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    Hier nous avions une projection dans le trop beau cadre du cinéma Utopia manutention d’Avignon. La soirée était organisée sous l’égide de José Ruiz par Les amis du Monde diplomatique, Attac, La Ligue des droits de l’homme et Les amis de l’Humanité. Il y a avait du monde et lors du débat qui a suivi le film les questions ont été nombreuses et animées. Le sujet est en effet intéressant puisque tout le monde a le sentiment, à juste titre, que le monde de la finance a pris le pouvoir sur nos vies, sur nos sociétés et qu’il va bien falloir un peu réagir.

    C’est une pratique assez récente de faire circuler des films documentaires ou semi-documentaires, à la fois pour donner des éclairages nouveaux sur des phénomènes sociaux et économiques, et pour se réunir et débattre en bons citoyens que nous sommes pour essayer de faire avancer un peu les choses. Nous avons, je crois, bien besoin de renouveler nos cadres mentaux, nos modes d’analyse pour tenter de mettre un peu d’ordre dans le chaos de nos sociétés. C’est parce que j’ai une formation d’économiste que j’étais invité à essayer de donner un éclairage sur ce film. Ci-dessous on trouvera mes réflexions sur le documentaire de Marc Bauder qui a été accueilli d’une manière assez mitigée, les uns trouvant le film un peu léger, les autres au contraire très pertinent dans sa manière de partir de l’expérience d’un banquier de haut niveau qui a participé à la mise en place d’un système dont on voit maintenant les défauts.

    C’est un film assez curieux puisqu’il n’est pas tout à fait un documentaire en ce sens qu’il n’a aucune espèce d’objectivité. Au contraire c’est seulement la vision d’un ancien banquier, Rainer Voss, que nous sommes conviés à entendre et regarder. Il y a si on peut dire trois niveaux de lecture de ce film. Le premier c’est une expérience individuelle : un homme jeune se trouve attiré par un système qui le rejettera une vingtaine d’années après. Si cette finance de haute volée l’attire, c’est d’abord parce qu’elle représente pour lui la puissance – d’où le titre du film – une forme de virilité. Et bien sûr cette volonté de puissance s’appuie sur quelque chose de louche qu’en économie on appelle asymétrie de l’information : on vend un produit financier par exemple à une municipalité qui ne sait pas ce qu’il y a derrière. On met d’ailleurs toute son ingéniosité à créer des produits de plus en plus sophistiqués pour gagner toujours plus d’argent, avec l’objectif d’augmenter les performances de la banque plus rapidement que celles de l’économie réelle


    Le deuxième niveau c’est le fonctionnement global du système bancaire lui-même. Il fonctionne sans que personne n’y comprenne rien, comme une pyramide de Ponzi, mais dès que quelqu’un veut se faire rembourser, ou dès qu’un créancier est défaillant, évidemment tout s’écroule. C’est ce second niveau qui est sans doute le mieux présenté dans le film. Du moins c’est ce qui est le plus satisfaisant. La finance vit en vase clos, déconnectée de l’économie réelle sur qui pourtant elle agit comme un  prédateur.


    Le troisième niveau est celui d’une analyse plus globale : pourquoi et comment un tel système qui engendre crise sur crise et qui appauvrit les populations peut-il exister ? Les réponses avancées par Rainer Voss ne sont pas satisfaisantes. Il se contente de dire d’un côté que certains créanciers exagèrent en rachetant de la dette grecque ou portugaise à bas prix pour exiger ensuite que l’Etat la paye à sa valeur faciale. Or en vérité, ce système imbécile possède bien une logique. Ce n’est pas pour rien qu’il a été justifié par des conservateurs comme Reagan et Thatcher. L’objectif est d’augmenter globalement les profits et de faire en sorte que les pays développés contrôlent le système bancaire international en orientant la mondialisation.


    Rainer Voss se pose la question de ce qui pourrait mettre fin à cette comédie. Il pense à une nouvelle crise bancaire, et en effet il est tout à fait possible qu’une nouvelle crise bancaire, bien plus redoutable que celle de 2008 apparaissent. Rainer Voss liste d’ailleurs les créances pourries sur lesquels les bilans des banques allemandes sont adossés. On voit bien qu’il y a une manière facile d’enrayer cette dynamique qui va produire encore des crises, c’est de « démondialiser » l’économie, et de revenir à un contrôle des mouvements de capitaux dans le cadre national. Donc en finir par exemple avec l’indépendance des banques centrales et faire en sorte que ce soit celles-ci sous le contrôle de l’Etat qui créent la monnaie. On comprend bien par exemple que si les Grecs avaient financé leur dette sur leur marché intérieur, ils ne subiraient pas aujourd’hui la pression de Merkel pour les faire bien voter pour le candidat de son choix, ou encore qu’ils n’auraient pas besoin d’entendre Christine Lagarde leur expliquer que s’ils votaient mal – pour Syriza – elle leur couperait les crédits. On ne peut pas en même temps réclamer la souveraineté politique – ce que font les Grecs – et s’en remettre à une monnaie qu’on ne contrôle pas l’euro. Il faut se donner les moyens de sa souveraineté, sinon on parle dans le vide.


    Du point de vue cinématographique, il n’y a pas grand-chose à en dire. C’est plutôt plat, et il faut supporter tout le long la langue allemande. On filme une sorte de confession dans un immeuble anciennement occupé par une banque à Francfort. Cette austérité de la mise en scène lui a été reprochée. Rainer Voss se justifie, s’abrite derrière le système pour nous assurer qu’il n’est pas vraiment responsable, que c’est le système. C’est un peu juste, mais peut-être que ça l’aide dans sa reconversion. Et s’il n’avait pas été viré, on se demande bien ce qu’il aurait fait, sans doute aurait-il continué à déconner. Il y a quelques séquences assez étonnantes : d’un côté Voss nous dit qu’on ne peut pas expliquer de délabrement par la malhonnêteté, mais de l’autre il nous lit la liste des provisions qu’UBS est obligée de faire pour faire face aux nombreuses poursuites qui sont dirigées contre elle. Il a aussi de bonnes intuitions quand il dit que regarder la dette publique est un leurre, l’endettement privé est aussi un problème, il donne l’exemple de l’endettement immobilier aux Pays-Bas qui atteint 120% du PIB !


    C’est bien sûr un film qui se veut militant, mais sa conscience est aussi légère qu’une plume, son analyse insuffisante. Il fait partie de cette longue cohorte de films didactiques qui voudraient bien nous enseigner quelque chose, mais quoi ? Néanmoins malgré ce manque de rigueur il permet d’avancer en posant la question suivante : peut-on se passer de la finance ? Peut-on la domestiquer ? Rainer Vosse pense que oui, qu’elle pourrait aider à la transition énergétique ou à quelque autre projet généreux. Moi je pense que non, à moins de la contrôler d’une poigne de fer.

     

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  • La marche de dimanche dernier

      

    Mobilisation à Marseille

     

    L’unanimisme de dimanche est une chose suffisamment rare pour qu’elle soit soulignée. Comme toujours un tel mouvement de foule a un sens. Certes on comprend bien que les récupérateurs de tout bord se trouvaient là eux aussi, à commencer par les politiques. Une telle foule compacte et déterminée n’était pas là pour suivre tel ou tel mot d’ordre, mais d’abord pour signifier que les actes barbares de ces derniers jours étaient fortement rejetés, mais aussi qu’ils ne gangrèneraient pas tout le corps social.

    Cet unanimisme a été rompu. Curieusement on trouve dans ce même sac soit disant critique Jean-Marie Le Pen, qui décidemment veut faire du tort à sa fille, Dieudonné, mais aussi les gauchistes du type NPA, trotskards, ex-maos, ça ne leur convient pas de montrer son empathie pour des Juifs qui se sont fait massacrer dans un supermarché casher, ou pour des caricaturistes à la plume acidulée – alors qu’ils se mobilisent si facilement pour le combat très lointain de la Palestine, soutenant au passage le Hamas. Et bien entendu c’est là qu’ils révèlent ce qu’ils sont. Ils visent d’abord à diviser et à se démarquer des mouvements populaires qu’ils ne contrôlent pas, qu’ils ne peuvent pas contrôler.

    Que les politiciens aient voulu se mettre en avant, c’est un fait désolant, et on peut préférer les regroupements plus spontanés qui ont eu lieu avant cette grande démonstration. Mais c’est un peuple dans son entier qui s’est mobilisé. On remarquera que ceux qui manifestaient n’avaient pas hésité à sortir le drapeau bleu, blanc, rouge, alors que la foule mêlait allègrement la droite et la gauche dans une défense de ce qu’on voudrait conserver, la République.

      

    On n’avait jamais vu tant de monde dans les rues d’Aix-en-Provence

     

    Le second aspect c’est que quelques-uns se sont faits remarquer par leur absence, les trotskistes de NPA pourtant toujours partant pour défendre tel ou tel conflit lointain, et puis on a bien remarquer que la communauté musulmane ne s’était pas beaucoup mobilisée. C’est le cas à Marseille où la manifestation a réuni 60 000 personnes, alors qu’à Aix, une ville 5 fois plus petite 40 000 personnes s’étaient rassemblées et que Lyon comptait une foule de 300 000 personnes.

     

    Lutter contre le communautarisme et l’intolérance religieuse

     

    Dans l’ambiance qui est aujourd’hui celle d’une avant-guerre, il va de soi que toute reculade mènera au conflit ou à la guerre civile. Et les reculades ont déjà commencées. Le Pape François qui ferait mieux de la fermer à commencer à dire qu’il ne fallait pas insulter la foi de quelqu’un, quelle que soit cette foi. Il sous-entendait que les caricatures de Charlie certes ne méritaient pas la mort, mais que tout de même… Et puis on a vu le CFCM , mis en place je le rappelle par cette canaille de Sarkozy, lui-même financé par le Qatar. Ce CFCM juge la dernière une de Charlie inadmissible. S’ils n’admettent pas qu’en France on dessine le prophète, un cochon ou je ne sais quoi, il faut être très ferme, qu’ils s’en aillent, on ne les retient pas.

    Ce qui en question ici c’est l’essence même de la République : aucune communauté basée sur une religion ne peut imposer en dehors des lois de la République ce qui est admissible et ce qui ne l’est pas. On voit bien ici ce qu’on paye : quarante années de régression qui ont laissé la place à une montée parallèle des religions, au nom de la tolérance, celles-ci s’immiscent dans le débat public et le pollue pour ne pas dire plus. Je rappelle qu’en France on a mis plusieurs siècles pour marginaliser la religion catholique qui nous pourrissait la vie, ce n’est pas pour qu’aujourd’hui on se laisse dominer par les représentants d’un Islam fut-il modéré. Mon but n’est pas de dire qu’il faille interdire les religions, mais seulement que celles-ci ne doivent plus se mêler de vouloir influencer l’Etat et ses représentants. Qu’elles s’occupent du spirituel dans l’intimité, et qu’elles n’interfèrent plus dans la vie civile dans ce qu’elle a de visible.

    Se méfier des religions et les combattre c’est tout de même l’essence du combat socialiste. Marx parlait d’ « opium du peuple ». Restons-en là. Il est incroyable que des soi-disant communistes ou socialistes comme NPA par exemple n’aient pas une position plus ferme sur la religion. Prompts à manifester pour les victimes de la guerre à Gaza, sans craindre de soutenir du même coup le Hamas, ils se sont explicitement désolidarisés de Charlie sous des prétextes futiles.

    Ces derniers jours on a remarqué aussi que dans de nombreuses écoles de jeunes enfants ou adolescents non seulement trouvaient des excuses aux tueurs de chez Charlie, mais refusaient de se soumettre à une minute de silence, se mettant ouvertement contre la France. Cela en dit long sur les difficultés qui attendent les enseignants dans les zones dites sensibles.

     

    Pendant ce temps-là, les réfractaires

    Les sondages donnent une quasi-unanimité en France pour condamner les meurtres de Charlie, à 97%, gauche et droite confondues. Mais il  y a aussi des réfractaires qui aiment à se faire remarquer en affirmant qu’ « ils ne sont pas Charlie ». On trouve parmi cette mouvance les traditionnels de l’antisémitisme ouvert, Dieudonné, ou encore Shlomo Sand qui bien que Juif et Israélien, passe son temps à expliquer combien il ne veut pas être Juif et que d’ailleurs le peuple juif n’existe pas. On trouve parmi ces gens-là des anciens gauchistes, abonnés au soutien de la cause palestinienne. Ceux-là aiment bien le « oui » « mais ». Ça donne des discours assez répugnants du type, oui nous condamnons les meurtres, mais nous n’approuvons pas les caricatures de Charlie. Car maintenant que l’émotion retombe un peu, certains se laissent aller à des penchants naturels plus ou moins lâches, comme si on pouvait trouver des excuses à ces actes barbares ! On a commencé à voir fleurir des tribunes stupides notamment dans Le monde pour nous expliquer combien nous devions au contraire mieux accueillir cette religion, enfermant les « Arabes » obligatoirement dans une identité religieuse qu’après tout ils ont bien le droit de rejeter comme nous avons bien le droit de n’être ni musulman, ni juif, ni catholique. On saluera ici la prise de position courageuse de l’écrivain Kamel Daoud sur qui une fatwa a été lancée en Algérie, ou encore celle de Malek Boutih. Bien évidemment les théories complotistes fleurissent aussi à l’extrême-droite. Si Marine Le Pen a été assez discrète, s’en  tenant à la condamnation d’un islamisme radical, son père l’a été beaucoup moins, reprenant à son compte et à mots couverts la thèse de l’extrême-droite antisémite de la mouvance Soral, selon laquelle les meurtres de Charlie sont un coup monté par la CIA ou le Mossad pour salir la communauté musulmane, ce qui est contradictoire avec le fait qu’une partie du monde musulman.

      

    Manifestation à Alger contre Charlie le 16 janvier 2015

     

    Dans le monde musulman, de l’Algérie au Pakistan, du Niger – où le centre culturel français a été incendié – à la Jordanie, le 16 janvier a vu un grand nombre de manifestations islamistes condamnant non pas les meurtres, mais Charlie. Le fait que ces manifestations aient eu lieu exactement le même jour suffit à démontrer qu’elles sont bel et bien coordonnées, et donc qu’elles s’inscrivent bien dans la ligne de continuité des meurtres des caricaturistes. A Jérusalem Est, les manifestants affirmaient que l’Islam était une religion de paix, et que les Français étaient des lâches, sous-entendant par-là que ce sont bien les caricatures de Charlie qui sont responsables du chaos ainsi engendré.

     

    Conclusion

     

    Si nous voulons que la France retrouve un minimum d’harmonie, il y a beaucoup à faire, aussi bien en mettant au pas les religions, qu’en faisant sortir ces millions de personnes d’origine immigrée de la misère et de la marginalité. Egalement si on veut reconstruire une identité française, il est temps de s’opposer aux dilutions de celle-ci dans l’Europe. Certains à gauche n’ont pas aimé voir autant de drapeaux français dimanche derniers, ils oublient que ce drapeau, comme La marseillaise ont été aussi pendant longtemps les symboles de la révolution et de la liberté. Pour ne prendre qu’un exemple les wobblies américains, anticapitalistes et révolutionnaires chantaient La marseillaise avant de chanter L’internationale. Le crime est aussi le résultat de l’affaiblissement de l’Etat français. Il est évident que la voie est étroite si on ne veut pas tomber dans un Etat répressif qui voterait des lois liberticides.

     

    Liens

     

    http://tempsreel.nouvelobs.com/charlie-hebdo/20150115.OBS0008/en-direct-charlie-hebdo-plebiscite-wolinski-et-tignous-inhumes-aujourd-hui.html

    http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2015/01/16/dans-plusieurs-pays-musulmans-des-milliers-de-manifestants-contre-les-caricatures-de-mahomet_4558063_3236.html

    http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/01/16/le-musulman-modere-une-version-actualisee-du-bon-negre_4557616_3212.html

    http://www.lemonde.fr/livres/article/2015/01/14/kamel-daoud-je-veux-continuer-comme-avant_4556342_3260.html

    http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/01/16/les-declarations-chocs-de-jean-marie-le-pen-sur-charlie-hebdo_4558124_823448.html

    http://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-berretta/malek-boutih-des-elus-locaux-corrompus-ont-pactise-avec-les-gangsters-et-les-islamo-nazis-13-01-2015-1896131_1897.php

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    Fiction

     

    J’avais vaguement lu Houellebecq avant, sans arriver à terminer aucun de ses livres, tant son style et son aigreur sont pesantes. Mais son ouvrage n’est plus un livre, c’est un phénomène de société, dans le contexte d’aujourd’hui il apparaît comme un ouvrage tout à fait à la mode, et pour en parler il vaut mieux le lire. Encore que certains diront que pour savoir que la merde ça sent mauvais, on n’a pas forcément besoin d’y mettre le nez dedans. Ici il s’agit d’une fiction qui décrit la prise du pouvoir en 2022 par un parti islamique « modéré », allié dans un gouvernement d’union nationale avec l’UMPS. Le tout étant raconté par un universitaire neurasthénique qui ressemble à Houellebecq.

    Au-delà d’une histoire informe et peu structurée, le but est de montrer que la dégénérescence de l’Occident laisse finalement la place à l’Islam société patriarcale, structurée. Il s’exerce à la politique fiction si on veut en imaginant les mesures que prendrait un gouvernement largement dominé par l’Islam. Ça va de la remise au pas de l’éducation, au renforcement de la famille et à la mise ne place de nouvelles formes économiques comme le distributivisme, et un élargissement de l’Union européenne aux pays du sud de la méditerranée. Le héros va finalement se convertir à l’Islam car cela lui permet de combattre sa neurasthénie et présente aussi des avantages sur le plan sexuel.

    Les circonstances font que l’ouvrage d’Houellebecq, comme celui de Zemmour, va se vendre comme des petits pains. En effet, dans ce roman, il imagine que les élections amènent au pouvoir un parti islamiste pour faire barrage au Front National. Ce qui frappe d’abord dans les propos d’Houellebecq, c’est la méconnaissance du sujet qu’il traite. Sa description des milieux universitaires est totalement caricaturale, mais en outre, il fait comme si la communauté musulmane était un bloc uni et homogène, se contentant de marginaliser les racailles. Bêtement il suppose que tous les musulmans qu’il semble confondre avec des « Arabes » ou des « Maghrébins », sont des religieux pratiquants, ce qui est plus que faux, mais en outre qu’ils sont en quête d’une transformation globale des lois de la France et pour une application de la Charia. Bien sûr que de tels musulmans existent. C’est même une évidence. Mais de là  à considérer qu’ils sont la majorité de cette communauté, il n’y a qu’un pas qu’Houellebecq franchit  sans se poser plus de questions. On évalue en effet à 15% de la communauté musulmane ceux qui seraient attirés par cette idée lugubre. Ce n’est pas parce que la minorité salafiste est celle qui braille le plus fort et se fait le plus remarquer qu’elle est représentative des « musulmans ». Le tableau suivant montre du reste que les musulmans sont encore moins pratiquants que les chrétiens !

     

     

    Appartenance religieuse et fréquence de l’assistance aux offices religieux (1998-2001) (en %)

     

    Ce tableau ne veut pas dire que les musulmans sont moins croyants que les autres communautés. C’est l’inverse, mais ils pratiquent beaucoup moins, et donc par là ils ne peuvent se trouver aussi facilement que ça sous la coupe d’une secte religieuse. Présenter les musulmans comme une mouvance identitaire relativement homogène et dotée d’une volonté à long terme de conquête de la France est exactement la même erreur symétrique que celle d’affirmer que l’immigration est une bonne chose et qu’elle ne pose pas de problème.

     

    Une des premières erreurs d’Houellebecq est de définir une proximité politique et intellectuelle avec l’Islam du côté du centre-gauche, confondant ainsi le marais libéral avec une pensée progressiste structurée.

    Dans une sorte de délire qui donne foi aux rêves de la mouvance islamiste radicale, Houellebecq fait semblant de croire que la France est déjà à moitié conquise et qu’il sera très simple de la coloniser, sans même à avoir à faire la guerre. Et tout soudain, on ne trouve plus que des Arabes à l’Université comme ailleurs, comme s’ils avaient éclos dans la nuit ! A l’Université il n’y a plus que ça. De même il suppose qu’en 2022 les Etats arabes seront suffisamment calmes et pacifiés pour intégrer l’Union européenne.

    Mais quel est l’objectif poursuivi par l’aigre Houellebecq ? On ne sait pas trop s’il dénonce une guerre civile imminente ou s’il constate que les nations, sans le support de la religion chrétienne, n’ont plus de sens. Comme si l’Islam était compatible avec le libéralisme. Il suppose que l’Europe s’est « suicidé », il emploi le même mot que Zemmour. On passera aussi sur les fantasmes sexuels d’Houellebecq qui font des Arabes en général et de l’Islam en particulier des sortes de phénomènes de foire. Un peu comme si Houellebecq à la recherche de sa virilité se réfugiait dans des rêves moisis.

     

    Style

     

    Au fil des années Houellebecq est devenu une caricature de lui-même. Il se présente comme un triste vieux con, usé, fatigué. Il se fait filmer et photographier sous toutes les coutures. Ce narcissisme est évidemment assez lassant, mais c’est la contrepartie d’une volonté promotionnelle.

     

    Houellebecq se prend pour Céline, pour cela il se réfère non seulement à un racisme ordinaire – Bagatelles pour un massacre a été du vivant de Céline ses meilleures ventes, mais aussi au naturalisme de Zola – auquel le même Céline rendit hommage après avoir obtenu le prix Renaudot en 1932, Maupassant et Huysmans, pensant que la mise en exergue de cet auteur lui donnera le vernis culturel qui lui manque.

     

    Alternant les courtes et les longues phrases, il ne sait pas toujours très bien où mettre les points-virgules.

     

    La différence entre Céline et le pauvre Houellebecq est évidemment le style. Les amateurs de Céline – dont je ne suis pas, je précise – peuvent toujours se rabattre sur son style même lorsque les  idées qu’il véhicule sont plutôt moisies. En effet Céline était moins fainéant qu’Houellebecq, il relisait sans cesse sa copie, trouvait des mots et des formules frappantes ou drôles. Rien de tel chez Houellebecq. De Céline il ne retient que le côté « prophète que personne ne veut écouter », le message « tout est foutu ». aussi laid que Céline dans cette forme de clochardisation apparente, il est pourtant très riche, et comme Céline aime bien compter ses sous.

     

    L’écriture d’Houellebecq est paresseuse. Il répète les mêmes formules, d’une ligne à l’autre les mêmes mots. Peu de variété dans le vocabulaire. Des phrases qui sont de longueur très différente, il hésite entre vulgarité et académisme pompier. Les platitudes ne manquent pas et les relever toutes reviendrait à recopier son livre. Donnons quelques extraits.

     

    De l’audace sur le plan sexuel :

    « Quant à ses fellations, je n'avais jamais rien connu de semblable, elle abordait chaque fellation comme si c'était la première, et que ce devait être la dernière de sa vie. Chacune de ses fellations aurait suffi à justifier la vie d'un homme. » p. 39

     

    Des formules hermétiques :

    « J'avais installé des doubles rideaux orange et ocre, à motifs vaguement ethniques. » p. 40

     

    Des erreurs manifestes :

    « Les deux partis qui structuraient la vie politique française depuis les débuts de la V République allaient-ils être balayés ? » p. 76

     

    relations sexuelles pauvres et convenues, il rencontre une pute qui fait ça pour payer ses études

     

    De la poésie tout de même :

    « … un nuage lenticulaire isolé, aux flancs teintés d'orange par le soleil couchant, flottait très haut au-dessus du stade Charléty, aussi immobile, aussi indifférent qu'un vaisseau spatial intergalactique. » p. 195-196

     

    Un phrasé dans l’air du temps :

    « … depuis plusieurs décennies, le rêve professionnel universellement exprimé par les jeunes était en effet de « monter sa boîte », ou du moins d'avoir un statut de travailleur indépendant. » p. 202-203

     

    L’amour de la répétition :

    « Avec sa tête de Pierre Moscovici je savais qu'il allait me croire, et peut-être avait-il été une sorte de Pierre Moscovici lui-même, dans une vie immédiatement antérieure, enfin entre Pierre Moscovicis on pouvait s'entendre, je savais que ça allait bien se passer entre nous. » p. 219

      

    Conclusion

     

    Dans le contexte tendu actuel, discuter des fractures sociales et économiques engendrées par la mondialisation et l’immigration désordonnée, est important. Mais Houellebecq passe à côté de son sujet, se délectant seulement de la décomposition ambiante, comme si celle-ci n’aurait plus jamais de fin, ou plutôt que sa fin résiderait seulement dans l’avènement d’un Islam mondial et pacifié. Surchargé de références scolaires à Huysmans, Péguy et quelques autres gloires de la littérature de la fin du XXe siècle, qui sont destinées non seulement à montrer la culture d’Houellebecq aux populations stupéfaites, l’ouvrage lasse assez vite par sa philosophie plus que sommaire du sens de l’histoire et ses réflexions de café du commerce.

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  • Charlie et ceux qui lui rendent hommage

      

    La France est sous le choc. C’est maintenant devenu un rituel, dès qu’un évènement grave se produit la parole se libère et cela prend un tour inattendu. Les assassinats à Charlie n’ont pas manqué à cette règle. Curieusement cela a déclenché une mobilisation inattendue pour rendre hommage aux victimes, soutenir le journal et condamner cette atrocité. L’esprit Charlie pourtant avant cet attentat était assez minoritaire, on peut s’en rendre compte dans cette manière récurrente de s’en prendre aux religions, toutes les religions, car depuis quelques temps il est de bon ton notamment chez les gauchistes de NPA de ménager les religions au motif que les musulmans sont opprimés. Pourtant c’est bien au nom de la religion que ces crimes se sont perpétrés. C’est bien au nom de ces religions diverses et variées que se développe l’esprit communautariste qui ruine justement l’esprit de la République.

    Bref c’était une résurgence de l’esprit de Mai 68, anarchiste. Cabu, Wolinski mais aussi Bernard Maris sont de cette génération. Et si leur disparition touche, c’est aussi parce que c’est une partie de notre jeunesse insouciante qui s’est faite assassinée. Cabu était un amateur de jazz, un bon connaisseur, une musique qui à l’époque soudait une génération rebelle et peu prompte aux enrégimentements. Wolinski dessinait un peu partout, y compris dans Paris Match, mais il avait fait aussi de nombreuses couvertures pour les ouvrages de San-Antonio qui représentent cette forme d’humanisme et d’irrévérence qu’on dit bien française. Bernard Maris était un universitaire, économiste, très éloigné des pratiques de la langue de bois qui prédomine dans  ce milieu où on est aussi arrogant et pontifiant qu’ignorant.

      

    Il était aussi inévitable que les « complotistes » qui sont décidemment une espèce à part, se mettent à déconner avec ce drame. C’est ainsi qu’on a vu la mouvance de Soral – Egalité et réconciliation – commencer à raconter que cet attentat avait été fomenté par les « sionistes » de façon à nuire à la communauté musulmane !! Les réseaux sociaux et Internet permettent ce genre de délire. Plus inattendu, l’hommage du Nasdaq à Charlie. Quelle sinistre déconnade ! La boutique la plus à la pointe du combat capitaliste contre le peuple qui rend hommage à ceux qui en représentait l’exact inverse.

      

    Il est par ailleurs remarquable que spontanément des centaines de milliers de personnes se soient rassemblées dans toutes les villes de France, le 7 janvier et puis encore le 8. A Aix-en-Provence la place de la mairie était noire de monde, une mobilisation qu’on n’avait pas vue depuis longtemps. Ce qui tendrait à prouver que d’une certaine manière la conscience des populations n’est pas morte, que l’individualisme n’est pas devenu ce dénominateur commun qui cimente la communauté. Reste évidemment à comprendre le sens de cette communion. Il est sans doute le résultat d’un amalgame entre ceux qui trouvent cet attentat tout simplement odieux sur le plan humain, comme de ceux qui restent hébétés et ne comprennent pas qu’on puisse encore aujourd’hui tuer au nom d’une religion et ceux qui connaissaient l’esprit de Charlie. Et de fait la spécificité de Charlie dans sa continuité était d’abord une ligne anti-religieuse, même si ce journal manifestait aussi des tendances anti-libérales et anti-fascistes. Mais ces rassemblements spontanés manifestent aussi une volonté d’être ensemble de construire quelque chose collectivement qui ressemble à un hymne à la liberté. A côté de cela les grimaces du gouvernement décrétant une journée de deuil national font pâle figure. Et on remarquera également que les partis politiques qui évidemment cherchent à récupérer ce drame ont un train de retard.

      


    Hommage à Charlie, ici à Marseille

     

    Macron fait des siennes

      

    Pendant que tout le monde pleure les morts de Charlie le magasin de farces et attrapes du gouvernement reste ouvert. Le sinistre Macron qui se croit plus malin que les autres avançait que les Français manquaient d’ambition, et qu’il faudrait qu’il y ait un peu plus de jeunes qui dans notre pays se trouve l’ambition de devenir milliardaire. L’imbécile suppose que tout le monde est comme lui et que seul le pognon compte. C’est la position d’un vulgaire sarkozyste. Cependant si on veut prendre de la hauteur comme on dit, et si on laisse planer un doute sur la cupidité de cet individu, il faut bien examiner en quoi devenir milliardaire aurait une valeur autre que personnelle.

    Si Macron étudiait un petit peu de temps en temps, il se serait rendu compte que justement le nombre de millionnaires augmentait fortement en France. La France compte 2,5 millions de millionnaires, et ce chiffre devrait augmenter encore dans les années qui viennent et atteindre 4,5 millions de personnes en 2019. Macron qui l’ouvre le plus souvent à tort et à travers, devrait donc être satisfait : les riches sont de plus en plus nombreux.

    Mais pourquoi dit-il cela ? Les gens de droite, Sarkozy, Macron, peut-être Hollande, ont une théorie sur la question : ce n’est pas en redistribuant la richesse qu’on combat la pauvreté. C’est même l’inverse selon eux. Cette idée vient de loin. Pour tout dire elle date du XVIIIe siècle. C’est Turgot qui l’a présentée comme une évidence quelques temps avant la Révolution de 1789. Pour les tenants de cette thèse – qu’on retrouve d’ailleurs chez le monstrueux couple d’alcooliques Reagan-Thatcher – l’inégalité favorise l’épargne qui elle-même favorise l’investissement qui améliore la productivité et finit par faire reculer la pauvreté en rendant les biens de consommation courante moins chers. On appelle aussi cette thèse la théorie du ruissellement.

      

    Mais cette thèse est fausse. Et elle est fausse depuis plus de 200 ans maintenant. Comme quoi Macron n’est pas si jeune que  ça. C’est même parce que cette thèse est fausse que s’est développée en face d’elle une théorie socialiste. En effet, l’augmentation du nombre de riches ne  peut se passer d’une augmentation de la pauvreté. Et bien sûr c’est ce que démontre entre autres l’ouvrage de Piketty. L’accroissement du nombre de riches ne permet pas de combattre la pauvreté, c’est même l’inverse. On voit bien qu’en Allemagne qui souvent citée comme modèle, la pauvreté a augmenté là aussi avec le nombre de riches.

    Il y a pire cependant comme erreur dans ce discours de droite et de nantis. L’accroissement du nombre de riches ne favorise pas la croissance. Dans tous les pays développés où le nombre de riches a explosé, la croissance reste très faible.

    Je rappelle au jeune Macron que du point de vue politique la différence entre la gauche et la droite justement réside sur cette question du partage des revenus. Pour la gauche le progrès sociale ne peut s’accompagner que d’une diminution des inégalités, donc du nombre de milliardaires, tandis que pour la droite, l’accroissement du nombre de milliardaires et donc des inégalités est le moteur de la croissance et de la civilisation. Si on voulait encore une preuve supplémentaire du fait que nous avons aujourd’hui un gouvernement de droite à la tête de notre pays, la voilà !

     

    Le Royaume-Uni devient la 5ème puissance économique devant la France 

    Puisque les Etats européens sont dans une compétition féroce, il est de bon ton de les classer et de décerner des prix et des médailles.

     

    La première constatation est que ces chiffres sont très aléatoires. On sait que dans l’évaluation du PIB du Royaume-Uni rentre maintenant la prise en compte d’activités jusque-là jugées comme illégales, le trafic de drogue, l’activité de prostitution.  Et donc bien sûr la prise en compte d’éléments de trafic monétaire qui échappent à une comptabilité « normale ». Mais ce n’est pas le seul point. En 2014 le PIB de nos voisins d’outre-Manche a été dopé à la fois par la montée de la Livre par rapport à l’euro, et une croissance plus soutenue. Le simple fait que le Royaume-Uni fonctionne avec sa propre monnaie permet une inflation plus forte que dans l’Europe continentale. La moitié de la croissance y est expliquée par une inflation supérieure de 1,5% par rapport à la France. Il n’aura échappé à personne que la Royaume-Uni n’appartient pas à la zone euro, et en Europe, la croissance est d’autant plus faible que le pays considéré appartient à la zone dont l’activité est régulée par la monnaie unique.

    S’il va de soi que les millions de pauvres britanniques ne se satisferont pas beaucoup de savoir que leur pays est classé juste devant la France, on comprendra facilement, même du point de vue très étriqué du PIB que l’appartenance à la zone euro est une pénalité infligée aux pays qui l’utilisent. Vous remarquerez aussi que la croissance allemande est à peine d’un tiers de celle du Royaume-Uni, ce qui relativise les performances de nos voisins d’outre-Rhin.

     

    Liens

    http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20150107.OBS9413/macron-il-faut-des-jeunes-francais-qui-aient-envie-de-devenir-milliardaires.html

    http://lci.tf1.fr/economie/conjoncture/le-nombre-de-millionnaires-en-france-devrait-augmenter-de-70-8502830.html

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/01/07/le-royaume-uni-detrone-la-france-comme-5e-puissance-economique-mondiale_4550458_3234.html

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    2 commentaires
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    Tout le monde est évidemment effondré par ce qui s’est passé à Charlie hebdo. 12 morts en quelques minutes, flingués par des hommes armés et encagoulés. Cette attaque semble avoir été menée par des islamistes. François Hollande a dénoncé un acte terroriste et décidé de relever le plan Vigipirate en Île-de-France. Des caricaturistes très connus comme Cabu et Wolinski qui avaient gardé une irrévérence formée en 1968 sont morts. A cette liste lugubre, il faut ajouter le nom de Bernard Maris, économiste et chroniqueur peu orthodoxe des turpitudes du libéralisme. Les premières pensées vont évidemment à ces victimes et à leurs familles. L’émotion est intense, et tout le monde condamne cet acte qu’on qualifie de barbare. Malheureusement ces qualificatifs ne suffisent plus. Il semble que progressivement on se dirige vers une guerre de religions qui ne dit pas son nom. Pour des raisons diverses et variées, il y a un climat en France et certainement ailleurs en Europe de délitement de la république, de rabaissement de l’Etat.  Il ne semble pas qu’on ait connu une telle situation depuis une vingtaine d’années, c’est-à-dire depuis les attentats dans le métro parisien. Il faudra attendre un peu pour en savoir plus sur les auteurs de ce crime. Après tout il se pourrait aussi qu’on se trompe et qu’il s’agisse d’un leurre destiné à faire croire que l’attentat a été commis par des islamistes.

    Par ailleurs, la police connait depuis des années ces réseaux fondamentalistes qui disposent d’armes et de moyens financiers. Il semble que ces derniers temps, alors même que Valls faisait état il n’y a pas très longtemps de possibilités d’attentats terroristes, la surveillance de ces réseaux se soit relâchée.

    Il n’est pas question une minute d’excuser ce type d’acte barbare. Cependant au-delà de l’émotion qui est très forte dans le pays et dans le monde entier, il est nécessaire de réfléchir un peu.

    La situation est évidemment dangereuse parce qu’elle va engendrer une demande pour un Etat policier plus fort et plus entreprenant. Il est également possible de s’interroger sur les capacités de la France à intégrer les populations  immigrées qui sont les plus fragiles. On parle de plus en plus souvent d’un échec du modèle français. Même s’il n’est pas sûr qu’ailleurs cela fonctionne mieux, il apparaît assez évident que le communautarisme prôné aussi bien par la « gauche » de gouvernement et par la droite sarkozienne pose un problème grave.

     

    On commence maintenant à voir les dégâts d’un système social et politique qui n’a pas su ou voulu marginaliser les religions quelles qu’elles soient. L’athéisme a mauvaise presse, et quand on défend la laïcité, on ne vise pas à marginaliser les religions dans le domaine privé, à les rendre  invisibles, mais au contraire à les laisser s’exprimer librement. Cette conception rétrograde pour le coup de la laïcité est un élément parmi d’autres qui permet à certains d’afficher leurs prétentions à ce que la vie civile s’adapte à leurs règles religieuses. Cette conception de la laïcité est néfaste non seulement à l’harmonie sociale, mais elle est un ferment de guerre puisqu’en effet dans l’espace public aujourd’hui ces différentes religions sont en concurrence pour capter des parts de marché sur le marché de la crédulité.

    De nombreux rassemblements spontanés ont eu lieu un peu partout en France en soutien à Charlie. On peut se demander si dans les semaines qui viennent ne va pas se développer un mouvement semblable à celui de l’Allemagne de manifestations régulières contre l’islamisation de la société française, avec toutes les conséquences politiques que cela pourrait engendrer. Cette année démarre bien mal.

      

    Carte des rassemblements spontanés en soutien à Charlie recensés par Le monde 

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