispensable à son passage à une nouvelle étape dans son évolution. Sincèrement, j'en doute de plus en plus.

    9
    Ben
    Lundi 14 Mars 2016 à 20:16
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