• Hommages et funérailles, Johnny Halliday et Jean d’Ormesson

     Hommages et funérailles, Johnny Halliday et Jean d’Ormesson

    Cette semaine, vous n’y couperez pas, vous êtes conviés à communier dans la peine des familles des disparus. Deux personnages connus de la Vème république sont décédés. D’abord Jean d’Ormesson et ensuite Johnny Halliday. L’envahissement de l’espace médiatique a été rapide. Les journaux en mal de public ont rapidement fait leur une sur ces disparus. Les journaux qui parlent de Johnny vont devenir sûrement des collectors comme on dit. Même L’humanité journal communiste en déshérence de programme et de politique s’y est mis. Mercredi soir il était impossible sur les chaînes de télévision française d’esquiver ces deux disparus. Mais sans doute le comble a été atteint avec l’opportunisme macronien qui a décidé de rendre un hommage national avec cortège sur les Champs Elysées au chanteur disparu. On a touché le fond avec l’intervention d’une députée LREM, Aurore Bergé qui a comparé les funérailles de Johnny Halliday à celle de Victor Hugo[1]. Cette jeune femme est assez spécialisée dans les déclarations stupides, et récemment elle avait taclé ceux qui parlaient de harcèlement sexuel au motif qu’il ne fallait pas verser dans « la présomption de culpabilité ». Dans un premier temps l’Elysée souhaitait rendre un hommage national conjoint aux deux disparus sous l’égide du ministère de la culture puis y a renoncé, étant donné qu’on ne peut pas trimbaler deux dépouilles sur les Champs Elysées dans un même convoi ! Et donc c’est de fait Johnny Halliday qui était bien plus célèbre que d’Ormesson qui sera la vedette de ce défilé.  

    Hommages et funérailles, Johnny Halliday et Jean d’Ormesson

    Evidemment je ne juge pas du bien fondé ou non de pleurer ces deux personnages médiatiques. Je comprends bien que leur famille et leurs amis soient peinés. Ce qui m’agace par contre c’est le spectacle qu’on monte autour de ces événements, spectacle auquel on nous demande de participer dans une sorte d’unanimisme qui en fait n’existait pas.

    Johnny Halliday était un chanteur très populaire, mais il était loin de faire l’unanimité. Depuis ses débuts il était contesté pour la qualité aléatoire de ses prestations musicales – mais on ne peut pas plaire à tout le monde. Le journal officiel de la bienpensance, Le monde, rappelait qu’il a mis longtemps à le considérait comme un phénomène culturel, le classant plus volontiers dans la rubrique des faits divers[2]. C’est seulement quand la critique culturelle s’est convertie aux lois du marché – disons à la fin des années soixante-dix – que ce journal a commencé à aligner l’équation le succès public = produit de qualité. Il était connu aussi depuis plusieurs décennies pour ses démêlées avec le fisc[3]. Il s’exilait plus ou moins aux Etats-Unis ou en Suisse pour échapper à l’impôt comme un vulgaire Florent Pagny. Une grande partie des Français le détestait pour cette attitude d’avaricieux, mais aussi pour les leçons de morale politique qu’il prétendait donner en soutenant systématiquement les candidats de droite au motif que les candidats de gauche le matraquaient avec les impôts.

    Le cas de d’Ormesson est encore plus emblématique. Aristocrate fin de race, il n’était pas seulement un écrivain bourgeois et ennuyeux, il était complètement ignoré du peuple, même s’il avait des tirages élevés. A travers ses écrits qu’ils soient littéraires ou non, il défendait d’abord les intérêts de sa classe sociale. Il était fils de diplomate et avait épousé une héritière Beghin. Il se piquait aussi de faire des commentaires politiques. Ceux-ci étaient toujours dans le même sens : les socialistes dépensent trop, la droite doit être encore et toujours plus libérale. Il accompagnait souvent ce genre de diatribes recuites d’affirmations acerbes et méprisantes, ironique vis-à-vis du peuple qu’il jugeait pas assez cultivé. Lui qui n’avait jamais travaillé de sa vie, trouvait pourtant que les 35 heures étaient une honte et conduisaient la France au précipice. 

    Hommages et funérailles, Johnny Halliday et Jean d’Ormesson

    Prenons patience, encore quelques jours et les hommages cesseront. En attendant, un clou chasse l’autre, ces deux décès ont privé Brigitte Macron de la publicité qu’elle espérait retirer de sa visite au bébé panda du zoo de Beauval. Comme quoi, on a beau être prévoyant, programmer la visite du panda dans une période calme, toujours l’imprévu arrive !

     

     

     

     


    [1] http://lelab.europe1.fr/johnny-hallyday-pour-aurore-berge-il-y-a-aura-autant-de-monde-dans-la-rue-que-pour-les-obseques-de-victor-hugo-3512834

    [2] http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2017/12/06/quand-le-monde-rendait-compte-des-premieres-annees-d-hallyday-supp-necro-johnny_5225178_3382.html

    [3] http://www.liberation.fr/societe/2017/12/06/poches-percees-et-demeles-fiscaux-johnny-hallyday-et-l-argent_1614821

    « Evolution de la situation politique en AllemagneDes hommages d’un degré d’importance nulle ! »
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