• A l’évidence la nouvelle tuerie de Copenhague a comme modèle celle de Charlie. Et d’ailleurs le prétexte à cette tuerie était un débat sur les problèmes rencontré par la liberté d’expression. L’auteur de cet acte a un peu le même profil que Coulibaly et les frères Kouachi. Jeune, violent, né de parents immigrés, ouvertement antisémite, il était passé par la case prison avant de se lancer dans une entreprise où se mêle délinquance et idéologie. Danois, ses parents étaient Palestiniens, ce qui lui donnait un bon prétexte pour justifier son antisémitisme et sa violence. Notez que jusqu’à présent on considérait que le Danemark était un pays où l’intégration des populations immigrées était réussie. C’est du reste un pays où le chômage est relativement faible et orienté à la baisse depuis 2011, entre autres raisons parce que ce pays n’est pas dans l’euro. Il faut donc rechercher d’autres explications.

      

    Omar El Hussein

     

    Les avancées très relatives de l’islamisme radical

     

    Il est probable que des actes de ce type vont encore se répéter. Car en effet ils ont un but, non pas de prendre le pouvoir, mais celui de semer la peur, d’engendrer la répression et de faire en sorte de laisser croire que nous sommes entrés dans une guerre de religions nouvelle manière qui ira jusqu’à son terme. Pourtant force est de constater que ce but ne sera jamais atteint. D’abord parce que quoi qu’on pense de l’Islam – étant athée je ne peux pas en penser du bien – les musulmans sont très divisés sur ce qui est le cœur de leur religion. Ensuite parce même si parfois certains manifestent ici et là de la sympathie pour ces actes barbares, ils ne sont pas prêts à se laisser entraîner dans une guerre de religion qu’ils perdraient inévitablement. Il serait tout autant erroné de croire à cette fable que de penser qu’il n’y a aucun rapport entre Paris et Copenhague et qu’il ne s’agit pas là d’un mouvement auquel les pseudo-succès de l’Etat Islamique en Syrie et en Irak ont donné une perspective politique, un but guerrier à une jeunesse déculturée en manque d’avenir.

      

    Les Danois se rassemblent

    Ceci étant dit, il va de soi que ces attentats de Paris à Copenhague ont mis le doigt en quelque sorte sur les faiblesses des nations occidentales vieillissantes. Les rassemblements, les marches, les bougies, tous les discours considérant d’abord qu’ « il ne faut pas faire d’amalgame », sont perçus comme des marques de faiblesse. Il est d’ailleurs remarquable que ces exactions n’aient pas engendré des actes symétriques de rétorsion de la part de l’extrême-droite européenne. Preuve sans doute que celle-ci est elle aussi très faible. Il est évident que l’hétérogénéité ethnique dans les pays européens pose un problème de divergence dans les trajectoires culturelles des différentes communautés. Les Etats-Unis qui ont une vieille habitude de la coexistence difficile des différentes communautés qui composent cette nation mesurent d’ailleurs un « coefficient d’hétérogénéité ethnique ». C’est la CIA qui fait ce boulot. Alesina et Glaeser, auteurs d’un remarquable ouvrage[1] l’avaient utilisé, entre autres indicateurs, pour montrer que plus ce coefficient d’hétérogénéité ethnique est grand, et plus les inégalités étaient fortes. Ce facteur agit comme un dissolvant de l’idée républicaine d’une tendance à l’égalité entre les hommes. Pour ces raisons, ils prédisaient que la montée des inégalités allait continuer dans les années à venir en Europe et particulièrement en France.

    Le Danemark est réputé pour sa très grande tolérance vis-à-vis d’un Islam assez combattif et agressif. Si l’Islam en général ne représente que 2% de la population dans ce pays, une fraction de cette population milite pour une modification des règles de socialisation dans ce pays. Autrement dit, il semble que plus la tolérance envers des coups de canif dans la laïcité ordinaire est forte, et plus celle-ci est utilisée par les tenants d’une loi islamique pour revendiquer de nouvelles avancées. C’est cette perception d’un Etat faible et dévalorisé, manquant pour tout dire de virilité, qui joue en faveur des tenants d’un Islam politiquement agressif et militant.

     

    Réactions attendues

     

    La première réaction attendue est celle d’une limitation nouvelle des libertés individuelles, ou si l’on veut d’un accroissement de la surveillance de toute la population. Il faut bien que l’Etat fasse semblant de faire quelque chose. La demande de sécurité appuiera cette évolution. Il va de soi que depuis une bonne trentaine d’années la liberté de penser d’agir, est de plus en plus restreinte et l’Islam radical qui est la pointe avancée des ennemis de la liberté est le véhicule tout indiqué pour aller un peu plus loin encore dans ce sens. On voit ici comment la liberté individuelle revendiquée haut et fort par les libéraux s’accommode justement de son inverse : une surveillance maximum.

    Le symétrique de cette attitude est que les exactions des islamistes radicaux ont libéré les paroles et les actes antisémites. C’est ainsi que pendant que les débris du gauchisme nous expliquent qu’ils ne sont pas Charlie, qu’il ne faut pas verser dans l’islamophobie, pas faire d’amalgame, les actes antisémites se multiplient. Comme je l’ai signalé dans un billet récent, en 2014 ce sont 7000 Français de confession israélite qui sont parti pour Israël, et ce sera 15000 cette année. C’est évidemment un autre drame. Apparemment cela a échappé à Roland Dumas qui s’est mis à attaquer Valls sur le fait qu’il était sous influence de la communauté juive. Certes Roland Dumas est très âgé, mais ce n’est pas une excuse, en tous les cas cela vient couronner une carrière politique faite de magouilles et de coups tordus en tous genres.

    Evidemment Benyamin Netanyahu en a profité pour faire un peu de propagande pour sa boutique et demander aux Juifs de France de venir en Israël. C’est une demande qui est erronée et qui vise à faire apparaître les Juifs de France ou du Danemark comme des Français ou des Danois pas tout à fait comme les autres. Non seulement la France doit protéger les Français de confession israélite, mais les Juifs eux-mêmes doivent se battre pour exiger d’être traités d’une manière moins humiliante. J’écris cela sachant que par ailleurs je n’ai aucune sympathie pour la religion, juive, musulmane ou catholique, mais simplement dans un souci de cohérence. Il ne s’agit pas de protéger une religion, mais plutôt des citoyens.

     

    Profanation du cimetière juif à Sarre-Union

     

    Comme on le comprend, cette question des attentats récents et la propagande de l’EI qui les soutienne et les justifie est une question très difficile. Il n’y aura pas de réponse simple. Si d’un côté les slogans de type fascistes comme « les Arabes à la mer » sont évidemment stupides – mais on remarquera qu’ils ont de moins ne moins d’échos – il est tout autant stupide de verser dans l’angélisme et de ne pas prendre la mesure des problèmes engendrés par le développement des communautarismes.

    Il semble que deux voies doivent être explorées, d’une part réduire les inégalités sociales et de revenus, et d’autre part améliorer le contenu de l’éducation. Dans une période livrée à la mondialisation libérale, ce sont deux voies tout autant difficiles à suivre. Evidemment il faut par ailleurs lutter pour maintenir fortement une séparation radicale entre la vie civile et la religion. La loi, la république doivent rester laïques.

    Voitures taguées « Juif » à la porte de Saint-Cloud



    [1] Combattre les inégalités et la pauvreté, les Etats-Unis face à l’Europe, Flammarion, 2006.

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    Le métier de banquier se confond ouvertement aujourd’hui avec l’idée de délinquance en bande organisée. Plus rien ne semble distinguer un banquier de haut niveau et un chef mafieux. Et la question qui se pose est de savoir si justement on ne ferait pas mieux de se passer de cette calamité pour retrouver un peu de calme et d’harmonie dans nos sociétés.

     

    Amendes record

     

    Depuis 2008 il ne se passe pratiquement pas un jour sans qu’on parle de la conduite délinquante des banques. Aux Etats-Unis c’est environ 150 milliards d’amendes que les banques ont dû payer. Ces amendes ont été données soit parce que les banques – plus elles sont grosses plus elles sont impliquées – avaient profité de la crédulité de leurs clients, soit parce qu’elles avaient maquillé des comptes, et soutenu des entreprises comme celle de Madoff. Standard and Poor la fameuse agence de notation qui passe son temps à dégrader la note de la Grèce pour faire plaisir aux Allemands a également dû payer une amende record de 1,37 milliards de $. La BNP banque française a elle aussi écopé d’une amende de 8,9 milliards $.

     

     

    En Europe on est beaucoup plus timide, et on n’ose pas s’attaquer au pouvoir des banques même pour leur demander des comptes sur leurs pratiques douteuses. Le plus loin qu’on a été c’est 1,7 milliards € dans le scandale de la manipulation des taux d’intérêt, et encore cette somme concerne un ensemble de 6 banques.

     

    Evasion fiscale et blanchiment

     

    Ces jours-ci les banquiers se sont fait remarquer de plusieurs façons. D’abord c’est le sinistre Juncker, président de la Commission européenne qui a été pris la main dans le sac pour avoir organisé du temps qu’il était premier ministre du Luxembourg, et avec la complicité des banques luxembourgeoises l’évasion fiscale des entreprises multinationales qui opèrent en Europe et qui veulent minimiser leurs impôts. Ça n’empêche pas Juncker de continuer à faire la leçon aux Grecs pour qu’ils respectent les traités pourris européens. Les parlementaires européens qui sont tout autant pourris que Juncker n’ont pas cru bon de le désavouer, non plus que de développer une commission d’enquête sur ce qui est pourtant au moins une collusion d’intérêts. Le Luxembourg a réagi assez vite : d’une part en disant qu’il n’était pas question de remettre en cause le « tax ruling », et d’autre part qu’il allait poursuivre celui qui avait révélé le scandale.

    Je rappelle ici que le Luxembourg s’était illustré par le passé dans un autre scandale, celui de la première affaire Clearstream – la grande lessiveuse des fonds douteux du monde entier – révélée elle par le journaliste Denis Rober dont le livre Révélation$ vient d’être porté à l’écran sous le titre de L’enquête. Denis Robert avait été menacé de mort, mais aussi poursuivi en justice pour essayer de le faire taire. On l’a oublié un peu, mais cela se passait au Luxembourg autour d’une boutique – Clearstream – qui était une chambre de compensation entre grandes banques du monde entier

     

     

    Mais le scandale qui fait couler le plus d’encre aujourd’hui est celui d’HSBC. Cette banque anglo-saxonne a organisé une évasion fiscale à l’échelle industrielle entre la France et la Suisse. Elle s’est faite épinglée. Là encore les faits ont été porté à la connaissance du public et de la justice par un salarié d’HSBC qui a dénoncé ces pratiques et qui a photocopié des listings de personnes très friquées qui planquent leurs sous et visent à éviter de payer l’impôt. Ce serait 6000 personnes qui seraient ainsi concernées. On y trouve un sénateur UDI, une ancienne gloire du football ou encore un comique un peu défraichi. Pierre Bergé, par ailleurs propriétaire du journal Le monde avec Mathieu Pigasse, banquier de profession qui en connait un sacré bout, s’est déclaré scandalisé par cette pratique qui vise à dénoncer – il a employé le mot de délation comme si les rupins qui planquent leur pognon étaient assimilables aux Juifs des ghettos qu’on pourchassait pendant le dernier conflit. Ces gens-là n’ont peur de rien ! On sait évidemment qu’HSBC pratique ce genre de sport pour ses clients qui peuvent être localisés ailleurs qu’en France.

     


    En 2012 HSBC avait payé une amende record de près de 2 milliards $ pour échapper à des poursuites de blanchiment aux Etats-Unis. On remarque plusieurs choses : d’abord que ces banques qui étaient à l’agonie en 2008 peuvent payer sans sourciller des amendes extrêmement élevées. Ces amendes sont le résultat de transactions destinées à éviter des procès qui sans doute couteraient encore beaucoup plus chers aux banques. Ensuite, que toutes les grandes banques du monde entier sont impliquées dans des scandales financiers plus ou moins importants. Le système bancaire est donc bien un système criminel, ce n’est pas un hasard si ces gens-là trichent et contournent la loi. C’est leur raison d’être ! Un article assez récent du Monde signalait, preuves à l’appui que les banquiers trichaient par culture !!

     

    La banque et la dette

     

    La question qui se pose est la suivante : pourquoi une telle organisation criminelle reste-t-elle impunie ? Pourquoi ne la poursuit-on pas plus vigoureusement ? Les uns diront que la finance est essentielle, qu’elle met de l’huile dans les rouages de l’économie et que sans elle on en reviendrait au troc, quasiment à l’âge de pierre. En vérité cette description des bonheurs de la finance est fausse. La prospérité de ce secteur, son importance politique est le résultat de la formidable dérégulation financière qui a eu lieu à la fin des années soixante-et-dix. Cette dérégulation financière a été le fer de lance de la mondialisation qui a détruit la demande dans les pays riches comme la protection sociale, mais également le début d’un cycle infernal d’endettement des Etats, des entreprises et des ménages.

       


    Le graphique ci-dessus montre l’explosion de l’endettement à partir du big bang financier de la fin des années 70 aux Etats-Unis : ce sera une croissance fondée d’abord sur l’endettement généralisé des agents économiques. C’est du reste à partir de cette époque que la croissance économique va faiblir très nettement dans les pays développés, avec son cortège de chômeurs et toutes les difficultés sociales qu’on peut imaginer. Il est facile de comprendre que les excès de la finance sont responsables de la crise financières de 2008

    On en arrive à cette aberration qui fait que les dettes dans le monde sont supérieures aux créances pour un montant d’environ 30 000 milliards de dollars !  Cela semble incroyable car on se dit que normalement les dettes des uns doivent être les créances des autres et donc qu’au niveau planétaire l’ensemble des dettes doit être égal à l’ensemble des créances. Pour comprendre comment cela est possible, il faut partir de la possibilité que les banquiers créent maintenant de la monnaie autant qu’ils en veulent : personne ne les contrôle plus depuis justement ce fameux big bang financier qui a mis fin à la tutelle de l’Etat dans l’émission de crédits. Pratiquement 90% de la production de la monnaie, via le crédit, est d’origine privée. Les banques centrales ne sont là que pour garantir – plus ou moins bien d’ailleurs – la viabilité de ce système prédateur. En effet, la monnaie que les banquiers produisent à partir de rien, ils n’engagent jamais un capital existant, il faudra bien la rembourser : ils avancent des fonds qu’ils n’ont pas, mais que les emprunteurs devront verser à plus ou moins long terme. Voilà un système qui est malin ! Comme Jésus multipliant les petits pains, les banquiers multiplient les signes monétaires… pour leur propre profit.

     

    Des banquiers partout

     

    Cette histoire – un peu simplifiée – est bien connue. Mais on se demande pourquoi elle continue. Autrement dit on sait que les banquiers trichent et fraudent, mais on les laisse continuer. Certes aux Etats-Unis, où ils sont encore plus détestés qu’ailleurs, ils doivent faire face à des amendes sévères, mais ça ne les touche guère parce que cette monnaie qu’il rembourse, ils la recréent presqu’immédiatement en développant de nouveaux crédits aux Etats, aux ménages ou aux entreprises.

    C’est que les banquiers en fabriquant de l’argent ont pu ainsi corrompre à grande échelle le personnel politique et même obtenir des postes de haut niveau dans des institutions politiques ou financières. Comme on le sait des banquiers se sont retrouvés à la direction de pays – sans être élus d’ailleurs – en Grèce, en Italie. Mais on retrouve aussi les anciens de Goldman & Sachs à la tête de la BCE (Mario Draghi) de la Banque centrale d’Angleterre, de la Banque du Canada. Contrairement à l’idée répandue, l’importance de la finance est bien plus grande en Europe qu’aux Etats-Unis. C’est d’ailleurs ce qui va expliquer que l’Eurozone est incapable de mettre en place une réforme un peu sérieuse pour réguler l’activité bancaire. On sait que le lobbying des banquiers a été particulièrement efficace surtout auprès du gouvernement « socialiste » de François Hollande – qui toute honte bue ne craint pas de se dire « de gauche » et « ennemi de la finance ». On sait que la Commission européenne avait avancé un projet visant à séparer les banques d’ « investissement », lisez spéculation, des banques de dépôt, et que ce sont les hommes de François Hollande qui ont fait capoter ce projet, comme ils ont fait capoter le projet de « taxe Tobin » sur les transactions financières. Et d'ailleurs le sinistre Hollande, pourtant estampillé « homme de gauche », n’a-t-il pas nommé un petit banquier à la tête du ministère de l’économie ?

      

     

    Mais le pouvoir politique des banquiers tient aussi à leur force de frappe. Ils peuvent acheter n’importe quel fonctionnaire européen, par exemple en leur faisant miroiter un poste important lorsqu’ils auront atteint le sommet de leur évolution salariale. L’Obs se lamentait dans un article récent sur le fait qu’il y a auprès de la Commission européenne environ 400 fonctionnaires chargés de réguler le monde de la finance, face à 1700 lobbyistes du secteur financier qui s’incrustent à Bruxelles pour y faire leurs affaires. Cette consanguinité va très loin. Le même article signalait que Tony Blair – canaille social-traitre – émargeait maintenant comme conseiller de la banque J.P. Morgan, une des plus grande banque américaine dont le parcours a été jalonné de crimes et de fraudes, ou encore que Gerhard Schröder, encore un autre social-traitre, avait été récompensé pour ses services rendus, non seulement en devenant « conseiller » de Gazprom, mais aussi celui de la banque Rothschild, cette même banque qui a employé l’arrogant petit Macron.

    Solutions : comment se libérer de la finance ?

     

    Il est urgent de se libérer de la finance. Les banquiers dominent donc le monde aujourd’hui. Ils ont même acheté le journal qui porte ce nom. Mais ce sont des colosses au pied d’argile. En effet, il suffirait de reprendre le pouvoir politique pour détruire leur puissance. Mais si leur pouvoir est aujourd’hui si fragile c’est surtout parce qu’ils ont un effet néfaste sur l’économie réelle. Tant que celle-ci ne voit pas sa marche en avant entravée par les turpitudes de la finance, elle ne se rebelle pas. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. La croissance est partie, le chômage et les dettes s’accroissent. Trop souvent on ne parle que des dettes des Etats avec l’idée derrière la dette selon laquelle les Etats peuvent faire des économies s’ils sont bien gérés. Mais c’est faux les autres agents économiques sont tout autant endettés, comme le montre le graphique ci-après.

     

     

    Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, on a connu trois périodes différentes :

    - 1945-1975, une croissance forte et soutenue, avec une inflation sous-jacente importante qui empêchait l’endettement de croître ;

    - 1975-2008, une croissance ralentie avec un endettement croissant des agents économiques et une baisse radicale de l’inflation ;

    - 2008-2015, une croissance très faible, quasi nulle dans les pays de l’Union européenne, avec une déflation, une croissance de l’endettement et du chômage.

    Les solutions sont très simples et faciles à appliquer.

    - tout d’abord renationaliser la production de la monnaie. Donc raffermir le contrôle des Banques centrales sur la création monétaire ;

    - ensuite, contrôler la circulation des capitaux, ce qui privera la finance de son arme favorite, la concurrence entre les systèmes fiscaux et économiques dissemblables. Ceci privera les banques d’une partie de leurs revenus liés à la fraude fiscale à grande échelle ;

    - également, séparer radicalement les banques de dépôt des banques d’investissement, de façon à ne pas mélanger les prises de risque des banquiers avec les fonds des déposants ;

    - enfin on pourrait exiger que les fonctionnaires des institutions financières comme les banques centrales ne soient pas autorisé à pantoufler. Ce qui était la règle antérieurement.

    Il se pourrait que ces solutions doivent s’appliquer rapidement car les banques sont assez mal en point, sous-capitalisées, elles vivent sous perfusion de ce qu’on appelle le Quantitative Easing. Mais une nouvelle crise financière risque bien d’emporter la voilure et le bateau. On peut également nationaliser les banques qui sont en faillite, les racheter pour 1 € ou 1 $ symbolique. C’est ce qu’on aurait dû  faire en 2008, ce qu’aurait dû faire Obama, dans ce cas les autres pays développés lui auraient emboîté le pas. Mais comme il n’a fait que ravauder le système pour plaire aux banquiers, il a du même coup renforcé le secteur financier dans sa domination sur l’économie réelle et sur nos vies. Notez que tous les maux qui ont conduit à la crise de 2008, sont aujourd’hui les solutions qu’on met en avant pour sortir de la crise !

    Je rappellerai que si le New Deal a été possible en 1930 aux Etats-Unis, c’est essentiellement parce que la finance était à genoux, qu’elle n’avait plus les moyens de relever la tête. Le corps des économistes, toujours généralement réactionnaire, était du reste globalement hostile aux mesures prise par l’administration Roosevelt. C’est seulement quelques années après, la guerre étant passé qu’ils devinrent par miracle et par nécessité de carrière « globalement keynésiens ».

     

    Liens

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/07/14/les-dix-plus-grosses-amendes-infligees-par-les-etats-unis-aux-banques-en-trois-ans_4456986_3234.html

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2015/02/03/97002-20150203FILWWW00202-supbrimes-amende-d-137md-pour-sp.php

    http://www.liberation.fr/economie/2013/12/04/cartel-des-taux-l-ue-inflige-17-milliard-d-euros-d-amendes-a-8-banques_964103

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/12/11/hsbc-paie-une-amende-record-pour-echapper-aux-poursuites-aux-etats-unis_1804423_3234.html

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/11/19/les-banquiers-tricheurs-par-culture_4526122_3234.html

    http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20150205.OBS1751/lobbying-consanguinite-complaisance-le-livre-noir-des-banques.html

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  • Les lois économiques, ou l’avenir d’une illusion

     

    Marx considérait que l’économie politique n’était qu’une forme d’idéologie destinée à soutenir le pouvoir de la bourgeoisie. Pour cette raison il ne voulait pas être lui-même qualifié d’économiste, ce qu’il trouvait insultant. Cette manière de se positionner l’amenait à considérer que l’économie politique ne parlait que d’une forme de lien social transitoire. Son idée était que les catégories et les concepts qui nous permettent de comprendre et d’analyser les rapports sociaux, sont seulement transitoires et non pas universels. Ils ne sauraient avoir un sens en dehors de l’histoire humaine. Par exemple, il pensait que la théorie ricardienne de la valeur était juste, mais seulement dans le contexte très particulier du développement du capitalisme. Ce qu’il trouvait de fondamentalement faux dans Ricardo, c’était d’abord cette prétention de l’économie à faire passer un discours de classe pour un discours scientifique, neutre sur le plan politique.

    François Quesnay et Adam Smith

     

    Cette aberration de l’esprit trouve ses fondements chez les Physiocrates, et plus précisément chez François Quesnay qui pensait que dès lors que nous violons « les lois naturelles de l’économie », nous sommes sanctionnés. A vrai dire Quesnay pensait que ces « lois naturelles » étaient d’origine divine. Il parlait du reste de « certitude apodictique » pour justifier sa position, c’est-à-dire de ce point de vue religieux qui nous fait admettre un certain nombre de croyances sans que nous soyons à même de les démontrer. C’est bien ce qu’il disait à propos de Dieu : nous savons bien qu’il existe, mais nous ne pouvons pas le démontrer. Et bien pour l’économie c’est la même chose. On ne sait pas démontrer certaines lois, mais on sait qu’elles existent.

    Adam Smith a été fortement influencé par Quesnay. Il a avancé – si on peut parler d’une avancée – sur deux points. Le premier a été de mettre en avant un principe universel, celui de la division du travail. Selon lui la prospérité d’une nation dépend du degré de la division du travail, et toute son histoire se ramène au développement de ce principe. Le second a été de poser les bases d’une théorie de la valeur travail qui, sur le plan de la méthode signifiait que derrière la vérité des prix qu’on peut voir sur le marché, se cachait des « valeurs », objets métaphysiques sur lesquels on se perd encore en conjectures. Notez que Smith qui avait pompé son Enquête sur les causes de la richesse des nations sur l’ouvrage de James Steuart, Principes d’économie politique, prétendait s’inspirer de Newton et de sa loi de gravitation (les prix gravitant autour des valeurs) ce qui sans doute à ses yeux lui donnait un vernis plus scientifique. Marx montrera que la réalité de la division du travail ne répond pas à une loi naturelle, mais à une opposition de classes entre le travail intellectuel de commandement et le travail manuel d’exécution.

    David Ricardo va aller un peu plus loin en définissant sa démarchant comme hypothético-déductive, c’est-à-dire en partant de l’idée que ce qui compte ce n’est pas la réalité observée, mais l’outil qui nous permet d’observer cette réalité. C’est lui qui va ouvrir la porte à cette idée selon laquelle l’économie politique est une science. Comme vous le noterez si l’économie est une science et ne ressort pas du discours politique, alors celui-ci peut être éliminé, et seuls « les experts » ont leur mot à dire. On peut remplacer le gouvernement démocratique par la gouvernance des experts et c’est bien pour cette raison que la démocratie doit être subordonnée à la règle- c’est-à-dire le traité – selon Jean-Claude Juncker. On voit combien cette vision des choses est aujourd’hui encore dominante, et surtout combien elle est compatible avec les seules lois du marché.

    Une telle position n’est pas tenable très longtemps. Et cela pour deux raisons. La première est que le développement du capital ne se fait pas sans heurts et qu’il y a des crises économiques et sociales d’une violence inouïe. Ces crises montrent que les lois du marché n’assurent pas le développement harmonieux de la richesse et du bien-être, mais qu’en outre elles montrent que le système économique est instable, et que cette instabilité mine l’ordre social. La seconde raison est peut-être encore plus fondamentale : c’est que le marché ne se développe que si d’une manière ou d’une autre l’Etat se développe aussi comme une nécessité !! C’est ce qu’avait bien vu Hegel. Et c’est ce que va montrer clairement Thomas Malthus, notamment parce que si les crises sont intrinsèques au marché, seule une instance extérieure à celui-ci, l’Etat ou la Banque centrale, va pouvoir combattre les crises. C’est cette idée que reprendra John Maynard Keynes et qui assurera sa gloire.

      

    David Ricardo et Thomas Malthus

     

    Mais avant d’arriver à Keynes, il faut passer par Léon Walras. Certainement un des économistes les plus importants, mais aussi les plus compliqués. En effet, il est d’un côté le père de la science économique moderne, c’est lui qui a produit le premier modèle d’équilibre général où il montre avec des équations à l’appui que la concurrence pure et parfaite produit l’allocation la meilleure des ressources. Il intitule son travail Eléments d’économie pure. Walras est un français, autodidacte, il devra s’exiler en Suisse pour s’y employer comme professeur d’économie. En France le système était déjà verrouillé. Il n’aura de cesse de le combattre, soulignant que la plupart des tenants du libéralisme sont d’abord les défenseurs des intérêts de la classe dominante. Car si Léon Walras a produit la matrice de la « science » économique actuelle, il était cependant socialiste. En effet, s’il décrit la concurrence pure et parfaite comme le meilleur des modèles, il s’appliquera aussi à montrer que celle-ci n’existe pas ! Pour deux raisons, d’une part parce qu’il y a à côté du marché l’Etat et que celui-ci a une logique différente, et d’autre part parce qu’il existe des monopoles et que ceux-ci empêchent la concurrence pure et parfaite de fonctionner. Pour cette raison il écrira un traité d’économie sociale et un traité d’économie appliquée. Ces deux traités sont rarement connus des tenants d’un libéralisme échevelé, Tirole ne les a sûrement pas lus, or c’est bien sûr en eux qu’on va trouver des raisons qui font que les lois du marché sont au minimum insuffisantes. Walras c’est la clé, parce que si d’un côté c’est lui qui va fournir la matrice intellectuelle et les équations de base à la « science » économique, c’est aussi lui qui fournit les éléments de la critique du libéralisme : par exemple, pour lui tous les réseaux devaient être nationalisés, mais devait être nationalisée la terre, de même il pensait que seul l’impôt sur le capital était juste. Autrement dit, les économistes qui se réclament au nom de la science de Walras, s’arrangent avec son œuvre pour se retrouver du bon côté de la barrière.

      

    Léon Walras et John Maynard Keynes

     

    Mais le plus aberrant est sans doute le sort qui a été fait à Keynes dans les dernières décennies. Quelles que soient les insuffisances de son œuvre, Keynes avait montré deux choses : tout d’abord que la vie économique reposait sur des formes de calcul très imparfaites, et ensuite que la monnaie n’était pas neutre dans l’économie. Ces deux affirmations suffisaient à ruiner la prétention de l’économie à s’affirmait à travers l’existence de lois naturelles ou universelles. Et puis la contre-révolution conservatrice qui s’est d’abord imposée chez les économistes, a balayé tout cela. Il est vrai qu’elle considérait Keynes comme un dangereux révolutionnaire dont le but était de remettre en question la propriété privée. Elle en est revenue à l’idée aberrante d’une neutralité de la monnaie. Supposant qu’une inflation nulle assurerait l’équilibre et partant une croissance régulière et bénéfique pour tous. Cette imbécilité a seulement permis le développement d’un capitalisme de l’endettement généralisé et d’engendrer des crises économiques à répétition.

     

    Enseigner l’économie

     

    Ce long rappel de l’évolution de l’économie politique, montre que ce n’est pas une science au moins pour deux raisons : la première est que cette discipline n’a pas la maîtrise de ses expériences – ce qui quelque part est heureux – elle ne peut pas vérifier ses théorèmes sur la base d’essais et de réfutations. La seconde est que manifestement l’ensemble des économistes sont en désaccord sur le principal comme sur l’accessoire. C’est pour cela qu’il est non seulement nécessaire, mais impératif, de protéger la pluralité des opinions et des méthodes dans l’enseignement de l’économie.

    Bien entendu des ingénieurs comme Jean Tirole vous serons gré de reconnaître une liberté d’opinion en la matière. Mais ils ne veulent pas entendre parler d’une remise en question des méthodes d’investigation de la discipline. Or celles-ci conditionnent les résultats. C’est pour cette raison d’ailleurs que des économistes à l’esprit très étroit comme Elie Cohen, Gilbert Cette ou Philippe Aghion, pullulent au sein du Parti socialiste qui se prétend de gauche. Utilisant les mêmes modèles que les économistes néo-classiques ils arrivent aux mêmes résultats !

    Parmi ces résultats, on peut s’arrêter sur les deux suivants : le premier est que selon « la théorie » – pour les économistes, la théorie c’est seulement le modèle d’équilibre général – la croissance du commerce entre les nations entraîne la croissance économique. Donc tous les traités de libre-échange sont bons, et unifier le marché européen est aussi une bonne chose. Pourtant cette relation qui indique que « les échanges tirent la croissance » n’est pas démontrée empiriquement, c’est même l’inverse. Mais pour comprendre pourquoi le libre-échange ne marche pas, sur le plan bêtement économique – il faut introduire une analyse historique, se pencher sur les différences entre les formes institutionnelles des différents pays, montrer les relations asymétriques qui peuvent exister entre les pays riches et les pays pauvres, etc. Or les modèles stupides qui servent à montrer que le libre-échange est bon – et donc que TAFTA est un chemin tout tracé pour améliorer l’avenir – sont d’essence ricardienne, ils supposent que dans l’échange, les pays pauvres ou riches maximisent leur croissance sur la base de leurs avantages comparatifs. Ils ne supposent pas que dans un échange multilatéral il peut exister des pays qui ne disposent d’aucun avantage comparatif, comme ils ne supposent pas qu’un avantage comparatif ne peut se construire que dans le temps et contre les pays partenaires.

    Le graphique suivant montre que plus l’économie est ouverte et plus la croissance est faible, et cela sur une période d’une soixantaine d’années. La raison de cette relation négative – pourtant niée par tous les tenants de l’économie de l’offre – est que l’excès de compétition conduit à une affaiblissement de la demande interne et partant à une baisse de la croissance.

      

    Le second exemple est celui du partage de la valeur entre salaires et profits. Selon la théorie, ce partage est réglé par « la productivité marginale des facteurs ». or ce partage est particulièrement fluctuant, comme sont fluctuantes les inégalités de revenu. Or si le partage de la valeur entre le profit et le salaire devait répondre à une loi naturelle, ce partage suivrait une loi démographique, parce que la productivité du travail, elle, augmente régulièrement de 2% en moyenne et par an. Thomas Piketty a montré au contraire que les formes de partage de la valeur qui peuvent d’ailleurs aboutir à des inégalités excessives, répondent à l’évolution des formes institutionnelles. Par exemple quand l’économie est relativement fermée et que l’Etat régulateur est particulièrement puissant, les inégalités ont tendances à se resserrer, et la part des salaires dans la valeur ajoutée augmente naturellement.

      

    Les faits sont têtus, et si les économistes de profession sont aussi méprisés, c’est parce qu’ils sont incapables de comprendre empiriquement les faits sur lesquels ils sont sensés nous éclairer. On dit que les économistes de profession se trompent. Ce n’est pas tout à fait vrai, on en trouve un certain nombre qui ont vu venir la crise et qui l’ont annoncée. Mais ce sont plus généralement les économistes médiatisés dont on retient les augures. Ces experts autoproclamés en rien qui viennent fanfaronner dans les pages spécialisées du monde, ou sur un plateau télévisé.

    On voit que ce qui manque surtout aux économistes c’est comme le disait Joseph Stiglitz une bonne connaissance de l’histoire économique et donc une bonne connaissance des crises économiques. Car celles-ci ne sont pas des aberrations, mais aussi bien le résultat d’un système économique donné. Il y a quelques années, je donnais un cours de « politique économique », c’est un cours dans lequel on est sensé examiner les différentes recettes pour améliorer le fonctionnement de l’économie. A la recherche d’un manuel de soutien, je tombais sur l‘ouvrage de Pisani-Ferry, Coeuré, Bénassy-Querré et Jacquet. Jean Pisani-Ferry est le conseiller d’Hollande que nous connaissons, Benoît Coeuré est le même qui, officiant maintenant à la BCE, menace de couper les vivres à la Grèce si celle-ci ne respectait pas ses engagements, les deux autres sont seulement des « petites mains ». L’ouvrage est très propre, les modèles très bien présentés. J’avais pourtant été frappé par une chose incroyable : nulle part il n’y avait quelque chose qui aurait pu ressembler à une analyse des crises. Que fait-on, que doit-on faire en cas de crise ? Tout simplement les auteurs ne l’avaient pas envisagé ! C’était en somme un manuel pour quand tout va bien ! Que la croissance est régulière, que l’emploi se développe régulièrement et que le chômage n’est pas très élevé. Mais à quoi peut bien servir un ouvrage qui ne nous guide pas en période de crise ? Soit il ne sert qu’à justifier un système, soit il est inutile parce que finalement tout va bien. On voit tout l’intérêt qu’il y a à bien connaître l’histoire des faits économiques. D’une part, on comprend mieux l’origine des crises, et d’autre part pourquoi les théories de l’offre n’ont jamais eu de bons résultats sur le plan pratique.

      

    Je terminerais en disant qu’une bonne connaissance de l’histoire de la pensée économique est indispensable à la formation d’un enseignant en économie. En effet, on trouve beaucoup d’économistes qui de nos jours considèrent que Marx c’est vieux et dépassé. Glissons sur cette idée imbécile selon laquelle il n’y aurait de bon que dans le nouveau. Mais par contre ces économistes qui récusent Marx au nom du progrès de la science et qui souvent ne l’ont jamais lu, cela ne les dérange guère de revenir à des formes théoriques antérieures à Marx, à des modèles où l’Etat et les monopoles ne sont pas représentés.

     

    Conclusion

     

    Je ne sais pas s’il faut créer dans l’enseignement supérieur une nouvelle section du CNU comme le souhaitaient Bernard Maris et l’AFEP, une section qui existerait sur des bases méthodologiques différentes, ce que combat l’ingénieur Jean Tirole. Peut-être le mieux serait d’interdire cette profession et de renvoyer l’analyse de l’économie au simple exercice de la citoyenneté, la fonction d’expertise étant déjà en soi une manière de priver le citoyen de sa propre réflexion. Ce dont je suis certain par contre c’est que le corps des économistes de profession est particulièrement corrompu. Beaucoup vivent de contrats juteux avec la Commission européenne, avec des grandes banques ou d’autres institutions. C’est le cas de Pisani-Ferry, ou encore de l’antipathique Benoît Coeuré qui s’est fait adopté par la BCE, mais d’une multitude d’autres obscurs qui font des manges ici et là. Comment voulez-vous qu’ils aient la tentation de mordre la main qui les nourrit si largement ? Mais toute servitude impose ses contraintes. S’ils aiment l’argent, et ils en gagnent beaucoup, ils aiment un peu moins la liberté intellectuelle qui est pourtant nécessaire au développement de la connaissance. En effet, on ne peut pas à la fois faire les couloirs pour glaner telle ou telle prébende et étudier sérieusement.

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    Deux canailles discutant des bienfaits du Traité Transatlantique 

    Alors que l’Union européenne, via ses boutiques, la BCE ou la Commission européenne, se propose purement et simplement d’étrangler financièrement la Grèce encore un peu plus si elle ne se soumet pas à ses principes de politique économique, voilà que le Traité transatlantique ou TTIP, refait parler de lui. Dans les deux cas nous sommes sortis de la règle minimale de la démocratie. Nous n’avons même plus droit à la démocratie bourgeoise et parlementaire pourtant bien insuffisante. Ce n’est certes pas nouveau, mais c’est seulement en 2015 qu’on l’affiche ouvertement. Vous noterez que ce recul de la démocratie est le corollaire de ce qui se passe dans les entreprises où, avec le recul des droits des travailleurs, c’est l’idée de « démocratie dans l’entreprise » qui s’effrite.

    Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, l’homme responsable ouvertement de la fraude fiscale, celui qui a encouragé les firmes multinationales à ne pas payer des impôts dans le pays où elles exercent leurs activités, vient d’affirmer que les traités européens sont supérieurs à la démocratie. Il l’a rappelé aux Grecs qui ont eu le tort de choisir un gouvernement qui ne plait pas à l’oligarchie européiste. Je signale au passage que le parlement européen est tellement corrompu qu’il a décidé de ne pas ouvrir d’enquête sur les agissements de Juncker lorsqu’il était premier ministre du Luxembourg et qu’il a mis en place justement le système d’évasion fiscale décrit ci-dessus.

    Parallèlement les négociateurs du Traité transatlantique veulent accélérer les négociations, entendez par là conclure un nouveau traité avant que quelque homme politique ne se réveille et ne le dénonce comme un crime contre l’humanité et la démocratie. Ne rentrons pas dans le détail de ce nouveau traité. Regardons plutôt ce que cela signifie. Il s’agit de laisser le champ libre au marché et à ses lois, sans qu’un changement de gouvernement ici ou là ne remette en question ces nouvelles règles des affaires. Ce qui veut dire clairement que vous votiez à gauche ou à droite, le traité vous obligera de la même manière ! La politique économique sera mondialiste et libérale et l’Etat réduit à sa position de guichet permettant de financer quelques aménagements sociaux ou autres, et évidemment de protéger le droit de propriété.

     

    Ces négociations, très opaques, ont mis en mouvement une pétition demandant à l’Union européenne de régler cette question par la voie d’un référendum. Cette pétition qui a reçu un million de signatures a été rejetée par l’Union européenne. Déjà Michel Sapin qui n’a plus de rose que ses chaussettes a prévenu, le Traité transatlantique ne sera pas ratifié par la voie du référendum en France. C’est trop dangereux. Les précédents de 2005 en France comme aux Pays-Bas ont refroidi les caciques européistes d’user de la démocratie pour faire avancer leur néfaste projet. La forte mobilisation contre TAFTA pousse évidemment les tenants de ce traité à aller vite, et d’ailleurs la victoire de Syriza qui risque de donner des idées à d’autres pays, tout cela compromet le projet post-démocratique. Il vaut mieux que TAFTA soit entériné le plus vite possible

    Comme nous le voyons, nous avançons en Europe sur une voie post-démocratique très dangereuse, où les règles figent les institutions dans le rôle de simple garant des lois du marché. En se substituant à la démocratie, elles mettent en place une forme de dictature « molle » où la politique n’a pas sa place. Pour démontrer leur efficacité, elles misent sur la lassitude des peuples qui bientôt n’iront plus voter. C’est le modèle américain de cette fausse alternance. Les pauvres ne votent plus, seule une partie de la classe moyenne est concernée. J’avais souligné ici l’importance des taux d’abstention très élevés, anormalement élevés, lors des dernières élections européennes.

    Ce qui pose problème cependant c’est que le mode nouveau de fonctionnement des institutions ne produit pas de résultat valable en termes de croissance, d’emplois et de bien-être. C’est même l’inverse ! La raison en est que cette voie post-démocratique mise sur l’économie de l’offre, négligeant le rôle de l’Etat et de la réduction des inégalités sociales comme moteur de la croissance économique. Autrement dit, la voie post-démocratique butte sur ce qu’elle met en avant pour se justifier : l’économie !! Cela peut sembler paradoxal, mais quand on ne pense que du point de vue de l’économie, on obtient de vrais mauvais résultats économiques. Or ces mauvais résultats engendre presqu’inévitablement un désordre social de grande ampleur qui prive « le système capitaliste » de ce qu’il prétendait être sa meilleure publicité : l’amélioration continue du confort et de la consommation, malgré les inégalités sociales.

    Ce déni de démocratie est à l’origine de la montée des partis comme Syriza ou Podemos dont l’essor répond au changement de modèle institutionnel. Les solutions pour sortir de cette galère ne sont pas très nombreuses. Soit on suit la voie démocratique qui consiste dans un premier temps à sortir de l’Union européenne et de la torture que nous infligent tous les jours ses institutions, soit on fait une vraie révolution sociale qui emporte tout. Le plus plausible est sans doute une sortie plus ou moins ordonnée de l’UE et l’abandon du modèle libéral. Restera à certains rêveurs l’illusion que l’Europe pourrait être changée de l’intérieur.

     

    Liens

     

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/02/06/traite-transatlantique-europeens-et-americains-veulent-intensifier-les-negociations_4571731_3234.html

    http://www.cercledesvolontaires.fr/2014/12/04/petition-contre-traite-transatlantique-ete-rejetee-commission-europeenne-lesoir-be/

     

     

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    Il va de soi qu’on doit manifester notre soutien au peuple grec, parce que c’est celui qui a été pris pour cobaye par la monstrueuse Troïka qui a testé sur lui ses idées sur la mise en quasi esclavage et l’appauvrissement de toute une population. Que la rébellion à cette politique criminelle ne se traduise que par un changement de majorité parlementaire en dit long sur le chemin qu’il reste à parcourir. La réaction aurait pu être bien plus violente. Mais il faut croire que l’ère des révolutions n’est pas encore de retour.

     

    L’arrivée de Syriza au pouvoir

      

    Un sondage datant du 4 janvier 2015 montre au grand étonnement des journalistes économistes qu’un tiers des Français soutiennent Syriza dans le sens d’un soulagement de la dette, d’une diminution de celle-ci, alors que de partout on présente cet abandon comme ayant des conséquences négatives sur le portefeuille des Français qui verraient ainsi leurs impôts augmenter pour payer la dette grecque. Cela signifie que beaucoup ont compris que les Grecs avaient été plus que mal traités par la Troïka, mais aussi que la politique d’austérité – dite aussi politique de l’offre – ne marchait pas. A gauche – je ne parle pas du PS qui pour moi est un parti de droite – on a vu à juste titre dans la victoire de Syriza des raisons d’espérer. En effet, même si les Grecs ne sont plus pro-européens, ils sont 52% à plébisciter une sortie de l’euro, ils ne se sont pas jeter pour autant dans les bras d’un parti ouvertement nazi, Aube dorée. Cette poussée à gauche, liée aussi au développement de Podemos en Espagne, prouve contrairement à ce que disent les imbéciles de Terra Nova qu’une politique de gauche axée sur plus de solidarité, de protection sociale et moins de compétition et d’inégalités, est souhaitée fortement. Le fait qu’en très peu de temps des partis comme Syriza ou Podemos aient émergés est déjà en soi intéressant puisque – quels que soient les mérites et les défauts de ces partis – cela montre au moins que les vieux partis surtout les partis de gauche sont en voie de décomposition avancée. C’est le cas des vieux partis « socialistes », le PASOK, mais aussi le PSOE qui est promis au même sort à brève échéance. Le cas du PS français étant en suspend au moins jusqu’à 2017, il est protégé à la fois par l’imbécilité incroyable de l’UMP et par la montée en puissance du FN.

     

    Les difficultés qui attendent Syriza

     

    Evidemment comme il fallait s’y attendre, l’élection de Syriza en Grèce a brouillé les pistes de réflexion non seulement sur la question de la dette, mais encore sur les politiques économiques nécessaires dans la zone euro. L’idée de Tsipras est de rester dans l’Union européenne et de continuer d’utiliser la monnaie unique. Mais en même temps il veut mettre en place une politique économique fondée sur la demande, donc susciter une relance des salaires, pour faire repartir l’économie. Parallèlement Tsipras remet en question les modalités de financement de la dette, la Troïka qui l’a menée et aussi les privatisations qui l’ont accompagné.

    Ce programme n’a rien de révolutionnaire. Il s’inscrit dans le droit fil de l’ancienne social-démocratie. Ce n’est pas un programme de rupture avec le capitalisme, mais c’est une volonté de re-réguler celui-ci. La première des difficultés de Tsipras et de son ministre de l’économie, Varoufakis, c’est de savoir à quelles conditions la Grèce peut réussir. En effet, un programme de relance par la demande ne peut pas être efficace dans un contexte ouvert, dans un contexte de concurrence « libre et non faussée » qui tire les prix vers le bas et qui lamine les économies les moins compétitives… comme la Grèce. En effet dans le cas contraignant de la monnaie unique ce petit pays ne peut pas ajuster la valeur de son taux de change à son déséquilibre commercial. Selon la pensée économique la plus classique, la valeur de la monnaie d’un pays doit fluctuer en fonction de son excédent ou de son déficit commercial. L’usage de l’euro par la Grèce garde ce pays prisonnier de la valeur de la monnaie unique fixée en fonction des besoins de l’Allemagne. Ne pas renoncer à la monnaie unique pour la Grèce signifie revenir à la compétition féroce avec les autres pays européens, notamment avec l’Allemagne. Comme on le sait quand deux pays – l’un développé et l’autre pauvre – commercent entre eux, cela empêche le plus pauvre de se développer et il reste bloqué sur des segments inférieurs du marché.

      

    Tsipras rencontrant Hollande à Paris

     

    Autrement dit, il n’y a que deux cas de figure qui peuvent amener la réussite de Tsipras, soit la sortie de l’euro et de l’Union européenne, soit l’adoption d’une politique européenne vraiment fédérale qui adopterait du même coup un programme keynésien de relance massif de la demande. Tsipras et Varoufakis ont renoncé à la sortie de l’euro, ce qui à mon avis donne des armes aussi bien à l’Allemagne qu’à la BCE ou à la Commission européenne. Il leur reste donc la tentative de convaincre suffisamment de pays pour faire un bloc qui exigerait et obtiendrait une modification radicale des conditions de la croissance économique dans la zone euro. On peut penser que c’est pour cette raison que Tsipras a rencontré Hollande qui lui a opposé une fin de non-recevoir, expliquant – comme Juncker d’ailleurs – que la démocratie c’était bien beau, mais qu’il fallait respecter les traités.

    En énonçant cette proposition d’une modification radicale de la politique européenne qui ressemble aussi au programme d‘ATTAC, on se rend compte de son absurdité. En effet, pour que celle-ci ait une chance de voir le jour, il faudrait justement réviser les traités et que cette révision aille en outre dans le sens souhaité par Tsipras. Bien sûr si un des poids lourds de l’Europe comme la France allait dans ce sens, les choses pourraient apparaître possibles, mais Hollande n’en veut pas. Né européiste avant que d’être de gauche, il mourra européiste, même si tout flambe autour de lui. On comprend d’ailleurs que ce n’est pas l’intérêt de l’Allemagne, ni de l’Autriche, ni de la Pologne ou des pays Baltes, toutes ces nations trouvant un avantage dans les règles européennes et dans l’usage de l’euro. Dans ces conditions on ne voit pas qui peut appuyer la démarche de réforme de Syriza. Certes on peut imaginer à terme un bloc des pays du sud, avec la Grèce, le Portugal, l’Espagne et peut être la France, mais il ne sera pas assez puissant pour modifier le tracé de l’aventure européenne.

    Dès lors on peut se demander si les propositions de Tsipras à l’Europe ne sont pas destinées à pousser celle-ci à mettre la Grèce dehors de la zone euro. Dans ce cas-là tout le monde y gagnerait. La Grèce bien sûr, mais aussi l’Allemagne qui verrait son prestige de super policier de l’Europe renforcé. Mais ce serait aussi une arme à double tranchant parce que la sortie de la Grèce de l’euro pourrait donner des idées d’indépendance nationale à d’autres.

     

    La question de la dette et des politiques austéritaires

     

    Evidemment ni la Troïka, ni la bureaucratie européiste ne vont avaler de telles couleuvres sans réagir. La plus empressée des institutions à combattre Tsipras et son gouvernement est la BCE. C’est d’ailleurs ce qu’avait annoncé l’abominable Benoît Coeuré, représentant français de la BCE, en énonçant dès le lendemain de la victoire qu’il n’était pas question que la BCE admette un relâchement de sa doctrine sous la forme d’une remise de dette, ou même d’un rallongement des échéances. La BCE est l’institution européenne la plus proche des positions de l’Allemagne, et on peut dire qu’à travers la marionnette Benoît Coeuré, c’est Wolfgang Schaüble qui parlait.


    Il faut cependant relativiser la menace de la BCE qui relève plus du processus de négociation qu’autre chose. D’une part elle remobilisera l’opposition à la BCE et à l’Allemagne, aussi bien en Grèce que dans le reste de l’Europe. Et d’autre part c’est un fusil à un coup qui ne pourra pas resservir encore si elle se trouve inappliquée et que les Grecs ne cèdent pas. Bien que n’ayant obtenu que 36% des suffrages Syriza se retrouve aujourd’hui avec 70% de la population qui le soutienne. 

     La Grèce aujourd’hui se trouve dans une position difficile mais intéressante : ayant maintenant un budget en équilibre – voir excédentaire si elle refuse de payer les intérêts de la dette – elle peut se permettre de refuser la rallonge de 7 milliards d’euros qui a été proposée par la Troïka en échange évidemment d’un nouveau tour de vis sur le bien-être des populations. Elle élimine un élément de chantage. La réponse des canailles de la BCE ne s’est pas fait attendre. Elles ont décidé de ne plus admettre les titres grecs comme collatéraux. Ce qui veut dire que c’est une nouvelle étape pour essayer de mettre la Grèce en dehors de l’euro sans le dire.

    En attendant la Grèce vient de trouver un allié inattendu avec le président Obama. Mais c’est un peu normal puisque les Etats-Unis considèrent de longue date que la politique allemande visant à imposer l’austérité à ses voisins ne peut qu’engendrer des catastrophes. Des prix Nobel comme Joseph Stiglitz ou Paul Krugman ont parlé dans ce sens. Comme on le voit les capitalistes sont divisés. Le FMI, l’OCDE ont également condamné la politique allemande.

    Jacques Sapir dans son dernier billet pense que la sortie de la Grèce de l’euro est aujourd’hui très possible et très favorable. Il souligne ce que nous avons déjà écrit plusieurs fois ici, ce que souligne également Patrick Artus de Natixis, que le retour à la drachme permettrait à la Grèce de retrouver entre 30 et 40% de compétitivité. Ce qui veut dire concrètement qu’elle pourrait dans ce cas limiter ses importations et exporter un peu plus et dans ce cas s’occuper du développement de son marché intérieur et effectivement laisser tomber les politiques austéritaires. On comprend donc qu’il y a dans les négociations en cours un jeu subtil de poker-menteur. L’Allemagne est dans une position très difficile. Outre que c’est ce pays qui a le plus à perdre en ce qui concerne une répudiation de la dette par le nouveau gouvernement grec, c’est aussi le pays qui aurait le plus à perdre d’une disparition de l’euro. En effet, l’existence de l’euro équivaut à maintenir une sous-évaluation du mark de 18% par rapport au franc et de 40 à 50% par rapport à la drachme. Cette valeur faible de l’euro pour l’Allemagne lui permet de conserver des positions faussement acquises sur le marché européen. Mais également si la Grèce refusait de se soumettre au diktat allemand, par exemple en exigeant que l’Allemagne rembourse ses dettes vis-à-vis de la Grèce, c’est la position politique de Merkel qui serait sur la sellette. En effet, en mettant en avance une intransigeance imbécile, représentée par le sinistre Wolfgang Schaüble, elle a réveillé les vieux démons. Ainsi on commence à rappeler ici et là :

    1. qu’en 1953 c’est 63% de la dette allemande qui a été effacée par les Américains ;

    2. que l’Allemagne n’a fini de payer ses dettes datant de la 1ère Guerre mondiale qu’en décembre 2014 !!

     

    Tsipras et l’attitude de l’Europe face à la Russie

      

    Mais il y a un autre enjeu. Comme on le sait, l’Europe est plus que divisée sur l’attitude à avoir face à la Russie. Les Américains ont jusqu’à présent poussé les Européens à prendre des sanctions économiques contre la Russie présentée comme l’agresseur en Ukraine. Ces sanctions si elles coûtent cher à la Russie, coûtent aussi très cher aux Européens. Voir l’embarras de Hollande quant à la livraison des Mistral. Mais deux phénomènes viennent de se produire. D’une part Tsipras a avancé que les sanctions contre la Russie n’étaient pas une politique, et d’autre part, Joe Biden vient de signaler que les Etats-Unis n’allaient pas s’engager dans une politique agressive de soutien au gouvernement de Kiev, c’est à peine, si du bout des lèvres, les Etats Unis admettent qu’ils pourraient peut-être livrer quelques armes. Seuls les Polonais et les pays baltes vont rester sur le front de la lutte à mort contre la Russie[1].

    Cela annonce très certainement à la fois un changement dans l’utilisation des sanctions économiques, mais aussi une fracture encore plus grande de l’Europe sur le plan politique.

    Cette position du nouveau gouvernement Grec sur la question ukrainienne est une nouvelle épine dans l’idée fédérative en Europe. En effet cette Europe compte presqu’autant de positions que de pays en ce qui concerne l’attitude à avoir avec le voisin Russe. Et bien entendu à partir de ces oppositions on voit mal comment l’idée selon laquelle l’Union européenne représenterait un destin commun, même à terme, pourrait avoir un peu de consistance.

     

    Conclusion

     

    Si nous devons soutenir la Grèce aujourd’hui, fusse au travers de son gouvernement, c’est d’abord parce que nous restons attachés à l’idée de souveraineté des peuples. Les Grecs ont bien le droit de choisir leurs modalités de développement, et il faut l’affirmer encore plus fort pour que Juncker l’entende clairement : il ne peut pas y avoir de traité, même européen, qui soit au-dessus de la démocratie. Et c’est pourquoi les modalités de fonctionnement de l’Union européenne, dans cette volonté de gouverner par des règles et des traités plutôt que par des lois votées par des parlements élus , portent en germe les raison de la disparition de l’ensemble des institutions européennes.

     

    Liens

     

    http://blogs.mediapart.fr/edition/que-vive-la-grece/article/040115/les-grecs-et-lunion-europeenne-sortir-de-leuro-mais-pas-de-lue-sondage

    http://www.orb-international.com/perch/resources/europeanattitudesresults.pdf

    http://russeurope.hypotheses.org/3397

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/02/05/joe-biden-c-est-a-l-ukraine-et-a-elle-seule-de-decider-de-sa-politique-etrangere-et-de-securite_4569953_3214.html

    http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0204122419948-leurope-ne-peut-se-resigner-au-depecage-de-lukraine-1088666.php



    [1] On trouve quelques idiots utiles comme Dominique Moïsi pour essayer d’expliquer comment de toute urgence il nous faudrait envisager de faire une guerre dure aux Russes parce qu’ils menacent d’annexer l’Europe dans son entier.

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